France - Le feuilleton du PS prend fin
Photo : Agence France-Presse
Martine Aubry tenant une conférence de presse au pied de la tour Eiffel, hier, lors d’une manifestation contre la disparition de la publicité à la télévision publique.
Paris — Le suspense qui durait depuis quatre jours a pris fin hier soir alors que le conseil national du Parti socialiste français a finalement confirmé l'élection de Martine Aubry au poste de secrétaire générale. La mairesse de Lille l'emporte donc de justesse sur sa rivale, Ségolène Royal, et succède ainsi à François Hollande qui a dirigé le parti pendant onze ans.
Les 300 délégués réunis dans la salle de la Mutualité à Paris, lieu traditionnel des ralliements de la gauche, ont entériné le rapport soumis par la commission formée afin de départager les deux candidates arrivées dans un mouchoir lors du second tour de l'élection vendredi dernier. Selon cette commission, cet écart serait maintenant de 102 voix sur 137 000 votants, au lieu des 42 annoncées samedi matin.
Une fois le rapport de la commission soumis, la décision du conseil national n'a surpris personne. Les partisans de Ségolène Royal y sont minoritaires alors que Martine Aubry jouissait du soutien des partisans des deux autres candidats défaits au premier tour de l'élection, Bertrand Delanoë et Benoît Hamon. Le rapport a été adopté à 159 voix contre 76 pendant que quelques dizaines de partisans de Ségolène Royal manifestaient toujours à l'extérieur pour réclamer un nouveau scrutin en scandant le mot «démocratie!».
Identifiée à la réforme très critiquée de la semaine de 35 heures et perçue comme la représentante de l'establishment du Parti socialiste, Martine Aubry a aussitôt appelé à l'unité. «Les conditions dans lesquelles le vote a eu lieu, de manière serrée, ne me donnent que des devoirs, dit-elle. Mon premier devoir, si elle l'accepte, est de rencontrer Ségolène et de lui dire: "moi, j'ai entendu comme toi ce que les militants veulent".» Les deux femmes se sont d'ailleurs donné l'accolade l'espace d'un instant.
Malgré les querelles des derniers jours, Ségolène Royal n'a pas l'intention de quitter le parti. Elle entend plutôt consacrer toute son énergie à le rénover. «Nous avons réussi cet exploit de convaincre la moitié, et peut-être un peu plus, du Parti socialiste, en ayant la totalité de l'ancien appareil du Parti socialiste contre nous», dit-elle. Ce fut «une très belle bataille, [...] et cette bataille continue».
Dans la journée, les partisans de Ségolène Royal avaient fait monter la pression en menaçant le parti de poursuites judiciaires. Le document qu'ils ont soumis à la commission énumère de très nombreuses «irrégularités» qui seraient survenues dans une trentaine de fédérations socialistes. Il y est question d'erreurs dans les décomptes des bulletins de vote, de mauvaises transcriptions des résultats, d'absence de feuilles de contrôle des membres, de votes par procuration, par téléphone ou sans isoloir, des pratiques interdites par les statuts du parti.
Ce dossier à charge avait poussé Robert Badinter, ancien ministre de François Mitterrand, à réclamer la reprise du vote au moins dans les circonscriptions incriminées. En juillet 2006, le Parti vert avait recommencé l'élection de son secrétaire général à cause de sa majorité trop faible. Plusieurs municipalités l'ont déjà fait pour leur maire. La commission a rejeté cette solution.
Hier soir, les députés Jean-Louis Bianco et Manuel Valls, proches de Ségolène Royal, n'écartaient toujours pas la possibilité d'un recours en justice. Ce dernier parlait toujours de «déni de justice». Mais d'autres partisans de Ségolène Royal montraient déjà des signes d'apaisement. «Je ne ferai rien pour empêcher la première secrétaire de travailler», a déclaré à l'AFP Jean-Noël Guérini, patron de l'importante fédération du Parti socialiste des Bouches-du-Rhône.
La fin de ce feuilleton n'annonce pas pour autant la paix dans le parti. «Un parti ingouvernable», titrait d'ailleurs le quotidien de droite Le Figaro. La première tâche de Martine Aubry consistera à former une équipe de direction forcément disparate puisqu'elle rassemblera des courants hétéroclites qui avaient pour seul point commun de s'opposer à Ségolène Royal. Les ambitions présidentielles y sont aussi très nombreuses, puisque, derrière la nouvelle secrétaire, on trouve des personnages aussi différents que le maire de Paris, Bertrand Delanoë, l'ancien premier ministre Laurent Fabius, l'ex-ministre Dominique Strauss-Kahn et quelques autres. Les déchirements des dernières semaines sont de mauvais augure pour les élections européennes qui se tiendront en juin.
L'ancienne candidate présidentielle, donnée pour morte politiquement il n'y a pas si longtemps, ne sort pas pour autant diminuée de cette épreuve, estiment certains. «Ségolène Royal a déjà gagné», écrit même l'éditorialiste de l'hebdomadaire Marianne, Renaud Dély: «Royal a sans doute intérêt à se tenir à l'écart d'un appareil décrépit et d'un parti desséché.»
