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Démission du premier ministre belge

15 juillet 2008  Europe
Bruxelles — Le premier ministre belge Yves Leterme a proposé hier soir la démission de son gouvernement au roi Albert II, qui a réservé sa réponse, jetant l'éponge après l'échec d'une tentative destinée à arracher un accord sur une réforme donnant plus d'autonomie à la Flandre.

«Le roi tient sa décision en suspens», a indiqué un communiqué laconique du souverain publié dans la nuit. Ce délai signifie soit qu'Albert II espère encore convaincre l'actuel chef du gouvernement chrétien-démocrate de rester en poste, ce qui paraît peu probable, soit qu'il a besoin d'un peu de temps pour poursuivre ses consultations et imaginer un moyen d'éviter que le pays replonge dans la crise.

M. Leterme, 48 ans, a échoué hier dans sa tentative d'arracher un accord entre les deux communautés belges sur une grande réforme de l'État dans le délai qu'il s'était imparti lors de son entrée en fonction fin mars, à savoir ce 15 juillet.

«Il s'avère que les visions opposées entre les communautés concernant le nécessaire nouvel équilibre à créer dans notre construction étatique sont aujourd'hui inconciliables», a-t-il constaté dans un communiqué.

Pourtant, juge-t-il, «une réforme de l'État reste un élément essentiel d'un accord de gouvernement», preuve qu'avec ou sans lui, la question «communautaire» va continuer à se poser en Belgique.

Yves Leterme avait espéré jusque dans la soirée pouvoir convaincre les cinq partis de sa coalition d'accepter le report à l'automne de cette négociation, qui aurait été élargie à des représentants des régions, Wallonie, Flandre et Bruxelles.

Si l'idée avait été plutôt bien accueillie côté francophone, elle avait beaucoup moins séduit les partis flamands, qui relevaient surtout que la réforme promise à leurs électeurs était une fois de plus reportée.

Les plus réticents se trouvaient au sein même de la formation d'Yves Leterme, le CDV, et de son allié électoral, le petit parti nationaliste flamand NVA, deux formations qui réclament une forte autonomie pour la Flandre, notamment sur le plan fiscal, que refusent les francophones en l'état.

Seuls les responsables francophones ont d'ailleurs regretté la démission d'Yves Leterme, souvent pour la qualifier de prématurée. Le parti socialiste francophone a, lui, dit «regretter que le premier ministre ait cru devoir remettre sa démission à un moment où [...] la poursuite des négociations institutionnelles pouvait se réaliser dans un contexte constructif et positif».
 
 
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