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Interdiction de la burqa en France - Rien à voir avec les «accommodements raisonnables»

Le législateur français part d'un point de vue radicalement différent: celui de la préservation d'un espace public laïque

Christian Rioux   24 décembre 2009  Europe
Sur les quelque 2000 femmes qui porteraient la burqa en France, les trois quarts seraient françaises et 25 %, converties.
Photo : Agence France-Presse JEAN-PHILIPPE KSIAZEK
Sur les quelque 2000 femmes qui porteraient la burqa en France, les trois quarts seraient françaises et 25 %, converties.
Paris — Le débat qui s'amorce en France sur le port du voile intégral a de quoi dérouter les Québécois. Alors que le chef de file du groupe des députés de la majorité (UMP), Jean-François Copé, s'apprête à déposer un projet de loi destiné à bannir la burqa de l'espace public, à aucun moment ni les opposants ni les partisans d'une telle loi n'ont invoqué les accommodements raisonnables. Loin de la rhétorique de la commission Bouchard-Taylor, selon laquelle il s'agissait d'«accommoder» ou de ne pas «accommoder» une pratique religieuse, le débat français fait appel à des arguments radicalement différents. Ceux-ci ignorent d'ailleurs complètement le caractère religieux du port du voile pour poser le débat en fonction des règles propres à l'espace public d'un État laïque.

Hier, Jean-François Copé a longuement expliqué sur les ondes de la chaîne RTL que le voile intégral n'était «absolument pas une question religieuse». Selon lui, la question ne se pose même pas. Il ne s'agit ni d'«un problème de religion» ni d'«un problème d'immigration», disait-il. Pour le président du groupe UMP, «c'est un problème qui a trait à deux choses: premièrement, le respect des femmes et, deuxièmement, la question de l'ordre et de la sécurité publique». Selon lui, le voile intégral, «est une pratique qui se multiplie et qu'il ne faut surtout pas banaliser».


Préserver l'espace public

Cette démarche est radicalement différente de celle de la Régie de l'assurance automobile du Québec, par exemple. Celle-ci concluait récemment qu'au nom de la liberté de pratique religieuse, une musulmane pouvait exiger d'être servie par une femme. Bref, qu'il s'agissait d'un compromis acceptable puisqu'il ne brimait pas directement les autres clients de la Régie et n'entraînait pas de complications administratives exagérées. Les législateurs français ne posent pas la question du voile en cherchant le compromis entre la liberté religieuse, d'une part, et les droits de la personne, de l'autre. Ils posent plutôt la question en termes de respect des règles de l'espace public d'une société laïque. Plusieurs députés ont d'ailleurs comparé l'interdiction du port de la burqa à celle du port de la cagoule dans les manifestations. Une interdiction qui avait été décrétée récemment pour combattre la présence de «casseurs» dans les manifestations.

Voilà pourquoi les députés n'ont jamais cherché à savoir quel statut pouvait avoir le port de la burqa ou du voile dans l'Islam. Rappelons que deux textes de loi devraient être soumis à l'Assemblée nationale. Un premier invoquant l'ordre public aura force de loi et pourra donner lieu à des amendes. Un second invoquant la dignité des femmes aura une portée surtout symbolique.


La dignité des femmes

Les législateurs avaient d'abord songé à poser la question en termes de respect de la dignité des femmes. C'était avant de découvrir que, sur les quelque 2000 femmes qui porteraient la burqa en France, les trois quarts seraient françaises et 25 %, converties. Or, selon le professeur de droit public Denys de Bechillon, qui témoignait devant la mission parlementaire sur le voile intégral, «on ne peut pas imposer la dignité contre la liberté». Ce n'est pas l'opinion de tous. Le ministre de l'Immigration, Éric Besson, citait la décision du Conseil d'État qui avait confirmé l'interdiction du lancer de nains, une compétition qui se pratiquait dans des boîtes de nuit et qui consistait à lancer des nains dans des filets. Le Conseil avait estimé que, même si les nains étaient volontaires et rémunérés, cette activité portait «atteinte, par son objet même, à la dignité de la personne humaine».

Si l'on peut invoquer la dignité de la personne dans les cas de «traitements inhumains et dégradants, comme la torture», dit le professeur de droit Guy Carcassonne, il est beaucoup plus difficile de le faire «pour interdire à des adultes libres de faire ce qu'ils veulent». D'un point de vue pratique, dit le juriste, «interdire le voile intégral au nom de la dignité serait adresser un formidable signal aux ligues de vertu, qui se mettraient à exiger que la pornographie, la prostitution ou le piercing soient également prohibés». Voilà probablement pourquoi la résolution invoquant la dignité des femmes sera essentiellement d'ordre symbolique.

