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Lueur d'espoir dans la diplomatie européenne

Christian Rioux   7 janvier 2009  Europe
Nicolas Sarkozy arrivant à Beyrouth, hier, après avoir rencontré les soldats français au sud du Liban.
Photo : Agence Reuters
Nicolas Sarkozy arrivant à Beyrouth, hier, après avoir rencontré les soldats français au sud du Liban.
Paris — Nicolas Sarkozy n'est pas rentré tout à fait bredouille hier à Paris de sa mission éclair au Moyen-Orient. Après deux jours d'échecs et le refus du premier ministre israélien, Ehoud Olmert, d'accepter la proposition française de «trêve humanitaire provisoire», voilà qu'à la toute fin de son périple de 48 heures une petite lueur d'espoir s'est allumée. Une lueur encore bien faible, mais qui permet d'envisager des négociations entre Israël et l'Égypte afin de sécuriser la frontière entre Gaza et le Sinaï, ce qui pourrait être, selon les diplomates français, une première étape menant à un éventuel cessez-le-feu.

Nicolas Sarkozy devait achever son voyage au Liban hier après-midi après avoir visité sans succès l'Égypte, Israël et la Cisjordanie. Soudain, de manière improvisée, le président a décidé de faire à nouveau escale en soirée à Charm el-Cheikh, où il avait déjà rencontré lundi matin le président, Hosni Moubarak. Après sa seconde rencontre avec Nicolas Sarkozy, tard hier soir, le président égyptien a finalement lancé un appel aux Israéliens et aux Palestiniens à venir négocier «sans délai» afin de rendre imperméable le corridor dit de Philadelphie, situé à la frontière de l'Égypte et de la Bande de Gaza où transitent les armes utilisées par le Hamas pour lancer des roquettes sur Israël. «J'ai des éléments très précis qui me permettent de dire qu'une délégation israélienne rencontrera une délégation égyptienne sans délai pour parler de cette question de sécurité», a conclu Nicolas Sarkozy sur un ton nettement plus optimiste que celui qu'il avait depuis deux jours.

En gros, le président français aurait convaincu le président égyptien de couper l'approvisionnement en armes du Hamas. Dans la journée, l'émissaire du Quartette international pour le Proche-Orient, Tony Blair, avait affirmé qu'un cessez-le-feu immédiat dépendait d'une «action claire» pour bloquer les tunnels de contrebande entre l'Égypte et Gaza, qui permettent l'approvisionnement des islamistes.

Le désarmement du Hamas est en effet «la question-clé» selon Mark Regev, porte-parole du gouvernement israélien. Le premier ministre, Ehoud Olmert, affirme depuis plusieurs jours qu'il ne consentira à aucun cessez-le-feu tant qu'il n'aura pas de solides garanties que cesseront les tirs de roquettes du Hamas vers Israël. Selon Israël, le Hamas a en effet profité de la récente trêve de six mois pour multiplier par deux la portée de ses lance-roquettes. Or, l'arrêt de la contrebande d'armes dépend largement de l'Égypte, qui contrôle la frontière ouest de la bande de Gaza où les armes circulent dans des souterrains improvisés.

«La proposition égyptienne a ceci d'important que personne n'est humilié, personne ne perd la face, que ce n'est pas un retour au statu quo ante, a indiqué Nicolas Sarkozy. Les Égyptiens sont prêts à travailler sur la sécurité aux frontières puisqu'une pression est faite pour qu'il n'y ait plus de roquettes qui partent de Gaza.»

Le président Moubarak n'a pas précisé quel rôle pourrait jouer le Hamas dans ces négociations. On sait qu'une délégation du bureau politique se trouve actuellement au Caire même si les relations entre l'Égypte et le Hamas étaient au plus mal depuis des mois. En décembre, le Hamas avait accusé l'Égypte de verrouiller le terminal de Rafah sous de faux prétextes. Hosni Moubarak, qui affronte en Égypte l'opposition violente des Frères musulmans, a plusieurs fois déclaré qu'il ne souhaitait pas voir s'établir à ses frontières une république islamique. Hier à Damas, le président français a dit compter sur les liens étroits qui unissent la Syrie et le Hamas pour obtenir un arrêt des tirs de missiles.

Même si aucun cessez-le-feu n'est encore véritablement à portée de main, plusieurs ont vu dans la diplomatie du président français une expression du volontarisme dont il avait fait preuve à la présidence de l'Europe depuis six mois. «Nous Européens, nous prenons des risques, a-t-il déclaré. Le Proche-Orient a besoin d'une Europe forte.» Ces propos n'étaient pas vraiment du goût de la nouvelle présidence européenne maintenant assumée par la République tchèque, qui voyait d'un mauvais oeil l'initiative française. Toutes deux en mission au Moyen-Orient, les deux délégations se sont livrées à un curieux chassé-croisé. Représentant du gouvernement européen le plus pro-israélien, le ministre des Affaires étrangères tchèque, Karel Schwarzenberg, a estimé que malgré des «signaux positifs», il faudrait «plusieurs jours pour voir une vraie lueur, pour vraiment voir quand cette guerre prendra fin». L'initiative personnelle de Nicolas Sarkozy a de plus irrité le ministre des Affaires étrangères italien, Franco Frattini. «Si chacun conduit sa propre mission, cela affaiblit la position stratégique», a-t-il déclaré.

