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Du Ritalin pour Sarkozy

Gil Courtemanche   27 septembre 2008  Europe
La Haye — L'Europe observe, incrédule, le président français. On le fait en termes polis. Voilà un autre genre de politique et d'approche de la politique et de la personnalisation de la politique. En Europe, on est habitué aux grands hommes: Churchill, de Gaulle, Adenauer, Willy Brandt. Mais ces gens poursuivaient une mission claire, limpide. Ils tenaient un langage consistant, ne s'égaraient pas. Ils poursuivaient un but. Devant Sarkozy qui affiche sa jolie femme autant que ses errances intellectuelles, on reste bouche bée. Et on commence à se demander si cet homme n'est pas un peu irresponsable ou du moins hyperactif.

Voilà pourquoi un diplomate m'a dit à la blague qu'on devrait peut-être lui prescrire du Ritalin, à défaut de l'enfermer en France. Car le président français emmerde tout le monde. On dirait un électron libre qui veut percer toutes les murailles, un franc-tireur qui peut résoudre l'ensemble des problèmes de la planète, réconcilier les antagonismes les plus anciens. Rien n'est à son épreuve. Tous les pays du monde ont besoin de lui. En début de mandat, il a visité l'Afrique et expliqué aux Africains qu'ils n'étaient pas encore entrés dans l'histoire, ce qui expliquait leur retard et leurs difficultés et, benoîtement, comme le pape du même nom, il a promis de les aider à entrer dans l'histoire. Il a envoyé son ex, Cécilia, négocier en Libye la libération d'infirmières bulgares. En retour, le très démocratique guide de la Révolution verte a été reçu en grande pompe à l'Élysée. Il a soupesé à haute voix la possibilité de boycotter les jeux de Beijing, puis est allé faire son apparition tranquille dans le pays qui met de la mélamine dans le lait des enfants.

***

Président de l'Union européenne, il se voit chargé de calmer la donne dans la crise entre la Géorgie et la Russie. Il proclame la fermeté, puis se perd en excuses pour expliquer que les Russes interprètent différemment les termes du cessez-le-feu. Avant, tel un président américain, il avait décidé de résoudre la question palestinienne et, avec son bouffon de la cour, Bernard Kouchner, s'était rendu en Syrie, l'État de tous les rejets. La France se fera le passeur de la paix dans cette région. Or, tout le monde se fout de la France. Mais le Speedy Gonzalez français pavoise.

De quel problème ne s'est-il pas occupé encore? Il a fait la Chine, la Libye, l'Afrique, dit quelques mots sur la Birmanie, rien sur les USA, il a ouvert des canaux secrets entre la Syrie et Israël. De quelle crise cet homme qui ne fait rien d'autre que tourner en rond en se regardant dans un miroir qui le suit pourrait-il maintenant trouver la solution? Le Darfour! Euréka!

Son analyse est simple. La crise du Darfour met en danger la stabilité de ses petits amis africains que sont le Niger et le Tchad. Les Africains, depuis son premier discours sur leur absence historique, réclament un signe de l'ancienne puissance coloniale. Les Africains, mais aussi les Chinois qui l'attirent, s'opposent absolument à la mise en accusation pour génocide du président El-Béchir par la Cour pénale internationale, comme le Canada, d'ailleurs. Voilà donc notre hyperactif qui se rend à New York pour l'Assemblée générale des Nations unies et qui sort de sa poche de polichinelle une proposition presque chinoise. La recherche de la paix est fondamentale. La mise en accusation du président soudanais met en péril le processus de paix. Il faut donc que le Conseil de sécurité, comme le statut qui régit la Cour pénale internationale le permet, suspende les procédures contre le criminel président soudanais.

***

L'hyperactif se fout complètement des 200 000 morts, des deux millions de déplacés. Il nous raconte qu'on peut faire confiance à ce gouvernement qui n'a jamais respecté aucun de ses engagements et, surtout, il prend le risque de mettre en doute l'utilité même de la justice pénale internationale.

