L'incertitude envahit Prague après la chute de Topolanek
Plusieurs dossiers chauds sont en suspens
26 mars 2009
Europe
Photo : Agence Reuters
Le président tchèque, Vaclav Klaus (à gauche), hier en compagnie du président du Parlement, Miloslav Vicek
Prague — La chute du gouvernement du premier ministre libéral Mirek Topolanek plonge la République tchèque dans l'incertitude politique, avec une Constitution suffisamment vague pour permettre tous les scénarios à court et moyen terme.
M. Topolanek, mis en minorité mardi grâce aux voix de quatre députés issus de la majorité parlementaire, a prévu de démissionner aujourd'hui après une réunion extraordinaire de son cabinet, selon sa porte-parole Jana Bartosova.
Toutes les hypothèses sont possibles après le vote de défiance initié par l'opposition de gauche, selon les experts et les politiciens locaux: certains parlent d'un statu quo jusqu'à la fin, le 30 juin, de la présidence tchèque de l'Union européenne; d'autres évoquent un gouvernement de transition ou d'union nationale, d'autres encore des élections anticipées cet été ou à l'automne.
Le président
Tous s'entendent pour dire que la crise politique profite surtout au très eurosceptique président tchèque Vaclav Klaus, qui n'a jamais apprécié son premier ministre, selon lui trop mou sur les réformes et trop pro-européen.
Avec son franc-parler habituel, M. Topolanek a déclaré hier à la radio tchèque CT1 que le vote de défiance avait été fêté au Château, où siège le président: «J'ai entendu que ça a duré jusqu'à une heure et demie du matin», a-t-il dit.
C'est au chef de l'État qu'il revient de nommer un nouveau chef de gouvernement de son choix dans les délais qui lui conviennent. Il n'a en revanche pas le pouvoir de dissoudre directement le parlement.
«Nous devons attendre ce que fera M. le président. Cela va dessiner une ligne pour les négociations», a déclaré M. Topolanek à la radio tchèque, tout en préconisant des élections anticipées le plus vite possible.
Pour l'instant, le chef de l'État s'est abstenu de toute indication sur ses intentions. Il a simplement affirmé hier que la chute du gouvernement n'était «pas catastrophique».
La disparition de la coalition de centre droit met cependant en question plusieurs grands dossiers, comme le traité de Lisbonne, le déploiement du bouclier antimissile américain ou la gestion de la crise économique.
Adieu les réformes
«Les réformes ne sont plus à l'ordre du jour, l'échec du traité de Lisbonne est très probable et l'avenir des traités sur le radar [antimissile américain] est également incertain», soulignait hier le journal Lidove Noviny.
M. Topolanek a lui-même reconnu que sa fragilisation politique pourrait peser sur la ratification du traité de Lisbonne, alors que le Sénat tchèque doit se prononcer prochainement, peut-être mi-avril.
Un rejet suspendrait définitivement le processus de ratification à Prague, avec le même impact que le «non» opposé par les Irlandais lors du référendum de juin 2008.
Pour le radar, les accords militaires et diplomatiques signés par Prague et Washington ont déjà été retirés de l'ordre du jour des débats parlementaires début mars, de peur d'un vote négatif.
La politique de dialogue de la nouvelle administration Obama avec l'Iran et la Russie alimentait déjà les doutes sur l'avenir du projet de déploiement antimissile prévu par l'administration Bush en République tchèque et en Pologne.
Au plan économique, les analystes s'entendent pour dire que la chute du gouvernement, le troisième à tomber en quelques semaines en Europe de l'Est, après la Lettonie et la Hongrie, intervient au plus mauvais moment.
«Cela intervient au moment où les marchés sont nerveux», a ainsi souligné l'analyste Tomas Sedlacek, qui siège au conseil spécial anticrise (NERV).
Pour l'instant, l'ancien pays communiste converti au capitalisme ultralibéral a plutôt bien résisté à la crise qui a brutalement freiné son boum économique. Mais les experts craignent une dégradation de l'image du pays auprès d'investisseurs déjà frileux.
M. Topolanek, mis en minorité mardi grâce aux voix de quatre députés issus de la majorité parlementaire, a prévu de démissionner aujourd'hui après une réunion extraordinaire de son cabinet, selon sa porte-parole Jana Bartosova.
Toutes les hypothèses sont possibles après le vote de défiance initié par l'opposition de gauche, selon les experts et les politiciens locaux: certains parlent d'un statu quo jusqu'à la fin, le 30 juin, de la présidence tchèque de l'Union européenne; d'autres évoquent un gouvernement de transition ou d'union nationale, d'autres encore des élections anticipées cet été ou à l'automne.
Le président
Tous s'entendent pour dire que la crise politique profite surtout au très eurosceptique président tchèque Vaclav Klaus, qui n'a jamais apprécié son premier ministre, selon lui trop mou sur les réformes et trop pro-européen.
Avec son franc-parler habituel, M. Topolanek a déclaré hier à la radio tchèque CT1 que le vote de défiance avait été fêté au Château, où siège le président: «J'ai entendu que ça a duré jusqu'à une heure et demie du matin», a-t-il dit.
C'est au chef de l'État qu'il revient de nommer un nouveau chef de gouvernement de son choix dans les délais qui lui conviennent. Il n'a en revanche pas le pouvoir de dissoudre directement le parlement.
«Nous devons attendre ce que fera M. le président. Cela va dessiner une ligne pour les négociations», a déclaré M. Topolanek à la radio tchèque, tout en préconisant des élections anticipées le plus vite possible.
Pour l'instant, le chef de l'État s'est abstenu de toute indication sur ses intentions. Il a simplement affirmé hier que la chute du gouvernement n'était «pas catastrophique».
La disparition de la coalition de centre droit met cependant en question plusieurs grands dossiers, comme le traité de Lisbonne, le déploiement du bouclier antimissile américain ou la gestion de la crise économique.
Adieu les réformes
«Les réformes ne sont plus à l'ordre du jour, l'échec du traité de Lisbonne est très probable et l'avenir des traités sur le radar [antimissile américain] est également incertain», soulignait hier le journal Lidove Noviny.
M. Topolanek a lui-même reconnu que sa fragilisation politique pourrait peser sur la ratification du traité de Lisbonne, alors que le Sénat tchèque doit se prononcer prochainement, peut-être mi-avril.
Un rejet suspendrait définitivement le processus de ratification à Prague, avec le même impact que le «non» opposé par les Irlandais lors du référendum de juin 2008.
Pour le radar, les accords militaires et diplomatiques signés par Prague et Washington ont déjà été retirés de l'ordre du jour des débats parlementaires début mars, de peur d'un vote négatif.
La politique de dialogue de la nouvelle administration Obama avec l'Iran et la Russie alimentait déjà les doutes sur l'avenir du projet de déploiement antimissile prévu par l'administration Bush en République tchèque et en Pologne.
Au plan économique, les analystes s'entendent pour dire que la chute du gouvernement, le troisième à tomber en quelques semaines en Europe de l'Est, après la Lettonie et la Hongrie, intervient au plus mauvais moment.
«Cela intervient au moment où les marchés sont nerveux», a ainsi souligné l'analyste Tomas Sedlacek, qui siège au conseil spécial anticrise (NERV).
Pour l'instant, l'ancien pays communiste converti au capitalisme ultralibéral a plutôt bien résisté à la crise qui a brutalement freiné son boum économique. Mais les experts craignent une dégradation de l'image du pays auprès d'investisseurs déjà frileux.
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