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Les dessous de la libération d'Ingrid Betancourt

Christian Rioux   12 novembre 2008  Europe
Le président français, Nicolas Sarkozy, embrassant l’ex-otage des FARC Ingrid Betancourt à l’aéroport militaire de Villacoublay, près de Paris, le 4 juillet dernier.
Photo : Agence France-Presse
Le président français, Nicolas Sarkozy, embrassant l’ex-otage des FARC Ingrid Betancourt à l’aéroport militaire de Villacoublay, près de Paris, le 4 juillet dernier.
Paris — Chacun se souvient des images de liesse entourant l'arrivée d'Ingrid Betancourt à Paris après sa libération, le 2 juillet dernier. Après six ans de martyre, l'ancienne candidate à la présidence colombienne retrouvait sa famille, le président Sarkozy jubilait et les services du Quai d'Orsay n'hésitaient pas à revendiquer un rôle majeur dans cette libération. Une fois l'émotion retombée, il faut aujourd'hui constater que la France n'était pour rien dans ce sauvetage. Il se pourrait même que la stratégie adoptée par la présidence française depuis le début ait joué contre la libération d'Ingrid Betancourt.

C'est la thèse que défend avec une profusion de détails l'ancien correspondant de l'AFP Jacques Thomet qui vient de publier un dossier accablant: Les Secrets de l'opération Betancourt (Fayard). Pendant six ans, soutient Thomet, la France s'est faite le jouet des narcoguérilleros des FARC et de leur allié, le président du Venezuela, Hugo Chávez. Son opposition à toute intervention militaire et au président colombien, Alvaro Uribe, n'a fait que prolonger le calvaire de l'otage que l'armée colombienne avait repérée dès 2002.

«Jamais les FARC n'ont eu la moindre intention de libérer Ingrid Betancourt, affirme le journaliste qui vit aujourd'hui à Paris. Ils la considéraient comme leur "poule aux oeufs d'or". Nous en avons aujourd'hui la preuve.» L'échec diplomatique français avait déjà été constaté par des observateurs aussi sérieux que le grand reporter de L'Express Axel Gylden, l'ex-correspondant du Monde et collaborateur de Radio-Canada, Bertrand de La Grange, et le spécialiste de la Colombie Daniel Pécaut, de l'École des hautes études en sciences sociales de Paris. Thomet a eu accès à une partie des 37 000 fichiers remis à Interpol et retrouvés dans les ordinateurs de Raul Reyes, le numéro deux des FARC assassiné par l'armée colombienne quatre mois avant la libération de Betancourt. Les guérilleros n'y ont jamais de mots assez forts pour qualifier le butin de guerre extraordinaire que représentait pour eux Ingrid Betancourt.

Les «Pieds nickelés»

Si l'ancienne candidate à la présidence de la Colombie est aujourd'hui libre, c'est grâce à une opération minutieusement préparée par les services secrets colombiens à l'insu de la France. Exaspéré par les remontrances françaises, le président Alvaro Uribe s'est finalement résolu à ordonner l'opération Jaque (mise en échec). Pendant des mois, un commando a préparé dans le plus grand secret l'assassinat en territoire équatorien de Raul Reyes, le numéro deux des FARC. L'armée bolivienne profita ensuite de la désorganisation de la guérilla pour infiltrer son réseau de communications. L'opération aurait été inspirée de la libération en 1976 de 256 otages par un commando israélien en Ouganda. Le 2 juillet, neuf militaires colombiens se firent passer pour les militants d'une organisation humanitaire et libérèrent sans le moindre coup de feu 15 otages, dont trois Américains et Ingrid Betancourt. Dans les jours précédant la libération, le gouvernement Uribe aurait même volontairement berné la France en faisant croire à la relance des négociations avec les FARC par l'envoi de nouveaux émissaires.

«Jamais la France n'a été mise au courant, dit Thomet, pour la raison qu'elle n'a jamais cessé de défier, avec la famille Betancourt, le gouvernement d'Alvaro Uribe pourtant élu par une majorité de la population.» Au fond, dit-il, Paris s'est toujours trompé sur la nature des FARC, considérées comme une organisation terroriste depuis 2002 par l'Union européenne. «Les FARC ont réalisé jusqu'à 3000 enlèvements par année. Elles ont même kidnappé des enfants de 24 mois.» Or, la première condition exigée pour la libération d'Ingrid Betancourt a toujours été inacceptable pour le gouvernement Uribe: la cession aux rebelles d'un territoire démilitarisé de 115 000 km2, plus de deux fois la superficie de la Suisse.

