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Tous sociaux-démocrates (ou presque)

François Brousseau   1 décembre 2008  Europe
Devant la crise financière et économique, ils sont tous, soudain, devenus sociaux-démocrates! Tous, ils jettent des fonds publics et creusent des déficits astronomiques pour sauver, qui les banques, qui les constructeurs automobiles, et même — c'est la phase suivante, qui commence maintenant en Europe et aux États-Unis — pour aider les petites gens, les chômeurs et les collectivités locales. Les mots d'ordre: grands travaux d'infrastructure, maintien et renouvellement de l'appareil de production, soutien à la consommation...

Tous, de Washington à Paris, ils revisitent, façon XXIe siècle, le grand Keynes, John Maynard Keynes, mort en 1946, théoricien de la relance économique par la demande, la dépense publique et les déficits, qui inspira à Roosevelt son célèbre «New Deal» des années 1930.

Exemple: le président de la France, un politicien clairement étiqueté de droite, utilise depuis deux mois une rhétorique que ne récuserait pas un gauchiste. Avec des accents prophétiques, théâtraux et plus ou moins sincères — mais terriblement efficaces —, Nicolas Sarkozy vilipende le capitalisme et ses excès: «Une certaine idée de la mondialisation, clamait-il en septembre, s'achève avec la fin d'un capitalisme financier qui avait imposé sa logique à toute l'économie et avait contribué à la pervertir.» Et d'appeler, dans la foulée, à «repenser le rôle de l'État».

Sarkozy coupe ainsi l'herbe sous le pied d'un Parti socialiste français en proie à l'autodestruction, absorbé par sa guerre intestine, et qui a totalement perdu ses repères devant une situation nouvelle qui devrait pourtant le favoriser. Paradoxe particulièrement accusé en France, mais qui affecte les socialistes d'opposition dans toute l'Europe et au-delà: la droite, au pouvoir dans de nombreux pays, fait en ce moment — peu ou prou — ce que la gauche ferait elle-même... si elle s'y trouvait!

Sarkozy n'est pas seul. En Grande-Bretagne, le chef du gouvernement, Gordon Brown, héritier d'un «New Labour» légué par Tony Blair, devenu chéri des financiers et quasiment néolibéral pendant dix ans, redécouvre le social et, surtout, revient sur le dogme de l'équilibre budgétaire. «L'État, a dit le premier ministre il y a deux semaines, aidera les Britanniques à passer les moments difficiles en soutenant l'économie et en changeant les priorités budgétaires pour mieux aider l'énergie, le logement social et les petites entreprises.»

À l'échelle européenne, les plans de relance commencent à s'aligner, dans une rare prodigalité étatique qui se décline en centaines, voire en milliers de milliards. Et ce, malgré les réticences d'une Allemagne fiscalement conservatrice, qui s'était remarquablement rétablie au cours des dernières années sous Angela Merkel. Une Allemagne qui a toujours un peu peur, en Europe, d'être «celle qui va payer pour les autres»... La semaine dernière, ce sont 300 milliards de dollars que la Commission européenne est venue ajouter à une pléthore de plan nationaux.

***

Aux États-Unis depuis trois mois, on a — sacrilège? — nationalisé des banques, renfloué à coups de centaines de milliards des institutions financières à bout de souffle. Les Bourses tanguent et plongent... puis repartent en hausse — feu de paille? — comme elles l'ont fait depuis une semaine. Mais l'urgence se déplace maintenant sur le terrain de l'économie dite réelle. Barack Obama, qui s'active déjà même si son investiture doit encore attendre sept semaines, semble favoriser une intervention massive de ce côté également... même s'il a prudemment récusé, du bout des lèvres, les rapprochements explicites avec Franklin Roosevelt et le «New Deal».

Dans ce pays, les États et les municipalités — à travers lesquels passent la majeure partie des grands travaux publics — pourraient être les prochains bénéficiaires de la manne fédérale. D'un bout à l'autre des États-Unis, les municipalités réduisent les effectifs, coupent dans les services publics, licencient des employés par dizaines de milliers. L'hécatombe à Wall Street fera perdre des milliards à la ville de New York, qui a déjà commencé à couper dans les écoles, les bibliothèques, la sécurité publique.

Avec ou sans le nom, tout cela appelle bel et bien à un «New Deal» façon XXIe siècle, avec des modalités nouvelles... mais avec, derrière, de bons vieux principes étatiques. Et ce qui est remarquable, ce que tous embarquent, quelle que soit leur couleur politique...

