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Paris - Les socialistes condamnent la position de Sarkozy sur le Québec

Christian Rioux   16 avril 2009  Europe
Paris — Six mois après l'abandon de la politique traditionnelle de la France à l'égard du Québec, le Parti socialiste français désavoue la volte-face du président Nicolas Sarkozy. Dans un communiqué officiel publié hier, le premier parti d'opposition français réaffirme publiquement son attachement à la traditionnelle «non-ingérence et non-indifférence» dont le rejet par le président Nicolas Sarkozy avait récemment créé un émoi au Québec.

Le communiqué a été rendu public à la suite de la rencontre qui s'est tenue hier entre le secrétaire national du Parti socialiste aux Relations internationales, Jean-Christophe Cambadelis, et la porte-parole de l'opposition officielle du Québec en matière de relations extérieures, Louise Beaudoin. On peut y lire que «le Parti socialiste réaffirme pour sa part son attachement à la position traditionnelle de la France au Québec: "Ni ingérence, ni indifférence"». Le texte regrette aussi «le faible intérêt pour la Francophonie en général et pour le Québec en particulier dont a fait montre le président de la République française Nicolas Sarkozy en octobre 2008 lors du sommet international de la Francophonie à Québec».

Ce communiqué brise pour la première fois le silence gêné qui avait accueilli, dans la classe politique française, gauche et droite confondues, les déclarations controversées du président. Au Sommet de la Francophonie, Nicolas Sarkozy, soucieux de raffermir ses relations avec Ottawa, avait rompu avec la position traditionnelle selon laquelle Paris refusait de s'ingérer dans les affaires canadiennes mais ne pouvait demeurer indifférent à l'avenir du Québec. Cette rupture d'un consensus vieux de trois décennies avait été réitérée en février, lors de la remise de la Légion d'honneur au premier ministre Jean Charest. Le «ni-ni», «honnêtement, c'est pas trop mon truc!», avait alors affirmé Nicolas Sarkozy.

Appuyant sans réserve la position de son parti, l'ancien secrétaire national du Parti socialiste et ancien vice-président du Parlement européen Pierre Moscovici qualifiait hier l'attitude de Nicolas Sarkozy de «provocante et erronée». «J'en avais déjà été, à l'époque, très choqué, dit-il. J'ai eu le sentiment que le premier ministre québécois en avait été plus embarrassé qu'autre chose et qu'il n'était pas franchement demandeur.»

Pierre Moscovici explique la volte-face du président par son goût pour la provocation. «Nicolas Sarkozy est un esprit clivant, qui aime bien les provocations et qui en fait toujours trop», dit-il. Au fond, dit Pierre Moscovici, «il s'agit de dire que ce n'est pas à nous de nous ingérer dans les affaires du Québec. Que ce n'est pas à nous de dire ce que doit être le choix des Québécois par rapport à la souveraineté. Ils feront ce choix le cas échéant et le moment venu. Mais nous ne sommes pas indifférents et, quel que soit le choix des Québécois, nous le respecterons et nous l'admettrons.»

Il n'a pas été possible d'obtenir de réactions ni à l'Élysée ni à l'Union pour la majorité (UMP), le parti présidentiel. Signe probable de l'embarras que crée à droite aussi le revirement de Nicolas Sarkozy.

***

Correspondant du Devoir à Paris
 
 
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  • Georges Paquet
    Abonné
    jeudi 16 avril 2009 06h44
    Les socialistes et la "realpolitik".
    Dire, comme le font les socialistes français, qu'ils respecteront le choix des Québécois et en même temps ne pas respecter le choix qui a déjà été confirmé à deux reprises, c'est faire du "wishfull thinking". Si les socilaistes faisaient de la "realpolitik" comme tout personnage politique doit le faire, ils reconnaîtraient que les souverainistes québécois ne parlent même plus d'un choix "éventuel". Ils voient bien que leurs membres et les Québécois en grande majorité ne veulent plus d'un autre psychodrame référendaire.
    WE
    En somme, les socialistes français, comme quelques amis de MMe Beaudoin, sont plus souverainistes que les souverainistes québécois et plus gaullistes que les gaullistes.

