Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Un rapport de l'Organisation mondiale de la santé - Les inégalités sociales tuent à grande échelle

    L'organisme prône l'instauration de systèmes de santé publics

    29 août 2008
    Genève — Les inégalités sociales «tuent à grande échelle», selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui préconise l'adoption par les pays de systèmes de santé financés par l'argent public.

    «Réduire les inégalités en matière de santé est un impératif éthique. L'injustice sociale tue les gens à grande échelle», a souligné Michael Marmot, président de la commission de l'OMS sur les déterminants sociaux en matière de santé.

    «Un enfant né dans une banlieue de Glasgow, en Écosse, aura une espérance de vie inférieure de 28 ans à un autre né à 13 kilomètres de là», relève l'OMS. «Il n'existe pas de bonne raison biologique qui expliquerait cela», a noté M. Marmot.

    Dans leur rapport, les experts de la commission indiquent que les différences de niveau de santé entre les pays et à l'intérieur même des pays sont dues à «l'environnement social dans lequel les gens naissent, vivent, grandissent, travaillent et vieillissent».

    Pour l'OMS, les politiques menées dans beaucoup de pays ne sont pas suffisamment adaptées. Ainsi, selon Margaret Chan, directrice de l'OMS, «les systèmes de santé ne tendent pas naturellement vers l'équité. Il faut faire un effort de direction sans précédent pour amener tous les acteurs, même à l'extérieur du secteur de la santé, à examiner leurs effets sur la santé», a-t-elle souligné.

    Se prononçant pour «un système de santé financé par l'argent public», l'OMS plaide en fa-

    veur d'une «taxation générale et/ou d'une assurance universelle obligatoire».

    Alors que «virtuellement», tous les pays développés possèdent un tel système, il n'y a pas de raison que les pays pauvres en soient privés, selon M. Marmot. L'objectif est atteignable avec une volonté politique et un système de santé financé par un impôt progressif, a-t-il indiqué.

    «L'équité en matière de santé doit être un objectif fondamental du développement», affirme l'OMS en soulignant que «les soins de santé sont un bien public et non pas une marchandise commerciale».

    Les comparaisons entre les pays démontrent par ailleurs que la richesse d'un pays ne détermine pas à elle seule l'état de santé d'une population.

    «Cuba, le Costa Rica, la Chine, l'État du Kerala, en Inde, et le Sri Lanka ont atteint des niveaux de santé satisfaisants malgré un revenu national relativement peu important», souligne la commission de l'OMS.

    Dans d'autres pays, des actions bien menées ont prouvé que des progrès sont possibles, indique l'organisation. Ainsi, en Égypte, on a observé une baisse spectaculaire de la mortalité infantile, qui a été ramenée de 235 à 33 pour 1000 en 30 ans, relève le rapport de l'OMS.

    En Grèce et au Portugal, les taux de mortalité infantile ont été ramenés de 50 pour 1000 à des niveaux presque aussi bas que ceux du Japon, de la Suède et de l'Islande.

    Pour l'OMS, les pays nordiques restent les meilleurs exemples à suivre: «Ils ont suivi des politiques qui encouragent l'égalité en matière d'avantages et de services, le plein emploi, la parité entre les sexes et les faibles niveaux d'exclusion sociale.»












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.