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Cinq ans après le renversement de Saddam Hussein - Pas de répit pour le peuple irakien

17 mars 2008  Europe
Une étudiante prend part à une manifestation contre la guerre en Irak organisée hier à Séoul. La veille, des milliers de personnes ont fait de même dans le monde, notamment aux États-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne ou en Espagne, cinq ans apr
Photo : Agence Reuters
Une étudiante prend part à une manifestation contre la guerre en Irak organisée hier à Séoul. La veille, des milliers de personnes ont fait de même dans le monde, notamment aux États-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne ou en Espagne, cinq ans apr
Londres — L'Irak reste l'un des pays les plus dangereux au monde cinq ans après l'intervention de la coalition internationale pour renverser Saddam Hussein, une insécurité qui a causé le déplacement de plus de quatre millions d'Irakiens, selon un rapport d'Amnestie internationale publié aujourd'hui.

«L'Irak est l'un des pays les plus dangereux au monde», a écrit l'organisation de défense des droits de l'Homme, dont le siège est à Londres, dans un rapport intitulé «Carnage et désespoir, l'Irak cinq ans après».

«Des centaines de personnes sont tuées chaque mois dans la violence omniprésente, tandis qu'un nombre incalculable de vies sont menacées chaque jour par la pauvreté, les coupures d'électricité et d'approvisionnement en eau, les pénuries en nourriture et en produits médicaux, et la violence croissante contre les femmes et les jeunes filles», a relevé l'organisation.

Selon elle, les attentats et meurtres perpétrés par les milices confessionnelles, la torture et les maltraitances par les forces irakiennes et la détention, souvent sans inculpation ni procès, de milliers de personnes — actuellement estimées à 60 000 — par les troupes irakiennes et américaines ont eu un «effet dévastateur, provoquant le déplacement de plus de quatre millions d'Irakiens».

«Des millions de dollars ont été dépensés pour la sécurité mais aujourd'hui, trois Irakiens sur quatre n'ont toujours pas un accès sécurisé à l'eau potable et près d'un tiers de la population — quelque huit millions de personnes — dépend de l'aide d'urgence pour survivre», a poursuivi Amnestie, relevant que la moitié de la population active était sans emploi et que quatre Irakiens sur dix vivaient avec moins d'un dollar par jour.

«L'administration de Saddam Hussein était un symbole du non-respect des droits de l'Homme mais son remplacement n'a apporté absolument aucun répit au peuple irakien», a souligné Malcolm Smart, directeur du Moyen-Orient et de l'Afrique du nord d'Amnesty.

Y compris dans la région plus paisible du Kurdistan, «la meilleure situation économique n'a pas été accompagnée d'un plus grand respect des droits de l'Homme», a estimé l'organisation.

Les problèmes de sécurité ont «entravé les efforts» pour restaurer l'ordre «mais même lorsque les autorités irakiennes ont été en position de protéger les droits de l'Homme, elles ont largement échoué».

«Les procès sont couramment inéquitables avec des inculpations en vertu de preuves qui auraient été obtenues sous la torture, et des centaines de personnes ont été condamnées à mort», a poursuivi Amnesty. «C'est l'un des aspects les plus inquiétants pour l'avenir», a souligné M. Smart.

Pour l'organisation, toutes les parties ont violé les droits de l'Homme, certaines commettant des crimes de guerre et des crimes contre l'Humanité.

Quelques heures plus tôt, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avait publié lui aussi un rapport dévastateur qui faisait état d'une situation humanitaire parmi les «plus critiques au monde». «À cause du conflit, des millions d'Irakiens ont difficilement accès à l'eau potable, aux installations sanitaires et aux soins de santé», déplore le CICR. Selon l'organisation humanitaire, «la crise actuelle est exacerbée par les effets prolongés des conflits armés précédents et d'années de sanctions économiques».






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