France: réactions indignées après un mariage annulé faute de virginité
31 mai 2008
Europe
Paris — La décision d'un tribunal français d'annuler un mariage au motif que l'épouse, de religion musulmane, aurait menti sur sa virginité suscitait hier une avalanche de réactions indignées dans le pays.
La Ligue des droits de l'homme (LDH) a dénoncé dans un communiqué une «décision discriminatoire» du tribunal de Lille (nord), estimant que «la virginité n'est pas un objet de justice».
«Quelle que soit la volonté des époux, ni la loi, ni la jurisprudence ne peuvent consacrer ce symbole de la domination masculine», estime la LDH.
Le parti au pouvoir UMP (droite) a souhaité que le ministère de la Justice «déclenche un recours dans l'intérêt de la loi pour dire le droit».
«C'est une mise en cause de l'égalité hommes-femmes, les hommes ne pouvant être mis en cause pour les mêmes motifs», a estimé un des porte-parole du parti, Frédéric Lefèbvre, dans un communiqué.
La garde des Sceaux, Rachida Dati, elle-même musulmane, a estimé que la décision de la justice était «aussi un moyen de protéger la personne», lors d'un point presse.
«L'annulation de mariage est un moyen de se séparer rapidement», a-t-elle dit, ajoutant que «la justice est là pour protéger les plus vulnérables, les plus modestes, ceux qui sont en difficulté».
La ministre s'est attirée une sévère critique de la dirigeante communiste Marie-George Buffet, qui a estimé que ses propos étaient «une monstruosité juridique et une indignité de la part de la garde des Sceaux».
La secrétaire d'État à la politique de la ville, Fadela Amara, elle aussi musulmane, a vu dans la décision du tribunal de Lille une «vraie fatwa [décret religieux] contre l'émancipation des femmes».
«J'ai cru que l'on parlait d'un verdict rendu à Kandahar», a-t-elle dénoncé.
«Menaces»
L'association féministe Collectif national pour les droits des femmes (CNDF) a estimé que l'annulation en question était «lourde de menaces» pour les femmes.
«Si cela continue comme ça, il ne sera bientôt même plus nécessaire de revendiquer des tribunaux communautaires, ce seront les tribunaux de la très laïque République française qui se chargeront des sales besognes. Sur le dos et le ventre des femmes», ajoute le collectif.
L'union a été annulée «pour erreur sur les qualités essentielles du conjoint». Alors que sa fiancée lui avait affirmé qu'elle était chaste, une valeur essentielle pour lui, l'homme avait découvert le soir de leurs noces, le 8 juillet 2006, qu'elle ne l'était pas.
En islam, les relations sexuelles sont prohibées en dehors du cadre légal du mariage, et les jeunes filles doivent se présenter vierges à leurs premières noces.
Quand elles doivent convoler avec des hommes conservateurs, de jeunes musulmanes de France procèdent à une réparation de l'hymen juste avant la noce.
La Ligue des droits de l'homme (LDH) a dénoncé dans un communiqué une «décision discriminatoire» du tribunal de Lille (nord), estimant que «la virginité n'est pas un objet de justice».
«Quelle que soit la volonté des époux, ni la loi, ni la jurisprudence ne peuvent consacrer ce symbole de la domination masculine», estime la LDH.
Le parti au pouvoir UMP (droite) a souhaité que le ministère de la Justice «déclenche un recours dans l'intérêt de la loi pour dire le droit».
«C'est une mise en cause de l'égalité hommes-femmes, les hommes ne pouvant être mis en cause pour les mêmes motifs», a estimé un des porte-parole du parti, Frédéric Lefèbvre, dans un communiqué.
La garde des Sceaux, Rachida Dati, elle-même musulmane, a estimé que la décision de la justice était «aussi un moyen de protéger la personne», lors d'un point presse.
«L'annulation de mariage est un moyen de se séparer rapidement», a-t-elle dit, ajoutant que «la justice est là pour protéger les plus vulnérables, les plus modestes, ceux qui sont en difficulté».
La ministre s'est attirée une sévère critique de la dirigeante communiste Marie-George Buffet, qui a estimé que ses propos étaient «une monstruosité juridique et une indignité de la part de la garde des Sceaux».
La secrétaire d'État à la politique de la ville, Fadela Amara, elle aussi musulmane, a vu dans la décision du tribunal de Lille une «vraie fatwa [décret religieux] contre l'émancipation des femmes».
«J'ai cru que l'on parlait d'un verdict rendu à Kandahar», a-t-elle dénoncé.
«Menaces»
L'association féministe Collectif national pour les droits des femmes (CNDF) a estimé que l'annulation en question était «lourde de menaces» pour les femmes.
«Si cela continue comme ça, il ne sera bientôt même plus nécessaire de revendiquer des tribunaux communautaires, ce seront les tribunaux de la très laïque République française qui se chargeront des sales besognes. Sur le dos et le ventre des femmes», ajoute le collectif.
L'union a été annulée «pour erreur sur les qualités essentielles du conjoint». Alors que sa fiancée lui avait affirmé qu'elle était chaste, une valeur essentielle pour lui, l'homme avait découvert le soir de leurs noces, le 8 juillet 2006, qu'elle ne l'était pas.
En islam, les relations sexuelles sont prohibées en dehors du cadre légal du mariage, et les jeunes filles doivent se présenter vierges à leurs premières noces.
Quand elles doivent convoler avec des hommes conservateurs, de jeunes musulmanes de France procèdent à une réparation de l'hymen juste avant la noce.
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