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Sarkozy critique la justice américaine dans l'affaire Polanski

Agence France-Presse   16 octobre 2009  Europe
Paris — Le président français Nicolas Sarkozy a estimé que les poursuites de la justice américaine contre le réalisateur Roman Polanski pour viol ne constituaient pas, 32 ans après les faits, « une bonne administration de la justice » dans un entretien à paraître aujourd'hui dans Le Figaro.

« Je comprends que l'on soit choqué par la gravité des accusations contre Roman Polanski. Mais j'ajoute que ce n'est pas une bonne administration de la justice que de se prononcer 32 ans après les faits alors que l'intéressé a aujourd'hui 76 ans », a déclaré M. Sarkozy.

Dans cet entretien publié hier soir sur le site Internet du Figaro, Nicolas Sarkozy reconnaît que la première réaction de son ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, à l'affaire Polanski constituait une erreur. « Frédéric Mitterrand a reconnu que sa déclaration était une erreur et a dit qu'il la regrettait. Je ne saurais mieux dire », a-t-il estimé.

Frédéric Mitterrand avait jugé « absolument épouvantable » l'arrestation du cinéaste franco-polonais, peu après l'interpellation de ce dernier en Suisse, et avait qualifié les faits qui lui sont reprochés d'« histoire ancienne qui n'a pas vraiment de sens ».

Roman Polanski est poursuivi dans le cadre d'une procédure californienne entamée en 1977 pour des relations sexuelles avec une mineure de 13 ans.

Évoquant la polémique qui a suivi sur les écrits de Frédéric Mitterrand sur le tourisme sexuel, Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il ne laisserait « personne assimiler homosexualité et pédophilie » et estimé que son ministre n'avait « jamais fait l'apologie du tourisme sexuel ».

« C'est un retour au Moyen-?•ge qui fait honte à ceux qui ont employé cet argument », a-t-il ajouté.

Dans un livre paru en 2005, aux accents autobiographiques, Frédéric Mitterrand évoquait les expériences sexuelles de son personnage principal avec des « garçons » prostitués en Thaïlande.
 
 
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