Pour dire qu'il est là, lui, le président d'une nouvelle France, il est prêt à brader sa femme, à supporter une visite humiliante du leader libyen à Paris, à s'agenouiller devant les Chinois, à faire la cour à la Syrie, à se taire sur la Birmanie. Mais revenons au Soudan. Le discours est tellement double qu'il fait honte. Le président français admet implicitement que les crimes reprochés au régime soudanais sont fondés puisqu'il réclame en même temps que le gouvernement de Khartoum livre à la Cour pénale internationale deux personnes, dont un ministre, qui font l'objet de mandats d'arrestation. Comme si ce ministre et ce chef de milice avaient pu agir sans l'approbation de El-Béchir.

Ce que Sarkozy dit en fait, partout où il va, sur tous les dossiers dont il se préoccupe, c'est que le monde est une boutique de village, une brocante. On négocie, on vend des produits avariés, on fait du troc et au bout du compte, sachant que tout le monde a menti, on prend un verre au café entre petits brigands. Je le regardais hier à l'Assemblée générale des Nations unies, donnant des leçons de moralité sur les règles du capitalisme, déplorant le laxisme financier. C'était le même homme qui n'a jamais cessé durant sa carrière politique de dire qu'il fallait lever les barrières qui empêchaient le privé de créer de la richesse et des emplois.

Je vous en prie, mes amis francais, donnez-lui du Ritalin ou enfermez-le. Cet homme est dangereux.






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  • Richard Brin
    Inscrit
    samedi 27 septembre 2008 09h51
    ritalin à sarkozy
    « c'est au critique qu'il faudrait du ritalin j'aime beaucoup sarkozy enfin un president qui n'a pas un manche à balai quelque part,il est tout à fait normal il n'est pas pompeux rappelez vous de gaule qqui a ete ce cacher en angleterre parce qu'il avait peur des allemands miterrand pompidou et giscard d'estaing.au moins il n'a pas la langue de bois.

    sans rancune....richard brin ste-adele »

  • Normand Chaput
    Abonné
    samedi 27 septembre 2008 10h05
    Puis vous avez oublié la Colombie
    « Carla était prête à partir pour aller chercher Michèle au fond de l'amazonie. Mais contrairement à vous, je ne crois pas qu'il soit dangeureux. Divertissant, saugrenu, frivole, ridicule mais pas vraiment dangeureux pour la suite du monde. Pour les français peut-être puisqu'il est très difficile de reconstruire une crédibilité perdue. »

  • Pierre Brosseau
    Inscrit
    samedi 27 septembre 2008 10h37
    De Gaulle est allé se cacher en Angleterre !
    « M. Brin en a laissé tomber une bien bonne ce matin. Si je n'avais été bien réveillé, il m'aurait jeté en bas du lit: "De Gaulle est allé se cacher en Angleterre parce qu'il avait peur des Allemands" ! Il eut mieux valu que tous les Français collaborent avec Hitler et dénoncent tous les Juifs de France pour les envoyer vous savez où, peut-être ? De Gaulle a préféré rebâtir la grandeur de la France vaincue.
    L'article de Gil Courtemanche portait cependant sur l'hyperactivité du président Sarkozy dont les premiers jours de relâche après son élection en mai 2007 se sont déroulés sur le yatch hyperluxueux de son ami Bolloré et dont le premier geste législatif a été d'exonorer d'impôt les plus grandes fortunes. Et c'est ce même Sarkozy qui s'en va faire la leçon aux capitalistes américains. C'est comme sa façon de combattre le terrorisme en accueillant pendant une semaine le dictateur Kadhafi à Paris avec tous les plus grands honneurs ! Drôle de zigue que nos amis français ont élu là. »

  • Mathieu Demers
    Inscrit
    samedi 27 septembre 2008 15h42
    Sarkozy l'interventionniste nationaliste
    « Sarkozy n'est pas un vrai libéral. Si vous lisez un peu les journaux français, c'est surtout un interventionniste qui croit qu'il faut libéraliser le marché français que pour favoriser les projets des grandes entreprises françaises.

