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Leçons du Mur

François Brousseau   9 novembre 2009  Europe
La chute du mur de Berlin est un événement si riche que l'on n'a pas fini d'en découvrir toutes les significations et tous les effets.

Ce fut la preuve que, par moments — courts, rares, mais non moins intenses et authentiques —, les masses en action peuvent ravir l'initiative politique aux élites.

Mais ce fut aussi la preuve que les grands individus peuvent jouer un rôle déterminant dans l'Histoire. C'est Mikhaïl Gorbatchev, héros malgré lui de cette fin de XXe siècle, qui renonce à l'usage de la force et dit aux leaders est-allemands: débrouillez-vous!

C'est la petite histoire (ce haut fonctionnaire qui — à 19 h le 9 novembre 1989 — annonce presque par accident que les points de passage vers Berlin-Ouest sont libérés) qui rencontre l'Histoire avec un grand H. Ce sera aussi, peu à peu, la rencontre malaisée de la politique et de l'économie, des aspirations et de la réalité...

Slavoj Zizek, le psychanalyste féru de politique, écrit dans Le Monde que «derrière le Mur, les peuples ne rêvaient pas de capitalisme». Voire. En tout cas, ils vomissaient le système dans lequel ils étaient forcés de vivre et considéraient avec envie la liberté et la consommation entrevues de l'autre côté. Qu'ils l'aient idéalisé, cet autre système, et que les lendemains ne soient pas toujours souriants, c'est évident! Que son avènement en Europe de l'Est n'ait pas signifié la félicité pour tous ou la paix éternelle dans le monde, nul n'en disconvient...

Mais, dans l'ensemble, les peuples de l'Est voulaient le libéralisme — politique, économique, culturel — et ils l'ont eu... Et pour rien au monde, ils ne retourneraient à l'autre système.

***

En 1989, la Terre bougeait ailleurs qu'en Europe: en Amérique latine (où la fin de la guerre froide allait apaiser les choses... sans toutefois les bénéfices économiques dont profiteraient les Est-Européens), en Afrique (avec un «tournant démocratique» qui s'avérera décevant), en Asie...

Les autorités communistes chinoises, cinq mois plus tôt, avaient écrasé dans le sang un mouvement de protestation qui aurait pu — si les élites politiques avaient agi autrement — annoncer les révolutions pacifiques de l'automne en Europe de l'Est... peut-être même une «Révolution de Velours» à la sauce pékinoise!

La réalité fut tout autre: la fraction au pouvoir à Pékin avait déjà, depuis quatre ans, analysé attentivement et digéré «l'expérience Gorbatchev», dont elle avait tiré les leçons... et, plus particulièrement, un catalogue des choses à ne pas faire!

Dans les pays «postcommunistes» européens de 2009, frappante est la dissociation — doublée d'une dose de désillusion populaire — entre le politique et l'économique.

L'économie va son train, plutôt bien dans l'ensemble, même si le rythme est inégal et que des exceptions terribles se produisent. La Hongrie et la Lettonie, notamment, ont énormément souffert depuis 15 mois — pour des raisons nationales spécifiques — de la crise financière mondiale. Comme l'Irlande et l'Islande d'ailleurs, qui, elles, n'ont rien eu à voir avec le communisme.

Mais d'autres, comme la Pologne, ont correctement traversé la tempête: la Pologne qui n'a pas eu de récession en 2009, et qui avait aligné des taux de croissance «à la chinoise» tout au long des années 1990 (un peu moins dans les années 2000). La Pologne où le niveau de vie a fait un bond tout à fait prodigieux depuis 20 ans. Idem pour la République tchèque, la Slovaquie, la Slovénie...

***

Par contre, dans le domaine politique — avec la liberté retrouvée de choisir ses dirigeants —, c'est la déception presque généralisée. Médiocrité des élites, chicanes provinciales, résurgence de certaines tensions ethniques (dont l'ex-Yougoslavie fut l'illustration extrême, heureusement unique à ce degré d'horreur), désenchantement démocratique (avec des taux de participation électorale... montréalais!).

Et ce qui est troublant, c'est que l'économie, en général, ne semble pas pâtir de cette mauvaise gouvernance ou de ce déficit démocratique.

