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La ruade irlandaise

Christian Rioux   20 juin 2008  Europe
Les petits pays n'ont pas dit leur dernier mot. L'Irlande vient de le rappeler haut et fort. Les cinq millions d'Irlandais viennent en effet de dire non au traité de Lisbonne qui était destiné à sortir l'Union européenne de l'impasse constitutionnelle dans laquelle elle se trouve depuis son élargissement à l'Est. Qu'un petit pays si semblable et proche du Québec ait ainsi forcé les 26 autres membres de l'Union européenne à l'écouter a probablement de quoi faire rêver les Québécois qui souhaitent faire entendre leur voix dans le monde.
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  • Jean-Pierre Audet - Abonné
    20 juin 2008 09 h 06
    Le pouvoir de l'égoïsme
    Élargie beaucoup trop vite, l'Europe est en train de devenir ingouvernable. Comme le disait hier soir Jean Bédard, si chaque pays de l'Union devait adhérer par référendum à ces règles allégées de gouvernance, le traité de Lisbonne serait déjà mort et enterré. Les chefs politiques peuvent être davantage ouverts au bien commun que les individus qui, si on leur demande leur avis, vont voter pour leur intérêt personnel. Or l'Irlande est présentement en forme économique, ses citoyens très catholiques craignent de ne plus pouvoir s'opposer à des décisions plus libérales sur les questions morales, et de devoir s'ouvrir à un marché davantage commun. Bref ils votent pour leur porte-monnaie et leur morale frileuse. Ils ont tort, mais ils sont loin d'être les seuls. Et l'adhésion de la Turquie n'est pas pour demain. C'est bien dommage qu'une telle force du nombre ne puisse pas parler de concert sur les grandes questions internationales. C'est bien beau le pouvoir du petit, mais quand il devient le pouvoir de l'individu contre le bien commun, rien ne va plus.
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