L'astuce de Poutine - Le sans-gêne
Le sans-gêne a une adresse: le Kremlin, Moscou. Prenons, par exemple, la dernière entourloupette constitutionnelle que le président en titre, Dmitri Medvedev, a tricotée pour le bénéfice du président en exercice sans que celui-ci en ait le titre. Il s'agit évidemment de Vladimir Poutine, soit-disant premier ministre.
Il y a quelques heures de cela, Medvedev a envoyé son projet d'amendement à la loi fondamentale du pays au Parlement. Son intention, Medvedev l'a accompagnée d'un mot d'ordre qui en dit long sur la profondeur de la fibre démocratique qui l'habite. En substance, le faire-valoir de Poutine a exigé, et non simplement demandé, que les députés mènent l'affaire tambours battants. En clair, vous faites les trois lectures du projet et vous votez en une séance et une seule. Il va sans dire que ceux ayant trouvé la ficelle un peu grosse, et donc évoqué la nécessité d'un débat, ont été qualifiés d'hérétiques.
L'affaire devrait donc être conclue dans quelques jours. L'affaire? L'amendement ordonné, et non simplement proposé, a trait à la durée du mandat présidentiel, qui va passer de quatre à six ans. À Moscou comme sur les rives de la Volga, ce geste pollué par la volonté de puissance a été perçu comme il se devait. À savoir qu'il est l'amorce du retour de Poutine dans le rôle de président. Et ce, pour douze ans au lieu de huit.
Cette redistribution des cartes entre les deux têtes de l'exécutif devrait se faire d'ici le début du prochain été. Ce baroud, qui n'a de légal que les apparences, a été justifié par la nécessité de «remettre en selle le leader national, car il faut une main forte au cas où des troubles viendraient à surgir à cause de la crise», pour reprendre les mots d'un politicologue russe. À cause de la crise...
Il faut savoir que la crise économique a d'ores et déjà fait beaucoup de dégâts, car elle est à la fois financière et énergétique. Financière? La fuite des capitaux a dépassé les 50 milliards par mois. Énergétique? Le repli du prix de l'or noir annonce, entre autres choses, un ré-examen douloureux du budget de l'État. En deux mots, mentionnons que ce dernier a été conçu sur la base d'un baril de pétrole russe à 70 $, alors qu'il vient d'atteindre les 53 $.
Ici et là, en Russie, on craint que la baisse des revenus inhérents à la rente pétrolière ajoute au ras-le-bol d'une population excédée par le haut niveau de corruption qui distingue la fonction publique. En clair, on a peur que la rue se mette à parler. Et comme Medvedev est jugé être trop policé pour affronter une éventuelle fronde populaire, on mise sur un retour plus rapide qu'envisagé au début de la présente année de Poutine qui...
Qui, depuis qu'il est en poste, garde la haute main sur la chasse gardée du président, soit la Défense et les Affaires étrangères. À l'évidence, l'inclination qu'a Poutine pour les rapports de force musclés avec l'Occident va se faire sentir pendant des années et des années.
Il y a quelques heures de cela, Medvedev a envoyé son projet d'amendement à la loi fondamentale du pays au Parlement. Son intention, Medvedev l'a accompagnée d'un mot d'ordre qui en dit long sur la profondeur de la fibre démocratique qui l'habite. En substance, le faire-valoir de Poutine a exigé, et non simplement demandé, que les députés mènent l'affaire tambours battants. En clair, vous faites les trois lectures du projet et vous votez en une séance et une seule. Il va sans dire que ceux ayant trouvé la ficelle un peu grosse, et donc évoqué la nécessité d'un débat, ont été qualifiés d'hérétiques.
L'affaire devrait donc être conclue dans quelques jours. L'affaire? L'amendement ordonné, et non simplement proposé, a trait à la durée du mandat présidentiel, qui va passer de quatre à six ans. À Moscou comme sur les rives de la Volga, ce geste pollué par la volonté de puissance a été perçu comme il se devait. À savoir qu'il est l'amorce du retour de Poutine dans le rôle de président. Et ce, pour douze ans au lieu de huit.
Cette redistribution des cartes entre les deux têtes de l'exécutif devrait se faire d'ici le début du prochain été. Ce baroud, qui n'a de légal que les apparences, a été justifié par la nécessité de «remettre en selle le leader national, car il faut une main forte au cas où des troubles viendraient à surgir à cause de la crise», pour reprendre les mots d'un politicologue russe. À cause de la crise...
Il faut savoir que la crise économique a d'ores et déjà fait beaucoup de dégâts, car elle est à la fois financière et énergétique. Financière? La fuite des capitaux a dépassé les 50 milliards par mois. Énergétique? Le repli du prix de l'or noir annonce, entre autres choses, un ré-examen douloureux du budget de l'État. En deux mots, mentionnons que ce dernier a été conçu sur la base d'un baril de pétrole russe à 70 $, alors qu'il vient d'atteindre les 53 $.
Ici et là, en Russie, on craint que la baisse des revenus inhérents à la rente pétrolière ajoute au ras-le-bol d'une population excédée par le haut niveau de corruption qui distingue la fonction publique. En clair, on a peur que la rue se mette à parler. Et comme Medvedev est jugé être trop policé pour affronter une éventuelle fronde populaire, on mise sur un retour plus rapide qu'envisagé au début de la présente année de Poutine qui...
Qui, depuis qu'il est en poste, garde la haute main sur la chasse gardée du président, soit la Défense et les Affaires étrangères. À l'évidence, l'inclination qu'a Poutine pour les rapports de force musclés avec l'Occident va se faire sentir pendant des années et des années.
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