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Scandales à l'anglaise - Shocking !

Serge Truffaut   15 mai 2009  Europe
Ces jours-ci, le citoyen britannique est passablement agacé. La citoyenne? Elle est outrée. Retenue british oblige, retenue pimentée comme toujours d'une bonne dose de stoïcisme, nos amis britanniques ont actuellement la colère rentrée. Ce qui s'est passé au Royaume-Uni, ce serait produit sur l'autre rive du channel, que députés de la majorité et de la minorité auraient emprunté les chemins de l'exil à la quatrième vitesse, histoire de ne pas être chatouillés par les fourches d'une plèbe remontée par l'usage abusif de ce que l'on croyait être le bien public.

De quoi s'agit-il? De pingrerie et d'avidité. Parfois même des deux. Figurez-vous, et surtout conservons un calme olympien, que tous les députés, y compris les ministres du gouvernement de Sa Majesté, ont escroqué les sujets de ladite majesté. Et ce, de la façon la plus simple possible. Les représentants du peuple ont consommé jusqu'à plus soif les possibilités financières que leur offre, et non leur permet, le mécanisme inhérent aux remboursements des dépenses, dont certaines évidemment sont princières. Après tout, on est en royauté.

Côté pingrerie, voici quelques exemples propres à ranger la légendaire avarice de l'Écossais au rayon de la fumisterie financière. Lorsque l'élu ne réclamait pas un remboursement pour deux tablettes de Kit Kat, il la réclamait pour la toilette du cheval ou le siège en vieux bois, en bois d'antiquaire, de la toilette. Lorsqu'il n'exigeait pas le remboursement pour les serviettes hygiéniques de sa femme, il l'exigeait pour le nettoyage de la piscine ou le remplacement d'ampoules. Dans le cas de la ministre de l'Intérieur, celle-ci a signé une réclamation pour location de deux films pornos. C'est d'ailleurs cet épisode tout en bagatelle qui a permis de découvrir ce pot aux roses, et non ce pot de chambre.

Côté avidité, voici quelques illustrations susceptibles de tétaniser, pour ne pas dire de dégoûter, l'honnête homme. Bien des députés et quelques ministres ont empoché des milliers et des milliers de livres en transformant la résidence principale en résidence secondaire au gré de leurs intérêts. De leurs intérêts bien compris, il va sans dire. Bon. Comme le régime prévoyait le remboursement des rénovations effectuées et d'autres dépenses financières, des malins ont fait la chose suivante: je rénove, je vends sans payer d'impôt sur le gain en capital, je rachète, je rénove à nouveau, je revends, etc. Parmi ces malins, il y avait un roué: ce coup-là, le roué en question, l'a fait à quatre reprises. Et ce, aux frais, répétons-le, de la princesse.

Cela étant, il faut préciser que toute la classe politique britannique s'est livrée sans vergogne aux délices du détournement de fonds. À tel point qu'eux, si prompts à faire la leçon, souvent d'ailleurs avec raison, aux Silvio Berlusconi de ce monde, sont perçus par leurs concitoyens comme la pire élite de leur histoire. On dit cela parce que si les deux lords pris la main dans le portefeuille sont suspendus, ce sera une première en 360 ans! En agissant comme ils l'ont fait, les 646 parlementaires ont avili leur fonction. Ils ont discrédité leur institution. Ils ont surtout dévoilé l'identité de leur maître, de leur Dieu: le cynisme.
 
 
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  • Marie Mance Vallée
    Inscrite
    vendredi 15 mai 2009 07h47
    Enfin!
    Les donneurs de leçons anglo-saxons sont pris la main dans le sac. Les modèles d'honnêteté, nous disait-on, enfin dénoncés. Ce pays sur lequel le soleil ne se couchait jamais a perdu son auréole de sainteté. Nous voyons enfin le vrai visage de la perfide Albion.

    J'espère maintenant qu'ils auront la décence de ne plus porter de jugement sur les autres pays.