Et c'est là que revient en scène le modèle chinois... La Chine a passé les vingt années depuis la chute du Mur à approfondir cette dissociation entre politique et économie, à inventer ce que nul n'aurait pu prédire en 1989: le «capitalisme léniniste» (expression de l'historien Timothy Garton Ash). Un succès qui représente peut-être, en 2009 dans certaines régions du monde, la véritable solution de rechange à la démocratie libérale — combien perfectible — dans laquelle nous vivons.

*****

François Brousseau est chroniqueur d'information internationale à Radio-Canada. On peut l'entendre tous les jours à l'émission Désautels à la Première Chaîne radio et lire ses carnets dans www.radio-canada.ca/nouvelles/carnets.

francobrousso@hotmail.com
 
 
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  • Georges Paquet
    Abonné
    lundi 9 novembre 2009 06h42
    Au delà de Gorbatchev... Jean-Paul II.
    Plutôt que répéter ce qu'il a entendu, comme nous, à la télévision ces derniers jours, et d'accorder tout le mérite à Michael Gorbatchev, notre chroniqueur aurait du pousser un peu plus loin sa recherche et sans trop de difficultés remonter aux années durant lesquelles Jean-Paul II a répétés aux jeunes, mais aussi à ses visiteurs, à ses hôtes et à ses auditoires partout dans le monde et audelà du Rideau de fer:"N'ayez pas peur..."
    C'est le grand Alexandre Soljenitsyne lui-même qui accorde à Jean-Paul II, au delà de toute référence religieuse, la part la plus grande, sinon essentielle, dans le réveil des leaders et des peuples à cette réalité incontournable qu'est la soif de liberté individuelle qui anime tout individu et du respect de la dignité auquel il a droit. Ce sont bien sûr les Chartes des droits de la personne qui ont parmis à ces droits individuels de s'affirmer au dépens des droits collectifs, mais aussi à plusieurs leaders éclairés, certains ont vu la lumière un peu tard, qui ont insisté, sans référence religieuse, pour le respect universel de la dignité humaine et sur la responsabilité de chacun de ne pas avoir peur de réclamer cette espace de liberté.

  • Brun Bernard
    Inscrit
    lundi 9 novembre 2009 07h30
    Merci.
    « Slavoj Zizek, le psychanalyste féru de politique, écrit dans Le Monde que «derrière le Mur, les peuples ne rêvaient pas de capitalisme». » Partout, vraiment partout dans la sphère intellectuelle, Zizek est plutôt considéré comme philosophe non comme psychanalyste. Qu'il utilise les outils lacaniens soit mais ça ne le fait pas devenir psy pour autant. Il avait raison de dire cela parce qu'il est vrai que Les Ossies (allemand de l'Est) n'étaient pas dupes du capitalisme à cause des nombreux contacts qu'ils avaient avec la RDA. On reconnaissait assez rapidement un Osie à Berlin par son attitude, son état d'esprit anticapitalisme mais aussi par sa volonté à ne plus vouloir vivre dans aucun monde totalitaire qu'il soit celui de l'idéologie come l'Allemagne de l'Est ou capitaliste de la RDA. Surtout à Berlin, il y avait une scène alternative assez bien organisée et fort mobilisée. Ce n'est pas le sentiment des Ossies , votre propos. De plus, ils sont tombés de haut els pauvres quand ils rencontrèrent le « capitalisme miraculeux ». Beaucoup d'entre eux connaissaient Cuba, ils ne voulaient pas vivre comme cette Île pendant des siècles encore mais ils ne voulaient pas du capitalisme. C'est un fait patent. Alors votre phrase « Mais, dans l'ensemble, les peuples de l'Est voulaient le libéralisme (...). » sonne faux. Les allemands de l'Est ont perdu la solidarité humaine en entrant dans le monde de la démocratie occidentale humaniste du chacun pour soi. Admirable conclusion, n'est-ce pas?

  • Yvon Montoya
    Abonné
    lundi 9 novembre 2009 08h07
    Étrange trouble???
    Un étonnement m'a envahi en lisant votre article. Vous ne faites pas justice à l'excellente réflexion du philosophe Zizek, non le psychanalyste, qui a pour titre : « Derrière le Mur, les peuples ne rêvaient pas de capitalisme. »
    http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3232,50-1264164,0.html

    Son paragraphe résume l'ensemble de sa pensée : « Plus intéressante est l'étrange résurgence de l'anticommunisme vingt ans après. Ce phénomène vient en réponse à la question : "Si le capitalisme vaut tellement mieux que le socialisme, pourquoi notre vie est-elle toujours aussi médiocre ?" Pourquoi ? Parce que nous ne sommes pas vraiment entrés dans le capitalisme, parce que les communistes sont encore au pouvoir, dissimulés sous le masque de propriétaires et de managers... »

    N'y aurait-il pas matière à réflexion quant à ce phénomène? De l'utopie ratée du communisme totalitaire au capitalisme pur et dur, les Allemands de l'Est ont vite bien compris que l'espoir ne se situait pas à ce niveau. Y-a-t-il vraiment un espoir quand on voit que la Bulle financière se reconstitue.