Les députés avaient aussi songé à invoquer des raisons sécuritaires, comme dans le cas de l'interdiction des cagoules dans les manifestations. Mais, ici aussi, l'argumentation juridique semblait faible. Comme l'a déclaré le conseiller d'État Rémi Schwartz devant la commission sur le voile intégral, «le contrôle d'identité d'une personne ne suppose pas un contrôle permanent».


Il n'y a pas de vêtement du visage

Les députés se sont donc rabattus sur l'argument de l'ordre public, comme l'a d'ailleurs suggéré Guy Carcassonne devant la Commission. Le juriste avait résumé sa position en affirmant qu'«en France on cache son sexe et on montre son visage». Et il expliquait: «Pourquoi parler d'ordre public? Les codes sociaux font qu'il y a des éléments de notre corps que l'on cache, d'autres que l'on montre. Peut-être dans mille ans exposera-t-on son sexe et dissimulera-t-on son visage, pour le moment, c'est l'inverse qui est unanimement admis. Nous sommes en droit de considérer que ce qui nuit à autrui [...] est le fait qu'on lui cache son propre visage, lui signifiant ainsi qu'il n'est pas assez digne, pur ou respectable pour pouvoir le regarder. Prohiber la dissimulation du visage permet de résoudre le problème qui nous est posé tout en demeurant conforme aux valeurs de la République, de la démocratie et de la vie en société.»

S'il faut en croire le juriste, celui qui se promène en dissimulant son visage commettrait le même genre d'offense que celui qui s'expose nu en public. Ces arguments rejoignent ceux de la philosophe Élisabeth Badinter, qui avait affirmé devant les commissaires que «le visage n'est pas le corps» et qu'«il n'y a pas, dans la civilisation occidentale, de vêtement du visage».

On est bien loin de la notion d'«accommodements». Dans le cadre de la commission Bouchard-Taylor, l'État semblait avoir essentiellement pour rôle de négocier des compromis acceptables entre les diverses communautés en concurrence pour l'espace public. Le débat français part d'une tout autre prémisse, celle d'un espace public laïque qui existe et qu'il faut respecter.


Collaborateur du Devoir à Paris
 
 
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  • Pierre Schneider
    Abonné
    jeudi 24 décembre 2009 07h28
    Et ma cagoule ?
    J'aime bien les arguments de Carcassone et de Batinder, beaucoup plus que certains accommodements devenus peu raisonnables dans notre propre espace laïque.
    Quoique j'avoue me couvrir parfois le visage d'une cagoule par temps de grands froid pour protéger mon nez qui gèle...On pourrait faire exception à partir de mois 10 degrés...

  • Pierre Marinet
    Inscrit
    jeudi 24 décembre 2009 07h48
    Non convaincant.
    « Ils posent plutôt la question en termes de respect des règles de l'espace public d'une société laïque. »

    Il n’y a pas une seule fois le mot laïc ou laïcité dans les chartes québécoises et canadiennes. Les accommodements raisonnables sont donc très appropriés à notre pays le Canada et notre Province, le Québec. Nous sommes une monarchie avec une reine comme commandement en chef.

    Le mot laïc est inscrit dans la constitution française dès l’article premier : La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. » Rien de tel avec le Canada.

    « La monarchie canadienne est un système parlementaire dans lequel les monarques de succession héréditaire sont les souverains du Canada. Ils ont la position de chef de l'État, poste occupé par Élisabeth II, reine du Canada. Officiellement son titre est : Elizabeth II, par la grâce de Dieu, reine du Royaume-Uni, du Canada et de ses autres royaumes et territoires, chef du Commonwealth, défenseur de la FOI. » De quelle foi, parle-t-on?

    D’où la légitimité des accommodements : « Dans le cadre de la commission Bouchard-Taylor, l'État semblait avoir essentiellement pour rôle de négocier des compromis acceptables entre les diverses communautés en concurrence pour l'espace public. » et pour cause puisque nous ne sommes pas un pays laïc. Merci et joyeux Noêl.

  • Guy Archambault
    Abonné
    jeudi 24 décembre 2009 07h56
    La fierté frileuse québécoise.
    Les accommodements raisonnables sont un produit purement québécois. Notre culture commune est de ne pas trop nous affirmer de peur de faire de la peine ou d'être traité de peuple raciste, antisémite et xénophobe. Nous avons la culpabilité à fleur de peau lorsqu'il s'agit de nous affirmer.