  • Guillot Sophie
    Inscrite
    jeudi 16 avril 2009 07h03
    Quand même !
    Vu le tapage que cette allocution a fait dans l'ensemble de la presse Québécoise, il était grand temps que les partis d'opposition à Sarkozy prennent enfin la parole. Presque 3 mois après... Et la presse française n'en parle pas plus c'est dire !

    Parce que figurez-vous que la remise de la légion de déshonneur qui a tant fait couler d'encre chez vous, nulle trace dans la presse française . Personne n'en a parlé tout bonnement. Je reconnais bien humblement avec vous que nous sommes malheureusement trop habituées aux Sarkoneries et à ses allocutions tapageuses, provocantes, mais celle là, je l'avais trouvée particulièrement à côté de la plaque.

    Certes, Sarkozy trouve que la Princesse de Clèves n'a aucun intérêt, nous avons compris depuis longtemps que la culture d'une façon générale ce n'est pas sa tasse de thé, mais tout de même, lire, parfois pour mieux comprendre un dossier, ça évite de belles bévues. Visiblement sur le Québec qu'il ne connaissait pas il n'avait pas lu grand chose.

    Ce qui est en tous cas regrettable indépendamment de ce triste incident, c'est que comme président Français on a déjà vu meilleur défenseur de la francophonie. Mais alors si le président de la France lui-même ne la défend pas, qui est mieux placé que lui pour le faire? Sur le terrain, tous les francophones. Sur le plan médiatique, ça fait quand même un peu tâche.

    J'espère que les prochaines échéances électorales de juin en France verront s'exprimer le profond mécontentement de la population en désavouant l'UMP. Cela ne fera pas démissionner Sarkozy, il lui en faudra plus mais ce serait un signe quand même fort.

  • Morot-Sir Marie-Hélène
    Inscrite
    jeudi 16 avril 2009 07h42
    Voilà une condamnation, certes tardive, mais bienvenue !
    Nous prenons acte une fois de plus que ce qu'affirme haut et fort celui qui se trouve à la tête de l'Etat Français ne l'est que dans le but de choquer .. mais dans le cas du Québec cela a été réellement fort regrettable, comme je l'avais d'ailleurs exprimé immédiatement dans votre journal le Devoir à l'époque, expliquant que ce qu'il avait dit ne traduisait ni ce que pense la France, ni ce que pense la grande majorité des Français !.. Tous les Français soutiennent votre Québec, vous admirent pour votre continuelle résistance contre l'angliscime ambiant et vos efforts pour conserver notre belle langue française commune à nous tous.. Une langue si harmonieuse, si riche, mais aussi fort difficile et nous avons tous une chance phénoménale de l'avoir trouvée comme langue maternelle dans notre berceau, une langue que bien peu d'anglophones ou d'allophones se précipitent pour apprendre tant elle représente de complexités ..Il faut la préserver et avec elle tout ce qui fait votre différence dans votre beau pays.. Vos ancêtres n'ont jamais accepté l'assimilation fort prisée par les anglophones, continuez, surtout ne baissez pas les bras, de l'autre côté de l'Atlantique quoiqu'en disent certains, qu'un vent de Hongrie nous a amenés jusque chez nous, nous vous sontenons.

  • André Michaud
    Inscrit
    jeudi 16 avril 2009 08h16
    La France doit se mêler de ses affaires
    M.Sarkosy a compris que la France doit se mêler de ses affaires, si elle ne veut pas que le Canada appuie la séparation de la Corse ou de la Bretagne...

    Si un jour avec une question claire il y a une majorité significative qui appuie l'indépendance du Québec, la France
    ne pourra que reconnaitre les faits. Dans la RÉALITÉ le Canada est notre pays, et le Québec notre province; et la France doit comme nous tous reconnaitre cette réalité.

