De Schutter et Ziegler critiquent la FAO
7 juin 2008
Europe
Genève — Le rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l'alimentation, Olivier De Schutter, a regretté hier que le sommet de la FAO, à Rome, ne se soit pas attaqué au «déséquilibre de pouvoir» entre les grands entreprises de l'agroalimentaire et les paysans.
Les agriculteurs font face à un petit nombre de grandes entreprises pour l'achat de semences, d'engrais et de pesticides. Ces sociétés, dont les produits sont protégés par des brevets, sont en mesure de fixer les prix, a souligné l'expert onusien devant la presse à Genève.
«Lorsque ces paysans vendent leur récolte, ils se trouvent à nouveau face à de grandes entreprises qui achètent les récoltes à des prix qu'elles peuvent également dicter, a-t-il observé. Les prix ne sont pas la résultante de l'offre et de la demande, ils découlent d'un marchandage très inégal».
M. De Schutter a par ailleurs estimé qu'il existait des instruments pour lutter contre la spéculation sur les marchés à terme. Des stocks pourraient être constitués pour permettre d'alimenter les marchés en cas d'envolée des prix, a-t-il suggéré. «Cela serait l'arme la plus envisageable pour lutter contre la spéculation, si l'on reconnaît que la spéculation est un problème», a-t-il dit.
Le prédécesseur de M. De Schutter, Jean Ziegler, a de son côté vivement critiqué hier les conclusions du sommet de la FAO, ui risquent selon lui «d'aggraver la faim dans le monde, au lieu de la combattre».
«C'est la victoire des grandes entreprises, qui contrôlent environ 80 % du commerce agricole dans le monde», a assuré M. Ziegler dans une interview à la radio allemande Bayrischer Rundfunk.
L'ancien rapporteur de l'ONU a notamment critiqué le fait que les pays de l'Union européenne ne se soient pas engagés à réduire leurs subventions agricoles, qui conduisent selon lui à une situation de concurrence déloyale vis-à-vis des agriculteurs des pays en voie de
développement.
Les agriculteurs font face à un petit nombre de grandes entreprises pour l'achat de semences, d'engrais et de pesticides. Ces sociétés, dont les produits sont protégés par des brevets, sont en mesure de fixer les prix, a souligné l'expert onusien devant la presse à Genève.
«Lorsque ces paysans vendent leur récolte, ils se trouvent à nouveau face à de grandes entreprises qui achètent les récoltes à des prix qu'elles peuvent également dicter, a-t-il observé. Les prix ne sont pas la résultante de l'offre et de la demande, ils découlent d'un marchandage très inégal».
M. De Schutter a par ailleurs estimé qu'il existait des instruments pour lutter contre la spéculation sur les marchés à terme. Des stocks pourraient être constitués pour permettre d'alimenter les marchés en cas d'envolée des prix, a-t-il suggéré. «Cela serait l'arme la plus envisageable pour lutter contre la spéculation, si l'on reconnaît que la spéculation est un problème», a-t-il dit.
Le prédécesseur de M. De Schutter, Jean Ziegler, a de son côté vivement critiqué hier les conclusions du sommet de la FAO, ui risquent selon lui «d'aggraver la faim dans le monde, au lieu de la combattre».
«C'est la victoire des grandes entreprises, qui contrôlent environ 80 % du commerce agricole dans le monde», a assuré M. Ziegler dans une interview à la radio allemande Bayrischer Rundfunk.
L'ancien rapporteur de l'ONU a notamment critiqué le fait que les pays de l'Union européenne ne se soient pas engagés à réduire leurs subventions agricoles, qui conduisent selon lui à une situation de concurrence déloyale vis-à-vis des agriculteurs des pays en voie de
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