    On préfère affirmer fortement notre fierté d'être Québécois et francophones en confiant cette tâche à Maurice Richard, à Jean Béliveau, à Guy Laliberté et à Céline Dion (Las Vegas Style), aux Alouettes, en manifestant notre capacité d'attirer de grands noms de la chanson anglophone sur les Plaines, en espérant ardemment qu'un jour quelques Russes et Finlandais permettent aux Canadiens de gagner la coupe Stanley.

    La fierté frileuse des Québécois est à l'image de l'obséquiosité élégante et galante des propriétaires de chiens de race, obséquiosité que nos universitaires politiquement corrects se manifestent les uns envers les autres devant un public, soucieux qu'ils sont d'être perçus comme l'élite. Une galanterie complaisante que se manifeste entre eux les cardinaux en conclave heureux et fiers d'être les élus avant l'Élu, les Princes de l'Église.

    Guy Archambault

  • France Marcotte
    Abonnée
    jeudi 24 décembre 2009 10h22
    Femmes à barbe
    Attendez, il y a des choses assez étonnantes ici: "...sur les quelque 2000 femmes qui porteraient la burqa en France, les trois quarts seraient françaises (de souche et pas musulmanes?) et 25 %, converties". Est-ce à dire que certaines femmes portent la burqa pour des raisons qui ne sont pas religieuses? Voilà un phénomène surprenant, pourquoi la portent-elles alors? Décidément la burqa est un objet fascinant...et la réalité de la rue est assez déroutante pour les législateurs! Les Français sont tordants; pour des raisons d'ordre public "en France on cache son sexe et on montre son visage", ils pourront enfin tous se regarder dans les yeux. Alors avis aux hommes à barbe avec des verres fumés qui se promèneraient nus sur les Champs-Élisées! Joyeux Noël!

  • Jacques Lafond
    Abonné
    jeudi 24 décembre 2009 10h25
    Pas d'argument
    À la lecture de votre texte, Monsieur Rioux, il m'apparaît évident que les français n'on aucun argument valable pour interdire le port du burqa, et de toute évidence ils travaillent, ils extrapolent, ils se creusent les méninges pour en trouver un argument.

    Je pense aussi que ce débat est beaucoup plus intelligent au Québec, où on se demande s’il est acceptable ou non ‘’d’accommoder’’ ce symbole dans notre société.

    Mais, il faut quand même avouer qu’au Québec, que ce n’est pas très fort notre affaire non plus. Qui sommes nous pour permettre ou interdire les port du bruqa ou le port de quoi que ce soit d’autre ?

    Qui sommes nous pour interdire à un adulte consentant et libre de faire quoi que ce soit qui n’est pas un danger et une menace à l’ordre publique ?

    JL

  • Celine A. Massicotte
    Abonnée
    jeudi 24 décembre 2009 10h25
    À Guy Archambault: frileux pas frileux...
    Une question: Vous arrive-t-il de lire d'autres commentaires que les vôtres, et ceux qui vont dans le même sens? J'en doute...

    Les accomodements raisonnables sont effectivement un produit québécois, puisque dans le reste du Canada, cette notion n'a pas sa raison d'être: le Canada est intrinsèquement accomodé à toutes les sauces: mormone, islamique extrégriste, hassidique et j'en passe. La preuve en est qu'il y a quelques années, lorsqu'on a arrêté un groupe de jeunes Canadiens d'origine arabe, et musulmans, souçonnés d'avoir comploter des attentats terroristes, on pouvait les voir déambuler, entourés de leur mère, leur soeur ou leur tante toutes vêtues de la Burka. Pour nous, Québécois, c'était halluçinant; pour les Ontariens, plus précisément les Torontois, c'était NORMAL. Ils ont même failli accepter la Charia.

    D'autre part, au Québec, frileux ou pas, nous ne pouvons rien faire en ce qui concerne les accomondements raisonnables ou non, à part se faire aller le clapet, mais c'est mieux que rien, puisque la charte canadienne des droits donne priorité au religieux sur le reste, charte elle-même fondée sur le pouvoir la reine Élisabeth II (et de ses successeurs), qui le détient directement de la volonté d'un certain dieu (ré: le texte de Pierre Martinet, juste avant le vôtre).

    Mais je suis tout de même vaguement en accord avec vous sur le fait que nous sommes frileux, mais... en ce qui concerne notre avenir: nous nous grattons la tête en nous demandant "j'vas-tu déménager ou rester là?" et nous regardons passer le train. Toutefois, cette frilosité s'explique de deux manières, la peur d'un nouvel échec, mais surtout par notre division.

    Les indépendantistes, oups, juste le mot fait peur, les souverainistes, donc, nous devrions nous rassembler, et cesser de nous éparpiller entre Québec et Ottawa, entre autres. Et en tant que Québécois, nous devrions cesser de nous attarder à des débats futiles et sans issu, comme celui, ceux sur le coile ou les minarets: il est pas mal plus stimulant, créatif et rassembleur d'imaginer et de construire un pays que de passer notre vie à chialer pour aucun résultat, que ce soit au sujet d'une laïcité factice ou des problèmes de la langue.

