Un adolescent abattu par la police - La Grèce secouée par des émeutes
8 décembre 2008
Europe
Photo : Agence France-Presse
Le chaos s’est emparé d’Athènes et de plusieurs villes de Grèce après qu’un adolescent de 15 ans, Andreas Grigoropoulos, eut été tué par un policier samedi soir. Ce sont les pires émeutes que le pays ait connues depuis janvier 1991.
Athènes — Des émeutiers se sont déchaînés hier dans Athènes et Thessalonique, lançant des engins incendiaires, détruisant des magasins et érigeant des barricades enflammées, le chaos s'emparant des principales villes de Grèce après la mort d'un adolescent de 16 ans, abattu par la police dans la capitale.
Ce sont les pires émeutes en Grèce depuis janvier 1991, lorsqu'une foule en colère avait protesté après le meurtre d'un instituteur par des voyous d'extrême droite.
Hier à la tombée de la nuit, des groupes de jeunes aux visages masqués par des cagoules ou des casques de moto ont renversé des poubelles et retourné des voitures pour construire des barricades dans les rues d'Athènes. La police a rétorqué avec des gaz lacrymogènes, provoquant de véritables scènes d'insurrection qui ont vidé les rues de la capitale grecque.
Les médias locaux rapportent que plusieurs personnes ont souffert de problèmes respiratoires, mais qu'aucune blessure sérieuse n'a été recensée.
Des dizaines de jeunes étaient hier soir retranchés dans deux universités dans le centre d'Athènes. L'École Polytechnique et l'université d'Économie, situées près du quartier d'Exarchia où un policier a tué samedi soir Andreas Grigoropoulos, 15 ans, étaient occupées par des jeunes qui lançaient des cocktails Molotov contre des forces anti-émeutes qui se trouvaient à proximité.
Une manifestation qui dégénère
Les violences ont repris hier dans la journée, à l'occasion de manifestations de soutien aux immigrés clandestins qui ont dégénéré: à Thessalonique, deuxième ville du pays, la mairie, deux commissariats, plusieurs magasins et une banque ont été pris pour cible, les manifestants s'en prenant aussi aux véhicules des chaînes de télévision ou érigeant des barricades de poubelles enflammées.
À Athènes, plus de 2000 manifestants ont défilé en direction du siège de la police dans la capitale, des engins incendiaires étant lancés contre des magasins et banques, mais aussi un immeuble de bureaux gouvernementaux, la police usant d'importantes quantités de gaz lacrymogènes pour contenir les émeutiers.
Cette marche de protestation état prévue depuis plusieurs jours, et le ministre de l'Intérieur Prokopis Pavlopoulos avait dans la matinée appelé à la retenue pendant la manifestation, exprimant la tristesse du gouvernement pour la mort du jeune homme, et offrant sa démission, qui a été refusée ainsi que celle de son adjoint.
«Je comprends la colère», a déclaré le premier ministre hier soir, «ce qui est inconcevable, c'est la violence brutale qui ébranle la paix sociale et se retourne contre la propriété de personnes innocentes».
Policiers suspendus
Selon des témoins, le drame s'est produit samedi soir vers 21h lorsqu'un petit groupe de jeunes s'est attaqué à une voiture de police. Un agent a tiré par trois fois et le jeune garçon a reçu une balle dans la poitrine.
D'après le communiqué de la police, la voiture, avec à son bord deux fonctionnaires, patrouillait dans le quartier d'Exarchia, dans le centre d'Athènes, lorsqu'elle a essuyé des jets de pierre provenant d'un groupe d'une trentaine de jeunes.
Les deux policiers impliqués ont été suspendus, interpellés et inculpés, l'un pour meurtre avec préméditation et usage illégal d'une arme, l'autre pour complicité.
Dans la nuit de samedi à hier, dans une rue commerçante qui descend de la place Syntagma, à Athènes, plus d'une vingtaine de magasins ont été endommagés — mais pas pillés. Leurs vitrines ont été noircies par des cocktails Molotov ou carrément détruites. Dimanche matin, des pompiers tentaient encore d'éteindre l'incendie d'un bâtiment de deux étages carbonisé. Dans la rue planait encore l'odeur âcre des gaz lacrymogènes utilisés plus tôt par la police pour disperser la foule.
