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Souveraineté-association, façon basque

26 juin 2008  Europe
Madrid — Le Parlement autonome basque examinera demain le projet souverainiste controversé du chef du gouvernement régional, le nationaliste Juan José Ibarretexe, malgré l'opposition vigoureuse du gouvernement socialiste espagnol qui prévoit de bloquer l'initiative.

Le Parlement basque votera sur l'organisation d'une «consultation populaire» régionale, le 25 octobre 2008, premier acte d'un plan visant à la «normalisation politique» et à la fin du «conflit» au Pays basque, selon les termes du projet.

Avec ce plan, le chef du gouvernement régional cherche à «reprendre l'initiative» après le rejet par Madrid en 2005 de son précédent projet de «libre association» du Pays basque avec l'Espagne, puis l'échec de la tentative de dialogue avec l'ETA du gouvernement socialiste espagnol en 2006, observe Santiago de Pablo, un historien spécialiste de la question basque.

Le nouveau plan d'Ibarretxe prévoit la reconnaissance par Madrid du droit à l'autodétermination pour les Basques, qui constitue la revendication de base des indépendantistes radicaux dont le groupe armé ETA se réclame. M. Ibarretxe voudrait soumettre les Basques à deux questions à l'automne: l'une portant sur les conditions d'un dialogue avec l'ETA et l'autre concernant un accord politique sur «le droit à décider du peuple basque».

Les trois partis qui forment la coalition au pouvoir au Pays basque, dont le Parti nationaliste basque (PNV) de M. Ibarretxe, appuient le projet, mais leurs voix ne suffiront pas à le faire approuver au Parlement.

La majorité ne pourra être acquise qu'avec l'appui des élus nationalistes radicaux du Parti communiste des terres basques (PCTV), mouvement accusé par la justice espagnole d'être une émanation de Batasuna, le bras politique interdit de l'ETA, et interdit d'activité politique depuis le début de l'année.

La chef du PCTV au Parlement basque, Nekane Erauskin, a maintenu le suspense cette semaine sur le vote de son groupe. La décision «prendra en compte les conséquences de chaque option de vote», a-t-elle indiqué, sibylline. Unai Ziarreta, président d'EA, un des trois partis de la coalition du gouvernement régional, s'est déclaré convaincu d'un vote favorable du PCTV malgré le «jeu de cache-cache» d'un parti qui a toujours cherché à se montrer radicalement hostile à l'égard des nationalistes modérés au pouvoir.

Le PCTV pourrait tarder avant d'apporter ses voix et ne le faire qu'au troisième et dernier tour, lundi, pronostique le spécialiste des questions basques Gorka Landaburu, directeur de la revue Cambio 16.

Le Parti socialiste espagnol (PSOE) accuse d'ailleurs Ibarretxe d'avoir élaboré son plan de manière à séduire l'entourage politique de l'ETA.

En cas d'approbation, le gouvernement espagnol a déjà indiqué qu'il saisirait le Tribunal constitutionnel pour bloquer l'organisation de la consultation, taxant l'initiative de «clairement anti-constitutionnelle».

Le projet Ibarretxe est un «voyage qui ne mène nulle part», a souligné José Luis Rodriguez Zapatero, chef du gouvernement, se déclarant toutefois ouvert à une réforme du statut de large autonomie dont jouit déjà le Pays basque espagnol.

L'ETA qui a repris à l'été 2007 sa campagne d'attentats après l'échec du processus de paix du gouvernement socialiste et tué quatre personnes depuis, s'est curieusement abstenue de toute action violente ces trois dernières semaines.

Ce silence est peut-être lié au vote de demain, l'absence d'attentat de l'ETA rendant plus «acceptable» l'appui des indépendantistes radicaux à Ibarretxe, selon M. Landaburu.
 
 
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