    Zizek démontre très bien que le capitalisme ne fut pas réellement choisi par les populations libérées du joug soviétique plutôt que du joug communiste. La preuve en est qu'en Pologne, Walesa est moins populaire que Jaruzelski. Zizek et d'autres intellectuels, surtout polonais, l'on déjà dit à maintes reprises.

    Ce que désiraient véritablement ces populations? Lisons ce que nous écrit fort à propos Zizek dans son papier : «D'ailleurs, l'immense majorité des dissidents de l'Est ne manifestaient pas pour le capitalisme. Ils voulaient plus de solidarité et un semblant de justice, ils voulaient être libres de mener leur vie sans être sans cesse contrôlés par l'Etat, libres de se réunir et de parler ouvertement, ils voulaient une vie honnête et décente, débarrassée du bourrage de crâne, de l'hypocrisie et du cynisme. Comme plusieurs observateurs l'ont bien vu, les idéaux qui sous-tendaient leur révolte étaient largement inspirés de l'idéologie dominante : on aspirait à quelque chose comme "un socialisme à visage humain". Je pense que vous confondez le capitalisme prédateur de nos sociétés avec le père Noël. Sarkozy avec sa Lettre de Guy Mocquet fait du bourrage de crâne.
    Relisez ses propos métaphoriques concernant tous les Victor Kravchenko (1905-1966) de ce monde au même titre que ce courageux chinois face aux tanks à la place Tian'anmen : « Aujourd'hui, de nouveaux Kravchenko se font entendre un peu partout dans le monde, des États-Unis à l'Inde, à la Chine et au Japon, de l'Amérique latine à l'Afrique, du Moyen-Orient à l'Europe occidentale et orientale. Ils sont tous très différents, ils ne parlent pas la même langue, mais ils sont plus nombreux qu'on ne le pense, et les puissants ne craignent qu'une chose, c'est que leurs voix se fassent écho et s'amplifient.
    Conscients que nous allons droit à la catastrophe, ils sont prêts à agir coûte que coûte. Déçus par le communisme du XXe siècle, ils n'hésitent pas à repartir de zéro et à réinventer la notion de justice. Traités de dangereux utopistes par leurs adversaires, ils sont pourtant les seuls à s'être vraiment réveillés du rêve qui nous aveugle encore presque tous. Ce sont eux qui, sans la moindre nostalgie du défunt "socialisme réel", portent le véritable espoir de la gauche.
    À quand une analyse conséquent, objective et non apologétique du capitalisme que vous aimez tant? Si on compare avec nos corrompus municipaux et politiques, on comprend que Zizek cible bien avec son propos. Un article très bien accueilli en Europe d'ailleurs. On comprend qu'il le soit moins en Amérique du Nord. Merci.

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 9 novembre 2009 08h17
    Le miracle polonais
    Je suis allé en Pologne à l'été 1989. Des queues partout pour acheter de la viande le matin. A 10 heures: finish. Y'en a plus. Comme les vaccins du Dr Bolduc.

    La misère. La misère partout dans le pays. Et des putes partout qui se vendaient pour quelques dollars.

    J'y suis retourné en 2004. Un miracle. Un véritable miracle économique. J'en croyais pas mes yeux.

    Il aura fallu 5 ans encore ici pour qu'on découvre le miracle.

  • Bel Zébuth
    Inscrit
    lundi 9 novembre 2009 10h29
    La recherche journalistique - pour du neuf
    D'autres journalistes, sur Rue89 par exemple, nous rappellent les détails très révélateurs des derniers facteurs décisifs et contributoires dans cette histoire:

    "Le 9 novembre 1989 est un jour gris. Le comité central du SED est réuni en session plénière, afin de discuter de l'avenir de la RDA. Les hauts fonctionnaires du parti sont aux abois. Le peuple manifeste désormais tous les jours, il exige un changement radical de politique et la liberté de circuler à l'Ouest, sans conditions. Surtout, il n'a plus peur. Un mot d'ordre résume la situation : « Demokratie - jetzt oder nie » (« La démocratie, maintenant ou jamais »).