L'improvisation a de toute évidence marqué l'action diplomatique française. Comme lorsque le ministre des Affaires étrangères de l'époque, Dominique de Villepin (ancien professeur et ami personnel d'Ingrid Betancourt), prend sur lui d'envoyer, malgré le refus de la Colombie, un commando de 11 agents qui seront immobilisés par la police brésilienne à Manaus dans leur avion Hercule C-130. Une opération que le président Chirac jugera digne des «Pieds nickelés».

«Avec la rivalité entre Villepin et Sarkozy, la libération d'Ingrid Betancourt devient un enjeu pour obtenir des dividendes politiques», affirme Thomet. En 2003, la France s'est littéralement fait rouler dans la farine, dit-il. Croyant avoir versé une rançon aux FARC, les diplomates découvrent avec stupeur que les guérilleros n'en ont jamais vu la couleur. Thomet croit que le montant se situait entre 25 et 100 millions de dollars américains et qu'elle aurait été versée par l'intermédiaire de la société pétrolière Total. L'information a évidemment été démentie par le Quai d'Orsay.

Sarkozy fait monter les enchères

Jacques Thomet n'est pas le seul à penser que, devenu président, Nicolas Sarkozy a utilisé l'affaire pour «faire remonter à tout prix sa popularité». En mai 2007, croyant faire plier les FARC, il obtient la libération du criminel Rodrigo Granda qualifié de «médiateur de paix». Sans résultat. Par la suite, la France accueille généreusement la famille de Raul Reyes. Mais rien n'y fait. Le 20 novembre 2007, Sarkozy reçoit Hugo Chávez à l'Élysée avec la sénatrice Piedad Córdoba, proche des FARC. Cela n'aurait pas empêché cette dernière de déclarer qu'elle n'avait «rien à foutre de la proposition de Sarkozy». Selon les fichiers informatiques de Raul Reyes, elle aurait même ajouté: «Ne libérez surtout pas Ingrid.»

Les bonnes relations de Sarkozy avec Hugo Chávez ont peut-être permis de libérer quelques otages, dont Clara Rojas, admet Thomet. Mais pas Ingrid Betancourt. Le journaliste dénonce le double discours de Sarkozy qui prêchait la fermeté avec le Hamas, mais négociait en sous-main avec les FARC. Lorsque, le 1er avril 2008, il donne du «Monsieur» au chef des FARC, Manuel Marulanda, il ne sait pas qu'il est mort depuis le 26 mars. L'envoi d'un avion le 2 avril alors que l'on croit Betancourt mourante — ce qui est faux — sera qualifié de «clownerie» par l'agence ANNCOL, liée aux FARC.

«Les Colombiens ont été révoltés par l'attitude méprisante de la France qui a concentré tous ses efforts sur Ingrid Betancourt et ignoré les autres otages, moins médiatiques», dit Thomet. Parmi eux, il y avait pourtant une Française: Aïda Duvaltier, qui s'était constituée prisonnière à la place de son mari malade et qui est décédée dans un anonymat presque complet.

Ingrid Betancourt a annoncé qu'elle publierait l'an prochain un livre sur sa détention. À Paris, les conjectures vont bon train sur l'avance astronomique qu'elle aurait reçue. Peut-être ce livre permettra-t-il d'éclaircir les circonstances de son enlèvement. Thomet est convaincu qu'il tient en partie à sa propre insouciance. Il cite la thèse du photographe Alain Keler selon qui la candidate se serait jetée dans la gueule du loup pour redresser sa cote de popularité qui n'était plus que de 0,3 %. «Le 23 février 2002, elle se rend à San Vicente par la route malgré les mises en garde des services de sécurité, rappelle Thomet. Elle refuse ensuite d'obtempérer aux premiers barrages des rebelles qui lui disent de rebrousser chemin.»