  • poisson marie-michelle
    Inscrite
    jeudi 24 décembre 2009 10h51
    Cas par cas ou principe clair?
    L'exercice que font les français et que vous décrivez dans votre article M. Rioux est un exercice intellectuellement exigeant et politiquement responsable. Les français cherchent des principes clairs et universels ( naturels) , reconus de tous qui puissent fonder le droit et la loi afin d'éviter l'arbitraire du cas par cas. L'approche de l'accommodement raisonnable en matière de religion est tout le contraire; les critères d'inspiration religieuse ( surnaturels) sont non démontrables et ne sont, par conséquent,absolument pas universalisables. Les critères religieux sont de piètres fondements du droits. La notion "d'accommodement" est intellectuellement paresseuse et irresponsable politiquement. Elle ne sert qu'à faire gagner ( ou perdre) du temps contre l'inéluctable; les critères d'inspiration religieuse ne pourront plus légitiment fonder le droit public et il faudra faire l'effort, comme les français, d'en trouver de meilleurs.

  • André Michaud
    Inscrit
    jeudi 24 décembre 2009 11h35
    Droit aux superstitions?
    Les religions sont toutes fondées sur des superstitions. Doit-on reconnaitre le droit d'avoir des superstitions?

    Toutes les religions appellent à croire sans preuve (la foi) donc fonder sa vie sur la crédulité...!!

    Les religions s'opposent à la recherche de la vérité et de l'objectivité, puisque elles posséderaient déjà LA vérité auquelle on doit croire sans preuve...c'est pourquoi les talibans sont opposés à la science. Tout comme les chrétiens intégristes qui nient l'évolutionisme et croient à la fable de Adam et Ève..

    Doit on considérer que croire au Père Noel est un droit parce que les enfants y croient ou alors les convaincre de la stupidité des superstitions?

    Combien d'enfants devrons-nous continuer de brimer la liberté sur l'autel des superstitions ? Combien de femmes dont on veut cacher la beauté sous le voile de la honte, voir lapidées tout cela aux nom de superstitions religieuses?

    Il ne faut pas soutenir les superstitions religieuses mais les combattre par des arguments scientifiques qui vont au-delà des superstitions...

  • Paulyne Gauvin
    Abonnée
    jeudi 24 décembre 2009 11h59
    Acharnement contre Bouchard-Taylor
    Je suis agacé et ne comprends pas l'acharnement de M. Rioux à ne parler du rapport Bouchrd-Taylor (BT) que de façon polémique et négative: "Rien à voir", "la rhétorique de BT", "On est bien loin de". Critiques qui portent à faux car, de ce qui ressort de ce qu'écrit M. Rioux lui-même, la France ne situe même pas le débat sur la burqa dans l'ordre du religieux à accommoder ou pas, ni même dans l'ordre de l'affirmation du caractère laïque de la République. En effet, tous les arguments mentionnés relèvent de l'ordre public, de la dignité de la femme, de la sécurité, des codes sociaux, etc. C'est donc abusivement que, selon moi, M. Rioux affirme que les gens qu'il cite interviennent au nom de la préservation de l'espace public LAÏQUE (par opposition à un espace public qui ferait une certaine place au religieux). Tout son texte montre qu'ils interviennent au nom d'un espace public simplement démocratique, marqué des valeurs d'ordre, de dignité, de respect de la civilisation ambiante.
    André Stainier
    Québec

  • Simon Renaud
    Inscrit
    jeudi 24 décembre 2009 12h21
    Laïcité
    Le terme laïcité porte en son essence une ambiguïté profonde; est-ce qu'on parle de laïcité dans l'espace public ou parle-t-on de laïcité des institutions? Au Québec sensiblement, d'après le rapport sur les accommodements, on parle de laïcité des institutions ( retrait du crucifix, abandon des prières aux conseils de villes, pas de signes religieux quand une personnes occupe un poste qui demande l'impartialité, etc. ). En France, comme nous le constatons, elle s'occupe de la sphère public, en bannissant des signes religieux qu'un individu particulier peut porter.

