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Le fils de Nicolas Sarkozy au coeur d'une polémique

Sa nomination probable à de hautes fonctions suscite une levée de boucliers

13 octobre 2009  Europe
Paris — La probable accession de Jean Sarkozy, fils du président français et jeune homme de 23 ans dépourvu d'expérience, à la tête du plus grand quartier d'affaires de France, la Défense, à Paris, suscitait hier de fortes résistances et des accusations de népotisme.

L'opposition de gauche et centriste tire à boulets rouges sur cette promotion fulgurante du fils cadet de Nicolas Sarkozy et accuse le chef de l'État de prendre des libertés avec les valeurs républicaines selon lesquelles on doit réussir par le mérite et non par héritage. À la tête de cette levée de boucliers, on retrouve les deux principaux concurrents de M. Sarkozy à l'élection présidentielle de 2007.

Si Jean Sarkozy « ne portait pas le nom qu'il porte, est-ce qu'il serait à la place à laquelle il est aujourd'hui? », s'est interrogée l'ancienne candidate socialiste Ségolène Royal. « La République, c'est quoi? C'est la reconnaissance des places de chacun en fonction de ses mérites propres, pas en fonction du nom qu'il porte », a-t-elle lancé. Pour le leader centriste François Bayrou, arrivé troisième en 2007, les « piliers » de la République « chancellent et s'effritent ». « Cela rappelle l'Empire romain », selon lui.

Ces nouvelles fonctions promises à Jean Sarkozy confirment l'ascension politique de ce jeune homme qui rappelle son père au même âge: langage direct, facilité de contact et un grand culot qui ne lui fait pas craindre de concurrencer des « barons » bien en place.

« Quoi que je dise, quoi que je fasse, je serai critiqué. Ce procès en légitimité, on me le fera toujours », a réagi Jean Sarkozy sur le site Internet du journal Le Parisien. « Mais je suis très déterminé, très motivé », ajoute-t-il.

D'une ressemblance physique marquée avec son père, mais sous une chevelure blonde, Jean Sarkozy est déjà chef du groupe de la majorité de droite au Conseil général (assemblée) des Hauts-de-Seine (ouest de Paris), département dans lequel est situé le quartier de la Défense et dans lequel il a été élu l'an dernier.

Normalement, c'est le président des Hauts-de-Seine qui dirige l'Établissement public pour l'Aménagement de la région de la Défense (EPAD), actuellement Patrick Devedjian, atteint par la limite d'âge. Jean Sarkozy sera en décembre le candidat de sa famille politique pour lui succéder.

Son père, qui a fait de ce département prospère son fief politique, a lui-même dirigé l'EPAD d'avril 2005 à décembre 2006.

L'UMP, le parti majoritaire de droite, a volé hier au secours du fils du président. Selon le député Patrick Balkany, un proche du clan Sarkozy, le fils cadet a « peut-être encore plus de talent que son père à son âge ».

La promotion de Jean Sarkozy provoque un gigantesque « buzz » sur Internet, souvent de nature ironique. De nombreux commentaires font valoir que le jeune homme, qui en est à sa deuxième année d'études de droit, n'a encore ni les diplômes ni l'expérience pour s'occuper du plus grand quartier d'affaires d'Europe.

La Défense concentre 200 000 emplois et plus de trois millions de mètres carrés de bureaux (450 000 mètres carrés supplémentaires sont prévus), dont nombre de sièges des plus grands groupes français, comme la compagnie pétrolière Total ou la banque Société Générale.

Une pétition a été lancée sur Internet pour demander à Jean Sarkozy de terminer ses études d'abord et de faire quelques stages en entreprise. Elle avait recueilli hier plus de 8000 signatures.

Durant le week-end, une fausse offre d'emploi de président de l'EPAD a été mise en ligne par des plaisantins sur le site officiel de l'organisme, avant d'être retirée hier matin. « Des notions élémentaires de droit seraient bienvenues, même si vous redoublez sans arrêt la fac », y était-il indiqué.
 
 
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