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Italie - Berlusconi et Veltroni face à face dans les urnes

Reuters   14 avril 2008  Europe
Une femme passe devant un mur d’affiches électorales de Milan, peu après le début du vote hier. Près d’un tiers des électeurs n’avaient pas encore fait leur choix selon les derniers sondages.
Photo : Agence Reuters
Une femme passe devant un mur d’affiches électorales de Milan, peu après le début du vote hier. Près d’un tiers des électeurs n’avaient pas encore fait leur choix selon les derniers sondages.
Rome — Les électeurs italiens ont commencé à voter hier sans enthousiasme pour désigner leur nouveau Parlement et choisir entre le milliardaire Silvio Berlusconi et le studieux leader du centre gauche Walter Veltroni.

Hier, Berlusconi a voté sous les vivats à Milan, coupant la file des électeurs et faisant la bise à un petit garçon de trois ans. «Sauve-nous, Silvio !», lui a lancé un admirateur. À Rome, Veltroni, de dix-neuf ans son cadet, a patiemment attendu son tour. «J'espère que cela se passera bien», s'est contenté de dire l'ancien maire de Rome.

Berlusconi comme Veltroni ont promis de réduire la fiscalité afin de soutenir la consommation. Tous deux ont aussi relevé que les forces de police devaient être renforcées pour lutter contre le crime.

Mais de la quasi-faillite d'Alitalia à la crise des ordures de Naples, qui a illustré l'emprise du crime organisé sur une partie de l'économie italienne, de l'affaire de la mozzarella contaminée à la dioxine aux perspectives économiques lugubres, le moral de l'Italie semble atteint.

«J'ai foi dans le Parti démocrate mais je ne pense pas que le prochain gouvernement durera plus longtemps que le précédent», dit, désabusé, Ruggero Bianchi, 63 ans, inscrit dans un bureau de vote de Rome.

«Je me moque de savoir qui l'emportera. Je veux seulement un gouvernement qui dure», confie Francesco Antonazzi, un enseignant de 54 ans rencontré lui aussi dans un bureau de vote de Rome. «Nous votons une fois de plus, et qu'est-ce qui a changé ? Rien. Pour ma part, ce sera un vote de protestation», annonce Mila Sabattini, 35 ans, inscrite dans le centre de Milan.

Les bureaux de vote, qui ont ouvert à 8 h, devaient fermer à 22 h hier. Le vote reprendra ce matin entre 7 h et 15 h. Les résultats pourraient être connus quelques heures plus tard. La participation était plus faible qu'il y a deux ans hier. À 19 h, elle s'élevait à 48,69 %, contre 52,16 % à la même heure en 2006, selon les chiffres publiés par le gouvernement.

Outre les membres de la Chambre des députés et du Sénat, on vote également pour renouveler 426 maires, dont celui de Rome, ainsi que des conseils provinciaux et des assemblées régionales.

Selon les derniers sondages autorisés, publiés il y a deux semaines, près d'un tiers des 47 millions d'électeurs ne se sont pas encore décidés, signe que les 5 % à 9 % d'avance de Berlusconi sur Veltroni sont loin de lui être acquis.

«Il nous faut une majorité à la Chambre et au Sénat», a martelé Berlusconi vendredi, au dernier jour de campagne. «Je connais les derniers sondages et je suis absolument certain que nous obtiendrons une grande victoire», a ajouté l'ancien président du Conseil qui brigue à 71 ans une troisième expérience à la tête de l'Italie.

Les électeurs italiens ont «une longueur d'avance sur la politique, les journaux et les sondages», a répliqué Veltroni. «Vous verrez que nous aurons quelques surprises le 13 avril», a assuré le leader du Parti démocrate.

Une économie qui s'enlise

Le vainqueur héritera d'une économie en plein enlisement. La croissance italienne est l'une des plus basses de la zone euro, et le FMI prévoit qu'elle ne sera que de 0,3 % en 2008.

D'autres maux frappent l'Italie, estime le Prix Nobel de littérature portugais José Saramago, qui qualifiait récemment le pays de «démocratie malade, où prospèrent la corruption, la mafia et la criminalité».

Cette situation ne tempère toutefois pas l'enthousiasme de Silvio Berlusconi, entre provocations sexistes et promesses évasives, notamment au sujet d'un plan de sauvetage italien de la compagnie aérienne Alitalia, encore non concrétisé.

Le dirigeant conservateur, seul président du Conseil de l'après-guerre à être allé au terme d'un mandat (2001-06), se dit confiant dans ses chances d'obtenir une majorité confortable à la Chambre des députés.

Il craint en revanche qu'un résultat serré au Sénat ne le place dans la même position de fragilité que Romano Prodi, poussé à la démission en janvier par l'effondrement de sa coalition vingt mois après son arrivée au pouvoir.
 
 
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