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L'amour vache

Christian Rioux   13 février 2009  Europe
Il n'y a pas que les Québécois qui sont outrés ces jours-ci des propos de Nicolas Sarkozy. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a eu raison de qualifier le président de «querelleur». Il ne se passe guère une semaine sans qu'il mette le feu quelque part. Depuis la semaine dernière, le président français a trouvé le moyen de se choquer aussi avec les Britanniques, comme il l'avait fait plus tôt avec les Polonais.
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  • Yves Côté
    Abonné
    vendredi 13 février 2009 03h32
    Apparences souvent trompeuses
    L'absence du Québec de tout débat politique en France vient selon moi du fait que ce pays, au contraire de ce que ses habitants aiment percevoir et donner comme image de lui, est foncièrement conservateur. Tel le reste de l'Europe d'ailleurs. La chose n'est d'ailleurs pas d'hier: cela n'est-il pas la principale raison pour laquelle nombre d'Européens, parmi les plus dynamiques et la plupart du temps par une motivation individuelle, ont quittés leur continent et pays depuis 1492 ?
    Il se trouve bien sûr des gens et des groupes pour tenter de transformer les choses, mais ceux-ci n'ont de pouvoir réel que lorsque le tissus de l'Histoire tout entier leur prête temporairement l'occasion d'agir. Ce qui fut le cas, par exemple, lors de la Révolution française de même lors de l'opposition armée de la Résistance à la domination nazie.
    Toute la science de Nicolas Sarkozy, selon moi, repose sur sa capacité à user du réel mécontentement des Français, qui monte depuis des années, pour tirer encore plus le pouvoir d'état vers, non pas cette droite de principes à laquelle il réussit de moins en moins à faire croire qu'il appartient, mais vers le pouvoir économique dominant de la finance internationale. Finance internationale dont un nombre d'investisseurs et de spéculateurs français composent une partie non négligeable et dans laquelle la famille Desmarais a très habilement réussie à s'imposer...
    C'est de cette qualité à manoeuvrer en France que le président, pour l'instant encore, couvre la marmite de la critique efficace de ses adversaires démocratiques; ce qui d'ailleurs n'est pas sans danger, il faut en convenir je crois (observons la détermination absolue des Guadeloupéens...). Et c'est du résultat de son travail, peut-être même de son obsession, que celui-ci tient son pays éloigné de questions québécoises qui pourtant, pourraient participer des débats démocratiques français et européens. La chose étant, malgré l'ignorance réelle et évidente de Nicolas Sarkozy des questions québécoises véritable à cause du filtre que lui fait subir, depuis des années, son ami Monsieur Desmarais...
    Le drame, c'est que malgré la bonne volonté de la plupart des Français, le président français risque de rappeler à son pays la leçon générale que les apparences sont souvent trompeuses. Ainsi que le gouvernement Charest le fait lui aussi avec les Québécois. Cela incluant pour ces deux peuples la surprise qu'une fois ces deux élus partis pour une carrière dans le privé, il leur restera passablement moins de pouvoir démocratique sur leur propre pays que lorsqu'ils les ont porté aux commandes...

  • Alain Lavallée
    Abonné
    vendredi 13 février 2009 07h04
    Analyse juste
    Quand vous écrivez """Les Québécois n'attendent pas d'«amour» de la France, mais un soutien politique dont ils ont un besoin vital et essentiel chaque fois qu'Ottawa tente de leur faire de l'ombre dans le monde.""" C'est trop exact.

    Le 400e a été l'occasion de nombreux vetos d'Ottawa . ""L'allée de France" refusée par la CCBN parce que les sculptures de Rodin auraient jeté de l'ombre sur la statue de Wolfe ce grand héros canadian (pas question que la France vienne triompher sur les Plaines, pas question de ""réécrire l'histoire" comme le Président Juneau de la CCBN s'est exclamé pour refuser ce projet (le Devoir 3 février). Refus d'une Maison du Patrimoine commun France-Québec. Refus à 2 reprises de la venue de l'exposition ""La grande Vague " qui honorait 400 familles pionnières (come vous l'avez vous même signalé... Refus d'une exposition sur les familles pionnières au Musée de la Civilisation à l'occasion du 400e

    et comme le rappelait une lectrice hier refus que la France émette un timbre pour souligner les 30 ans du ""VIve le QUébec L " du Général de Gaulle...

    et notre beau Canada veut célébrer avec fastes mascarades la défaite de 1759. Curieux n'est-ce pas ?

  • May West
    Abonnée
    vendredi 13 février 2009 08h31
    Erreur - Non, pas toute la presse québécoise
    Monsieur Rioux, vous dites: «Il faut tout de même un certain talent pour réussir à s'attirer en même temps les foudres de - toute - la presse québécoise et les félicitations des éditorialistes du Canada anglais.»

    Permettez-moi, monsieur Rioux, de vous corriger. Les propos tenus par Nicolas Sarkozy insultant les Québécois souverainistes n'ont jamais indigné TOUTE la presse québécoise, comme vous dites.

    Si vous avez vu de l'indignation dans les médias du groupe Gesca (à moins que le groupe ait des médias en France ...), nous ici, ç'a été le contraire. On n'a rien vu de tel!

  • Jacques Allard
    Abonné
    vendredi 13 février 2009 11h05
    Avec 1 jour d'avance
    Monsieur Christian,
    comme je vous lis assidûment
    et dans le bonheur
    soyez donc mon valentin why not !
    Bravo et multi-mercis :
    vous m'en apprenez sans cesse,
    et toujours dans la belle mesure de l'intelligence et du discernement.
    Pardonnez la pompe !!
    JA

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 13 février 2009 15h24
    À Yves Côté
    Yves Côté a raison à propos du sort qui attend les Charest et Sarkovy une fois que les jeux politiques les auront chassés du pouvoir politique. Ils passeront dans l'oubli. Mais justement, suffisamment enrichis, vivre dans l'ombre les arrangera parfaitement. Il s'agit pour eux de bien calculer leur départ pour que la retraite dorée ne leur échappe pas pour raison de santé. Beau dilemme !
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Andres Ponce De Leon
    Abonné
    vendredi 13 février 2009 22h56
    Le Québec soumis
    Le Québec sera pris au sérieux lorsqu'il sera sérieux au sujet de sa souveraineté sans plus, lorsqu'il cessera d'appliquer des efforts de résistance envers le Canada pour finalement concentrer toutes ses ressources envers la souveraineté...la résistance amortissant néfastement les énergies et fait qu'en bout de ligne plus personne ne croient en nous, ni même les principaux interessés...les Québecois. Lorsque l'on doit arracher une dent on gagne à donner un bon coup... on ne tire pas lentement en vérifiant si elle vient...quelle souffrance. La résistance empèchera toujours la souveraineté!!!!

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