En France aussi, depuis plusieurs jours, l'initiative du chef de l'État suscite un certain scepticisme même si elle a été applaudie par l'ancien ministre socialiste Jack Lang. Il faut dire que plusieurs villes de France ont connu des manifestations de soutien au Hamas, dont certaines ont été violentes. Lundi, une synagogue a été attaquée à Toulouse par une voiture bélier et des cocktails Molotov. Si le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, a admis qu'il fallait «absolument tout tenter», l'ancien ministre socialiste de la Défense Jean-Pierre Chevènement a déclaré que «ce sont les Américains qui ont la clé» du conflit. François Bayrou, président du parti centriste le Modem, a rappelé que Nicolas Sarkozy n'était plus président de l'Union européenne: «Le fait qu'il y ait en concurrence et en même temps la délégation de l'Union européenne officielle et d'un autre côté le président de la République française peut faire courir un risque de dispersion.»

Un sondage publié le 5 janvier montre que, contrairement à leur position traditionnelle plutôt pro-palestinienne, les Français font porter la responsabilité du récent conflit au Hamas à 42 %. Leurs sympathies se portent vers Israël à 33 %, contre seulement 11 % vers le Hamas, et 53 % vers ni l'un ni l'autre. La moitié des répondants estime les représailles israéliennes justifiées.

***

Correspondant du Devoir à Paris

Avec Reuters et l'Agence France-Presse






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  • Brun Bernard
    Inscrit
    mercredi 7 janvier 2009 07h30
    Le soleil sombre par terre.
    « Sarkozy est un hypocrite et roule pour lui. Il fait tout avec l'Égypte pour détruire le Hamas alors qu'il faudra de plus en plus discuter avec ce mouvement intégriste sinon rien pour l'avenir. 14 kms de frontières à surveiller pour contrôler et faire taire le Hamas. Bravo le travail diplomatique de Sarkozy, gardien de prions à ciel ouvert. les représailles israélienne ne sont pas justifiées. Voyez l'article de Gluksman hier dans Le Monde, surtout les commentaires et vous verrez que non on n'appuie pas Israël. L'article de Bensassa dans le même journal est salué à l'inverse de vos propos. Il est à remarquer que les pays occidentaux travaillent bien avec les despotes et les dictateurs. On se demande pourquoi nous vivons en Démocratie. Voir Sarkozy taper l'épaule de Moubarak alors que le petit peuple pauvre et très "ordinaire" égyptien vit dans les cimetières, fait froid au dos. Comme dit le poète allemand: "Mais aux lieux du péril croît aussi ce qui sauve." »

  • Robert Aird
    Abonné
    mercredi 7 janvier 2009 08h01
    un seul responsable
    « Alors que c'est Israël qui occupe des territoires qui ne lui appartiennent pas, les Palestiniens sont toujours considérés comme les agresseurs et les provocateurs. Sinon, pourquoi ne pas aussi demander aux Israéliens de désarmer? La sécurité de l'Etat juif au détriment de celle de ses voisins? »

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    mercredi 7 janvier 2009 10h54
    La faute à qui?
    « Il est futile d'essayer de déterminer qui est responsable du conflit israélo-palestinien car on pourrait pointer du doigt à peu près toute la communauté internationale, ensemble ou à tour de rôle! Ce qui est important c'est d'alléger les souffrances des civils de part et d'autre et d'essayer de «gérer» ce conflit pour le sortir de la violence.

    Il n'est pas surprenant que plusieurs chefs d'état s'en mêlent car le conflit lui-même est surtout causé par les chefs politiques de part et d'autre. Plusieurs ONG qui travaillent à la paix au Moyen-Orient impliquent les citoyens ordinaires des deux parties, Israéliens et Palestiniens, et individuellement les gens ne sont pas en faveur de la violence lorsqu'ils en viennent à connaître «l'autre». Par exemple une dizaine de jeunes Israéliens et autant de jeunes Palestiniens furent amenés ici, au Canada, sur l'île de Vancouver l'an dernier pour participer avec autant de Canadiens à un camp sur le cinéma et ils devaient travailler ensemble pour faire des clips sur le conflit. Ce fut un véritable succès et les jeunes, de part et d'autre, ont développé des amitiés durables.

    Ce n'est pas les gens ordinaires qui provoquent les flambées de violence mais les dirigeants politiques et c'est donc la responsabilité des dirigeants politiques des autres pays, neutres autant que possible (d'où la faiblesse de la présidence tchèque de l'UE), d'essayer d'amener les parties à se sortir du cycle de la violence et à gérer ce conflit d'une manière pacifique. »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    mercredi 7 janvier 2009 11h46
    @(F)Réhel.
    « Ne me lisez pas monsieur (F)Réhel, cela ira mieux pour vous. J'écris vite et mal avec le clavier, le saviez-vous? Je comprends que votre tendance à la moraline vous étouffe quelque peu...Donc un seul remède, ne me lisez pas, ne perdez pas votre temps. Je n'ai que 36 ans, le saviez-vous alors le naguère, laissons-le à Verlaine. Au fait, votre Molière, vous auriez pu tout de même faire un papier-collé du site d'où vous avez soutiré le paragraphe. La prochaine fois, écrivez vous même vos textes, n'ayez pas peur des "fôtes d'ottografes" (un peu germanique je l'avoue ce Otto). »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    mercredi 7 janvier 2009 16h19
    Unanime...
    « ...contre votre état d'esprit ici ou ailleurs dans ce site. C,est à croire que je ne suis pas le seul à subir vos bizarres diatribes infondées et délirantes. L'âge certainement. M'enfin, cela vous force à avoir un peu plus de teneur en fouillant pour que vous appreniez ce que vous avez à dire comme réflexion politique. N'insistons plus, passez votre chemin votre vide est vide...Au fait le (F) est là pour une raison bien simple, à vous de la découvrir car je vois que vous ne saisissez pas la blague. Bonne vie si c'est possible... »

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