    De premier abord, il peut sembler évident que dicter des règles vestimentaires parait légitime quand nous nous trouvons en face d'une règle qui semble interférer avec le concept de dignité humaine. Mais, je trouve ( et que cela ne reste qu'un jugement à fin de discussion ) qu'occulter un signe religieux aux oubliettes de la sphère privée nuit aux dialogues. Cela nuit à l'intégration des personnes qui la pratique : le phénomène ne disparaîtra pas du seul fait qu'on la bannisse de la sphère public. Ce n'est pas en faisant disparaître ce signe religieux de nos yeux d'occidentaux que la question va vraiment se discuter et que l'on pourra vraiment distinguer les différences normatives qui s'établit entre les cultures. Dans le cas contraire, on occulte la pratique, on la rend marginale, on oubli du même coup les personnes qui pratique ce code vestimentaire et on pousse dans un coin, silencieux, les gens qui la pratique.La discussion s'établit, comme en France, au niveau des gouvernants et ce n'est pas en société que l'on règle la question.

    J'aime bien la proposition de Bouchard-Taylor, en ce sens où le Québec pratique une laïcité ouverte, où la laïcité s'établit seulement dans les sphère des institutions pour respecter la neutralité de l'État et qu'on occulte en aucun cas les signes religieux en les acceptants comme faisant parti de la diversité, pour mieux se comprendre, mieux s'accepter et peut-être mieux s'intégrer; la compréhension de l'autre étant un processus de l'intégration.

    On pourrait fort bien se demander comment les gouvernants en arrive à avoir une poussé de fièvre envers la burqa. jugements esthétiques? nationaliste? ce n'est pas qu'au Québec qu'on est frileux...

    Donc, la prochaine fois qu'on ira en Savoie et qu'il fera -1000, j'emmènerai pas ma cagoule!!

  • Sylvain Lavoie
    Inscrit
    jeudi 24 décembre 2009 13h17
    Excellents points...
    @Pierre Marinet

    Vous soulignez de manière très efficace ce que plusieurs personnes oublient trop souvent. Ce simple constat est malheureusement en grande partie à l'origine de mon orientation souverainiste: la nature archaïque et ridicule du système politique canadien, la plus que moyenâgeuse monarchie... Si, comme vous le soulignez, le rôle de l'État se limite à arbitrer la compétition entre les différentes communautés pour l'espace public, que la liberté religieuse est garantie par la Charte, et que de surcroît, la neutralité de ce même espace public n'est aucunement garantie par la constitution, il serait donc théoriquement possible qu'un des groupes en compétion pour le dit espace en vienne à imposer certaines de ses prérogatives, grâce à son poids démographique...Quand l'Ontario a failli permettre l'établissement de tribunaux islamique et compte tenu des errements à répétition de la Cour suprême du Canada, pour ne citer que le jugement Marshall, cette possibilité, même théorique, me donne froid dans le dos. Qui sait, peut-être qu'un jour les américains qui nous ont déjà baptisé de«Canuckistan», le ferons cette fois-ci, à raison...

  • Loraine King
    Inscrite
    jeudi 24 décembre 2009 14h08
    Failli faire et ne pas faire
    Morte de rire - quand l'Ontario a failli permettre ...

    Pour décoder ce langage ridicule : l'Ontario a rejetté l'établissement de tribunaux islamique. Point. Et les opposants les plus vocaux aux tribunaux islamique étaient des musulmans.....

  • elf
    Inscrit
    jeudi 24 décembre 2009 17h05
    La burqa, une représentation dégradante pour toutes les femmes, avec ou sans
    La burqa comme la pornographie est une représentation dégradante pour toutes les femmes, qu'elles portent ou non la burqa. C'est un modèle dégradant pour les fillettes et les jeunes filles à qui elle renvoie à une non-humanité du sexe féminin, à une citoyenneté de second ordre, à une femme objet et marchandise. A l'égal de la pornographie, la burqa doit être interdite de l'espace public.

    Par ailleurs, les imams appellent partout dans le monde à violer les femmes non voilées. Pour une question sécuritaire il faut donc empêcher la discrimination des femmes en bannissant les signes religieux trop explicites.

  • Celine A. Massicotte
    Abonnée
    jeudi 24 décembre 2009 19h29
    À madame Marcotte: un gros merci!
    Vous soulevez un point qui m'avait échappé, pourtant fondamental, et sur lequel on peut se questionner à l'infini. Le 75% des femmes portant la burqa qui sont françaises, j'aurais tendance à penser qu'elles ont obtenu la citoyenneté française, mais là... comment l'ont-elle obtenu? J'ignore quel est le processus là-bas pour obtenir la citoyenneté, mais... imaginons que ça ressemble à ce qui se passe au Canada: mais même ici, une femme (ou bien quelques) affublée de ce vêtement, pourrait-elle se présenter dans cette grande réunion où tout le monde entomne le Ô Canada, ou du moins l'écoute? Pourrait-elle dans cette tenue prêter un serment d'allégeance (à qui ou quoi déjà?) puisqu'on ne saurait pas qui le prête: elle, son mari ou un touriste? Bon, elle pourrait avoir été invitée peu après son entrée, à se dévoiler... mais lorsque le voile vous couvre du sommet du crâne au talon, c'est pas facile à relever! Toutefois, il est aussi possible que, de deux choses l'une: une femme portant la burqa ne demande peut-être pas la citoyenneté, seul son mari le fait , et les enfants nés ici seront automatiquement citoyen canadien, même si lui ne le fait pas; ou bien... on trouve une autre manière de lui faire prêter serment, à part.