Finalement, conclut le journaliste, seule la stratégie d'Uribe aura payé. L'ancien maire de Medellin à la poigne de fer avait d'ailleurs été élu pour en finir avec les FARC. Il bénéficie pour cela de l'appui des États-Unis qui participent au Plan Patriote destiné à combattre le trafic de cocaïne. Cinq ans plus tard, les FARC sont en débandade. Le décès et la reddition de quelques-uns des principaux dirigeants semblent avoir porté un coup mortel à l'organisation. «Même si Nicolas Sarkozy en a recueilli plus de publicité, dit Thomet, c'est Uribe le vrai gagnant de cette histoire.»

***

Correspondant du Devoir à Paris






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Vos réactions

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  • Philippe Morin
    Inscrit
    mercredi 12 novembre 2008 03h40
    Ce sera à lire
    « Si l'article du Devoir est exact et que "L'armée bolivienne profita ensuite de la désorganisation de la guérilla pour infiltrer son réseau de communications." ce sera assez intéressant. L'armée bolivienne? Vous en êtes sûr M. Rioux? »

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    mercredi 12 novembre 2008 06h07
    Fiction ou réalité?
    « Comme le dit la chanson, « c'est un beau roman, c'est une belle histoire », et c'est certainement une source de profits pour l'auteur et l'éditeur. Mais il faudrait avoir l'autre versant de l'histoire pour porter un jugement objectif sur toute cette affaire. Pour l'instant, on est loin du compte. Il faut se méfier, en France, de l'anti-sarkozysme rampamt, presque à tous les coins de rue!
    Affaire à suivre donc. »

  • Éric Mccomber
    Inscrit
    mercredi 12 novembre 2008 06h36
    Je veux un portable identique
    « Je voudrais connaître la marque du portable de Reyes ! Un ordinateur capable de résister à une frappe aérienne pour ensuite livrer des tas de fichiers, ça impressionne !

    Non seulement la coque doit être faite de cellules de céramique de qualité astronautique, mais le système de mémoire ne peut qu'être protégé par un système révolutionnaire, d'une technologie quasi extra-terrestre.

    Peut-être s'agit-il là de la même matière miracle qui avait servi à fabriquer la légendaire balle magique qui a tué Kennedy, blessé un passager, ricoché dans la voiture, sur la rue, puis sur un réverbère, avant d'égratigner l'oreille de Ronald McDonald, rebondir contre le casque d'un quart arrière en plein match, pour finalement retomber intacte dans la civière du président en fin de soirée.

    C'est cher, comme technologie ?

    En tout cas, je crois sans rechigner que les chefs révolutionnaires ne protègent pas les données de leurs disques durs. Je crois aussi aveuglément à la bonne foi du gouvernement États-unien dans sa lutte contre la drogue. Et donc, j'ai une foi inébranlable dans ces infos dont l'AFP tient à me gaver, dussent-ils passer par les meilleurs journalistes des meilleurs journaux.

    Allez ! Hop.
    Avalons.


    É.
    Nîmes, Fr »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    mercredi 12 novembre 2008 07h24
    Crédibilité, bons et méchants
    « Crédibilité, bons et méchants.

    Ce livre me fait penser au rapport officiel sur le 11 septembre 2001 rédigé par l'équipe Kean-Hamilton.

    Il représente la version officielle et nous replace les bons et les méchants.

    Il semble que toute la vérité, rien que la vérité et juste la vérité soit dite par M. Thomet.
    M. Thomet est un digne représentant de cette Agence de Franche Propagande (AFP). Il aurait été surprenant qu'un discours plus nuancé soit sorti de sa plume.

    Le bon, même plus que bon: Alvaro Uribe.
    Les méchants, totalement méchants: Les FARC.
    Le crosseur, pas crosseur à demi, Hugo Chávez.

    Les personnages sont en place, bien définis dans leur rôle de bons et de méchants et voilà, il n'y a plus de doute.
    Un personnage «au dessus» de tout soupçon, un personnage d'une crédibilité journalistique à toute épreuve et s'appuyant sur des gens dont la crédibilité est aussi blindée, nous livre LA vérité. M. Thomet, un des rares à avoir pu analyser les célèbres ordinateurs de Raul Reyes, nous livre les «preuves» que cet ordinateur contient (sic).

