L'Ukraine fête sans fanfare le 5e anniversaire de la Révolution orange
Photo : Agence France-Presse Mykola Lazarenko
Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko, devenu depuis très impopulaire, a défendu sa politique dans un discours prononcé devant des centaines de ses proches.
Kiev — L'Ukraine a marqué hier sans fanfare le cinquième anniversaire de la Révolution orange qui a renforcé ses libertés démocratiques mais laissé les Ukrainiens insatisfaits et désabusés à l'approche de l'élection présidentielle prévue en janvier.
Jadis héros de ce soulèvement pro-européen, le président Viktor Iouchtchenko, devenu depuis très impopulaire, a défendu sa politique dans un discours prononcé devant des centaines de ses proches, qui arboraient des n¶uds orange à la poitrine.
Brandissant des drapeaux nationaux bleu-jaune, quelques dizaines de ses partisans réunis depuis la mi-journée sur le Maïdan ont suivi le discours du président retransmis sur de grands écrans.
Le manque de «popularité ne signifie pas que la politique est erronée. N'oublions pas que la majorité se trompe souvent, je dirais même se trompe en règle générale», a lancé le président.
Se disant confiant dans la vocation européenne de Kiev, il a énuméré les acquis de sa présidence, dont la liberté de l'expression ou la forte progression du budget national et des investissements étrangers.
Modestie et dissensions
Mais les commémorations sont demeurées modestes alors que le pays est plongé dans une grave crise économique et se prépare à l'élection présidentielle du 17 janvier où les anciens alliés de la Révolution devraient s'affronter.
Égérie de la Révolution, le premier ministre Ioulia Timochenko, aujourd'hui ennemi juré du chef de l'État, n'était pas à ses côtés hier. Elle s'est bornée à publier une adresse écrite à la Nation diffusée par son service de presse et à donner une brève interview à la télévision.
«La déception envers certains hommes politiques ne signale nullement celle envers les idées et les objectifs que le Maïdan s'est fixés» en 2004, a observé Mme Timochenko, qui aime à se présenter comme la seule «vraie» héritière de la Révolution.
Il y a cinq ans, des centaines de milliers d'Ukrainiens avaient bravé la neige et le froid pour manifester, à partir du 22 novembre, pendant presque trois semaines.
Ils avaient finalement obtenu l'annulation pour fraudes de l'élection du candidat du pouvoir à la présidentielle, Viktor Ianoukovitch, ouvertement soutenu par le Kremlin.
Cet élan populaire pava la voie à l'élection à la présidence de Viktor Iouchtchenko, alors opposant pro-occidental.
Pas de changements
L'Ukraine, ex-république soviétique restée jusqu'alors dans l'ombre de Moscou, incarna pour beaucoup l'espoir et le rêve démocratique aux portes de l'Europe, qu'elle aspirait à rejoindre sans délai.
Mais les attentes se sont heurtées depuis à une dure réalité: les changements promis, comme le rapprochement avec l'Union européenne ou la lutte contre la corruption, ne se sont pas concrétisés tandis qu'au fil des crises politiques, les anciens alliés «oranges», M. Iouchtchenko et M. Timochenko, sont devenus ennemis jurés.
Ils vont s'affronter à la prochaine présidentielle mais, ironie du sort, c'est M. Ianoukovitch qui figure en tête des sondages avec 28 à 41 % des intentions de vote. Il est suivi de Mme Timochenko (20 à 25 %). M. Iouchtchenko n'est crédité que de 4 à 5 % des intentions de vote.
«Bien sûr que je ressens de la déception. Iouchtchenko et Timochenko ont trahi les idéaux de la Révolution», dit Andri Avramenko, un ancien participant à la Révolution venu sur le Maïdan et qui arbore toutefois un foulard orange autour du cou. Mme Demianova se veut positive: «On ne peut pas faire tout d'un seul coup, mais la Révolution a donné un coup de pouce aux changements».
Jadis héros de ce soulèvement pro-européen, le président Viktor Iouchtchenko, devenu depuis très impopulaire, a défendu sa politique dans un discours prononcé devant des centaines de ses proches, qui arboraient des n¶uds orange à la poitrine.
Brandissant des drapeaux nationaux bleu-jaune, quelques dizaines de ses partisans réunis depuis la mi-journée sur le Maïdan ont suivi le discours du président retransmis sur de grands écrans.
Le manque de «popularité ne signifie pas que la politique est erronée. N'oublions pas que la majorité se trompe souvent, je dirais même se trompe en règle générale», a lancé le président.
Se disant confiant dans la vocation européenne de Kiev, il a énuméré les acquis de sa présidence, dont la liberté de l'expression ou la forte progression du budget national et des investissements étrangers.
Modestie et dissensions
Mais les commémorations sont demeurées modestes alors que le pays est plongé dans une grave crise économique et se prépare à l'élection présidentielle du 17 janvier où les anciens alliés de la Révolution devraient s'affronter.
Égérie de la Révolution, le premier ministre Ioulia Timochenko, aujourd'hui ennemi juré du chef de l'État, n'était pas à ses côtés hier. Elle s'est bornée à publier une adresse écrite à la Nation diffusée par son service de presse et à donner une brève interview à la télévision.
«La déception envers certains hommes politiques ne signale nullement celle envers les idées et les objectifs que le Maïdan s'est fixés» en 2004, a observé Mme Timochenko, qui aime à se présenter comme la seule «vraie» héritière de la Révolution.
Il y a cinq ans, des centaines de milliers d'Ukrainiens avaient bravé la neige et le froid pour manifester, à partir du 22 novembre, pendant presque trois semaines.
Ils avaient finalement obtenu l'annulation pour fraudes de l'élection du candidat du pouvoir à la présidentielle, Viktor Ianoukovitch, ouvertement soutenu par le Kremlin.
Cet élan populaire pava la voie à l'élection à la présidence de Viktor Iouchtchenko, alors opposant pro-occidental.
Pas de changements
L'Ukraine, ex-république soviétique restée jusqu'alors dans l'ombre de Moscou, incarna pour beaucoup l'espoir et le rêve démocratique aux portes de l'Europe, qu'elle aspirait à rejoindre sans délai.
Mais les attentes se sont heurtées depuis à une dure réalité: les changements promis, comme le rapprochement avec l'Union européenne ou la lutte contre la corruption, ne se sont pas concrétisés tandis qu'au fil des crises politiques, les anciens alliés «oranges», M. Iouchtchenko et M. Timochenko, sont devenus ennemis jurés.
Ils vont s'affronter à la prochaine présidentielle mais, ironie du sort, c'est M. Ianoukovitch qui figure en tête des sondages avec 28 à 41 % des intentions de vote. Il est suivi de Mme Timochenko (20 à 25 %). M. Iouchtchenko n'est crédité que de 4 à 5 % des intentions de vote.
«Bien sûr que je ressens de la déception. Iouchtchenko et Timochenko ont trahi les idéaux de la Révolution», dit Andri Avramenko, un ancien participant à la Révolution venu sur le Maïdan et qui arbore toutefois un foulard orange autour du cou. Mme Demianova se veut positive: «On ne peut pas faire tout d'un seul coup, mais la Révolution a donné un coup de pouce aux changements».
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