***

Tous? Non! Car un village peuplé d'irréductibles ennemis du déficit résiste encore et toujours à la doctrine fiscale dominante du moment.

C'est le village d'Ottawa, dans une contrée nommée Canada, une bourgade sur la colline, peuplée de courageux gouvernants qui vont à contre-courant des idées reçues... mais qui, aux dernières nouvelles, le pistolet sur la tempe, semblaient prêts à mettre de l'eau dans leur vin conservateur.

Mais si ce dernier rempart du conservatisme tombe maintenant, que restera-t-il? N'ayez crainte, on pourra toujours attendre le prochain retour du balancier. Le monde n'est pas en train de passer — en bloc et définitivement — au «socialisme».

Mais en attendant, «au diable la dépense»... puisqu'il le faut!

***

François Brousseau est chroniqueur d'information internationale à Radio-Canada. On peut l'entendre tous les jours à l'émission Désautels à la Première Chaîne radio et lire ses carnets dans www.radio-canada.ca/nouvelles/carnets.






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  • Jean-Marie Malenfant
    Abonné
    lundi 1 décembre 2008 18h03
    De Keynes à Santi!
    « J,ose, malgré mes connaissances modestes, je ne suis pas Economiste, j'essaie de voir, tout simplement clair dans ce qui se passe présentement. Keyne un des responsables de la création du F.M.I., par sa théorie semble avoir été l'instigateur d'une théorie qui pour quelques décades a créer plus de confort dans notre monde capitaliste, cependant avec le temps l'inflation des années (80) et ses hauts taux d'intérêts nous ont réveillés brusquement et nous avons constaté avec horreur l'endettement de la plupart des pays industrialisés. Est venu le temps de juguler l'endettement national, venue des déficits zéro et du remboursement de la dette...bonne idée...mais pendant ce temps, la baisse des taux d'intérèt et les facilités incroyables vers l'accès au crédit ont transféré cette dette vers les individus. Tout le monde a vécu au dessus de ces moyens, pays, provinces et individus et devant quoi sommes nous maintenant??? Mais nous avons fait encore mieux, nous avons créer un monstre avec nos marchés boursiers, en dérèglementant et en ne faisant place qu'à l'appat du gain, nous avons gonflés la baloune à l'hélium et maintenant elle nous explose en pleine face. Alors que dans la sagesse des temps, les vraies fortune reposaient sur la possession de biens non périssables et durables ( l'immobiler par exemple ) nous avons dirigé nos efforts vers les sables mouvants de la spéculation. Nous avons engendrés et créés de toutes pièces des millions et des millions de nouveaux mais faux riches. Ils avaient pourtant tous bonne conscience, donnant avec frénésie lors des grandes collectes charitables du temps des fêtes mais oubliant d'attaquer les vraies sources de la pauvreté chez nous et dans le monde et grâce à l'état gâteau on a aussi caché les vrais pauvres derrière une pléade de bougons, les faux bourdons de notre huche humaine. Nous sommes à la croisée des chemins en face et plus près que nous le pensons d'une révolution qui heurtera viollamment notre monde capitaliste et de libre entreprise. Nos gouvernements, devraient s'enrichir de vrais penseurs, de visionnaires et se débarassé au plus vite de tous les vils politiciens en quête de leur orioles personnelles. Nos élites sportives, nos grands amuseurs publics, sont payés grassement, pendant que nos médecins, ceux qui devraient nous administrer sont payés d'une façon non équitable si nous regardons la complexité de leur formation et le temps passé à se préparer à leur fonction. Néron s'il vivait aujourd'hui, regarderait encore Rome brûler et continuerait de proner, que tout ce que le peuple veut c'est du vin et des jeux!!! Entre Harper qui nous parle (maladroitement et peut être de façon improvisée )de nous serrer la ceinture ou la coalition qui veut nous appliquer la méthode Keynienne, que devons nous choisir. *Notre système politique doit être repensé*. La voie du partage, la voie d'ouverture dans un monde où les frontières s'estompent et surtout celle de laisser un véritable héritage a nos enfants et en n'oubliant pas de sauver notre planète. Pourrions nous revenir tout simplement au troc? Pour cela il faudrait que chaque humain comme l'abeille fasse sa part, mais les talents n,ont pas été partagés également, la terre vivra t'elle assez vieille pour trouver la vraie solution? Les prophétes, le Christ, Mahomet, Boudha, Confusius ont tracé la voie toute simple du respect de chacun et de l'équité, mais c'était trop simple! Excusez mon approche naïve, mais elle est sincère... Jean-Marie Malenfant »

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