    La mauvaise foi des Hugo Chávez et de Piedad Córdoba est clairement établie et bien lustrée.
    Ces gens sont des fourbes sans coeur qui se sont toujours foutus du bien-être des otages et de leur libération.
    Quant à Sarkozy, De Villepin et les autres, ce ne sont que des opportunistes politiques et des naïfs incroyables qui se sont laissés entraîner à donné du "Monsieur" à un personnage ignoble comme Marulanda.

    M. Robitaille nous livre le contenu de ce livre «béton» (sic), pour éliminer et sceller les doutes qui pourraient subsister dans nos esprits concernant tous ces personnages.

    Le grand gagnant de M. Jacques Thomet est le blanc comme neige, l'honnête Alvaro Uribe.
    Le rôle de l'armée US est négligeable, «les services secrets colombiens» sont les maîtres d'oeuvre de cette opération humanitaire fantastique.

    Un tel livre nous fait oublier que le général en chef de l'opération Jaque a démissionné la semaine dernière parce que les preuves de corruption et de lien avec les organisations paramilitaires commettant des massacres devenaient trop limpides.
    Ce livre nous fait oublier que depuis deux mois, le gouvernement Uribe est clairement pointé du doigt pour ses méthodes musclées contre la population paysanne et pauvre qui revendique de meilleures conditions de vie.

    Ce livre rehausse le fameux plan Patriote des US et tout le côté bien des bons (sic).

    Ce bouquin ne fait en aucune sorte la lumière sur quoi que ce soit et est un livre de démagogique de propagande. Un livre qui se base sur la "crédibilité" de l'auteur, sur les "preuves" (sic) des fameux ordinateurs miraculeux et sur les rumeurs auxquels on nous impose une opinion béton.
    La démagogie consiste à vous livrer une conclusion sans fournir un minimum de matière factuelle vérifiable. M. Chávez a pensé ou Mme Córdoba aurait déclaré... on peut faire penser et dire ce que l'on veut aux bons comme aux méchants.


    Je vous conseille de visionner l'excellent reportage-enquête de la télé française de Michel Peyrard concernant les circonstances entourant la capture de Mme Bétancourt:

    "Les secrets d'un enlèvement"

    Disponible sur AOL Video

    http://video.aol.com/video-detail/ingrid14avi/435484230

    http://video.aol.com/video-detail/ingrid24avi/1092199975

    http://video.aol.com/video-detail/ingrid34/780856773

    http://video.aol.com/video-detail/ingrid44/942553430


    Le monde des FARC et de la Colombie à l'instar de la planète entière n'est pas fait de purs bons et de totalement méchants.
    Le journalisme sérieux ne s'appuie pas sur des sources non vérifiables et sur des rumeurs.
    Le journalisme sérieux n'impose pas de conclusion, il nous livre des faits.

    Ce livre a été une commande pour peaufiner l'aiguillage de l'opinion et pour masquer la réalité colombienne.

    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    mercredi 12 novembre 2008 08h53
    Sans intérêt vraiment.
    « L'auteur du livre "croit" que la rançon était de tel montant; que l'État Colombien a préparée seule cette opération; que nous avons des preuves qu'elle fut préparée par le américains et les Israéliens au dire de Betancourt et des autres otages libérés mais il faut comprendre l'espagnol car cela ne fut pas nécessairement traduit. On nous parle des ordinateurs et de leur contenu mais sans preuves comme la façon de faire de Bush et de son administration. Le courage de Betancourt n'est pas nécessairement une embrouilla pour faire remonter sa côte. Il y a foule documents à ce propos... M Obama refuse des accords avec la Colombie parce que ce pays ne respecte pas les Droits de l'homme. Obama, hier, vient de refuser un deal à ce sujet. Il y aurait une analyse politique pour un spécialiste de la question à faire. De quel droit ce M Thomet a-t-il eu accès à des archives considérées comme secrètes et pas d'autres journaleux? Nous savons que M Thomet mène des croisades anti-gauches, qu'il critique tout ce qui se trouve à gauche ou tout ce qui est progressiste. Qu'il n'aime pas Betancourt du tout : «Mais pour qui se prend cette ex-otage colombienne ? « écrira-t-il sur elle pour sa marche du 2 novembre qu'elle voudrait être accompagnée par Obama sans avoir invité Sarkozy (cf. au Blog de Thomet et de son odeur insipide de raciste bien franchouillard). Un Thomet qui considère la Colombie comme un pays démocratique, la rigolade et Obama n'st pas d'accord avec lui : «un régime démocratique », lire l'article sur Pinochet dans el blogue de Thomet. Il aime aussi prendre référence sur LePen et ses belles idées ou réactions (cf. au texte dur les Beurs du blogue à tabac de M Thomet.). En tout cas il aime bien Uribe. M Thomet est plus un propagandiste anti Human Rights comme son blogue le démontre qu'un journaliste d'investigation. Voilà ce que l'on peut savoir un tout petit et c'est déjà beaucoup sur M Thomet l'Indépendant. Ce n'est pas pourri en qu'il a vécu à Nice.
    Pour preuve comme quoi ce Thomet est un propagandiste sans foi ni loi et pro-dictatrue, vois ce site dont il faudra lire aussi els commentaires :

