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Belgique - Le roi Albert II a refusé la démission d’Yves Leterme

18 juillet 2008  Europe
Bruxelles — Le roi des Belges Albert II a refusé hier soir la démission que lui avait soumise trois jours plus tôt le premier ministre flamand Yves Leterme, illustrant la difficulté à trouver une issue à la crise politique qui secoue la Belgique depuis plus d’un an.

Le chrétien-démocrate Yves Leterme, qui avait posé sa démission sur la table dans la nuit de lundi à mardi faute d’avoir réussi à négocier une nouvelle réforme de l’État belge entre francophones et néerlandophones, est ainsi remis en selle pour la troisième fois en un an.

Faute de volontaire pour le remplacer, il devra se remettre au travail et tâcher de trouver malgré tout la voie du «dialogue institutionnel» entre les deux grandes communautés linguistiques du pays.

Le communiqué du palais diffusé hier soir ne lui donne pas le choix: «Le roi a refusé la démission du gouvernement et a demandé au gouvernement de promouvoir au maximum les chances de ce dialogue».
Vu l’impossibilité jusqu’ici — malgré des mois de tractations — à arriver à un accord sur une réforme des institutions fédérales du pays, le roi a néanmoins chargé trois personnalités d’«examiner de quelle manière des garanties peuvent être offertes pour entamer d’une manière crédible un dialogue institutionnel».

Ces trois «sages» sont le député francophone bruxellois François-Xavier de Donnea (libéral), l’eurodéputé wallon Raymond Langendries (centriste), ainsi que le ministre-président de la petite communauté germanophone de Belgique, le socialiste Karl-Heinz Lambertz, selon un communiqué du palais.
Ces médiateurs auront pour seule mission de préparer le terrain à la réforme de l’État.

Ils auront ainsi la tâche ardue de convaincre enfin les partis flamands, à commencer par le cartel CDV/NVA dont est issu M. Leterme, de la volonté des francophones «de s’engager dans une discussion communautaire sans tabou», commentait tard hier soir le quotidien La Libre Belgique sur son site Internet.

Ces trois hommes devront travailler vite pour montrer que les choses ne s’enlisent pas une fois de plus: ils devront faire un rapport au roi à «la fin du mois», dit le communiqué de Palais.

Selon La Libre Belgique, ils seront reçus dès mardi prochain par le roi, au lendemain de la fête nationale belge le 21 juillet.

L’impossibilité de s’entendre sur les conditions d’une réforme de l’État est au coeur de la crise politique qui agite la Belgique depuis les législatives de juin 2007.

La méfiance est en effet flagrante dans les relations entre néerlandophones et francophones. Les premiers, les plus nombreux avec 60 % des 10 millions d’habitants du pays, veulent à tout prix obtenir plus d’autonomie pour leur riche région, la Flandre. Les seconds les accusent de vouloir faire de l’État fédéral une coquille vide pour mieux faire éclater la Belgique dans un deuxième temps.

De nombreux analystes s’accordent à pronostiquer pour la Belgique, dont les institutions fédérales datent de 1993, un avenir confédéral.






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