  • Max Roujeon
    Abonné
    jeudi 16 avril 2009 08h19
    Pourquoi vouloir l'appui des autres, ça doit cacher quelque chose ça?
    Franchement, je ne comprends pas le PQ, c'est pas son style de demander la permission.
    Or, il semble plus important aux yeux du PQ que les autres pays nous reconnaissent comme pays ce, sans l'être encore, souverain, que d'être souverain sans être reconnu comme tel par les autres pays.
    Va-t-on arrêter de quêter à droite et à gauche (et surtout à gauche c'est le cas de le dire:)) un avis pour ce que seuls les québécois doivent décider?
    À moins que...tel Machiavel le PQ ne pense influencer la décision des Québécois en leur disant, votez pour l'indépendance, la France nous soutient, la... (nom de pays), la ...(nom de pays), le... (nom de pays) etc. Vous avez compris la manoeuvre, le PQ connaissant la tiédeur du Québécois et son côté mouton de Panurge pour le risque veut l'influencer à penser indépendance parce que les autres pays l'approuvent et le souhaitent! C'est quoi ça?
    Mon désir d'indépendance ou de fédéralisme vient de moi, je me fiche de ce que les autres pays approuvent ou non! Ça ne les regarde pas! C'est un peu hypocrite entre nous que de vouloir manipuler les masses comme le fait le PQ. Votez séparation parce que la France est avec nous! Quel slogan!

  • Georges Paquet
    Abonné
    jeudi 16 avril 2009 10h16
    Ce n'est pas le Président de la République qui dit ce que pense la France, c'est Mme Marie-Hélène Morot-Sir.
    Vous avez bien lu, Mme Morot-Sir soutient sans broncher que "ce qu'il (le Président Sarkosy) avait dit ne traduisait ni ce que pense la France, ni ce que pense la grande majorité des Français !.. Tous les Français soutiennent votre Québec" Il faut le croire, c'est Mme Morot-Sir qui le dit.

    Et en tout respect pour l'opinion de ses concitoyens qui ont voté en majorité pour élire M. Sarkosy à la présidence de leur pays, Mme Morot-Sir ajoute que, même s'il est né à Paris, dans le 17ième arrondisement le 28 janvier 1955 le Président de la République n'est pas tout à fait Français, il serait de ceux "qu'un vent de Hongrie nous a amenés jusque chez nous".

    Je ne suis pas certain que les Québécois, de quelque allégeance qu'ils soient, vont solliciter ni accueilir avec joie ce genre d'appui.

  • Fabienne Desbiens
    Abonnée
    jeudi 16 avril 2009 10h21
    Merci aux Françaises et Français qui nous soutiennent!
    Nous avons aussi en commun le fardeau de supporter des personnages politiques... déplorables... pour dire le moins et rester poli. Merci Sophie et Marie-Hélène. En passant, j'ai bien aimé le "sarkonerie" que je ne connaissais pas. Je n'ose pas écrire ce que ça pourrait donner avec le nom de notre très cher PM Charest, mais quand on le connaît, c'est facile à deviner...
    P.S. Je sais, ce n'est pas fort comme argumentation, mais ça soulage;)

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    jeudi 16 avril 2009 10h51
    Tempête dans un verre d'eau...
    Alors, M. Sarkozy est contre le «ni-ni»? Quelle est donc sa position? Si on enlève le «ni-ni» on se retrouve avec «ingérence et indifférence»... C'est effectivement ce qu'il avait fait lors de sa visite au Québec et lors de la cérémonie de remise de la Légion d'honneur à M. Charest: ingérence mais en même temps indifférence quant aux souhaits des Québécois (que ce soit pour ou contre la souveraineté). Est-ce que ça change quelque chose ici, au Québec et au Canada, où notre avenir se joue? Pas du tout et on se fiche éperdument de l'opinion de Sarko car nous sommes assez «grands» pour décider de notre avenir seuls. Les «Canadiens» ont été abandonnés par la France en 1763 lors de la cession de la Nouvelle-France à l'Angleterre et la pire erreur que nous pourrions faire maintenant c'est de l'oublier et de nous fier sur la France pour décider de notre avenir et tisser des relations internationales. Nos intérêts sont probablement ailleurs.

  • camelot
    Inscrit
    jeudi 16 avril 2009 11h03
    Le voyou président
    Ce petit personnage sans envergure distribue à gauche et à droite ses "récompenses" tout à fait personnelles qui n'ont plus rien à voir avec le mérite, mais ses intérêts personnels. Les Français sont très déçus. Même dans les journaux sous sa tutelle, on se rebiffe. Avec raison. C'est un individu sans vision, sans conscience, sans aucun sens de l'histoire, sauf celle dictée par Desmarais. Au moins, il fait les belles heures des guignols à la télé. Pauvres Français !

