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Ordination de nouveaux prêtres - Les intégristes s'opposent à Rome

29 juin 2009  Europe
Paris — Les intégristes de la Fraternité Saint Pie X vont célébrer aujourd'hui à Ecône (Suisse) l'ordination de huit prêtres et dix diacres, conformément à leur tradition, même si la cérémonie est jugée «illégitime» par le Vatican.

La Fraternité Saint Pie X, fondée en 1970 par Mgr Marcel Lefebvre qui contestait les décisions du concile Vatican II, procède tous les ans à des ordinations le 29 juin. Cette année, le contexte est un peu différent parce que le pape a proposé l'ouverture de discussions dans la perspective d'une réconciliation.

La Fraternité est en marge de l'Église romaine depuis que Mgr Lefebvre a ordonné quatre évêques en 1988, sans l'accord du Vatican. Tous les cinq ont été excommuniés. Le 21 janvier, le pape Benoît XVI a levé l'excommunication des quatre évêques (Mgr Lefebvre est mort en 1991) dans un geste d'apaisement destiné à préparer la réconciliation.

La condition était l'adhésion de la Fraternité «à la doctrine et à la discipline de l'Église», particulièrement aux décisions de Vatican II. Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité, a remercié le pape pour la levée des excommunications et a précisé qu'il admettait les conciles «jusqu'à Vatican I» (1869-70 instituant l'infaillibilité papale), mais qu'il avait «des réserves» concernant Vatican II (1962-65).

Le principe de discussions théologiques a été admis par les deux parties, mais elles n'ont pas encore commencé. Le Vatican doit publier prochainement un motu proprio (décret papal) confiant à la Congrégation pour la doctrine de la foi le soin d'organiser le dialogue. Depuis les excommunications, la commission Ecclesia Dei était chargée de ramener les intégristes dans le giron de l'Église. Au Vatican, on indique que les 15 cardinaux membres de la Congrégation pour la doctrine de la foi ont commencé à travailler sur la définition du cadre des discussions.

Le dialogue paraît pourtant bien difficile entre Rome, qui tient au respect de Vatican II, et les intégristes, autant en ce qui concerne l'oecuménisme, l'ouverture au monde ou la collégialité au sein de l'Église (au lieu de l'infaillibilité papale). La messe en latin, qui faisait également partie des revendications intégristes, a été autorisée il y a près de deux ans par le pape. La Fraternité est donc toujours en dehors de l'Église catholique romaine. Pour le moment, elle considère que c'est au Vatican de revenir sur certains points du concile et non à elle de faire allégeance.






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