    http://libertesinternets.wordpress.com/2008/01/12/jacques-thomet-la-verite-sur-les-farc-sort-enfin/

    Que vous défendiez la Colombie et un état corrompu, c'est votre affaire. Que vous acceptiez les "réflexions" d'un journaliste qui veut faire du scoop comme d'autres de la soupe, c'est votre affaire. Que vous profitiez de dénigrer Chavez de mille façons tordues au nom d'une idéologie de droite dont vous êtes le porte-parole innocent ou conscient, qu'importe, vous le faites, c'est aussi votre affaire mais cela n'a rien à voir avec un VRAI travail de journaliste qui nous informe. D'ailleurs nous en savions largement autant avant que ce livre ne sorte, on ne voit pas comment il peut accabler le gouvernement français et Sarkozy en particulier. Autrement dit, votre article n'est pas sérieux, il n'y a rien de nouveau là-dedans, vraiment rien de nouveau et la perspective politique de droite dont vous exprimez le cynisme est de mauvaise augure pour croire à un travail objectif et rigoureux de vos autres articles à venir. Ne croyez pas tous les ragots que vous récoltez dans les poubelles de l'histoire. On mettra tout ceci dans l'amateurisme dont vous faites preuve. »

  • marc belliveau
    Inscrit
    mercredi 12 novembre 2008 09h18
    Les bleus seraient-ils divisés?
    « Depuis quelques temps, je remarque quelque chose d'inattendu chez plusieurs reporters français travaillant à l'international, surtout depuis la guerre en Irak. Plusieurs se détournent des politiques internationales de leur mère patrie au profit de politiques pro-américaines ou émanant directement des ÉUA.

    Assisterions-nous donc à une division de la vision des affaires étrangères au sein de la classe médiatique française?

    Marc »

  • oscar Fortin
    Inscrit
    mercredi 12 novembre 2008 09h57
    la crédibilité des sources
    « Pour faire suite à mes deux premiers commentaires qui ne sont pas encore en ligne, je voudrais ajouter que si les informations contenues dans les ordinateurs trouvés sur les lieux des bombardements en territoire équatorien, ne constituent pas la source principale et déterminante de l'auteur, il faut alors les préciser par autre chose que des références à des journalistes de réputation. Dans ce dernier cas ce serait faire appel à l'argument d'autorité. Déjà M. Colin Powell, secrétaire d'État des États-Unis d'Amérique,lequel disposait d'une très grande crédibilité a trompé, sans doute à son insu, le monde entier. Il nous faut maintenant démontrer un sens critique plus critique. »

  • Ruth Díaz
    Inscrite
    mercredi 12 novembre 2008 10h11
    pas plus que de questions
    « Comment les FARC ont roulée la France dans la farine? Bien sur il faut faire l'ennemi plus forte dans l'espoir de faire le triomphe plus grand et véritable... malheureusement dans Colombie il y a long temps qui les gagnants sont douteux. Il y a trop de fosses avec des cadavres oublies pour les médias, trop de gagnants ignorés qui seront bientôt dans la bonne retraite en profitant des plans de pension et d'impunité.
    Je me méfie de ce ton absolu de qui dis connaître les gagnants et les perdants, dans l'autre coin de la planète, sans rapport à rien.
    J'espère qu'au lieue de donner réponses payées, les journalistes d'ailleurs s'engageront à faire les questions qu'il faut, tel comme a été fait pour centaines de journalistes Colombiens qui ont payé avec sa vie l'audace de demander la vérité.

