Voir Naples et mourir
Qui aurait cru que l'on évoquerait en 2008 la résurgence du choléra en Italie, à Naples pour être exact? Qui aurait prédit que cette menace pourrait s'accompagner d'une réapparition, si l'on peut dire, du typhus? Personne à l'exception plausible des docteurs Thanatos qui figurent sur la feuille de paie de la Camorra en échange de leur maîtrise des réactions chimiques nécessaires à la confection d'un compost fait d'ordures ménagères et de déchets industriels toxiques: amiante, résidus d'hydrocarbures et autres microbes assassins.
Cela fait des mois et des mois que ça dure. Quoi donc? L'addition quotidienne d'ordures à des tonnes d'ordures dans une région plombée par le soleil de Satan. Certes, afin de préserver un certain vernis, le centre-ville a été nettoyé. Mais voilà, il s'agit d'un trompe-l'oeil, d'un faux-semblant, d'un paravent érigé afin de cacher ceci: ce qui a été enlevé là a été déversé à la périphérie.
Toujours est-il que des médecins des environs ont affirmé récemment que les variables inhérentes à la propagation du choléra sont pratiquement toutes réunies. Car mis à part le strict problème des ordures, il faut savoir que bien des nappes phréatiques de la Campanie, province dont Naples est la métropole, ont été infestées par une panoplie de virus pendant des lunes. Plus précisément, depuis 14 ans.
C'est en effet en 1994 que les autorités avaient décrété que la capitale de la région était «dans une situation d'urgence déchets». Rome avait alors nommé un commissaire qui a vite rendu son tablier avant que son successeur n'en fasse autant, etc. Bref, huit commissaires se sont succédé. Sous la gouverne de l'un d'entre eux, la construction d'un incinérateur fut amorcée il y a... huit ans de cela. Signe particulier? On prévoit son inauguration pour 2010. Au mieux. Mentionnons que, pendant que se poursuivent ces travaux, aucun incinérateur ne fonctionne. Enfin, les militaires tentent tant bien que mal de libérer l'accès à un ou deux d'entre eux. Mais bon, pas de quoi remédier à la situation.
S'il en est ainsi, si la catastrophe suinte dans tous les recoins de Naples ainsi que des villes et villages environnants, ce n'est pas parce que les politiciens et les fonctionnaires sont incompétents, ce n'est pas parce que les forces de l'ordre sont composées d'incapables, mais bien parce que la majorité de ces derniers partagent une part des intérêts financiers que réalise la Camorra sur le dos de la vaste majorité de la population.
Retenons bien ceci: selon une ONG versée en questions environnementales, la Campanie compte pas moins de 1200 — 1200! — décharges sauvages! Autrement dit, 1200 bombes chimiques à retardement. Retenons encore ceci: selon une étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les cancers du foie (+24 %) et du pancréas (+12 %) y sont plus élevés que partout ailleurs en Italie, voire en Europe. Quoi d'autre? Les malformations congénitales sont de 80 % supérieures au niveau national. Cela rappelé, on ne sera pas étonné d'apprendre que la sérieuse revue médicale The Lancet de Nouvelle-Angleterre a qualifié le secteur de «Triangle de la mort». Il est vrai que la Camorra a la haute main sur l'industrie de l'enterrement.
Cela fait des mois et des mois que ça dure. Quoi donc? L'addition quotidienne d'ordures à des tonnes d'ordures dans une région plombée par le soleil de Satan. Certes, afin de préserver un certain vernis, le centre-ville a été nettoyé. Mais voilà, il s'agit d'un trompe-l'oeil, d'un faux-semblant, d'un paravent érigé afin de cacher ceci: ce qui a été enlevé là a été déversé à la périphérie.
Toujours est-il que des médecins des environs ont affirmé récemment que les variables inhérentes à la propagation du choléra sont pratiquement toutes réunies. Car mis à part le strict problème des ordures, il faut savoir que bien des nappes phréatiques de la Campanie, province dont Naples est la métropole, ont été infestées par une panoplie de virus pendant des lunes. Plus précisément, depuis 14 ans.
C'est en effet en 1994 que les autorités avaient décrété que la capitale de la région était «dans une situation d'urgence déchets». Rome avait alors nommé un commissaire qui a vite rendu son tablier avant que son successeur n'en fasse autant, etc. Bref, huit commissaires se sont succédé. Sous la gouverne de l'un d'entre eux, la construction d'un incinérateur fut amorcée il y a... huit ans de cela. Signe particulier? On prévoit son inauguration pour 2010. Au mieux. Mentionnons que, pendant que se poursuivent ces travaux, aucun incinérateur ne fonctionne. Enfin, les militaires tentent tant bien que mal de libérer l'accès à un ou deux d'entre eux. Mais bon, pas de quoi remédier à la situation.
S'il en est ainsi, si la catastrophe suinte dans tous les recoins de Naples ainsi que des villes et villages environnants, ce n'est pas parce que les politiciens et les fonctionnaires sont incompétents, ce n'est pas parce que les forces de l'ordre sont composées d'incapables, mais bien parce que la majorité de ces derniers partagent une part des intérêts financiers que réalise la Camorra sur le dos de la vaste majorité de la population.
Retenons bien ceci: selon une ONG versée en questions environnementales, la Campanie compte pas moins de 1200 — 1200! — décharges sauvages! Autrement dit, 1200 bombes chimiques à retardement. Retenons encore ceci: selon une étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les cancers du foie (+24 %) et du pancréas (+12 %) y sont plus élevés que partout ailleurs en Italie, voire en Europe. Quoi d'autre? Les malformations congénitales sont de 80 % supérieures au niveau national. Cela rappelé, on ne sera pas étonné d'apprendre que la sérieuse revue médicale The Lancet de Nouvelle-Angleterre a qualifié le secteur de «Triangle de la mort». Il est vrai que la Camorra a la haute main sur l'industrie de l'enterrement.
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