Si une majorité de sympathisants socialistes approuvent l'élection de Martine Aubry, un sondage BVA révèle qu'ils ne souhaitent pas pour autant sa candidature à la présidentielle de 2012. Loin devant elle, on trouve Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn.
Les 300 délégués réunis dans la salle de la Mutualité à Paris, lieu traditionnel des ralliements de la gauche, ont entériné le rapport soumis par la commission formée afin de départager les deux candidates arrivées dans un mouchoir lors du second tour de l'élection vendredi dernier. Selon cette commission, cet écart serait maintenant de 102 voix sur 137 000 votants, au lieu des 42 annoncées samedi matin.
Une fois le rapport de la commission soumis, la décision du conseil national n'a surpris personne. Les partisans de Ségolène Royal y sont minoritaires alors que Martine Aubry jouissait du soutien des partisans des deux autres candidats défaits au premier tour de l'élection, Bertrand Delanoë et Benoît Hamon. Le rapport a été adopté à 159 voix contre 76 pendant que quelques dizaines de partisans de Ségolène Royal manifestaient toujours à l'extérieur pour réclamer un nouveau scrutin en scandant le mot «démocratie!».
Identifiée à la réforme très critiquée de la semaine de 35 heures et perçue comme la représentante de l'establishment du Parti socialiste, Martine Aubry a aussitôt appelé à l'unité. «Les conditions dans lesquelles le vote a eu lieu, de manière serrée, ne me donnent que des devoirs, dit-elle. Mon premier devoir, si elle l'accepte, est de rencontrer Ségolène et de lui dire: "moi, j'ai entendu comme toi ce que les militants veulent".» Les deux femmes se sont d'ailleurs donné l'accolade l'espace d'un instant.
Malgré les querelles des derniers jours, Ségolène Royal n'a pas l'intention de quitter le parti. Elle entend plutôt consacrer toute son énergie à le rénover. «Nous avons réussi cet exploit de convaincre la moitié, et peut-être un peu plus, du Parti socialiste, en ayant la totalité de l'ancien appareil du Parti socialiste contre nous», dit-elle. Ce fut «une très belle bataille, [...] et cette bataille continue».
Dans la journée, les partisans de Ségolène Royal avaient fait monter la pression en menaçant le parti de poursuites judiciaires. Le document qu'ils ont soumis à la commission énumère de très nombreuses «irrégularités» qui seraient survenues dans une trentaine de fédérations socialistes. Il y est question d'erreurs dans les décomptes des bulletins de vote, de mauvaises transcriptions des résultats, d'absence de feuilles de contrôle des membres, de votes par procuration, par téléphone ou sans isoloir, des pratiques interdites par les statuts du parti.
Ce dossier à charge avait poussé Robert Badinter, ancien ministre de François Mitterrand, à réclamer la reprise du vote au moins dans les circonscriptions incriminées. En juillet 2006, le Parti vert avait recommencé l'élection de son secrétaire général à cause de sa majorité trop faible. Plusieurs municipalités l'ont déjà fait pour leur maire. La commission a rejeté cette solution.
Hier soir, les députés Jean-Louis Bianco et Manuel Valls, proches de Ségolène Royal, n'écartaient toujours pas la possibilité d'un recours en justice. Ce dernier parlait toujours de «déni de justice». Mais d'autres partisans de Ségolène Royal montraient déjà des signes d'apaisement. «Je ne ferai rien pour empêcher la première secrétaire de travailler», a déclaré à l'AFP Jean-Noël Guérini, patron de l'importante fédération du Parti socialiste des Bouches-du-Rhône.
La fin de ce feuilleton n'annonce pas pour autant la paix dans le parti. «Un parti ingouvernable», titrait d'ailleurs le quotidien de droite Le Figaro. La première tâche de Martine Aubry consistera à former une équipe de direction forcément disparate puisqu'elle rassemblera des courants hétéroclites qui avaient pour seul point commun de s'opposer à Ségolène Royal. Les ambitions présidentielles y sont aussi très nombreuses, puisque, derrière la nouvelle secrétaire, on trouve des personnages aussi différents que le maire de Paris, Bertrand Delanoë, l'ancien premier ministre Laurent Fabius, l'ex-ministre Dominique Strauss-Kahn et quelques autres. Les déchirements des dernières semaines sont de mauvais augure pour les élections européennes qui se tiendront en juin.
L'ancienne candidate présidentielle, donnée pour morte politiquement il n'y a pas si longtemps, ne sort pas pour autant diminuée de cette épreuve, estiment certains. «Ségolène Royal a déjà gagné», écrit même l'éditorialiste de l'hebdomadaire Marianne, Renaud Dély: «Royal a sans doute intérêt à se tenir à l'écart d'un appareil décrépit et d'un parti desséché.»
Si une majorité de sympathisants socialistes approuvent l'élection de Martine Aubry, un sondage BVA révèle qu'ils ne souhaitent pas pour autant sa candidature à la présidentielle de 2012. Loin devant elle, on trouve Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn.
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