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L'UE répondra à l'intimidation iranienne

29 juin 2009  Europe
Malgré l’interdiction, environ 3000 partisans du chef de l’opposition Mir Hossein Moussavi, comme cette femme masquée, se sont rassemblés en soirée hier près de la mosquée Ghoba.
Photo : Agence Reuters
Malgré l’interdiction, environ 3000 partisans du chef de l’opposition Mir Hossein Moussavi, comme cette femme masquée, se sont rassemblés en soirée hier près de la mosquée Ghoba.
Le Caire — Le régime iranien, confronté hier à une nouvelle manifestation de rue à Téhéran malgré la répression féroce qui vise le mouvement de contestation post-électoral, a durci sa position à l'égard de l'Occident en faisant arrêter des employés iraniens de l'ambassade de Grande-Bretagne. Un geste qualifié de «harcèlement» et d'«intimidation» par Londres et l'Union européenne qui ont promis une réponse «forte et collective».

Dans la capitale, malgré l'interdiction des manifestations, environ 3000 partisans du chef de l'opposition Mir Hossein Moussavi se sont rassemblés en soirée près de la mosquée Ghoba, en mémoire d'un personnage de la révolution islamique tué dans un attentat en 1981. Ces manifestants ont été dispersés par la police, et «une ou deux personnes» ont été arrêtées, a précisé un témoin.

Au cours des 15 derniers jours, ce sont «plus de 2000 personnes» qui ont été arrêtées et sont détenues en Iran, tandis que des centaines sont «portées disparues», a de son côté souligné le vice-président de la Fédération internationale des Ligues des droits de l'homme (FIDH), Karim Lahidji. «C'est un climat de terreur et de peur qui règne aujourd'hui en Iran», a déclaré cet avocat exilé à Paris, proche du Prix Nobel de la Paix Shirin Ebadi.

Nouveau développement dans le contentieux entre Téhéran et Londres, huit employés iraniens de l'ambassade britannique ont également été arrêtés, selon l'agence Fars. «L'ambassade de Grande-Bretagne a joué un rôle important dans les récentes émeutes», qui ont fait au moins 20 morts et ébranlé la République islamique, a accusé le ministre iranien du Renseignement, Gholam Mohseni-Ejei, cité par l'agence Irna.

Selon le Foreign Office, plus de 100 personnes, dont 70 Iraniens employés localement, travaillent dans cette ambassade. «L'idée selon laquelle l'ambassade britannique est d'une certaine façon derrière les manifestations et mouvements de protestations qui ont eu lieu à Téhéran est totalement sans fondement», a martelé hier le chef de la diplomatie britannique, David Miliband.

Depuis le début de la crise en Iran, le régime des mollahs reproche à l'Occident d'attiser la contestation et accuse expressément la Grande-Bretagne et les États-Unis d'ingérence. Ces tensions ont conduit la semaine dernière à l'expulsion d'Iran de deux diplomates britanniques, mesure à laquelle Londres a répondu symétriquement.

Les ministres de l'UE, qui ont évoqué la question iranienne à Corfou, ont exprimé leur soutien à la Grande-Bretagne en publiant une déclaration qui «réaffirme la solidarité entre États membres».

À Londres, une porte-parole du Foreign Office a averti que tout nouvel incident de ce type entraînerait une «réponse forte et unie de l'Union européenne». Elle n'a pas souhaité confirmer les informations prêtant à Londres l'intention de rappeler son ambassadeur en Iran.

Dans le même temps, l'UE s'est dite favorable à une reprise des contacts sur le programme nucléaire iranien, dix jours après la condamnation unanime de la répression en Iran par les Vingt-Sept.

Une position partagée par l'administration américaine, qui, par la voix de plusieurs hauts responsables, a continué hier de prôner le dialogue avec Téhéran, malgré les propos véhéments du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad à l'égard de Washington.

«Nous souhaitons nous asseoir et parler avec les Iraniens pour leur offrir deux possibilités. L'une les ramènerait au sein de la communauté des nations, l'autre aurait des conséquences très dures», a expliqué David Axelrod, proche conseiller du président Barack Obama.

Tout en haussant le ton avec l'Occident, Téhéran a poursuivi hier son processus de normalisation, alors que des témoins faisaient état d'affrontements à Téhéran entre police et quelque 3000 manifestants près d'une mosquée du nord de la capitale iranienne.

Un peu plus tôt, le guide suprême de la révolution, l'ayatollah Ali Khamenei, avait lancé un appel à l'unité nationale, invitant les partisans de M. Ahmadinejad et ceux de l'opposition à «ne pas dresser les uns contre les autres». Il avait néanmoins définitivement entériné le 25 juin les résultats du scrutin, excluant de remettre en cause la victoire du président conservateur sortant.

Dans ces conditions, le principal candidat d'opposition, Mir Hossein Moussavi, a annoncé hier son refus de participer à la commission spéciale de recomptage portant sur 10 % des bulletins de vote du 12 juin. Dans un communiqué publié sur un site de partisans, il a rejeté la proposition du Conseil des gardiens de la Constitution et réclamé une nouvelle fois l'annulation du scrutin, qui serait à ses yeux «la solution la plus adéquate pour rétablir la confiance du public».






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