    Marie Mance Vallée

  • Claude Archambault
    Inscrit
    vendredi 15 mai 2009 08h48
    @ Madame Vallée
    Et maintenant que dire de la France qui par son paternalisme garde encore toute ses anciennes colonies sous sa domination moral. Même qu'elle ose nous courtiser même après nous avoir abandonnée.

  • Robert Henri
    Inscrit
    vendredi 15 mai 2009 09h03
    Vous êtes étonnés?
    Ils se sont enfin fait prendre. Les Anglais, ceux qui restent chez eux et ne connaissent ni l'histoire coloniale de leur pays doivent tomber des nues. Ici, nous sommes bien placés. Lisez «Le Livre Noir du Canada» et les tomes I et II de «Histoire Sociale des Idées au Québec». Vous la verrez bien et clairement la cupidité, l'avidité sans fond de l'envahisseur. Suite à l'invasion anglaise, c'est la cupidité qui a dessiné le Canada. Une cupidité sans borne doublée de racisme. Après tout, nous ne sommes qu'un peuple sans histoire et sans culture et nous devrions nous assimiler de suite à la grande civilisation anglaise n'est-ce pas?

    Le vrai visage anglais est maintenant visible. Je m'en souviendrai!

  • hugues rousseau
    Inscrit
    vendredi 15 mai 2009 10h53
    impots
    Ce qu'il manque en ce moment, c'est une bonne seance de greve d'impots. Et une bonne seance de mise a la prison pour ceux qui en ont trop profites. Bref, un exemple pour le lot!

  • Mathieu Demers
    Inscrit
    vendredi 15 mai 2009 11h02
    Raison de plus pour un État strictement limité au minimum
    Je ris aujourd'hui autant que durant les manifestations du 1er à Montréal.

    Le mot d'ordre est toujours le même, et Frédérick Hêtu l'avait bien constaté dans le documentaire L'Illusion Tranquille: il y a une persévérance dans l'erreur au Québec et dans le monde occidental en général.

    Exemple: Lorsque des fonctionnaires ou des politiciens sont pris la main dans le sac, le réflexe est de dire: il manque de lois, il manque de fonctionnaires pour surveiller les autres.

    On crée donc un nouvel étage. Puis on apprend que cela se produit de nouveau. Sinon, c'est un nouveau dépassement de coûts, ou du favoritisme...

    Jamais on n'entend dire que c'est justement parce qu'on concentre toujours plus d'argent et de pouvoirs dans le même toujours plus gros État que l'on a droit à une hausse des scandales avec l'argent de tous les contribuables.

    Et si on revenait à des fondements plus sains où les citoyens ont le droit de choisir qui peut leur vendre ou offrir un service ou un bien, sans monopoles d'État?

    Je vous le dis, ce jour-là, on finira d'entendre que des fonctionnaires bien payés chargés de surveiller des fonctionnaires chargés, eux-mêmes, d'en surveiller d'autres ou la population, ont profité de leurs postes pour eux-mêmes détourner de l'argent ou des biens publics ?

    @Serge Charbonneau: Let them fail. Tel est le discours que les libertariens ont dit dès septembre 2008, lorsque Bush a décidé que l'argent de tous devait être donné à des entreprises inefficaces... qui, encore aujourd'hui, recommencent à demander de nouveaux fonds publics.

    On cultive la dépendance à l'État pour ces entreprises et même pour d'autres lobbys, toujours en devant trouver de meilleures façons de collecter les simples travailleurs (hausse de tarifs, nouvelles taxes, hausse dissimulée des impôts, etc.) pour que les lobbyistes profitent de leur argent.

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    vendredi 15 mai 2009 19h44
    @Hughes Rousseau
    "Ce qu'il manque en ce moment, c'est une bonne seance de greve d'impots. Et une bonne seance de mise a la prison pour ceux qui en ont trop profites. Bref, un exemple pour le lot!"

    Pourquoi vous offusquer puisque ceux qui vont les remplacer vont faire la même chose. À ne pas oublier.."le pouvoir corrompt" alors, vous prêchez dans le désert. Bleu, blanc, rouge, c'est du pareil au même pour tous les partis politiques, sans exception.

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