    Jean-Marie Francoeur

  • Georges Paquet
    Abonné
    jeudi 16 avril 2009 11h38
    À M. Claude Smith. Je comprend et je respecte votre décision de militer ardemment en faveur de la souveraineté.
    Je respecte votre militantisme politique. Il est bon que les citoyens s'impliquent en politique.
    Ce que je dis, c'est que les socialistes qui se sont exprimés dans le texte que nous venons de lire, parlent d'un référendum éventuel alors que les souverainistes qui s'expriment publiquement, ou tout au moins le Parti qui les représente, le PQ, n'en parlent pas. Ils comprennent que les Québécois ne veulent pas d'un autre psychodrame, au moins pas pour un avenir prévisible. Il vous faudra donc un très bon bâton de militantiste pour poursuivre votre action durant encore plusieurs années, car au mieux, le prochain référendum, si toute la chance vous accompagne, ne pourrait pas avoir lieu avant les années 2018-2020. Votre scénario le plus optimiste serait que le PQ prenne le pouvoir vers 2012 avec la promesse qu'il n'y aura pas de référendum durant ce mandat. Il faudra ensuite que le PQ gagne encore l'élection suivante (Mme Marois aura alors près de 70 ans) et que ce gouvernement décide que les conditions gagnantes sont réunies.
    Voilà pourquoi je dis que les socialistes français ne sont pas au même diapason que les souverainistes québécois. D'ailleurs ceux qui s'expriment maintenant ne seront probablement plus là, si un jour les Québécois avaient à se prononcer à nouveau sur une question référendaire.

  • Michel Duchaine
    Abonné
    jeudi 16 avril 2009 13h02
    Sarkozy et l'insulte...au bas peuple
    Simple à comprendre cette intervention de Sarko très anti-souverainiste:il parle suivant les instructions de Paul Desmarais,de Power Corporation (à qui il doit son élection Sarkozy,un membre influent du roupe Illuminati,le Siècle)!
    Choses que vous pouvez lire sur notre site : http://defenseursterre.onlc.fr

  • emeri
    Abonné
    jeudi 16 avril 2009 16h01
    @ Paquet le fédé
    Mon cher Paquet, sachez que nous avons tous les bâtons qu'il
    nous faut et surtout, nous regorgeons de patience.
    Si vous voulez absolument que notre peuple soit complètement disparu d'ici 2050, c'est votre affaire.
    Mais ne comptez pas sur les souverainistes pour laisser tomber.
    C'est simplement le recul d'un pas pour mieux sauter
    le temps venu.
    Désolé mais votre façon de vous écraser ne nous concerne pas.
    Réjean Grenier.

  • Guillot Sophie
    Inscrite
    jeudi 16 avril 2009 17h19
    Monsieur Paquet
    Je ne sais pas si vous le savez mais Sarkozy connaissait très peu le Québec, son histoire et ses relations complexes avec les Anglophones avant de venir vous voir à l'automne lors du sommet de la Francophonie.

    Il se trouve que de nombreux responsables politiques Français connaissent mieux que lui cette Belle Province et c'est peu dire que de dire mieux. Les responsables politiques auxquels je fais allusion sont parfois de l'opposition mais aussi dans les rangs de la majorité. Le silence gêné de l'UMP à propos du discours lors de la remise de la légion d'honneur à Charest est parlant à lui tout seul, et avant même que Madame Marois et Monsieur Duceppe ne lui adressent leur courrier commun, des personnalités proches de Sarkozy lui avaient fait savoir qu'il avait été franchement mal perçu par beaucoup de Québécois. Vous avez lu tout comme moi la presse dans les quelques semaines qui ont suivi, nombre de chroniqueurs ont parlé de cette maladresse dans différents termes selon leur sensibilité, mais le fait n'en était pas moindre. Les nombreux commentaires que ces articles dans le Devoir de la part des lecteurs dénotent une réaction de choc de beaucoup de vos compatriotes, séparatistes ou fédéralistes. Aussi, la réponse que Sarkozy a adressée à Mme Marois et Mr Duceppe n'a bien entendu jamais été rédigée par lui, un de ses nombreux conseillers en communication a du lui proposer cette réponse, et sans aucun doute il a du lui donner quelques axes. Il n'était pas question par exemple de présenter des excuses, il fallait le faire de façon plus subtile.

