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L'Europe accepte de donner du temps à l'Irlande

17 juin 2008  Europe
Luxembourg — Les pays de l'UE ont accepté hier de donner du temps aux Irlandais pour analyser le rejet du traité de Lisbonne, même s'ils veulent continuer la ratification du texte censé rendre l'UE plus efficace dans les huit autres pays où il doit encore être approuvé.

«Il ne faut pas aller trop vite en besogne», a déclaré le ministre slovène des Affaires étrangères, Dimitrij Rupel, dont le pays préside l'UE, à l'issue d'une réunion avec ses homologues européens à Luxembourg.

«Nous devons d'abord donner du temps aux Irlandais pour qu'ils comprennent les raisons de ce non et pour qu'ils nous offrent un certain nombre d'explications», a renchéri le ministre français Bernard Kouchner.

«C'est un accident de parcours, une déception», mais «ça n'est pas un drame, pas un tremblement de terre», a-t-il ajouté.

Les 27 ont réaffirmé leur volonté de poursuivre le processus de ratification dans les huit autres pays n'ayant pas encore approuvé le traité, selon plusieurs ministres.

Une volonté également affichée par la chancelière allemande, Angela Merkel, et le premier ministre polonais, Donald Tusk.

«Le processus de ratification devrait se poursuivre là où il n'a pas encore été achevé», a déclaré M. Tusk au cours d'un point de presse avec Mme Merkel à Gdansk, en Pologne. «Nous avons besoin du traité de Lisbonne pour que l'Union européenne puisse travailler et qu'elle puisse s'élargir», a ajouté Mme Merkel.

Le ministre irlandais Michael Martin, présent à Luxembourg, a lui précisé n'avoir donné aucune date à laquelle les Irlandais pourraient prendre une décision concernant le traité. «Nous avons souligné que le vote irlandais devait être respecté», a-t-il déclaré.

Tout le monde est d'accord, selon le ministre allemand Frank-Walter Steinmeier, pour «ne pas trop attendre» du sommet qui se déroulera à Bruxelles jeudi et vendredi, même si le premier ministre irlandais, Brian Cowen, y a été invité à présenter son analyse du vote irlandais et à proposer d'éventuelles solutions.

M. Kouchner a même jugé «impossible de dire maintenant» si une solution pourrait être trouvée avant la fin de la prochaine présidence française de l'UE, le 31 décembre.

Le président français Nicolas Sarkozy, de Prague où il rencontrait des dirigeants tchèques, hongrois, slovaque et polonais, a lui aussi appelé à conserver «calme et sang-froid», et évité de presser les Tchèques de procéder à une ratification qui s'annonce difficile, en raison notamment de l'approbation nécessaire par la Cour constitutionnelle.

«La France qui a dit "non" en 2005 peut comprendre que nos amis tchèques ont besoin de temps pour discuter, et, ce temps, il faut le leur donner, personne ne doit se sentir acculé», a-t-il déclaré.

En attendant qu'une solution se dessine, les ministres se sont dits déterminés à combler un peu le fossé maintes fois déploré entre «eurocrates» et citoyens européens, en répondant à leurs préoccupations.

Dès le sommet de cette semaine, les responsables devraient montrer leur bonne volonté en plaidant pour des aides aux catégories les plus touchées par la hausse des prix des produits pétroliers et alimentaires.






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