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Sarkozy appelle à la création d'un État palestinien

23 juin 2008  Europe
Jérusalem — Le président français, Nicolas Sarkozy, a entamé hier sa visite d'État très attendue en Israël en lançant devant ses «amis» israéliens un appel à la création d'un État palestinien, indispensable à ses yeux à la sécurité de l'État hébreu.

«Si je suis ici, c'est parce que je suis plus que jamais convaincu que la sécurité d'Israël ne sera vraiment assurée qu'avec la naissance du deuxième État, l'État palestinien», a déclaré M. Sarkozy lors d'une cérémonie d'accueil à l'aéroport Ben Gourion, où il a été reçu par le président israélien Shimon Peres et le premier ministre Ehoud Olmert.

«Un accord [israélo-palestinien] est possible demain, et cet accord permettra aux deux peuples de vivre côte à côte dans la paix et la sécurité», a ajouté le président français.

Israël et les Palestiniens ont relancé leurs négociations de paix fin novembre 2007 à Annapolis, aux États-Unis, avec l'objectif affiché de parvenir à un accord avant fin 2008, mais les pourparlers piétinent depuis.

«Vous le savez, je ne m'en suis jamais caché, je suis depuis toujours un ami d'Israël», a encore dit M. Sarkozy, qualifiant la création de l'État hébreu, il y a soixante ans, d'«acte majeur du XXe siècle [...] après deux millénaires d'exil, après l'abomination de la Shoah».

«Nous accueillons aujourd'hui un grand dirigeant français qui est aussi un ami intime d'Israël», a déclaré M. Peres, saluant la position de M. Sarkozy sur «la menace nucléaire iranienne à la paix mondiale».

«Dans toutes nos discussions, j'ai décelé chez vous une profonde compréhension des besoins de sécurité d'Israël et des défis auxquels il fait face», a pour sa part déclaré M. Olmert. À l'occasion d'un entretien qui a suivi avec M. Peres à Jérusalem, Nicolas Sarkozy a enfoncé le clou en incitant Israël à prendre des «risques pour la paix [...] tout de suite». «La France pense que cela fait trop longtemps qu'il y a de la souffrance et des morts», a-t-il jugé.

Le président français devait répéter ce message aujourd'hui dans un discours devant la Knesset, le parlement israélien, point d'orgue de sa visite.

Avant un dîner de travail avec le président français, Ehoud Olmert a brièvement évoqué l'agression d'un jeune juif de 17 ans, samedi soir à Paris, en se déclarant convaincu que Nicolas Sarkozy allait poursuivre «le combat incessant contre l'antisémitisme».

Cette visite d'État, la deuxième du genre d'un président français après celle de François Mitterrand en 1982, doit permettre à M. Sarkozy de sceller le «renouveau» de la relation franco-israélienne après les tensions qui l'ont agitée sous son prédécesseur Jacques Chirac, perçu en Israël comme pro-arabe.

Par souci d'équilibre, M. Sarkozy a couplé son séjour israélien avec une visite demain à Bethléem, en Cisjordanie, pour y rencontrer le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Au-delà du seul conflit israélo-palestinien, le président français a évoqué hier avec les responsables israéliens l'ensemble des dossiers du Proche-Orient, après sa visite au Liban mi-juin, la reprise de ses contacts avec le président syrien Bachar al-Assad, et la perspective du lancement à Paris de son projet d'Union pour la Méditerranée (UPM) le 13 juillet.

Autant que celle de son mari, la venue de Carla Bruni-Sarkozy a suscité un large écho hier dans la presse locale. «Carla en Israël avec son mari», a titré le quotidien gratuit Israël Hayom.
 
 
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