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Le roi des Belges poursuit ses consultations - Yves Leterme pourrait conserver le poste de premier ministre

17 juillet 2008  Europe
Bruxelles — Le premier ministre démissionnaire belge, le chrétien-démocrate flamand Yves Leterme, semblait avoir toutes les chances d'être reconduit à son poste hier soir, à l'issue d'une journée où le roi Albert II a reçu les dirigeants de tous les grands partis politiques belges.

Après la démission offerte par Yves Leterme dans la nuit de lundi à mardi, le roi, qui a la responsabilité de nommer un premier ministre, a reçu hier Marianne Thyssen, présidente du Parti chrétien-démocrate dont est issu M. Leterme. Ont suivi les dirigeants des grands partis francophones et des autres partis flamands, à l'exception notoire des nationalistes de la Nouvelle Alliance flamande — qui forment un cartel avec le CDV — et des extrémistes du Vlaams Belang (l'Intérêt flamand).

Comme à l'habitude, la teneur des conversations au palais est restée secrète. Mais plusieurs dirigeants se sont exprimés après ces entretiens et, parmi les francophones mais aussi au sein du CDV, le maintien d'Yves Leterme à son poste semblait l'option la plus soutenue.

Dès mardi soir, le chef du groupe CD&V/NVA à la Chambre des députés, Servais Verherstraeten, avait indiqué que le cartel était prêt à poursuivre la politique menée par le gouvernement «Leterme Ier», à condition de réaliser des avancées dans le domaine communautaire — autrement dit dans le sens d'une autonomie renforcée pour la partie néerlandophone du pays, majoritaire. C'est précisément sur ce point que M. Leterme a échoué jusqu'ici à trouver un accord entre les deux grandes communautés linguistiques belges.

La chef du Parti centriste francophone, Joëlle Milquet, a elle aussi plaidé hier pour que tout le monde «retrouve son sang-froid» et que soit mis en oeuvre le programme socio-économique négocié par M. Leterme. Quant à Didier Reynders, chef du parti libéral francophone MR, dont le nom était le seul cité pour succéder éventuellement à M. Leterme, il avait semblé dès mardi soir écarter la possibilité d'être le premier francophone à diriger la Belgique depuis 1978.

«Personne n'a envie de prendre sa place au poste de premier ministre», résumait hier soir le rédacteur en chef de la radio-télévision publique RTBF, Hervé de Ghellinck, en estimant qu'une reconduction d'Yves Leterme serait l'illustration même du «compromis à la belge».

En attendant une décision du roi, qui doit encore consulter aujourd'hui les partenaires sociaux, Yves Leterme continue de remplir ses fonctions. Il doit présider demain, comme initialement prévu, un conseil des ministres.

Les dirigeants politiques mais aussi économiques du pays espèrent que le roi tranchera dans les tout prochains jours, et en tout cas avant la fête nationale du 21 juillet, qui marque traditionnellement le début des vacances parlementaires belges.
 
 
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