samedi 21 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h40


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Fièvre sociale en France - La séquestration

Serge Truffaut   20 avril 2009  Europe
Un jour, on séquestre les patrons. Le lendemain, on bloque les ports de pêche et non de plaisance. En fait, lorsqu'on s'attarde à la vitesse comme au nombre des actes évoqués, on pourrait écrire ceci: le matin on emprisonne les cadres dans leurs bureaux, l'après-midi les chalutiers barrent les routes maritimes. Cela se passe en France, pays qui se distingue de ses voisins comme suit: l'opposition à Nicolas Sarkozy est davantage le fait des syndicats que du Parti socialiste (PS).

Au cours du dernier mois, voire des deux derniers mois, il ne s'est guère passé de semaine sans que des salariés confrontés à des plans sociaux kidnappent pendant quelques heures les dirigeants de filiales, dans la grande majorité des cas d'entreprises étrangères. Ce geste, inusité il va sans dire, découle pour une bonne part de l'objet d'une observation formulée par Sarkozy, selon laquelle les grèves de se voient plus . Elles ne font plus les manchettes. Ce message a été reçu cinq sur cinq par les syndicats. À preuve, depuis qu'ils enferment les cadres, les travailleurs sont assurés d'être le sujet de topos dans les journaux télévisés.

L'observation de Sarkozy mise à part, le geste en question est à mettre sur le compte d'une addition de réalités sociales et économiques. Tout d'abord, il faut souligner que le taux de syndicalisation qui a cours en France est de loin le plus bas de tout le monde occidental: 8 % seulement contre 28 % en Allemagne, 30 % au Royaume-Uni ou encore 82 % en Suède. Ensuite? Le filet dit des protections sociales est plus étendu en vieille France qu'il ne l'est chez ses voisins. Résultat, il est plus aisé pour les patrons de 3M ou Sony d'ordonner la délocalisation d'usines situées en France qu'en Italie ou en Belgique, où les coûts afférents à un tel geste sont plus élevés.

Selon les sondages, cette ébullition printanière est très bien perçue par la population. Non seulement la cote des leaders syndicaux est à la hausse, mais les séquestrations n'ont pas heurté le public. Qu'on y songe: pas moins de 63 % de Français estiment qu'elles sont justifiées, seulement 7 % les jugent condamnables. Toujours selon les enquêtes, la majorité des Français trouvent inacceptable que la plupart des entreprises ayant ordonné des licenciements, parfois massifs, aient dégagé des bénéfices lors du dernier exercice financier. Quoi d'autre? Les parachutes dorés.

Comparativement à leurs homologues européens, les patrons français ont graissé leur portefeuille avec une outrance, une arrogance, une gourmandise qui dépassent l'entendement et qui révoltent le commun des mortels. D'autant plus qu'en la matière, Sarkozy a fait ce qu'il fait le plus souvent: beaucoup de gesticulations, peu de décisions. Ici et là, on dit et on répète que le président a passé un savon aux responsables du Medef, l'équivalent français du Conseil du patronat. En vain. Le Medef jouit encore et toujours d'une énorme marge de manoeuvre qui a pour nom autorégulation.