    Ce que madame Morot Sir dit c'est que effectivement de nombreux français, responsables politiques ou pas, dont un certain nombre de Français qui sont venus faire du tourisme chez vous ou parfois nouer des liens plus forts qu'un simple passage, tous ont été unanimement offusqués des propos de Sarkozy lors de ce discours de la remise de la légion d'honneur. Presque tous les commentaires que j'ai pu voir ici ou là émanent de français connaissant un tant soit peu le Québec étaient de la même veine.

    Je vous encourage vivement à lire ces quelques articles à propos de Sarkozy pour vous rendre compte de comment il est perçu à l'étranger, et pas seulement par les Québécois. Il ne fait pas bon monsieur d'être Français et de voyager sur la planète en ce moment, l'image que Sarkozy donne nuit à tous, quelque soient leurs idées politiques pour la France.

    http://www.lexpress.fr/actualite/monde/le-monde-se

    et puis dans Vigile chez vous, un dossier lui est consacré. Souriez un peu en regardant les carricatures qui sont faites de lui, certaines forcent le trait ( c'est le propre d'une carricature ) mais il y a un fond de vérité.

    http://www.vigile.net/-Sarko-decore-Charest-fevrie

  • Georges Paquet
    Abonné
    jeudi 16 avril 2009 22h52
    À Réjean Grenier. Je trouve que vous manquez de courtoisie..., pour ne pas dire plus.
    Cher Monsieur,
    Ce n'est pas moi qui propose qu'il n'y ait pas de référendum au cours d'un prochain mandat du PQ au pouvoir, c'est Mme Marois et son équipe. Or ce prochain mandat, qui est loin d'être acquis, pourrait au mieux avoir lieu de 2012 à 2017. Mettons encore les choses au mieux. Le PQ remporte encore la victoire en 2017. Il faut au moins 2 ou 3 ans pour préparer un référendum, à condition que les dirigeants du PQ trouvent que les conditions gagnantes soient réunies. Donc, dans le scénario le plus optimiste et le plus chanceux un référendum pourrait avoir lieu en 2020.
    Il me semble donc que nos amis Français pourraient cesser de se disputer sur le sens des formules et sur leurs éventuelles stratégies d'accompagnement des Québécois lorsque ces derniers auront hypothétiquement à prendre une décision vers 2020.
    Bien sûr, il est tout à fait libre à vous de continuer de militer...

  • Georges Paquet
    Abonné
    jeudi 16 avril 2009 23h04
    Madame Guillot. Quest-ce qui vous étonne?
    Chère Madame,
    Nous avons probablement assez d'expérience, vous et moi, pour ne pas nous étonner que les socialistes, dans l'Opposition, critiquent et condamnent les prises de position de leur adversaire principal.

    Je voudrais vous avouer que les Québécois sont nombreux à ne pas penser que le Président Sarkosy leur devait des excuses.

    Je vous rappelle que de nombreus Québécois ont partagé l'impression que la lettre du 4 février 2008 de Pauline Marois et Gilles Duceppe au Président Sarkosy contenait au moins quatre très grandes faiblesses:

    1- Elle sollicitait encore une fois l'appui déclaré de la France pour l'entrée du Québec aux Nations Unies suite à un éventuel référendum gagnant. On sait depuis plusieurs années pourtant que les présidents français sont agacés par cette demande incessante. De plus, il n'y a pas un personnage politique le moindrement futé qui répondrait à une telle question hypotétique sur un évènement si éloigné dans le temps, au plus tôt en 2020 même dans les rêves les plus vaporeux, et qui serait inévitablement contesté par un ou plusieurs pays amis, très certainement par le Canada, par certains de ses amis du Commonwealth et probablement par les États-Unis avec lesquels la France partage d'importants intérêts.

