Des incidents ont eu lieu dans une dizaine de villes - Troisième jour d'émeutes en Grèce
Photo : Agence Reuters
Des policiers se sont rendus à l’université d’Athènes hier.
Athènes — Pour la troisième journée consécutive, des affrontements ont opposé hier à Athènes et en d'autres villes grecques les forces de l'ordre à des manifestants qui protestaient contre la mort d'un adolescent tué samedi par la police.
Dans le centre de la capitale, les gaz lacrymogènes ont envahi la place Syntagma, devant le Parlement, au cours d'accrochages entre contestataires de gauche et policiers qui ont fait usage de matraques et procédé à des arrestations. Des incidents ont eu lieu dans une bonne dizaine d'autres villes, de Salonique aux îles de Crète et de Corfou.
Plus de 130 boutiques, dont un grand magasin du centre-ville, ont été détruites ou endommagées à Athènes, ce qui réduit à néant l'espoir des commerçants de compenser à Noël la période de vaches maigres liée à la crise économique. Trente-cinq personnes ont été arrêtées et 13 postes de police vandalisés dans la capitale. À Salonique, un millier de manifestants ont affronté la police, qui en ont pourchassé plusieurs centaines.
Les émeutes surviennent dans un contexte difficile pour le gouvernement, en proie à une vague de mouvements sociaux. Les professeurs d'université, qui comptent s'associer à une grève générale de 24 heures, demain, pour protester contre les privatisations, la réforme des retraites et la baisse du pouvoir d'achat, ont cessé le travail hier pour trois jours. Les violences ont été déclenchées par la mort d'un adolescent de 15 ans, Alexandros Grigoropoulos, au cours d'une fusillade samedi soir dans le quartier d'Exarchia, bastion traditionnel de la gauche autonome à Athènes.
Le premier ministre Costas Caramanlis a exprimé sa compassion à la famille du jeune homme, mais il a sommé les manifestants de se calmer. Le gouvernement, a-t-il dit, s'efforcera d'indemniser les victimes de préjudices. «Nous ne tolérerons pas que cet incident tragique serve de prétexte à des événements inacceptables et dangereux», a-t-il prévenu dans une allocution télévisée.
À la tombée de la nuit hier, des milliers de personnes ont défilé bras dessus, bras dessous dans les principales rues d'Athènes. Des anarchistes brisaient des vitres de voiture en scandant «Flics, Cochons, Meurtriers». Quelques-uns ont lancé des cocktails Molotov en direction des policiers tandis que des magasins brûlaient sur fond d'explosions.
«La police a perdu le contrôle. Le gosse tué n'a été qu'un prétexte. Les policiers ne semblent pas être du côté de la population. C'est pourquoi les gens soutiennent les jeunes», commentait un enseignant qui a requis l'anonymat.
Le mouvement de colère a aussi gagné les Grecs expatriés, qui ont organisé des manifestations à Londres et à Berlin. Dans la capitale allemande, des manifestants ont quitté le consulat de Grèce après l'avoir occupé pendant huit heures.
Plus de 50 personnes ont été blessées à travers la Grèce et des millions d'euros de biens détruits. Les chaînes de télévision ont montré un parking du Pirée, le port d'Athènes, où neuf voitures avaient été retournées. «Athènes et Salonique en état de siège», titrait hier le quotidien Eleftheros Typos, tandis qu'Apogevmatini évoquait «48 heures d'horreur» à propos de ces incidents décrits comme les plus graves en Grèce depuis des décennies.
Le décès du jeune manifestant a eu l'effet d'un catalyseur pour la jeunesse ancrée à gauche, qui dénonce l'accroissement du fossé entre riches et pauvres. Deux policiers ont été mis en examen, pour meurtre avec préméditation et pour complicité.
Dans le centre de la capitale, les gaz lacrymogènes ont envahi la place Syntagma, devant le Parlement, au cours d'accrochages entre contestataires de gauche et policiers qui ont fait usage de matraques et procédé à des arrestations. Des incidents ont eu lieu dans une bonne dizaine d'autres villes, de Salonique aux îles de Crète et de Corfou.
Plus de 130 boutiques, dont un grand magasin du centre-ville, ont été détruites ou endommagées à Athènes, ce qui réduit à néant l'espoir des commerçants de compenser à Noël la période de vaches maigres liée à la crise économique. Trente-cinq personnes ont été arrêtées et 13 postes de police vandalisés dans la capitale. À Salonique, un millier de manifestants ont affronté la police, qui en ont pourchassé plusieurs centaines.
Les émeutes surviennent dans un contexte difficile pour le gouvernement, en proie à une vague de mouvements sociaux. Les professeurs d'université, qui comptent s'associer à une grève générale de 24 heures, demain, pour protester contre les privatisations, la réforme des retraites et la baisse du pouvoir d'achat, ont cessé le travail hier pour trois jours. Les violences ont été déclenchées par la mort d'un adolescent de 15 ans, Alexandros Grigoropoulos, au cours d'une fusillade samedi soir dans le quartier d'Exarchia, bastion traditionnel de la gauche autonome à Athènes.
Le premier ministre Costas Caramanlis a exprimé sa compassion à la famille du jeune homme, mais il a sommé les manifestants de se calmer. Le gouvernement, a-t-il dit, s'efforcera d'indemniser les victimes de préjudices. «Nous ne tolérerons pas que cet incident tragique serve de prétexte à des événements inacceptables et dangereux», a-t-il prévenu dans une allocution télévisée.
À la tombée de la nuit hier, des milliers de personnes ont défilé bras dessus, bras dessous dans les principales rues d'Athènes. Des anarchistes brisaient des vitres de voiture en scandant «Flics, Cochons, Meurtriers». Quelques-uns ont lancé des cocktails Molotov en direction des policiers tandis que des magasins brûlaient sur fond d'explosions.
«La police a perdu le contrôle. Le gosse tué n'a été qu'un prétexte. Les policiers ne semblent pas être du côté de la population. C'est pourquoi les gens soutiennent les jeunes», commentait un enseignant qui a requis l'anonymat.
Le mouvement de colère a aussi gagné les Grecs expatriés, qui ont organisé des manifestations à Londres et à Berlin. Dans la capitale allemande, des manifestants ont quitté le consulat de Grèce après l'avoir occupé pendant huit heures.
Plus de 50 personnes ont été blessées à travers la Grèce et des millions d'euros de biens détruits. Les chaînes de télévision ont montré un parking du Pirée, le port d'Athènes, où neuf voitures avaient été retournées. «Athènes et Salonique en état de siège», titrait hier le quotidien Eleftheros Typos, tandis qu'Apogevmatini évoquait «48 heures d'horreur» à propos de ces incidents décrits comme les plus graves en Grèce depuis des décennies.
Le décès du jeune manifestant a eu l'effet d'un catalyseur pour la jeunesse ancrée à gauche, qui dénonce l'accroissement du fossé entre riches et pauvres. Deux policiers ont été mis en examen, pour meurtre avec préméditation et pour complicité.
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