    Mais pour revenir à la France, admettons que 75% des femmes sont des citoyennes françaises, donc, et les 25% qui reste des converties... (Françaises de souche) où sont les immigrantes de fraîche date, dans ces statistiques? Est-ce à dire que ces femmes ne portent cet accoutrement qu'à partir du moment où elles reçoivent la citoyenneté française? Heu...

    Comment les Français, incluant les spécialistes de tous poils ont-il pu avaler pareille couleuvre? Je crois plutôt que M. Rioux avait peut-être commencer de se mettre dans l'esprit des Fêtes, et que quelque chose dans les statistiques lui a échappé... Mais c'est pour le mieux, car votre sens de l'observation, Mme Marcotte, permettra peut-être d'alléger le débat!

  • Andre Vallee
    Abonné
    vendredi 25 décembre 2009 08h40
    Accomodements
    La commission sur les accommodements raisonnables a dévié en exercice de “mea culpa” traditionnel. La culture de 80% de la population est devenue pas plus importante que toute autre. Si nous décidons d'être nous-mêmes, le ROC nous traite de racistes; si nous cédons à tous les accommodements, de petits et peureux.
    La souveraineté nous permettrait de discuter debout, de décider nous-mêmes de nos lois et règlements, et de participer vraiment à définir l'union canadienne.

  • Maryanne
    Inscrite
    vendredi 25 décembre 2009 10h03
    vêtement e respect
    Qui peut m'identifier dans le coran quel verset, fait mention du port du voile? dont le femme doit se revêtir, recouvrir de ce voile ? Que dit ce texte?..Et les HOMME eux que font-ils pour le respect de la FEMME. Selon moi ils (peuple) sont encore à l'époque des cavernes.

  • Charlie Brown
    Inscrite
    vendredi 25 décembre 2009 13h16
    et bien meussieur archambeau
    Eh bien mon cher monsieur je suis surpris que dans votre commentaire vous insulter pas les français, en les traitant de raciste ou de n'importe quoi d'autre.

    Mais je doute que si ce débat se trouver au Québec vous saurez autant gentil avec nous ... Pourquoi chaque commentaire que vous écrivez il y a toujours un relent d'anti-québécois primaire...

    Vous savez je suis contre la burka et de tout les autre objets religieux (chrétien, juif, musulman, hindou ou sikh) que porte les fonctionnaires au service de l'ETAT québécois donc au service des québécois.

    Nous québécois on n’a mis dehors le curé du gouvernement ce n'est pas pour faire rentrer le rabbin ou l’imam. Car le peuple québécois ne veut pas d'un retour de la religion dans l'ETAT QUEBECOIS....

    merci de votre compréhension ..
    le fils de charlie brown
    un jeune quebecois
    qui veut un quebec laic et indépendent libre de tout maitre et de toute religion

  • Michaël Lessard (micles.biz)
    Abonné
    samedi 26 décembre 2009 01h09
    Rappel au fait: personne au Québec/Canada n'accepte le voile intégrale
    C'est un fait ignoré par celles et ceux qui ne veulent pas écouter, mais voici: aucune personne ni organisation, ni même les associations musulmanes canadiennes, n'acceptent le voile intégrale.

    Dois-je le répéter ?

    Non, la Fédération des femmes du Québec, Québec solidaire et les autres regroupements militant pour les droits humains, n'acceptent pas le voile intégrale. Ils/elles tolèrent uniquement le foulard porté sur les cheveux, et ce, pour éviter d'exclure des femmes et parce que ce changement social doit se faire de manière progressive et non pas la violence de la loi. Sauf qu'il y a évidemment des limites à tout. Changer des aspects culturels, en respectant les gens concernées, exclut toutefois le voile intégrale ou la burqa.

    Au Québec, la question posée est uniquement est-ce que les fonctionnaires qui doivent travailler avec le public ont le droit ou non de porter des symboles quelconques (chapeau de certains Juifs, foulard de certaines Musulmanes, croix de certain-es Chrétien-nes, etc.).