    2- Elle comparait le Québec au 38 pays qui ont été admis à l'ONU depuis 1980. Il n'y a pas un personnage politique le moindrement futé qui ne comprenne pas que la situation politique, économique et sociale qui prévaut au Canada n'a absolument rien à voir avec les conditions qui ont prévalues avant l'accesion de ces 38 pays à leur indépendance politique.

    3- Elle soutenait que les indépendantistes aiment et respectent le Canada. Même que leurs leaders pensent que le Canada serait un bon pays avec lequel coopérer dans l'avenir. Il n'y a pas un personnage politique le moindrement futé qui s'engagerait à prédire que, suite à un vote pour la séparation, la réaction des canadiens du Québec et d'ailleurs ressemblerait à un grand fleuve tranquille, et que les personnages politiques canadiens s'empresseraient de proposer des formules de coopération aux sécessionistes Québécois. On a déjà vu des gens songer à provoquer un divorce et souhaiter qu'il se réalise par consentement mutuel, mais rarement quand les partenaires se sont "chamaillé" durant plus de 40 ans.

    4- Elle reprochait au président de la France de ne pas comprendre les indépendantistes Québécois et leurs leaders tout en évitant soigneusement de dire que l'on soit au courant que son pays est engagé depuis 50 ans dans le processus irréversible d'un intégration de plus en plus avancée dans l'Union européenne. Comment espérer qu'un personnage politique le moindrement futé soit préoccupé par les protestation indépendantistes des leaders politiques Québécois qui, à plusieurs reprises, ont exercé sur leur territoire tout une gamme de pouvoirs exclusifs garantis par une constitution, qui ont partagé le pouvoir avec les autre membres de la fédération canadienne et qui se mobilisent dans l'espoir de l'exercer à nouveau, alors que son pays négocie quotidiennement les meilleurs méthodes pour transférer au pouvoir central qu'exerce l'Union européenne ce qui lui reste de pouvoirs souverains et qui a mis en commun, dans cette politique lucide et volontaire d'intégration, tout une gamme de politiques économiques et sociales, et y a sacrifié sa propre monnaie, son passeport, son permis de conduire, ses mécanismes de contrôle de la mobilité des biens et des personnes, et qui s'apprête à mobiliser ses meilleurs politiciens en vue de l'élection en juin prochain d'un Parlement européen qui accroît régulièrement son poids et ses pouvoirs, sans compter toute l'énergie que déploie la France pour contribuer au fonctionnement harmonieux des institutions de l'Union européenne qui détiennent l'essentiel des attributs, nationaux et internationaux, d'un État souverain.

    Allez ensuite comprendre pourquoi on ne se comprend pas.

    En tout respect.

    Georges Paquet

  • francois Beauchemin
    Inscrit
    vendredi 17 avril 2009 02h11
    Le Coeur a des raisons que la Raison ne connaît pas...
    Les structures géopolitiques dont nous avons héritées par la force des armes, sont elles pour autant immuables, même si à l'usage elles s'avèrent illogiques et inéquitables ?

    Nous en sommes là chers fédéralistes et chers indépendantistes.«To be or not to be, that is the question».

    N'oublions pas que le Coeur a des raisons que la Raison ne connaît pas. C'est cette ambivalence qui est le propre de l'homme que nous devons gérer démocratiquement en tout respect mutuel... même si parfois la raison peut parfois sembler un cadeau empoisonné de la nature.

    Merci à la fratrie d'outremer pour l'intérêt cordial qu'elle manifeste.

    François Beauchemin.

  • Georges Paquet
    Abonné
    vendredi 17 avril 2009 11h44
    Bien sûr, la lettre Marois-Duceppe au Président Sarkolsy est en date du 4 février 2009, pas 2008.
    Vous aurez bien vu cette erreur.

  • Morot-Sir Marie-Hélène
    Inscrite
    mardi 21 avril 2009 09h22
    Merci madame Guillot
    de nous éclairer sur le cursus de Monsieur G. Paquet ce qui nous éclaire mieux sur les réponses assez véhémentes qu'il ne manque jamais de faire, aux divers commentateurs du Devoir qui n'ont pas les mêmes idées que lui .

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