    Ruth D. Québec »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    mercredi 12 novembre 2008 10h52
    Ça c'est un scoop.
    « M Brun a raison de soulever le problème Thomet car c,est un problème. J'ai regardé à nouveau son blogue et c'est un cimetière de vielle droite mal digérée. faire la défense d'Uribe, ça frise l'inconséquence politique et journalistique non? Vous auriez pu au moins vous informez avant d e vouloir le faire pur nous. en tout cas, je en savais pas qu'il y avait des commentateurs si subtils et si grand connaisseur la ville de Nice. Votre article vient d'être désavoué comme Zola désavoua la droite française. C,est étonnant comme les gens de droite peuvent aimer mentir et cacher des choses. Vraiment étonnant. Qu'est-ce qui justifie de faire l'apologie de Uribe et de sa dictature meurtrière chez M Thomet et par extension, chez vous? »

  • karim boujrada
    Inscrit
    mercredi 12 novembre 2008 12h21
    Les méchants FARC vs le bon Uribe?
    « Mr Rioux, de grâce, cessez de tourner les coins ronds.

    À lire votre article, on pourrait retenir que les FARC sont des terroristes narcotraficants dont Chavez est un allié contre le bon Uribe, Président démocratiquement élu et soucieux du bonheur du peuple colombien.

    Ce n'est pas une farce, ce sont vos propos.

    Par respect pour les millions de Colombiens qui souffrent à cause de Uribe et de ses politiques, notamment son soutient aux latifundas et aux extrémistes anti-syndicaux, ne dépeignez pas cette société entre méchants FARC et gentil Uribe démocrate.

    Je ne défends pas les FARC et leurs actions mais il est important de se rappeller contre quoi et pour quoi ils se battent et pourquoi ils trafiquent la coke pour financer leur organisation.

    Enfin, j'espère que vous imaginez pas que les réseaux des narcotraffiquants n'ont pas infiltrer les plus hauts étages du gouvernement colombien...

    Bien à vous. »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    mercredi 12 novembre 2008 13h08
    Un constat
    « Je constate que les lecteurs du Devoir ne sont pas dupe du manège de la propagande et de la désinformation.
    Du même coup, je suis désolé de constater que Le Devoir publie en première page cet article qui s'apparente bien plus à de la publicité qu'à du journalisme.

    Tous les arguments avancés par les thèses fumeuses et supposément soutenues par de Grands Journalistes tels Bertrand de La Grange, Axel Gylden et Daniel Pécaut, peuvent être démolis l'un après l'autre avec la simple réalité. Il me faudrait cependant plusieurs pages pour faire un travail convenable et le renvoi à plusieurs liens d'articles de journaux, de faits historiques et de données statistiques (plan Patriote, plan Colombie, milliard investi, matériel militaire, etc.)
    La désinformation est puissante. Une simple phrase, lancée avec toute l'assurance que confère un titre, comme celui de Grand Journaliste, peut annuler dans l'opinion publique, des mois d'enquête et de recherches journalistiques sérieuses.

    Par exemple: la simple affirmation: «Thomet est convaincu qu'il tient en partie à sa propre insouciance. Il cite la thèse du photographe Alain Keler selon qui la candidate se serait jetée dans la gueule du loup pour redresser sa cote de popularité qui n'était plus que de 0,3 %.», peut, en un coup de baguette reléguer aux oubliettes le travail exemplaire qui a été fait par Michel Peyrard dans son document "Les secrets d'un enlèvement".

