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Bouclier antimissile - Varsovie et Washington signent

N/A ZZZN/A   21 août 2008  Europe
Condoleezza Rice a été accueillie par Lech Kaczynski hier, à Varsovie.
Photo : Agence Reuters
Condoleezza Rice a été accueillie par Lech Kaczynski hier, à Varsovie.
Varsovie — Les États-Unis et la Pologne ont signé hier à Varsovie un accord sur le déploiement en territoire polonais d'éléments du bouclier antimissile américain, à l'origine de tensions avec la Russie ravivées par le récent conflit dans le Caucase. En échange, Washington s'est engagé à renforcer et à moderniser la défense aérienne polonaise.

L'accord, qui doit encore être ratifié par le Parlement de Varsovie, a été signé par la secrétaire américaine d'État Condoleezza Rice et son homologue polonais Radoslaw Sikorski, au cours d'une cérémonie à laquelle assistaient également le premier ministre polonais Donald Tusk et le président Lech Kaczynski.

Moscou considère le projet de bouclier américain comme une menace contre sa sécurité et a accusé Varsovie et Washington d'avoir accéléré la signature de l'accord en réponse à son intervention militaire en Géorgie.

Une base du nord de la Pologne doit accueillir d'ici 2011 ou 2013 dix missiles intercepteurs dans le cadre de ce projet destiné, selon Washington, à répondre aux menaces posées par les «États voyous» comme l'Iran ou les groupes terroristes comme al-Qaïda. Les travaux commenceront l'an prochain.

Les dix missiles d'une portée de 3000 km seront déployés dans des silos souterrains, sur une surface équivalente à celle d'un terrain de football. Ils ne seront pas équipés de charges explosives mais seront tirés en direction de tout missile adverse, avec lequel ils entreront en collision à une vitesse de 24 000 km/h.

La République tchèque, elle, doit accueillir une station radar géante. L'accord doit lui aussi être ratifié par le Parlement de Prague. Le projet représente au total

3,5 milliards de dollars.

«Cet accord va établir un site de missiles de défense en Pologne, qui nous aidera à affronter les nouvelles menaces du XXIe siècle, celles des missiles à longue portée [...] venant de pays comme l'Iran ou la Corée du Nord», a déclaré Mme Rice.

Les États-Unis disposent déjà de missiles intercepteurs en Alaska et en Californie, un système de défense que le bouclier installé en Europe centrale viendra compléter.

Mais pour le Kremlin, cet accord vise en fait la Russie et ne fait qu'aggraver les relations entre Washington et Moscou. Les Russes jugent que la mise en place de ce bouclier modifie l'équilibre des forces en Europe.

Le général Anatoli Nogovitsine, numéro deux de l'état-major interarmes russe, a déclaré vendredi dernier que la doctrine militaire de son pays rendait théoriquement possible une attaque nucléaire après l'acceptation, par Varsovie, du déploiement de ces intercepteurs sur son territoire. Pour Washington, ces menaces ne sont que des «mots creux» mais l'OTAN les a jugées, mardi, «inacceptables».

Selon un sondage effectué le

16 août par GFK Pologne pour le quotidien Rzeczpospolita, le soutien des Polonais au bouclier antimissile s'est nettement accru après l'intervention russe en Géorgie.

Environ 50 % des Polonais soutiennent désormais ce projet, et

37 % y sont hostiles. Les précédentes études indiquaient qu'une majorité de Polonais étaient opposés au bouclier américain.

Conscients de l'hostilité du Kremlin à ce projet, 77 % des Polonais pensent que l'accord signé avec les États-Unis détériorera les relations entre Varsovie et Moscou.






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