La mission française en route pour la Colombie
Elle tentera de prendre contact avec les FARC
3 avril 2008
Europe
Paris — Une mission humanitaire lancée par la France est partie hier pour la Colombie afin de tenter d'atteindre Ingrid Betancourt, une opération délicate et sans garantie de succès, alors que la famille de l'otage lançait un appel pressant au chef des FARC.
Cette mission a été lancée au lendemain du nouvel appel solennel de Nicolas Sarkozy pour que la guérilla libère l'otage franco-colombienne, détenue depuis six ans et que le chef de l'État français a décrite en «danger de mort imminente».
«Une mission humanitaire des trois facilitateurs, l'Espagne, la France et la Suisse, a débuté, en liaison avec les autorités concernées», a seulement annoncé la présidence française. Ces trois pays mènent depuis plusieurs années une médiation avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) pour parvenir à un accord humanitaire visant à échanger des otages dits politiques — dont Ingrid Betancourt — contre des rebelles emprisonnés.
Les membres de la mission «partent à l'aventure», a estimé une source proche du dossier. «Le problème, c'est qu'on n'a pas de réponse des FARC.» De nombreuses inconnues entourent en effet cette mission, officiellement destinée à prendre contact avec les FARC et à obtenir accès à l'otage.
Les négociations en vue d'une libération d'Ingrid Betancourt et d'autres otages ont été compromises par la mort du numéro deux des FARC, Raul Reyes, interlocuteur clef du dossier, tué en mars dans un raid de l'armée colombienne.
«Il y a des échanges de communications. Il faut acquérir la certitude sur la fiabilité de ces sources. Il n'y a pas d'engagement concret de la part des FARC», a affirmé Astrid Betancourt, la soeur de l'otage.
À Genève, le CICR a confirmé être prêt à jouer le rôle d'intermédiaire neutre, comme il l'a fait par le passé lors de la libération de six otages par les FARC. Il a toutefois affirmé n'avoir aucune information sur l'otage malgré ses demandes aux FARC.
L'envoi de cette mission est l'aboutissement de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines de tractations intenses, alors que des témoignages ont fait état d'une aggravation de l'état de santé de Mme Betancourt.
Nicolas Sarkozy, qui a fait d'Ingrid Betancourt une cause nationale, a appelé les présidents colombien Álvaro Uribe et vénézuélien Hugo Chávez et obtenu le soutien des présidents brésilien et argentin. Il a obtenu du président colombien Álvaro Uribe qu'il s'engage à faire cesser les opérations militaires dans la zone où la mission humanitaire se rendra.
Entre-temps, la famille de l'otage a lancé un nouvel appel aux FARC et au président Uribe, restant toutefois divisée sur la situation d'Ingrid Betancourt, qui souffrirait d'une rechute d'hépatite B, et notamment sur le fait de savoir si elle avait entamé une grève de la faim.
Le fils de l'otage, Lorenzo Delloye, a estimé lors d'une conférence de presse à Paris que sa mère s'était engagée dans un rapport de force avec la guérilla et M. Uribe en entamant une grève de la faim il y a cinq semaines. Lorenzo Delloye n'a pas donné la source de ces informations, qu'Astrid Betancourt a jugées invraisemblables.
Cette mission a été lancée au lendemain du nouvel appel solennel de Nicolas Sarkozy pour que la guérilla libère l'otage franco-colombienne, détenue depuis six ans et que le chef de l'État français a décrite en «danger de mort imminente».
«Une mission humanitaire des trois facilitateurs, l'Espagne, la France et la Suisse, a débuté, en liaison avec les autorités concernées», a seulement annoncé la présidence française. Ces trois pays mènent depuis plusieurs années une médiation avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) pour parvenir à un accord humanitaire visant à échanger des otages dits politiques — dont Ingrid Betancourt — contre des rebelles emprisonnés.
Les membres de la mission «partent à l'aventure», a estimé une source proche du dossier. «Le problème, c'est qu'on n'a pas de réponse des FARC.» De nombreuses inconnues entourent en effet cette mission, officiellement destinée à prendre contact avec les FARC et à obtenir accès à l'otage.
Les négociations en vue d'une libération d'Ingrid Betancourt et d'autres otages ont été compromises par la mort du numéro deux des FARC, Raul Reyes, interlocuteur clef du dossier, tué en mars dans un raid de l'armée colombienne.
«Il y a des échanges de communications. Il faut acquérir la certitude sur la fiabilité de ces sources. Il n'y a pas d'engagement concret de la part des FARC», a affirmé Astrid Betancourt, la soeur de l'otage.
À Genève, le CICR a confirmé être prêt à jouer le rôle d'intermédiaire neutre, comme il l'a fait par le passé lors de la libération de six otages par les FARC. Il a toutefois affirmé n'avoir aucune information sur l'otage malgré ses demandes aux FARC.
L'envoi de cette mission est l'aboutissement de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines de tractations intenses, alors que des témoignages ont fait état d'une aggravation de l'état de santé de Mme Betancourt.
Nicolas Sarkozy, qui a fait d'Ingrid Betancourt une cause nationale, a appelé les présidents colombien Álvaro Uribe et vénézuélien Hugo Chávez et obtenu le soutien des présidents brésilien et argentin. Il a obtenu du président colombien Álvaro Uribe qu'il s'engage à faire cesser les opérations militaires dans la zone où la mission humanitaire se rendra.
Entre-temps, la famille de l'otage a lancé un nouvel appel aux FARC et au président Uribe, restant toutefois divisée sur la situation d'Ingrid Betancourt, qui souffrirait d'une rechute d'hépatite B, et notamment sur le fait de savoir si elle avait entamé une grève de la faim.
Le fils de l'otage, Lorenzo Delloye, a estimé lors d'une conférence de presse à Paris que sa mère s'était engagée dans un rapport de force avec la guérilla et M. Uribe en entamant une grève de la faim il y a cinq semaines. Lorenzo Delloye n'a pas donné la source de ces informations, qu'Astrid Betancourt a jugées invraisemblables.
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