    Un vrai adepte de libéralisme voudrait que tous puissent avoir le choix de leurs produits, stimulé par la possibilité d'une concurrence internationale sur le sol français. La compétition internationale et l'ouverture à un marché mondial, voilà ce qu'il faut pouvoir augmenter le pouvoir d'achat (par une baisse de prix vu l'accroissement de l'offre).

    Pas étonnant qu'il ne veuille pas d'un accord de libre-échange avec le Canada. »

  • Voye 2999999999999
    Inscrit
    samedi 27 septembre 2008 17h23
    Ce sont les vieux qui nous l'ont élu !
    « C'est simple : les plus de 65 ans ont voté à 75 % pour Sarkozy, tandis que seul 46% des moins de 65 ans ont voté pour lui.
    En France, les vieux sont frileux et racistes, et quand à l'idée d'élire une femme ? Ben voyons, une femme n'est bonne qu'à rester à la maison faire le ménage !
    Et voilà, depuis un an on observe, consterné, on en rigole parfois... Et on observe ce pays sombrer petit à petit.

    Faut dire qu'en face ils sont tellement nuls ! »

  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    samedi 27 septembre 2008 21h53
    Sarko où la décadence bicentenaire
    « Sarko où la décadence atteinte.

    Les Français sont majoritairement très imbus d'eux mêmes. Le syndrome de Versailles qui est resté en quelque sorte et qui nous a infligé ici le pitoyable monarque courtisan Louis le quinzième et son funeste traité de Paris. Sarkozy, le monarque du jour, moi me donne l'impression d'être l'incarnation typique d'une France qui s'imagine encore être au centre du monde.

    Or, depuis le traité de Paris et plus tard Waterloo, la France n'a jamais su faire mieux que bon deuxième après l'Angleterre. Sa réputation même de second empire colonial est surfaite, rapidement ébranlé trois fois par l'Allemagne en 1870, 1914-18 et 1940.

    Ces clips historiques qui ont pu en agacer plusieurs disent au moins ceci: une décadence plus ou moins marquée d'une nation commencée il y a deux cent ans puis devenue accélérée peut devenir ultime avec son dernier président en date qui est Sarkozy.

    Sarko, le dernier stade suprême de la décadence française. »

  • Frederic Scheid
    Inscrit
    dimanche 28 septembre 2008 22h48
    Ah encore les maudits français !
    « En tant que français immigré ici depuis bientôt 20 ans, un tel article aussi haineux ('Tout le monde se fout de la France', 'Kouchner ce bouffon') et les commentaires du même acabit qu'il suscite (Merci Mr. Bouchard), me font réaliser à quel point je me méprend quand je pense être ici chez moi. Les clichés sont tenaces, car ni les Russes, ni les Américains, ni les Chinois ne sont arrogants...les autriciens ne votent pas à l'extrême droite en plus de nous avoir donné le plus grand démocrate du XX siècle, les Italiens n'ont pas contribué au crime organisé en occident, les Espagnols à l'extermination des indiens, les Allemands humbles parmi les humbles 'Deutschland Uber Alles'. Bien qu'ayant toujours été de gauche, Sarkhozy est le premier homme politique de droite pour lequel je voterai, q'il soit hyperactif j'en conviens mais il fait bouger les choses, il dérange, il a des idées, il réforme la France n'en déplaise à Mr Courtevue et je ne vois vraiment pas en quoi Sarkhozy est dangereux. Il est bien moins extrémiste que ne l'est Mr Harper. »

  • Henri Huynh
    Inscrit
    lundi 29 septembre 2008 12h27
    Prenez de la vitamine C
    « Je suis un Français d'origine vietnamienne et entre Royal qui n'arrêtait pas de dire des conneries et lui, mon choix a été très vite fait, il n'y a aucun geste de bravitude dans tout ça !

    Mes amis, prenez un peu de vitamine C ou du Guronsan, la France qui tardait à entrer dans le 21ème siècle arrive !