    Je dois le préciser, car trop de gens, même des soi-disant journalistes, vont confondre et faire dire des choses insultantes et fausses à bon nombre d'associations.

  • robot
    Abonné
    samedi 26 décembre 2009 11h08
    Et l'accommodement à la fraude?
    Au temps de la grande noirceur, (Duplessis) On déguisait les prostituées en
    bonne soeur et on les envoyait voter pour des prête-noms préalablement
    et faussement inscrits sur la liste électorale par des organisateurs véreux et
    sans scrupules.
    La tolérance à la burka fait fi de toutes les lois destinées à protéger les
    citoyens de la fausse représentation et du déguisement . On peut cacher sous
    une burka le plus dangereux terroriste kamikaze... Il en faut moins pour aller
    voler une banque et piller un citoyen de ses économies....

  • France Marcotte
    Abonnée
    samedi 26 décembre 2009 20h43
    Passer inaperçue(!)
    pour madame Céline Massicotte,
    vous soulevez d'excellents points, qui enrichissent mon idée qui était plutôt fofolle. J'ai pensé que le 75% de femmes en burqa pouvaient être des Françaises "ordinaires" qui utiliseraient ce vêtement simplement pour avoir la paix dans la rue ou se reposer du regard des autres et passer inaperçue. Imaginez la surprise du gouvernement français si telle est la vérité! Mais cela expliquerait pourquoi on s'est rabattu sur la notion de l'ordre public troublé pour interdire le vêtement litigieux.

  • jean_michel morand
    Inscrit
    dimanche 27 décembre 2009 15h15
    la burqa en france
    je suis français et je vous explique notre point de vue dominant sur la burqa:
    cela choque et revulse la plupart des français de voir des burqas ; cela nous renvoit a une vision de la femme esclave , hors société , et cela donne une image barbare de l'islam.
    Il y a un autre aspect: l'accomedement raisonnable me semble une regle etrange et masochiste pour une société ; nous comme vous les Quebecois , sommes des nations qui ont une identité , des valeurs , des regles de comportement. L''immigré musulman est un nouveau venu, un invité qui doit s'adapter a nos moeurs ,a notre mode de vie. Sans quoi il va vivre en marge ou va agresser notre identité.Il peut pratiquer sa religion dans la mesure ou il l'adapte a notre mode de vie. A cette condition il devient un membre de notre nation.

  • Jean de Cuir
    Abonné
    dimanche 27 décembre 2009 23h08
    Voir et ne pas voir
    Je renvoie 'a mon commentaire sur l' article du 23 décembre de M. Rioux, sur la burqa. Je prolonge la réflexion de Mme Badinter.

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    lundi 28 décembre 2009 09h26
    les recours
    Une personne voilée intégralement ou portant une burka devrait se voir interdire par la Loi tout recours et tout dédommagement contre un employeur qui refuserait de l'embaucher pour cette raison.

  • Celine A. Massicotte
    Abonnée
    mardi 29 décembre 2009 03h45
    À Paul Lafrance: DÉCIDEMENT!
    PLUS JE VOUS LIS, ICI ET LÀ, ET PLUS JE M'ÉTONNE.

    Pensez-vous sérieusement que ces femmes recherchent des emplois? Pour avoir travaillé à toutes les élections dans les dernières années (même à cetertaines partielles), je crois que la très grande majorité ne sont même pas intéressées ou "autorisées" à exercer leur droit de vote.

    C'est mal connaître le concept qui sous-tend cet accoutrement: la reproduction et l'entretien de la famille.

  • Celine A. Massicotte
    Abonnée
    mardi 29 décembre 2009 04h29
    À Mme Marcotte prise II: pas clair, par clair!
    Non, ce n'était pas si foufou de votre part... Avant d'envoyer mes propres réflexions sur ce site, je m'étais longuement questionné, et j'avais fait part à l'auteur de nos questionnements face à ces statistiques, mais aussi à cette citation:«en France on cache son sexe et on montre son visage», que vous aviez si brillament relevé, et qui, lorsque je l'ai lue à une amie, lui a espiré ce bref commentaire: ben j'espère!

    Mais voilà qu'après avoir fait tout ce travail... eureka! J'ai compris, dû au fait surtout que l'auteur avait utilisé deux... graphies différentes et deux manières pour exposer ces statistiques, soit "les trois-quarts" et "25%". Je me suis dit qu'il s'agissait d'une sorte de message codé, qu'il y avait matière à déchiffer. Et j'ai compris alors que ce qui était ainsi exprimé c'est ceci:
    Les trois-quarts des femmes qui portent la burqa sont françaises, donc musulmanes née en France ou ayant obtenu leur citoyenneté, et de ces 3/4, 25% sont converties, ce qui veux dire que des 2,000 femmes en question, le quart qui reste sont des immigrantes de fraÎche date. J'ai donc signifié à l'auteur que j'avais compris, mais alors que je lui envoyais mon second courriel, il répondait au premier. m'expliquant ce que je viens de vous expliquer... Et aussi que la fameuse phrase philosophique sur... qu'est-ce qu'on montre et qu'est-ce qu'on cache, illustrait que l'État français, suite à ces statistiques, pensait se baser, dans le dossier de la burka, sur la même notion de l'ordre public, que la burka troublerait, comme le fait de montrer... au lieu de son visage.