    Il faut voir ce reportage-enquête sérieux et en français.
    En quatre parties sur AOL vidéo.
    http://video.aol.com/video-detail/ingrid14avi/435484230
    http://video.aol.com/video-detail/ingrid24avi/1092199975
    http://video.aol.com/video-detail/ingrid34/780856773
    http://video.aol.com/video-detail/ingrid44/942553430



    Lorsque l'on parle de de La Grange, Gylden et Pécaut, on précise qu'ils sont "spécialistes" de la chose colombienne, ce qui revient à dire qu'on ne peut mettre en doute ce qui est avancé, étant donné que ceux-ci, dit-on, supportent la version exposée par Thomet.
    Cette technique de désinformation est très utilisée.
    Nul besoin de démontrer par des faits ou des preuves concrètes et vérifiables ainsi que par plusieurs sources, il suffit d'affirmer qu'un Grand a aussi dit. Dès lors, tous ceux qui remettent en cause LA vérité sont d'un manque total de crédibilité.

    Je note que M. Oscar Fortin déclare avoir deux interventions non publiées. Le Devoir censure-t-il?
    Est-il interdit de remettre en question et de tout simplement questionner sur la véracité de la nouvelle?

    Si les interventions ont été délibérément mises de côté, c'est un geste bien regrettable et surtout très condamnable.

    Le Devoir en publiant en première page une telle publicité pour un bouquin qui de toute évidence a été commandé pour maquiller la réalité et imposer une vision biaisée de la réalité colombienne, fait preuve d'un manque d'éthique journalistique flagrant.


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Santiago Tiago
    Inscrit
    mercredi 12 novembre 2008 15h22
    Merci aux lecteurs
    « wow, Je n'aurais jamais cru voir autant de réponses pertinentes à un article aussi révoltant. J'ajoute ma contribution:
    1- Je vais éviter de parler des fameux ordinateurs de Raul Reyes, je crois que tout le monde a déja mentionné l'aberration qu'ils représentent.
    Voir un article du monde-diplo, pas très "objetif" non plus, mais assumé et qui soulève de bons questionnements à ce sujet: http://www.monde-diplomatique.fr/2008/07/LEMOINE/16082

    2- Les FARC auraient réalisé des enlèvements, même des enlèvements d'enfants? Quelle nouvelles! Personne ne dit que les FARC sont des anges et qu'ils représentent une bonne chose pour la Colombie. Mais parler des enlèvements perpétrés par les FARC et laisser dans l'ombre les crimes d'État et des paramilitaires qui y sont associés (qui représentent environ 70% des crimes contre l'humanité) c'est faire une certaine forme de désinformation.

    3- "Or, la première condition exigée pour la libération d'Ingrid Betancourt a toujours été inacceptable pour le gouvernement Uribe: la cession aux rebelles d'un territoire démilitarisé de 115 000 km2, plus de deux fois la superficie de la Suisse." Hum... on parle ici de faire cadeau d'un tel territoire aux FARC où d'assurer la démilitarisation d'un territoire nécessaire à la tenue de pourparlers entre deux acteurs armés?

    4- Affirmer que Piedad Cordoba est proche des FARC, c'est soi une autre tentative de désinformation, soi de l'imbécilité: l'auteur ne connait vraisemblablement pas le parcours de cette sénatrice colombienne, sérieusement menacée par le gouvernement Uribe et ses paramilitaires et qui continue tout de même à dénoncer les crimes d'État et à rechercher une solution négociée à un conflit armé qui dure depuis trop longtemps. Encore une fois, c'est la doctrine du Avec moi ou contre moi: Uribe accuse tous les acteurs de la société qui s'opposent à ses politiques et qui le dénonce de faire partie des FARC, d'être des "terroriste"... un discours qui rappelle quelque chose, même en occident, et qui a des conséquences terribles lorsqu'on comprend qu'il s'agit de condamnations à mort pour les dirigeants syndicaux, paysans, autochtones, étudiants, etc.

    5- Avec le plan Patriote et la "poigne de fer" du président, le vrai gagnant est peut-être Uribe lui-même et les riches propriétaires qui le soutiennent, mais les vrais perdants sont tous les Colombiens et toutes les Colombiennes qui vivent depuis trop longtemps cette politique que le président avait nommée de façon cynique "Justice et Paix" »

  • François Rivet
    Abonné
    mercredi 12 novembre 2008 16h45
    La droite contre la droite?
    « Je ne suis pas un spécialiste de la Colombie, mais à la lecture de l'article il m'est apparu que le livre était très dur avec la politique de Sarkozy et avec la tentative infructueuse de Villepin d'envoyer un commando Français libérer Ingrid. Bref, en plus d'Uribe encensé, de Chavez montré comme un crosseur, il faut ajouter Sarkozy dépeint comme un incapable dans le dossier. Je n'ai pas lu les blogues et site Web de l'auteur comme plusieurs ici, mais il m'apparaît qu'un auteur de droite qui fait de son mieux pour faire mal paraître Sarko fait plus pour compter dans son propre but que d'autre chose.