Un peu plus loin, rue Akadimias, l'une des principales artères d'Athènes, les émeutiers ont saccagé des arrêts de bus et des kiosques à tickets. Au petit matin, quelques-uns d'entre eux étaient encore présents, le visage masqué.
Ce sont les pires émeutes en Grèce depuis janvier 1991, lorsqu'une foule en colère avait protesté après le meurtre d'un instituteur par des voyous d'extrême droite.
Hier à la tombée de la nuit, des groupes de jeunes aux visages masqués par des cagoules ou des casques de moto ont renversé des poubelles et retourné des voitures pour construire des barricades dans les rues d'Athènes. La police a rétorqué avec des gaz lacrymogènes, provoquant de véritables scènes d'insurrection qui ont vidé les rues de la capitale grecque.
Les médias locaux rapportent que plusieurs personnes ont souffert de problèmes respiratoires, mais qu'aucune blessure sérieuse n'a été recensée.
Des dizaines de jeunes étaient hier soir retranchés dans deux universités dans le centre d'Athènes. L'École Polytechnique et l'université d'Économie, situées près du quartier d'Exarchia où un policier a tué samedi soir Andreas Grigoropoulos, 15 ans, étaient occupées par des jeunes qui lançaient des cocktails Molotov contre des forces anti-émeutes qui se trouvaient à proximité.
Une manifestation qui dégénère
Les violences ont repris hier dans la journée, à l'occasion de manifestations de soutien aux immigrés clandestins qui ont dégénéré: à Thessalonique, deuxième ville du pays, la mairie, deux commissariats, plusieurs magasins et une banque ont été pris pour cible, les manifestants s'en prenant aussi aux véhicules des chaînes de télévision ou érigeant des barricades de poubelles enflammées.
À Athènes, plus de 2000 manifestants ont défilé en direction du siège de la police dans la capitale, des engins incendiaires étant lancés contre des magasins et banques, mais aussi un immeuble de bureaux gouvernementaux, la police usant d'importantes quantités de gaz lacrymogènes pour contenir les émeutiers.
Cette marche de protestation état prévue depuis plusieurs jours, et le ministre de l'Intérieur Prokopis Pavlopoulos avait dans la matinée appelé à la retenue pendant la manifestation, exprimant la tristesse du gouvernement pour la mort du jeune homme, et offrant sa démission, qui a été refusée ainsi que celle de son adjoint.
«Je comprends la colère», a déclaré le premier ministre hier soir, «ce qui est inconcevable, c'est la violence brutale qui ébranle la paix sociale et se retourne contre la propriété de personnes innocentes».
Policiers suspendus
Selon des témoins, le drame s'est produit samedi soir vers 21h lorsqu'un petit groupe de jeunes s'est attaqué à une voiture de police. Un agent a tiré par trois fois et le jeune garçon a reçu une balle dans la poitrine.
D'après le communiqué de la police, la voiture, avec à son bord deux fonctionnaires, patrouillait dans le quartier d'Exarchia, dans le centre d'Athènes, lorsqu'elle a essuyé des jets de pierre provenant d'un groupe d'une trentaine de jeunes.
Les deux policiers impliqués ont été suspendus, interpellés et inculpés, l'un pour meurtre avec préméditation et usage illégal d'une arme, l'autre pour complicité.
Dans la nuit de samedi à hier, dans une rue commerçante qui descend de la place Syntagma, à Athènes, plus d'une vingtaine de magasins ont été endommagés — mais pas pillés. Leurs vitrines ont été noircies par des cocktails Molotov ou carrément détruites. Dimanche matin, des pompiers tentaient encore d'éteindre l'incendie d'un bâtiment de deux étages carbonisé. Dans la rue planait encore l'odeur âcre des gaz lacrymogènes utilisés plus tôt par la police pour disperser la foule.
Un peu plus loin, rue Akadimias, l'une des principales artères d'Athènes, les émeutiers ont saccagé des arrêts de bus et des kiosques à tickets. Au petit matin, quelques-uns d'entre eux étaient encore présents, le visage masqué.
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