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Conflit gazier - Un nouvel accord accueilli avec prudence

19 janvier 2009  Europe
Moscou — Vers une fin durable du conflit gazier? Après une journée d'intenses négociations et près de deux semaines de crise, les premiers ministres russe et ukrainien ont annoncé hier être parvenus à un accord réglant leur différend sur le gaz qui devrait permettre le réapprovisionnement de nombreux pays européens.

L'accord sur les prix pour 2009 annoncé par le premier ministre russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainienne Ioulia Timochenko ne devrait toutefois pas être finalisé avant aujourd'hui. En cas de réouverture immédiate des vannes par Moscou après la signature, le gaz russe ne devrait donc pas parvenir aux pays d'Europe de l'Est avant demain.

Les observateurs réagissaient également avec prudence, plusieurs accords ayant déjà été annoncés lors de cette crise sans que cela ne débouche véritablement sur un règlement du conflit entre Moscou et Kiev. La Commission européenne a d'ailleurs souligné qu'il y avait eu «plusieurs fausses sorties dans cette querelle, et que le test en l'occurrence est de voir si oui ou non les consommateurs ont à nouveau du gaz». «Jusqu'à ce stade, l'Europe continue à attendre», a indiqué la Commission dans un communiqué.

L'accord annoncé hier prévoit que l'Ukraine paie en 2009 un prix inférieur de 20 % au «prix du marché» payé par les pays européens, fixé par la Russie à 450 dollars pour 1000 mètres cubes de gaz. En 2008, Kiev payait 179,50 dollars.

Cette hausse immédiate pour l'Ukraine devrait toutefois être amortie dans les prochains mois par la baisse attendue des prix du gaz due à la chute des cours du pétrole. Kiev ne pourrait ainsi payer que 150 dollars pour 1000 m3 à l'été.

Lors d'une conférence de presse avec Ioulia Timochenko, Vladimir Poutine a expliqué que la Russie avait offert ce «rabais de 20 %» à l'Ukraine à la condition que le prix payé par Moscou pour faire transiter son gaz par le territoire ukrainien reste inchangé pour 2009.

La Russie paie actuellement 1,70 dollar pour le transport de 1000 m3 de gaz par tranche de 100 km sur le territoire ukrainien, ce qui a représenté l'an dernier un total de près de trois milliards de dollars. Le prix du marché est environ le double, selon Vladimir Poutine.

Le conflit avait débuté le 1er janvier lorsque la Russie avait cessé de vendre son gaz naturel à l'Ukraine en raison d'un différend sur les prix. Moscou avait ensuite stoppé ses livraisons à destination de l'Europe transitant par l'Ukraine, accusant son voisin de siphonner ce gaz. Des allégations démenties par Kiev, qui affirmait que la Russie n'envoyait pas suffisamment de «gaz technique», nécessaire à l'Ukraine pour faire fonctionner les compresseurs qui font circuler le gaz vers l'Europe. Au milieu d'un hiver rigoureux, le conflit a eu de graves implications pour l'Europe.
 
 
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