Dans toutes ces matières, sur tous ces fronts, le Parti socialiste a été en dessous de tout. Tous occupés à gérer leur fonds de commerce en vue des présidentielles de 2012, les barons du PS affichent leur incapacité à former une opposition forte à Sarkozy, contrairement aux chefs syndicaux. C'est dire.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Guillot Sophie
    Inscrite
    lundi 20 avril 2009 02h49
    Et encore le mot est faible !
    « Vous parlez d'une opposition qui serait plus forte parmi les syndicats que depuis le PS. C'est peu dire, et ce d'autant plus qu'il ne faut pas oublier que vous parlez là des directions syndicales et non de la base des militants. Il y a eu une grêve générale le 29 janvier qui a monopolisé par loin de 3 millions de français, une autre le 19 mars encore plus importante, et la prochaine est prévue le 1er mai . Il y a un certain nombre de français qui sont tellement en colère contre l'inertie dans les actes et la gesticulation médiatique de Sarkozy qu'ils préconisent une grêve générale reconductible sans limite de temps pour vraiment faire plier le gouvernement devant des revendications légitimes pour les plus modestes. La misère a progressé en France depuis 30 ans de façon dramatique, le nombre de sans logements, d'expulsés ou de gens vivants en dessous du seuil de pauvreté, ces chiffres là augmentent de façon alarmante et visiblement, à part pendant les mois d'hiver où , comme à l'habitude on s'émeut des morts dans la rue, ( alors qu'il en meure toute l'année ) rien ne bouge en profondeur. Sarkozy a été élu grâce aux voix qu'il a récupérée du Front National, sans ces 20% potentiel, jamais il n'aurait remporté les élections. L'opinion lui étant défavorable ne cesse de croître. Et le PS ne bougerait pas grand chose si demain ils avaient les rênes en main. Ils se mettent tous d'accord pour se partager le gâteau, sinon comment expliquer un Dominique Strauss Kahn au FMI, des ministres socialistes au gouvernement ?
    Alors oui, la séquestration de patrons qui ont beurré les portefeuilles de leurs actionnaires d'une main et qui licencient de l'autre parait légitime à beaucoup, parce que les salariés de telles entreprises n'ont plus grand chose à perdre, c'est un acte de désespoir ,en ultime recours. Imaginons un ouvrier de la métallurgie qui a passé 35 ans dans une même entreprise qui se retrouve licencié à 52 ans, que voulez vous qu'il retrouve comme emploi sur le marché du travail aujourd'hui ?

    Nous verrons bien quel sera le verdict des urnes en juin, autant par l'abstention qui dénotera une fois de plus un désintérêt des français pour la politique et l'UE, que par la répartition des votes exprimés. Je crains que Sarkozy doive s'attendre à être désavoué par les citoyens de son pays. »

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    lundi 20 avril 2009 05h19
    Des nuances
    « Il faudrait apporter beaucoup de nuances au texte de Serge Truffaut pour expliquer ce qui se passe en France avec la grogne sociale en cours. Les syndicats sont minoritaires, mais ils contrôlent les grands systèmes économiques du transport ou de l'énergie : trains, routes, électricité, gaz. Leur action est donc très perturbatrice, mais elle est en général et depuis longtemps acceptée par une large frange de la population. « Ils ont le droit de grève, ils s'en servent ». Les difficultés économiques actuelles d'une grande partie de la population de font que renforcer cette tendance.

    Le soutien actuel n'est donc pas nouveau et ne tient pas spécifiquement au président, dont la cote de popularité vient de remonter dans les sondages. Par ailleurs, la France se démarque depuis toujours des autres pays par la violence de ses actions revendicatrices. Le blocage des ports ne date pas d'aujourd'hui, cette tactique a déjà été utilisée par le passé. Le saccage de supermarchés, les destructions, l'épandage de fumier devant des préfectures, des grèves sauvages, des coupures d'électricité font partie de l'arsenal des revendications depuis des lustres, ainsi que le blocage de routes, de dépôts d'essence, d'entrés d'usine, des grèves et l'occupation et de séquestration de personnel. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil de France dans ce domaine.

    Simplement, les effets de la crise mondiale qui sévit actuellement, renforcent ces actions revendicatrices et les « justifient » aux yeux de certains. Les fermetures d'usine ne sont pas faciles en France. Témoin la surprise des patrons étatsuniens de Caterpillar, qui ne peuvent mettre à pied tout le personnel qu'ils voudraient à leur usine française, comme ils le feraient aux États-Unis.

    Le tableau que dresse Serge Truffaut est trop unilatéral et manque de bases historiques, qui permettent de comprendre cette vielle tradition française de grèves sauvages, de revendications, et d'actions outrées, qui se manifeste avec plus de visibilité actuellement, mais s'enracine dans la paysage syndical et revendicateur français. La France est un pays conservateur et tout changement institutionnel, politiques, économiques est extrêmement difficile à réaliser. Le président Sarkozy s'active beaucoup, parle beaucoup, et s'efforce de redonner à la France un lustre qu'elle a perdu comme grand pays international et de la remettre au XXIe siècle. Mais c'est une tâche herculéenne, étant donné les lourdeurs de l'administration et de la bureaucratie françaises, et la politique des acquis, fussent-ils de Mathusalem, dans la politique syndicale et ouvrière de ce pays.

