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Union pour la Méditerranée - L'Algérie refuse de se prononcer

23 juin 2008  Europe
Alger — Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, qui a reçu hier à Alger le premier ministre français, François Fillon, s'est montré à cette occasion décidé à maintenir le suspense sur la participation de son pays à l'Union pour la Méditerranée (UPM).

«Chaque chose en son temps», a répondu laconiquement le chef de l'État algérien à une question sur sa venue au lancement de l'UPM, le 13 juillet à Paris.

Cette position était attendue par les diplomates français qui, tout au long des deux jours de visite de M. Fillon, se sont toutefois affichés optimistes sur la décision finale de M. Bouteflika.

Hier, après un entretien de près de deux heures et demie avec M. Bouteflika, le chef du gouvernement français a affirmé au cours d'une conférence de presse que l'UPM continuait de recevoir «un bon accueil» de la part d'Alger, et que le chef d'État algérien l'avait assuré de son «soutien».

«Personne n'envisage que l'UPM puisse se construire sans l'Algérie», a-t-il encore martelé, avant de plaider une nouvelle fois pour un plan qui «permettra aux pays des deux rives de la Méditerranée de coopérer de façon équilibrée sur des projets d'intérêt général».

L'Algérie est l'un des derniers pays riverains de la Méditerranée à entretenir un doute sur sa participation à l'UPM. Seule la Libye de Mouammar Kadhafi a décliné officiellement l'invitation du président français Nicolas Sarkozy.

Mais M. Bouteflika, qui avait marqué très tôt son intérêt pour la version initiale du plan cher au chef d'État français, Nicolas Sarkozy, a été déçu par l'arrimage de ce projet à l'Union européenne (UE). Une position relayée hier après-midi par son chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem.

L'UPM est née «pour que nous puissions véritablement réaliser des projets méditerranéens», a rappelé M. Belkhadem pendant un point de presse commun avec M. Fillon. Mais avec «la participation des 27 pays européens, ce projet a changé, il est complètement différent du projet initial», a-t-il estimé.

Après avoir souligné que l'UPM avait été conçue en 2007 par Nicolas Sarkozy, l'homologue algérien de François Fillon a enfoncé le clou: «Aujourd'hui, nous ne savons pas si l'on doit encore discuter avec Paris ou bien avec Bruxelles en vue de constituer cette entité méditerranéenne».

En mars, pour remporter l'adhésion des dirigeants européens réunis en sommet, M. Sarkozy avait dû sérieusement revoir à la baisse son projet de coopération renforcée avec les pays du bassin méditerranéen.

L'UPM consistera finalement, pour l'essentiel, en une relance du processus dit de Barcelone sur les partenariats euro-méditerranéens, lancé en 1995 et qui a donné peu de résultats.

Paris avait notamment accepté que tous les pays de l'UE, et pas seulement les riverains de la Méditerranée comme la France l'envisageait au départ, soient pleinement associés à l'initiative. L'Allemagne, en particulier, ne voulait pas être tenue à l'écart.

M. Fillon a également été interrogé devant son homologue sur le poids qu'aurait l'Algérie dans l'UPM, alors que l'Égypte devrait avoir la coprésidence «Sud» de l'organisation, et que le Maroc, la Tunisie et Malte ont présenté leur candidature pour en avoir le siège.

«Les candidatures sont sur la table et ce sont les chefs d'État qui décideront ensemble» le 13 juillet, a-t-il répondu, «d'où l'importance de la présence de l'Algérie».

Cette phase politique du voyage en Algérie de M. Fillon avait été précédée samedi par la signature de deux accords présentés comme «historiques» sur le nucléaire et la défense.
 
 
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