    Parallèlement, l'hémorragie continue : chaque jour des milliers d'Est-Allemands fuient le pays et rejoignent la République fédérale via la Tchécoslovaquie et la Hongrie. Et ce n'est pas cette loi du 6 novembre, autorisant un séjour de 30 jours maximum à l'étranger, qui va améliorer la situation. Au contraire. Très critiquée, elle est aussitôt abandonnée par le pouvoir.

    Les Est-Allemands pourront quitter le pays - mais pas y revenir
    En ce matin du 9 novembre, quatre haut-fonctionnaires sont chargés de rédiger les nouvelles règles concernant la liberté de circuler à l'Ouest. Face à l'afflux incessant de réfugiés, la Tchécoslovaquie menace de fermer ses frontières. Il faut donc autoriser un passage direct de la RDA vers la RFA. Jusqu'alors, un tabou.

    A la tête de cette commission, Gerhard Lauter, directeur du service central des visas. Ses assistants lui soumettent une première mouture : les ressortissants est-allemands pourront quitter le pays - mais pas y revenir. Une absurdité de plus. Lauter décide d'outre-passer ses compétences et rédige un texte accordant la libre-circulation vers l'Ouest, sans conditions de durée et sans préalables. Il faut juste en faire la demande ; les autorisations seront délivrées rapidement.

    Ce papier est une bombe à retardement. Il signifie, de juro, qu'il n'y a plus de mur. Dans l'esprit de son rédacteur, c'est tout le contraire. Une ultime tentative, pour retrouver la confiance du peuple et sauver ainsi le régime. Mais une RDA sans mur est-elle encore la RDA ?

    La circulaire est transmise dans l'après-midi au Politburo. Egon Krenz la soumet à son auditoire, qui l'approuve, sans poser de questions. Personne, visiblement, n'en mesure la portée Un détail d'importance : la nouvelle réglementation entre en vigueur le 10 novembre, à quatre heures du matin.

    « Est-ce que vous ne croyez pas que le projet sur l'autorisation de séjour à l'étranger était une erreur ? »
    Günter Schabowski est membre du Politburo, en charge des relations avec les médias. Il n'arrive que tardivement à la réunion. Il est absent des discussions sur la circulaire. Krenz lui glisse la feuille afin qu'il en parle lors de la conférence de presse internationale prévue en début de soirée. Et omet de lui indiquer la date d'entrée en vigueur.

    La conférence de presse, très attendue, est retransmise en direct à la télévision est-allemande. Elle est interminable et tire à sa fin, quand un journaliste italien, Riccardo Ehrmann, intervient :

    « Monsieur Schabowski, est-ce que vous ne croyez pas que le projet sur l'autorisation de séjour à l'étranger était une erreur ? »


    Ehrmann fait référence à la loi avortée du 6 novembre. Plus tard, il révèlera qu'un journaliste de l'agence est-allemande ADN lui demanda de poser une question sur ce sujet.

    Schabowski se rappelle alors du papier que lui a glissé Krenz. Sa réponse est confuse. « Le Politburo a pris une décision aujourd'hui... » On lui demande des précisions. Les images le montrent, cherchant désespérément la feuille. Il lit le papier, écrit le matin même, à voix haute, comme s'il le découvrait pour la première fois :

    « Les demandes de séjour à l'étranger peuvent être faites sans conditions... »


    « A partir de quand ? » demande-t-on. Schabowski est pris de court :

    « Euh... à ma connaissance... tout de suite... immédiatement. »


    Alors, tout bascule. Schabowski a oublié d'évoquer l'entrée en vigueur de cette mesure, fixée au lendemain. Les Allemands de l'Est devant leur poste n'en reviennent pas. Ils n'ont retenu qu'un mot : « Immédiatement. » Les télés ouest-allemands annoncent le soir-même l'ouverture des frontières.

    « Nous voulons passer de l'autre côté ! » « On reviendra ! »
    Harald Jäger commande le poste-frontière de la Bornholmer Straße, dans le quartier de Prenzlauer Berg, à Berlin-Est. Lui aussi a entendu la conférence de presse. Il questionne dans l'urgence sa hiérarchie, qui ne peut lui répondre. Les ordres sont contradictoires, les différents ministères ne savent rien de cette circulaire et s'interrogent mutuellement.