    Deux choses, quand on est obligé d'expliquer un texte, c'est que ce n'est pas clair. Mais... il est un peu étonnant de constater que nous sommes deux seulement, et deux femmes, à nous être questionné. Faut-il en conclure que les hommes ne s'enfargent pas dans les fleurs du tapis, ou qu'ils ont tout compris tout de suite?

    Et en passant, APPEL A TOUS: 2,000 femmes qui portent la burka sur les 5,000,000 de musulmans en France (une immigration commencée au temps de la colonisation) ça fait une proportion de ,04%. Et si on rapporte ça sur 61 millions et quelques de citoyens français (excluant les territoires outremer) ça fait... infinétisitimal. C'est ça une invasion?

  • CLOUTIER
    Inscrit
    mardi 29 décembre 2009 10h08
    La capine d'hiver...
    C'est vrai qu'en hiver on croit voir moins de capine. Elles sont souvent assimilées (enfin) à la mutitude de formes et de genre de chapeaux d'hiver. De plus dans certaines cultures d'Europe de l'est le port du vieux foullard est encore de mise. Il faut cependant ajouter que certaines portent encore leur voile d'été peu confortable dans notre climat. Une preuve de plus que ce n'est pas simplement un bout de tissus à leur yeux mais plutôt un objet sacerdotal genre médaille.

  • Michel Gaudette
    Inscrit
    mardi 29 décembre 2009 20h56
    Alors que la France est en déclin...
    Oui, alors que l'économie française est en déroute, que les Français s'inquiètent de leur pouvoir d'achat, que la population est aux prises avec un chômage massif (près de 25% chez les jeunes), voilà que Sarkozy veut faire diversion avec ces histoires de burqua et d'identité nationale...

    La France n'est certes pas au bout de ses misères et ce ne sont pas les numéros de Sarkozy pour épater la galerie (de préférence internationale) qui vont sortir la France de son marasme...

  • bereza
    Inscrit
    samedi 2 janvier 2010 10h02
    Les burkas pour les femmes russes et ukrainiennes
    Avec la croissanhce des musulmans en Russie et en Ukraine, le probleme des voiles et bourkas n'existe pas encore. On voit toujours les <a href="http://www.ukreine.com/catalog.html">femme russes</a> et ukrainiennes dans toute leur beaute.

  • Paul Verreault
    Inscrit
    samedi 2 janvier 2010 10h03
    Laïcité
    Dans ce débat, j'affirme que seule l'indépendance du Québec permettra la laïcité (constitutionnalisée au Québec) nécessaire pour combattre le multiculturalisme "Canadian". La Cour Suprême du peuple "Canadian" qui s'appuie sur leur Constitution et "dieu" (et qui prévaudrait sur celle d'un Québec-province), leur permettra toujours de rendre la Loi 101 inefficace et nous obligera encore à plier sous la dictature des minorités, le multiculturalisme.

  • CHRISTOPHE ROY
    Inscrit
    dimanche 3 janvier 2010 18h17
    MEME LE CORAN INTERDIT CETTE PRATIQUE EN TERRE NON MUSULMANE
    Selon AHMED YUKSEL OZEMRE :
    " Lorsque les musulmans sont minoritaires dans 1 pays chretien, qu ils en soient citoyens ou qu ils en profitent du droit d asile ou bien de la simple hospitalité, ils sont obligés de par leur religion de se garder de l hypocrisie qui seme la discorde et de l ingratitude (II / 276 ) envers ce pays, car Dieu haït les trangesseurs ( VII / 55 ), et un comportement contraire serait sûrement une trahison contre l'hospitalité et contre d'autres avantages que ce pays leur procure car Dieu n'aime pas les traîtres ( VII / 58 ) et les croyants sont ceux qui gardent les dépôts confiés à leur soin et respectent leurs engagements ( XXIII / 8)".
    Source : Le problème islam en Terre Chrétienne de Ahmed YUKSEL OZEMRE
    Donc merci aux croyants musulmans de respecter le Coran en respectant la France ( Pays Chrétien de culture et de religion majoritaire Chrétienne )

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