    « Touche pas à mes acquis » semble être une devise généralisée de nombreuses associations ouvrières ou syndicales. Seulement le monde a évolué et évolue, et passe actuellement par une crise qui déborde largement le cadre de ce pays. Dans ces conditions, l'adaptation à la situation réelle, et non à une situation utopique, est un véritable défi. Quant au parti socialiste, il ne sait que s'opposer à la politique présidentielle, sans être capable de proposer des solutions concrètes et réalistes.

    Observateur depuis de longue date de ce pays, intéressant par ses caractéristiques outrancières pour l'analyste psychopolitique, ayant notamment réussi en tant qu'observateur étranger à publier dans une revue française un article sur le conservatisme de ce pays, il y a plus de 25 ans (mais rien n'a vraiment changé depuis), je pense qu'il est nécessaire de faire des analyses en profondeur pour saisir ce qui se passe dans ce pays ou dans d'autres d'ailleurs. Rien n'est simple dans les comportements sociaux et politiques. Il faut relire les travaux d'Émile Durkheim, dont 2008 marquait le 150e anniversaire de naissance ou le puissant livre de Marcel Fourmier, Émile Durkheim, Fayard, 2008, pour mieux saisir les entrelacs des situations sociales ou politiques, car les préoccupations majeures de ce sociologue d'avant-gardes sont toujours d'actualité.
    Gabriel Racle
    Psychopolitique et psychocommunication »

  • Bernard Gervais
    Abonné
    lundi 20 avril 2009 08h12
    Qu'attendons nous pour faire comme les Français ?
    « Dans sa chronique parue dans Le Devoir de samedi, Gil Courtemanche déplorait la passivité des travailleurs licenciés en Amérique du Nord quand une entreprise décide de fermer une usine, pourtant rentable, et de transférer sa production dans un pays où la main-d'oeuvre est moins bien payée et ce, uniquement afin de faire encore plus d'argent et mieux satisfaire les actionnaires.

    En France, écrivait-il, les choses ne se passent pas ainsi. Quand la direction d'une entreprise menace de fermer une usine qui fonctionne bien, les syndicats n'hésitent pas à enlever certains de ses dirigeants ou cadres, ce qui aurait, dans plusieurs cas, forcé des compagnies à renoncer à leur intention d'aller s'installer ailleurs.

    Même si de telles tactiques syndicales sont peu orthodoxes, il semble bien, par contre, que ce soit la seule façon de faire entendre raison à bien des patrons et actionnaires cupides qui se fichent complètement des droits des travailleurs. Alors, qu'attendons-nous ici pour en faire autant ? »

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    lundi 20 avril 2009 10h50
    Bon courage Sarko....
    « Toute une bande d'anarchistes et de sadiques qui n'hésiteront pas à prendre la population en otage pour faire valoir leurs propres droits, indépendamment de ceux des autres, peu importe les conséquences.

    Qu'on se rappelle mai'68.....et la gang d'illuminés qui défilaient dans les rues et saccagaient tout sur leur passage.

    Qui sait....peut-être auront-ils recours à nouveau à la guillotine pour mettre leurs opposants au pas...!!!!!

    Bon courage Sarko! »