    Ceci dit, c'est certain que les services secrets américains sont impliqués la dedans, juste le fait que l'opération a réussi à faire également libérer deux agents de la CIA devrait nous mettre la puce à l'oreille, comme si la Colombie aurait bougé dans un dossier comme ça avec des agents de la CIA impliqués sans l'aval de Washington.

    Quand aux ordinateurs intacts, vous seriez surpris de ce que mon frère, ingénieur en informatique, peut retrouver sur un vieux disque dur brisé. Donc, c'est possible qu'ils aillent plein de fichiers, mais là, effectivement, pour les donner à un journaliste, et à un seul ? »

  • Normand Chaput
    Abonné
    mercredi 12 novembre 2008 18h09
    Je pense que les blogs sont en train te tuer les journalissssss
    « Je conçois qu'il faut bien sortir de la copie. Avant, on écrivait et on passait à autre chose. Maintenant, les lecteurs le crucifient. Ce pourrait-il qu'il soit juste parresseux? »

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    jeudi 13 novembre 2008 05h46
    Complément
    « Tout bien considéré, ce m'est pas « la France s'est littéralement fait rouler dans la farine », pour reprendre une expression que cite l'auteur de l'article, mais c'est l'auteur de l'article lui-même, Christian Rioux, qui a pris pour paroles d'évangile une fiction policière plus ou moins bien ficelée.

    Outre la suspicion qui porte sur les « 37 000 fichiers remis à Interpol et retrouvés dans les ordinateurs de Raul Reyes, le numéro deux des FARC assassiné par l'armée colombienne quatre mois avant la libération de Betancourt », dont on n'a jamais certifié l'authenticité. - pas besoin de torturer un ordinateur pour lui faire dire ce que l'on veut, si tant est d'ailleurs que Ryes se promenait avec des ordinateurs - comment ensuite C. Rioux explique-t-il que « l'armée bolivienne profita ensuite de la désorganisation de la guérilla pour infiltrer son réseau de communications ». La Bolivie se trouve toujours à des centaines de km de la Colombie, avec laquelle elle n'a encore aucune frontière commune.

    Rioux aurait dû vérifier ses sources, pas seulement le roman de Thomet, au lieu de vouloir nous faire prendre des vessies pour des lanternes. De l'obscure clarté qui tombe de ces vessies apparaît l'ombre d'un « journaliste qui produit de la quantité plutôt que de la qualité »,pour reprendre la définition de ce que l'on appelle familièrement un pisse-copie. »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    jeudi 13 novembre 2008 06h01
    Fidel Castro publie un livre sur la Colombie
    « Un complément intéressant au livre de ce Grand Journaliste qu'est Jacques Thomet.

    Avec le livre de Fidel, il y en a pour tous les goûts. Vous pouvez choisir à votre goût qui décrit le mieux la réalité.

    Mais, si vous êtes vraiment sérieux, vous partirez de ces livres pour approfondir les pistes qu'ils vous font entrevoir.

    En cherchant bien, en faisant un travail journalistique, vous parviendrez par vous-mêmes, à déceler un peu mieux la vraie réalité.
    Rien n'est blanc, rien n'est noir, tout est dans l'ombre, c'est à chacun d'allumer ses lumières pour mieux voir les choses et surtout, ne jamais prendre l'éclairage d'un autre "pour du cash" (comme on dit).

    «La paix en Colombie, «fruit de 400 heures d'intense labeur»
    de Fidel Castro

    http://www.cyberpresse.ca/arts/livres/nouvelles/
    200811/12/01-800051-fidel-castro-publie-un-livre-sur-la-colombie.php

    Un livre à lire en complément à celui de Thomet.


    L'article de Maurice Lemoine dans le Monde diplomatique est aussi très intéressant.

    http://www.monde-diplomatique.fr/2008/07/LEMOINE/16082

    Serge Charbonneau
    Québec »

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