    La confusion dans l'appareil d'Etat est à son comble, tandis que les gens affluent de plus en plus aux points de passage entre Berlin-Est et Berlin-Ouest. A la Bornholmer Straße, ils sont bientôt des milliers. La foule crie « Ouvrez la barrière ! » « Nous voulons passer de l'autre côté ! » « On reviendra ! »

    La pression devient intenable. Jäger doit-il tirer ou laisser passer ? Las de ne recevoir aucune indication de sa hiérarchie, il décide, de sa propre initiative, de faire passer tout le monde, avec ou sans passeport. Et de ne pas tirer. « C'est à la fois plus beau moment de ma vie, et le plus terrible » déclare Jäger.

    Peu avant minuit, les six autres postes-frontières de Berlin suivent l'exemple et ouvrent leurs barrières. « C'est la fin de la RDA , hein ? » demande un officier à Jäger, tard dans la nuit : « Oui, c'est la fin. »

    L'Histoire retiendra que ce soir-là, aucun des organes de l'appareil étatique est-allemand ne furent en mesure de répondre. Le pouvoir était depuis longtemps déconnecté de la réalité. Il aura juste fallu une hésitation, un malentendu, pour que tout s'écroule. "

  • Monia Ayachi
    Inscrite
    lundi 9 novembre 2009 13h20
    Admirable conclusion, n'est-ce pas?
    Le concept du mur me gène, m'énerve et me blesse beaucoup à chaque fois que je me rappelle de ma visite à Berlin Est et Ouest. Je me souviens d'une atrocité humaine inimaginaire.
    La question est dans cette souffrance vécue des deux cotés chez la population allemande.
    Un déchirement d'un lien familial, social, culturel.
    Une décoloration de ce sentiment unissant une seule famille qui s'est trouvée divisée par ce mur politique
    Une destruction d'un partage fondé sur un sentiment d'appartenance qui s'est fondu sous l'aliénation créé par le mur.
    Les conclusions ne sont pas faciles à statuer quand il s'agit d'une destruction totale d'une structure sociale.
    Je suis toujours révoltée parce que le concept du mur n'est pas aboli et qu'il continu à émerger dans les quatre coins du monde
    Je suis révoltée parce que ce mur que le politique utilise pour sa protection constitue un isolement, une absence de la sécurité humaine sur ses deux côtés et donc un arrêt de la créativité et de la liberté et de l'echange humain.
    Je ne veux pas aller plus loin dans les détails mais il suffit de mettre en tête que le jeu politique instrumentalise la technocratie.
    Faut-il encore attendre une autre génération pour comprendre qu'on a un grand besoin de chercher comment peut-on cultiver chez les individus un sens de l'éthique dans un contexte esthétique tout en s'appropriant la technique?

    Je crois que l'éthique n'a plus son sens classique, ni l'esthétique n'a sa valeur ni son rôle dans la société totalement technicisée. La technique prime sur tous les domaines sans pouvoir développer de nouveaux outils pour valider ces deux dimensions dans la vie sociétale.
    Alors comment peut-on comprendre la persistance de la réalité de murs de nos jours?
    Voyez-vous des leçons!!!!
    Je demeure optimiste!

  • Pierre Cossette
    Inscrit
    mardi 10 novembre 2009 07h22
    Démocratie économique ...
    les murs s'érigent sur la planète au rythme des disparités économiques. J'ai déjà entendu Jacques Parizeau dans un discours parler de démocratie politique celle dans laquelle vit l'occident. Le principe de la démocratie économique a plus de mal à faire son chemin. Depuis l'établissement du libre échange et la montée de la mondialisation on assiste parallèlement au voyagement des valeurs et à la restriction de la circulation des individus. On peut tripatouiller des chiffres et les fourguer dans une banque aux Ïles Caïcos sans que personne ne s'en aperçoive. On peut détourner des milliards sans en laisser la moindre trace mais on ne peut pas laisser circuler les individus. Le jour où la démocratie économique sera établie sur terre, regardons par exemple l'Amérique du Sud qui est à mettre de l'ordre dans son économie en élisant des gouvernements pro peuple, on n'aura plus besoin d'éloigner de soi son frère humain affamé de peur de voir son regard devant notre oppulence.

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