  • Morot-Sir Marie-Hélène
    Inscrite
    lundi 20 avril 2009 11h36
    C'est vraiment réjouissant de lire cela !
    « "Tous une bande d'anarchistes .. d'illuminés .." C'est pourtant cette bande-là, nos pères et nos grands-pères qui grâce à leur résistance en 1936 ont réussi à permettre d'obtenir un meilleur niveau de vie à toute la population d'obtenir la création de notre système de retraites, notre assurance maladie, nos congés payés, moins d'heures de travail dans les usines pour les plus faibles et les plus petits passablement exploités jusque-là , enfin pour passer sur tous les détails, d'obtenir des avantages que beaucoup de pays nous ont enviés jusqu'ici et qui ont fait de la France un pays relativement agréable à vivre.. Mais cela est en train de changer aujourd'hui puisqu'on veut sous prétexte de modernité mettre à la place ce qui ne marche pas ailleurs, en effet aux Etats Unis d'Amérique ils veulent copier notre système de soins, tandis qu'on nous le casse ici même, ..n'est-ce pas curieux ? Notre système social vilipendé jusque-là par l'équipe gouvernementale est en ce moment très prisé par ces mêmes personnes car tiens, tiens, il amortit mieux qu'ailleurs les problèmes inhérents à la crise mondiale .. Alors comment ne pas comprendre cette manifestation d'un peuple qui ne s'est jamais laissé écraser sans résister jusqu'ici ?... »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    lundi 20 avril 2009 11h41
    Pas d'accord avec M Racle.
    « « La France est un pays conservateur » à l'esprit révolutionnaire. Durkheim fut un empêcheur de tourner en rond et il a mis une grande ombre à Gabriel Tarde qui était mille fois supérieur à lui. Pour le conservatisme français, on ne peut être d'accord avec cet argument car les seuls conservateurs proviennent plus de la droite anti-dreyfusarde française et de sa tradition qui perdure encore en France. Pour le reste, la France a une tendance à vouloir faire bouger tout ce qui est possible d'évoluer. La France est moins conservatrice depuis qu'elle a perdu de sa force en perdant son monde paysan. Cependant et la liste est longue avec des Foucault, Bourdieu, Derrida, Camus, Sartre, Nizan, etc..., cela démontre que le propos de M Racle manque totalement d'objectivité. »

  • Michel Chayer
    Inscrit
    lundi 20 avril 2009 12h57
    Les mouches du coche
    « Le Parti socialiste français... difficile de les prendre aux sérieux.

    Je suis intervenu deux fois sur leur forum sous le pseudonyme de Monsieur Pogo, une fois pour me moquer des promoteurs de l'autodéfense et du port d'arme et le lendemain pour dénoncer ceux qui sont favorables à la peine de mort.

    Eh bien! À cause de mes deux interventions que pourtant je jugeais progessives, sans autres explications j'ai été expulsé de leur forum sous le prétexte que je serais un fasciste (sic !!!).

    Il est vrai qu'en ce qui touche l'enfilade consacré au port d'arme, j'avais affirmé qu'en certaine occasion je n'hésitais pas moi-même à me servir d'une arme, et qu'en pareille circonstance j'étais impitoyable, texte que couronnait la photo d'un vieillard au sourire moqueur qui brandissait une... tapette à mouche. J'imagine que les censeurs du forum ont confondu mouche domestique et phoque à capuchon...

    http://forumsocialiste.fr/viewtopic.php?f=24&t=17589&p=347525#p347525

    http://forum-socialiste.net/viewtopic.php?f=33&t=17590 »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    lundi 20 avril 2009 13h16
    D'accord avec Guillot, Brun et Morot.
    « On ne peut targuer que les syndicats sont conservateurs en France car cela voudrait dire que M Racle est pour la politique à la Thatcher de Sarkozy. La France en termes de luttes est un exemple pour nombre de pays. Le front populaire certes est un grand et bel exemple de la lutte des forces progressistes contre le conservatisme bourgeois français. Les acquis sociaux et les congés payés (38 semaines de congés alors que dans la dite « modernité » américaine et au Québec, c'est 2 semaines de congés avec presque pas d'acquis sociaux et des syndicats qui ne défendent personne surtout pas les pauvres travailleurs exploités) et les Prud'hommes qui sont là pour les conflits entre travailleurs et patrons même si vous n'êtes pas syndiqué. Les maternelles et les hôpitaux qui prennent en charge rapidement les malades. Ce n'est pas comme ici où on se croit encore au tiers monde pour la médecine familiale.

    Je viens de relire le commentaire de M Racle et je vois bien qu'il ne connaît pas la France dans sa substance même, son esprit révolutionnaire qui aide à ne pas être écrasé par les démagogues. Les luttes françaises ont permis le bien-vivre français. Seuls les réactionaires ou les anciens de Vichy ultra-montais, antisémite et catholique jusqu'à l'os sont venus s'installer dans les parages canado-québécois, surtout pas les révolutionnaires. André Breton a bien senti le décalage entre la Belle Province et la France en termes de cultures et de conservatismes. Ne parlons pas d'Hitchcock bien entendu et ses « problèmes » avec l'église catho dans la ville de Québec.

