Le 1er anniversaire de Sarkozy à la présidence -Désillusion générale en France
6 mai 2008
Europe
Photo : Agence Reuters
Nicolas Sarkozy
Paris — Le chef de l'État français Nicolas Sarkozy, élu haut la main le 6 mai 2007 en promettant la «rupture» et un «choc de confiance», célèbre aujourd'hui le premier anniversaire de son accession à la présidence dans un climat de désillusion générale et sous un flot de critiques.
Obtenant plus de 53 % des suffrages à la présidentielle devant la socialiste Ségolène Royal, après une campagne reconnue comme brillante jusque dans le camp de ses adversaires, chassant tantôt sur le terrain de l'extrême droite, tantôt sur celui de classes populaires autrefois acquises à la gauche, l'ancien ministre de l'Intérieur avait promis un changement de style et de cap profond.
Mais un an après les sondages témoignent de la désaffection des Français: deux instituts enregistraient hier une nouvelle baisse de la confiance que lui accordent les Français, qui s'établit à 36 % (LH2) et 42 % (IFOP).
La défaite de la droite aux municipales de mars avait déjà été interprétée comme un vote-sanction à l'égard du pouvoir et d'une politique de réformes souvent apparue comme chaotique.
Pire, selon un sondage CSA paru samedi dans l'hebdomadaire Marianne, 62 % des Français pensent que la France va traverser une grave crise d'ici la fin du mandat de Nicolas Sarkozy.
Dans une intervention télévisée fin avril, le président a fait amende honorable, regrettant des «erreurs» de communication, et s'est dit serein devant ces mauvais sondages, plus déterminé que jamais à mener à bien «les réformes dont le pays a besoin». Il s'est aussi dit déterminé à contenir la hausse des prix, principale préoccupation des Français, et principal thème de déception à l'égard de celui qui s'était fait élire comme le «président du pouvoir d'achat». Et il a mis le holà à la surexposition de sa vie privée — son divorce avec son épouse Cécilia, suivi de son remariage avec l'ex-top model Carla Bruni — qui a concouru selon les sondages à irriter les Français.
«Sévères avec Sarkozy, les Français saluent ses réformes», avançait hier le quotidien de droite Le Figaro, soulignant que la crise financière internationale avait «perturbé l'action du président de la République».
«Certes, le chef de l'État a joué de malchance. Personne n'avait anticipé le scénario catastrophe de la crise financière américaine, de l'envolée des cours du pétrole et des matières premières ainsi que la chute du dollar», concédait aussi le quotidien économique La Tribune.
Mais pour le reste, le président essuie les tirs croisés de l'opposition socialiste, requinquée malgré ses divisions internes. Et dans son propre camp, le mécontentement et les doutes se font de plus en plus entendre. «Nicolas Sarkozy a été le Monsieur Plus pour les plus riches et Monsieur Moins pour tous les autres.» Il est «le président du gâchis», a lancé hier le chef du PS, François Hollande.
La gauche a notamment fustigé la première mesure de la présidence Sarkozy à l'été 2007, un «paquet fiscal» chiffré à près de 15 milliards d'euros, qualifié de «cadeau» aux classes aisées.
Et malgré un certain nombre de réformes perçues comme un mal nécessaire, une succession de maladresses comme l'annonce, puis le retrait, d'une mesure remettant en question la carte de famille nombreuse, ont entériné le sentiment de désillusion des Français.
M. Sarkozy affirme lui que c'est à la fin de son quinquennat que l'on pourra véritablement juger son bilan. Pour célébrer l'anniversaire de sa victoire, il devait organiser aujourd'hui une réception avec les responsables de son parti et un dîner avec ses ministres et leurs conjoints.
Obtenant plus de 53 % des suffrages à la présidentielle devant la socialiste Ségolène Royal, après une campagne reconnue comme brillante jusque dans le camp de ses adversaires, chassant tantôt sur le terrain de l'extrême droite, tantôt sur celui de classes populaires autrefois acquises à la gauche, l'ancien ministre de l'Intérieur avait promis un changement de style et de cap profond.
Mais un an après les sondages témoignent de la désaffection des Français: deux instituts enregistraient hier une nouvelle baisse de la confiance que lui accordent les Français, qui s'établit à 36 % (LH2) et 42 % (IFOP).
La défaite de la droite aux municipales de mars avait déjà été interprétée comme un vote-sanction à l'égard du pouvoir et d'une politique de réformes souvent apparue comme chaotique.
Pire, selon un sondage CSA paru samedi dans l'hebdomadaire Marianne, 62 % des Français pensent que la France va traverser une grave crise d'ici la fin du mandat de Nicolas Sarkozy.
Dans une intervention télévisée fin avril, le président a fait amende honorable, regrettant des «erreurs» de communication, et s'est dit serein devant ces mauvais sondages, plus déterminé que jamais à mener à bien «les réformes dont le pays a besoin». Il s'est aussi dit déterminé à contenir la hausse des prix, principale préoccupation des Français, et principal thème de déception à l'égard de celui qui s'était fait élire comme le «président du pouvoir d'achat». Et il a mis le holà à la surexposition de sa vie privée — son divorce avec son épouse Cécilia, suivi de son remariage avec l'ex-top model Carla Bruni — qui a concouru selon les sondages à irriter les Français.
«Sévères avec Sarkozy, les Français saluent ses réformes», avançait hier le quotidien de droite Le Figaro, soulignant que la crise financière internationale avait «perturbé l'action du président de la République».
«Certes, le chef de l'État a joué de malchance. Personne n'avait anticipé le scénario catastrophe de la crise financière américaine, de l'envolée des cours du pétrole et des matières premières ainsi que la chute du dollar», concédait aussi le quotidien économique La Tribune.
Mais pour le reste, le président essuie les tirs croisés de l'opposition socialiste, requinquée malgré ses divisions internes. Et dans son propre camp, le mécontentement et les doutes se font de plus en plus entendre. «Nicolas Sarkozy a été le Monsieur Plus pour les plus riches et Monsieur Moins pour tous les autres.» Il est «le président du gâchis», a lancé hier le chef du PS, François Hollande.
La gauche a notamment fustigé la première mesure de la présidence Sarkozy à l'été 2007, un «paquet fiscal» chiffré à près de 15 milliards d'euros, qualifié de «cadeau» aux classes aisées.
Et malgré un certain nombre de réformes perçues comme un mal nécessaire, une succession de maladresses comme l'annonce, puis le retrait, d'une mesure remettant en question la carte de famille nombreuse, ont entériné le sentiment de désillusion des Français.
M. Sarkozy affirme lui que c'est à la fin de son quinquennat que l'on pourra véritablement juger son bilan. Pour célébrer l'anniversaire de sa victoire, il devait organiser aujourd'hui une réception avec les responsables de son parti et un dîner avec ses ministres et leurs conjoints.
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