L'enfant barbare
Dans l'histoire de la Ve République, soit depuis 1958, jamais un président n'avait été confronté, au terme de sa première année de mandat, à un sentiment de défiance aussi répandu que celui qui frappe actuellement Nicolas Sarkozy. Cette impopularité tient pour une part aux conséquences inhérentes à des faits économiques dont il n'a pas la maîtrise. Mais pour l'essentiel, elle découle des gestes, des mots, des politiques qu'il a conçus et imposés avec une brutalité ayant heurté une population déjà déboussolée et quelque peu essoufflée par la somme de réformes émanant de Bruxelles, de l'Union européenne.
Tout a commencé à l'aune du strass et des paillettes. En effet, à peine élu, Sarkozy laisse entendre par complices interposés qu'il va prendre une retraite, qu'il va s'isoler, pour mieux revêtir ensuite les habits de président. Alors qu'on s'attendait à l'observation des règles de l'ascèce avec un soupçon d'exercice monastique, voilà qu'on apprend que le successeur de Chirac navigue sur les flots bleus de l'été à bord d'un navire propriété d'un riche d'entre les riches. Premier couac.
Le deuxième s'est fait entendre en pleine saison estivale lorsque le président Sarkozy a dévoilé sa première grande réforme, celle devant symboliser la série de ruptures promises pour remettre à flot le bateau France affligé de maux à bâbord comme à tribord. De quoi s'agissait-il? Le bouclier fiscal, soit ce paquet de cadeaux financiers conçus pour le bénéfice des plus fortunés. On s'en doute, le tout suscita la fureur dans les chaumières de France.
Ensuite, les premiers grincements de dents émanant de SA majorité, de son parti UMP, se firent entendre. En effet, des élus froissés par les bonnes places accordées à des personnalités membres du Parti socialiste se sont appliqués à jouer une partition d'où les refrains de la loyauté à la personne du président avaient été gommés. Bref, des élus de l'UMP ont exposé leurs griefs à la satisfaction d'un certain François Fillon, premier ministre de son état.
Après un passage à vide dû à la surexposition de Sarkozy président par Sarkozy posant au premier ministre, Fillon a vu sa cote de popularité grimper au fur et à mesure que celle du président baissait. C'est encore le cas aujourd'hui. Rarement dans l'histoire de la Ve République on aura vu couple aussi dissemblable.
En novembre, le candidat Sarkozy, qui s'était engagé à conjuguer politique extérieure et droits de l'homme, reçoit en grande pompe Kadhafi, un homme dont la réputation en la matière a l'épaisseur d'un papier à cigarette. Puis, quelques jours plus tard, la France assiste au mélange des genres, à la confection du cocktail politique et «pipolisation». Sarko s'encanaille à Disneyland au bras de la belle Carla Bruni. Ce fut la goutte qui fit déborder le vase. Depuis lors, une majorité de Français ont l'impression d'être gouverné par un homme qui peine à passer à l'âge adulte. Il est peut-être bien «l'enfant barbare» dont parle le centriste François Bayrou.
Tout a commencé à l'aune du strass et des paillettes. En effet, à peine élu, Sarkozy laisse entendre par complices interposés qu'il va prendre une retraite, qu'il va s'isoler, pour mieux revêtir ensuite les habits de président. Alors qu'on s'attendait à l'observation des règles de l'ascèce avec un soupçon d'exercice monastique, voilà qu'on apprend que le successeur de Chirac navigue sur les flots bleus de l'été à bord d'un navire propriété d'un riche d'entre les riches. Premier couac.
Le deuxième s'est fait entendre en pleine saison estivale lorsque le président Sarkozy a dévoilé sa première grande réforme, celle devant symboliser la série de ruptures promises pour remettre à flot le bateau France affligé de maux à bâbord comme à tribord. De quoi s'agissait-il? Le bouclier fiscal, soit ce paquet de cadeaux financiers conçus pour le bénéfice des plus fortunés. On s'en doute, le tout suscita la fureur dans les chaumières de France.
Ensuite, les premiers grincements de dents émanant de SA majorité, de son parti UMP, se firent entendre. En effet, des élus froissés par les bonnes places accordées à des personnalités membres du Parti socialiste se sont appliqués à jouer une partition d'où les refrains de la loyauté à la personne du président avaient été gommés. Bref, des élus de l'UMP ont exposé leurs griefs à la satisfaction d'un certain François Fillon, premier ministre de son état.
Après un passage à vide dû à la surexposition de Sarkozy président par Sarkozy posant au premier ministre, Fillon a vu sa cote de popularité grimper au fur et à mesure que celle du président baissait. C'est encore le cas aujourd'hui. Rarement dans l'histoire de la Ve République on aura vu couple aussi dissemblable.
En novembre, le candidat Sarkozy, qui s'était engagé à conjuguer politique extérieure et droits de l'homme, reçoit en grande pompe Kadhafi, un homme dont la réputation en la matière a l'épaisseur d'un papier à cigarette. Puis, quelques jours plus tard, la France assiste au mélange des genres, à la confection du cocktail politique et «pipolisation». Sarko s'encanaille à Disneyland au bras de la belle Carla Bruni. Ce fut la goutte qui fit déborder le vase. Depuis lors, une majorité de Français ont l'impression d'être gouverné par un homme qui peine à passer à l'âge adulte. Il est peut-être bien «l'enfant barbare» dont parle le centriste François Bayrou.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