    La tradition de lutte en France st une tradition culturelle. Come le fromage ou le vin, être français c'est savoir faire de la critique comme un des beaux-arts. Je suis fier en tant que français de cet aspect et de cet héritage révolutionnaire. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    lundi 20 avril 2009 15h41
    38 jours non semaines pour les vacances.
    « Désolé mais comme résultat des luttes socilales françaises, c'est qui serait contre alors que nous avons des milliers de milliardaires qui se la coulent douce? Bientôt un nouveau front populaire. Qui est contre le peuple et ses luttes? Par définition un acquis c'est fait pour être gardé très longtemps. »

  • Guillot Sophie
    Inscrite
    mardi 21 avril 2009 02h50
    Monsieur Brun, vous savez ...
    « Monsieur Racle ne fait que nous redire ce que les dirigeants de ce monde voudraient que l'on accepte au nom de la compétitivité, au nom de la peur de perdre nos emplois ou d'avoir des entreprises délocalisées... Tout le système n'est fait que pour faire plier la tête aux plus modestes, à ceux qui souffrent le plus et à ce qu'ils le fassent volontiers.

    La France a une forte tradition revendicatrice, aujourd'hui Caterpilar qui avait signé avec les syndicats un accord pour que au lieu des 733 emplois qui devaient être supprimés, il n'y en aurait que 600 ... Les travailleurs de Caterpilar ont anoncé que dorénavant, ce serait eux avec qui il faudrait négocier et pas les syndicats, parce qu'ils ne sont pas du tout d'accords pour accepter un tel compromis qui est aussi désavantageux pour eux. Oui il n'y a que 8% de salariés syndiqués en France mais quand on lit ce genre d'évènements, on comprend mieux pourquoi. Les directions syndicales se contentent parfois de bien peu, à croire que les dirigeants d'entreprises leur donnent des enveloppes en liquide pour stopper les grêves, comme on l'a vu au sein du Medef l'an dernier dans la comptabilité duquel il y avait des traces de sommes hallucinantes en liquide qui servaient à tuer les grêves dans l'oeuf.

    La colère est dans l'esprit de bien des salariés en France aujourd'hui, parce que le système économique est par terre par la faute d'inconséquence des banquiers, des traders et des dirigeants d'entreprises plus soucieux d'avoir des actionnaires satisfaits que des salariés correctement rénumérés, et ce sont encore une fois les plus petits qui devraient payer les conséquences des actes des plus gros. Sarkozy trouve des milliards en claquant des doigts pour les banques et les grandes entreprises, le bas peuple Français en a un peu marre d'être pris une fois de plus pour les dindons de la farce.

    Comment s'étonner alors dans ce contexte que dans certaines grandes entreprises comme celles ci les salariés retiennent en otage les dirigeants ? Ils ont la fâcheuse impression que si ils ne jouent pas le bras de fer à ce point, personne ne les écoute ou ne tient compte de leur existence. 85% des Français vivent avec moins de 2000 euros par mois, ça laisse imaginer avec le PIB de la nation qui n'a cessé de croitre ( +30% ces 20 dernières années) combien gagnent en moyenne les 15% qui restent.

    Un chiffre intéressant : Sous la pression des mobilisations sociales, le président de la République a dû concéder quelques mesures temporaires (primes exceptionnelles aux chômeurs, aux familles...), dont le coût est de 2,6 milliards, alors que les banques se sont vu accorder 360 milliards ! Et bien entendu Sarkozy veut maintenir à tout prix le bouclier fiscal pour que les plus riches "investissent pour créer des emplois". Malheureusement on sait maintenant que ce n'est pas l'emploi de milliers de salariés qui les intéresse, ce qui les intéresse c'est de ne surtout pas remettre en question leurs revenus pharaoniques et leurs trains de vie princiers. Que ce soit pour la planète ou pour que chacun ait au minima de quoi se payer un toît et à manger, ce genre d'arguments ne les effleurent pas du tout, même si certains parmi eux sont grandement responsables du désastre économique que tout le monde subit aujourd'hui. Que reste-il donc pour se faire entendre ?