    Et si y'en a que ça gêne qu'un non-français de souche soit président, qu'il se lève pour le dire ! On pourra toujours parler d'égal à égal sur la nécessité d'une France forte pour une Francophonie régénérée... »

  • Henri Huynh
    Inscrit
    lundi 29 septembre 2008 15h30
    La critique est facile, l'art est difficile
    « Depuis trop longtemps, la dérive de nos économies vers un capitalisme peu encadré fait la fortune des moins scrupuleux, au détriment des travailleurs qui suivent les règles du jeu. Les pays en voie de développement produisent avec des normes moins strictes que celles des pays industrialisés, d'où la répercussion sur les prix et des conséquences sur les délocalisations d'usines, génératrices du chômage et de la perte du pouvoir d'achat. La dérive de nos économies est à la fois la cause et l'effet de la démission des politiques, et parfois de leur compromission. On a fini par oublier que la politique est là pour protéger l'intérêt public, pour imaginer l'avenir, pour appréhender ses opportunités et ses menaces. On a fini par s'habituer à la mollesse de nos politiques, pour les traiter de bureaucrates, de ronds de cuir, pour le plus grand bonheur des illustres critiques plongés dans leur devoir. La critique devient une corvée quand on en a un qui commence à s'agiter. Car l'inutilité des personnalités se constate à l'absence de critiques à leur encontre, parce qu'ils sont inactifs. Votre réaction montre combien Nicolas Sarkozy est actif.Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy (n'en déplaise à certains, il est devenu le Président de tous les Français, élu pour réaliser les engagements tenus durant sa campagne électorale en 2007), la presse française est obligée de s'activer afin de suivre le rythme fou de celui qu'elle surnomme "le petit Napoléon". C'est sa première rupture, celle de "la rareté politique" prônée par Jacques Pilhan, conseiller sous Mitterrand et Chirac. Le temps presse, la vie est courte, un mandat électif n'attend pas, Sarkozy le sait. Devant des problèmes qui peuvent avoir des répercussions ailleurs sur la planète, Sarkozy réagit. Il est temps, et il a raison de le dire, que l'on agisse plutôt qu'on se désole. Darfour, Géorgie, Lybie et infirmières bulgares, Ingrid Bétancourt, Traité simplifié européen, Présidence Française de l'Union Européenne, Réforme des universités, Fusion des organismes institutionnels, Grenelle de l'Environnement, Immigration européenne, Moralisation du capitalisme mondial et tant d'autres choses qui remettent la France sur le devant de la scène internationale, pour le plus grand frisson des journalistes trop mous, des francophobes de tout poil, des peuples dans le monde qui ont toujours espéré et qui ont fait de la France un modèle. De Gil Courtemanche, qui doit l'avoir courte mais qui, par opposition comme pour compenser, l'a bien pendue, je ne retiendrai que la critique. De Sarkozy, on en retiendra les actions. Ce qui m'amène à écrire que si la critique est facile, l'art est difficile. Bravo M. Courtemanche, pour autant d'aisance, d'engagement et de dynamisme ! L'opinion se plaignait de l'impuissance des politiques qui ne faisaient rien, mais aujourd'hui M. Courtemanche pense qu'un politique français (et francophone) en fait trop. Il faudrait savoir ce qu'on veut, non ? Nicolas Sarkozy est un libéral. Le libéralisme se reposant sur la responsabilité individuelle de chacun, il pose ainsi des règles de base pour que le capitalisme soit accessible par la remise en cause de ses acteurs économiques dans leur éthique et leurs pratiques. Nicolas Sarkozy prône la tolérance des pays qui ont des gestes en direction de la démocratie : la Lybie prend de l'importance dans sa zone géographique, Chavez avait un rôle dans la libération de Bétancourt, la Chine a une influence sur la question du Darfour, les Etats-Unis auront un rôle à jouer dans la révolution verte. Comment une nation mise au ban peut évoluer si personne ne lui tend la main ? La Corée du Nord est une conséquence criante du rejet, tel que le voit Courtemanche. M. Courtemanche, à lire votre article, je sens que votre bile s'est généreusement déversée, vous avez eu du plaisir à écrire. Si Sarkozy était au Ritalin, vous vous ennuyeriez. Au contraire, prenez du Guronsan, afin de suivre ses aventures partout dans le monde qui vous appartient aussi... »

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