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À droite toute

Serge Truffaut   30 avril 2008  Europe
Pour la première fois depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la municipalité de Rome va être dirigée par la droite. Et pas n'importe quelle droite. En effet, les citoyens de la capitale viennent d'élire maire Gianni Alemanno, un homme réputé être à la droite de la droite de l'Alliance nationale (AN) de Gianfranco Fini. De fait, à la faveur des législatives et des municipales, Silvio Berlusconi et ses alliés ont fait main basse sur tous les postes influents du pays.

Cela rappelé, l'écart constaté entre Alemanno et son adversaire, ex-numéro deux du cabinet Prodi et ex-ministre de la Culture, confirme la déconfiture du Parti démocrate de Walter Veltroni qui, avant l'amorce de la campagne pour les législatives, était maire de Rome. Ici et là, on assure que la volonté d'indépendance de Veltroni, par rapport à tous les partis qui formaient la coalition ayant porté Romano Prodi à la tête de l'État il y a deux ans, s'est avérée désastreuse. En adoptant une stratégie de rupture avec les formations de gauche et de centre-gauche, Veltroni a favorisé ce raz-de-marée de la droite.

Cette montée en puissance d'un camp politique ayant fait de l'insécurité et du rejet de certaines couches d'immigrants son fonds de commerce annonce des lendemains musclés. À preuve, les promesses ministérielles que le futur chef de l'État a faites à Umberto Bossi, leader de la Ligue du Nord. Ce dernier va hériter du poste de vice-premier ministre et de ministre des Réformes alors qu'un de ses complices de la Ligue sera ministre de l'Intérieur. Cette formation cultivant la xénophobie et l'antieuropéanisme devrait obtenir également le portefeuille de l'Immigration et possiblement celui de la Justice.

Forte de sa percée aux législatives et de sa victoire éclatante à Rome, l'Alliance nationale est en mesure de négocier au prix fort sa participation au prochain gouvernement Berlusconi. On sait que Fini va occuper le siège convoité de président du Parlement et qu'un bon nombre de ses lieutenants vont se retrouver ministres. Et non pas ceux voués à la figuration.

Si on se fie aux résultats des récents scrutins, il est écrit dans le ciel que les politiques en matière de sécurité et d'immigration vont se conjuguer avec fermeté. Pour ce qui est de l'économie, le défi de l'heure, voire des prochaines années, c'est le flou total. La chose est d'autant plus étonnante que la croissance du PIB au cours des dix dernières années a été atone. Enfin... étonnante... En artiste de la démagogie, Berlusconi s'est bien gardé d'annoncer les mesures que commande la santé économique de la nation.

Cela étant, l'adhésion d'une majorité d'Italiens à des thèses qui se fondent sur un rejet certain de l'Union européenne laisse présager des débats quelque peu houleux avec Bruxelles et les partenaires européens. Chose certaine, c'est qu'en Italie comme dans bien d'autres pays, le repli sur soi a pris le pas sur la construction de l'Europe.






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  • Hubert de Nicolini
    Inscrit
    mercredi 30 avril 2008 08h06
    J'arrive d'Italie et je suis inquiet.
    « J'arrive d'un court séjour en Italie.

    Le climat politique et social y est très inquiétant. Par exemple, ce monsieur Fini s'est permis, en campagne électorale dans les rues d'une banlieue de Rome, de se faire lui-même policier de l'immigration, en demandant leurs papiers àquelques «basanés» (pardonnez ce terme). De même, les médias nationaux italiens, lorsqu'ils évoquent un fait divers sordide (viol, meurtre, etc), s'empressent de mentionner la nationalité du présumé coupable,lorsque celui-ci est roumain et égyptien. Et ça fait la une. Si c'est un Luigi ou un Umberto Rossi qui est présumé coupable, ça se trouve en page 24, en bas à gauche...

    Je suis moi-même immigrant de première génération, de double citoyenneté, amoureux de la langue et de la culture italiennes. J'ai aussi voté aux dernières élections, mais vous comprendrez que je les ai perdues...

    Jamais l'Italie ne s'est retrouvée aussi près du fascisme depuis 1945... »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    mercredi 30 avril 2008 11h03
    L'hypocrisie Libérale !
    « Et dire que la communauté ethnique Italienne de Montréal (300,000 âmes Romaines) est l'un des pilliers électoraux du Parti Libéral de John James Charest !

    Même le "Montrealer" Basilio Giordano (qui se dira jamais Québécois), ancien candidat Libéral (biensûr), vient d'être élu Sénateur pour le parti de Berlusconni ! He oui, les Italiens peuvent garder leur citoyenneté et nationalité ethnique PAR LE SANG même s'ils sont nés dans un autre pays et y résident en permanence !

    Au Canada, les Québécois qui rejettent le fédéralisme d'Ottawa et affirment leur identité ethnique et nationale sont accusés de "repli sur soi" et de "xénophobes" et même chose pour les Italiens chez-eux qui rejettent l'Union Européenne et affirme leur identité ethnique et nationale !

    Mais ces mêmes Italiens une fois ici dans la fédération Canadienne, regroupés en communauté ethnique "tissée serrée", "exclusive", liée à la nation-mère l'Italie et votent en bloc contre le nationalisme des Québécois, sont applaudits comme des "exemples" de "citoyens du monde" !

    Quelle farce monumentale ! »

  • Roland Berger
    Abonné
    mercredi 30 avril 2008 16h13
    Enfin un voisin acceptable
    « Le Vatican peut fêter. Il a enfin un voisin acceptable qui l'aidera à mettre au pas tous ceux et celles qui s'opposent à sa morale biblique.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Terzibachian Jacques
    Inscrit
    mercredi 30 avril 2008 20h36
    Racines + opportunisme.
    « S'il fallait nous démontrer que les racines souterraines du faschisme sont toujours là; c'est fait!

    Le terrain est d'autant plus propice que les italiens de peuple émigrant sont maintenant face à la réalité des émigrés et par besoin personnel et par fond de commerce très organisé des filières mafieuses. »

  • Évelyne Favretti
    Abonné
    jeudi 1 mai 2008 18h14
    C'est bien dommage, mais la démocratie, c'est çà.
    « Ce qu'il faut constater, c'est l'échec de la gauche libérale. Elle n'a pas livré la marchandise et elle ne sait plus faire autre chose que déchirer sa chemise en distribuant les anathèmes aux mécontents au lieu de se remettre en question.

    Le balancier revient, et il va frapper...

    Paul Favretti »

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