    En 1789, les Français subissaient leur deuxième année de récolte catastrophique et ils avaient faim, c'est principalement l'origine de la Révolution Française. Si les classes dirigeantes ne s'en souviennent plus, les français se chargeront de le leur rappeler. Quand on a plus rien à perdre, on est prêt à tout. »

  • Sylvain Basque
    Abonné
    mardi 21 avril 2009 08h07
    D'accord!
    « Je suis aussi entièrement d'accord avec les propos de Guillot, Brun et Morot. Et je demande à M. Racle pourquoi un travailleur n'aurait pas droit de vouloir conserver ses acquis alors que les capitalistes ne font que chercher à acquérir davantage? »

  • Mathieu Demers
    Inscrit
    vendredi 24 avril 2009 20h32
    Enlèvons aussi les patrons !
    « Une fois qu'ils auront fui le pays, nous serons tous également pauvres. »

  • Guillot Sophie
    Inscrite
    samedi 25 avril 2009 14h48
    à Mathieu Demers
    « C'est une bonne idée mais vous vous trompez, une fois qu'ils seront partis du pays, nous aurons gardé l'outil de travail avec lequel nous pourrons nous rémunérer équitablement plutôt que de continuer à travailler nous pour les enrichir eux pendant qu'ils se mettent les doigts de pied en éventail !

    Parce qu'ils n'ont pas leur pareil pour prétendre que travailler c'est moral, mais eux dès qu'ils ont suffisamment de portefeuille d'actions fourni, à ne plus travailler et laisser leur capital travailler à leur place ( c'est à dire à s'enrichir en sous payant les ouvriers, les cadres et les employés ).

    Prenez comme seul exemple en France madame Parisot; elle est issue d'une famille de riches industriels. Je suis certaine que madame Parisot n'a jamais passé de sa vie un aspirateur ou une serpillière par terre, qu'elle n'a jamais plongé ses blanches mains dans de l'eau de vaisselle, qu'elle a eu toutes les nurses pour élever ses enfants, et les salariés des entreprises de sa famille peuvent tous témoigner que les conditions dans lesquelles ils étaient traités et dans lesquelles ils sont toujours traité ont quelque chose d'inhumain . Les ouvrières textiles n'avaient pas le droit il y a moins de 20 ans d'aller aux toilettes, de prendre une pause pour déjeuner lors de leur journée de travail de 8 heures d'affilée. Mais ce n'est qu'un exemple.

    Il existe fort heureusement des entrepreneurs, des vrais gens courageux qui se sont relevés les manches pour créer leur propre affaire, et qui ne traitent jamais leurs salariés de cette façon ; qui se battent actuellement pour sauver autant que possible les emplois de leurs salariés, qui ont conscience qu'on ne peut pas éternellement s'enrichir en exploitant les plus défavorisés de la société et qui sont tout simplement humain.

    Ceux là, je leur tire mon chapeau et ils ne quitteront pas leur pays , ils ne seront jamais retenus par leurs salariés. Ceux qui sont inquiétés aujourd'hui sont des multinationales ou des énormes entreprises qui ont le culot d'afficher des bénéfices sur 2008 et d'annoncer le licenciement de centaines voire de milliers d'ouvriers qu'ils ont sollicités il y a peu pour leur demander des efforts auxquels ces ouvriers, pour sauvegarder l'entreprise, ont consentis. Le jour où ces grandes entreprises font des milliards de bénéfices, ils ne pensent pas à remercier leurs salariés des efforts qu'ils ont faits, non , ils servent d'abord leurs actionnaires, puis ils licencient leur personnel pour délocaliser les entreprises ailleurs, et les carnets de commandes sont bien entendu plein. C'est ceux là qui sont inquités aujourd'hui et ça me parait bien normal . Ceux là, oui , qu'ils quittent le pays, on s'en sortira toujours mieux sans eux, c'est certain. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
13 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009