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«Oubliez 1968!»

Même Daniel Cohn-Bendit ne supporte plus les soixante-huitards quand ils ressemblent à... Nicolas Sarkozy

Christian Rioux   15 mars 2008  Europe
Daniel Cohn-Bendit
Photo : Agence France-Presse
Daniel Cohn-Bendit
Strasbourg — Faut-il croire Daniel Cohn-Bendit lorsqu'il déclare qu'il n'avait pas l'intention se faire entendre pour ce 40e anniversaire de Mai 68? À l'en croire, il ne serait pas sorti de sa réserve n'eût été des déclarations de Nicolas Sarkozy en campagne électorale imputant tous les maux de la Terre aux insurgés de 1968.

«Je me suis senti interpellé», dit-il, l'air candide, au deuxième étage du gros ballon de football qui tient lieu de parlement européen à Strasbourg. L'enfant terrible de 1968 est toujours aussi rapide à la détente. Qu'est-ce que Sarkozy ne lui ferait pas faire! Le voilà donc qui publie en catastrophe un livre d'entretiens et qui se lance dans une tournée américaine qui débutera dès lundi par deux conférences au Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal (CERIUM). Il lui arrive de donner cinq entrevues par jour sur le même sujet, me dit sa secrétaire anglophone et germanophone. Car il en a une autre, francophone celle-là. Normal pour un juif franco-allemand issu d'une grande famille cosmopolite et devenu coprésident du groupe des verts au Parlement européen.

Avant d'aller porter la bonne parole à Washington, à New York et à Boston, Danny le Rouge est venu rappeler aux Québécois qu'il fallait tout simplement... oublier 1968. Snobisme anglophile oblige, Cohn-Bendit a préféré intituler son livre Forget 68 (Éditions de l'Aube) car, dit-il, «il y a de belles chansons en anglais, comme Yesterday». Voilà que Cohn-Bendit se prend pour John Lennon.

Un monde oublié

Après le 25e et le 30e anniversaire, nous voilà donc repartis pour un autre tour. Une autre session de remue-méninges sur les tares et les mérites du grand happening collectif qui s'est emparé de la rive gauche en ce joyeux printemps. Mais pourquoi faudrait-il oublier 1968?

«1968 fut un mouvement mondial, dit Cohn-Bendit. Partout dans le monde, la révolte des jeunes a pris des formes particulières. Ce fut la grève générale en France, Woodstock et l'opposition à la guerre du Vietnam aux États-Unis. La question nationale au Québec et la lutte contre le communisme en Pologne. Soixante-huit, c'était la révolte des jeunes contre le monde créé par leurs parents immédiatement après la guerre, un monde rigide et conservateur où l'autorité imposait le respect. Ceux qui avaient 20 ans en 1968 n'ont plus voulu de ce monde et de ce genre d'autorité.»

S'il faut oublier Mai 68, c'est que ses principaux mots d'ordre n'auraient plus de sens aujourd'hui dans une société qui n'a plus rien à voir avec cette époque.

«Ce passé est mort, dit Cohn-Bendit. On ne se souvient même plus à quoi ressemblait cette société où les femmes ne pouvaient pas ouvrir un compte en banque sans la signature de leur mari. C'était une société où, en France, le ministre de l'Information, Alain Peyrefitte, qui était aussi responsable des universités, recevait le texte du bulletin quotidien de nouvelles avant sa diffusion à 20h et pouvait intervenir à tout moment en ondes quand il le désirait. On n'en est plus là!»

C'est dans cette société gaulliste un peu terne que le recteur de la Sorbonne avait décrété une heure de couvre-feu après laquelle les garçons n'avaient plus le droit de visiter leur petite amie dans les résidences étudiantes. «On a décidé de passer outre et c'est tout. Et on l'a fait.» Il n'en fallait pas plus pour paralyser la rive gauche et le pays entier pendant trois semaines.

L'autre côté de 1968

Mais au-delà de cette joie furibonde, de la liberté des moeurs et de cette première irruption des jeunes et des femmes dans la vie politique, n'y a-t-il pas un autre Mai 68? Oui: celui de tous les débordements, celui d'«il est interdit d'interdire», celui des «élections, piège à cons» et de «CRS = SS»!

Il y a longtemps que le député Cohn-Bendit a revendiqué un certain droit d'inventaire sur Mai 68, dont il a critiqué les accents parfois démagogiques. «En 1968, il y avait des gens qui réclamaient plus de liberté au nom de Mao Tsé-toung, il faut le faire! D'autres le faisaient au nom d'un individu qui s'appelait Fidel Castro: fallait aussi le faire! D'autres le faisaient au nom du trotskisme. Nous, on le faisait au nom des libertaires et de tous les perdants comme ceux de la guerre d'Espagne. En 1968, il s'est aussi dit beaucoup de bêtises.»

Parmi ces slogans terribles, il y a notamment cette étonnante affirmation selon laquelle «le privé est politique». Bien sûr, dit Cohn-Bendit, la libération sexuelle et les droits des homosexuels sont dans un certain sens politiques. Le député européen ne renie rien à ce propos. Mais il est le premier à souligner que l'application d'un tel slogan mène inévitablement à la terreur. «En effet, quand tout est public, quand la sphère privée disparaît, c'est le totalitarisme.»

Dès 1978, l'écrivain Régis Debray avait fait remarquer que l'individualisme soixante-huitard était une condition essentielle à l'explosion de la société de consommation. Cohn-Bendit ne va pas jusque-là. Il ne nie pas que la révolte de 1968 ait créé une société plus individualiste, mais il préfère dire plus «autonome». Il reconnaît aussi que cette société est aussi, à bien des égards, «plus dure».

«C'est vrai, car lorsqu'on a plus d'autonomie, on a aussi plus de responsabilités. C'était une révolte prométhéenne. Tout semblait possible. À cette époque, il n'y avait ni le chômage ni le réchauffement climatique. On ne connaissait pas le sida. Les jeunes qui étaient à l'université — et ils n'étaient pas aussi nombreux à l'époque — avaient un avenir assuré. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.»

Daniel Cohn-Bendit refuse pourtant d'accuser Mai 68 d'avoir encouragé une certaine médiocrité de l'école au profit d'une pédagogie de l'inventivité, de la spontanéité et de l'«autoconstruction des savoirs», comme on dit dans un certain jargon. C'est ce que lui reproche notamment le philosophe Luc Ferry, par ailleurs très loin de rejeter l'héritage de Mai 68 en ce qui concerne les droits des femmes, la conquête de la liberté sexuelle et le triomphe définitif du mariage fondé sur l'amour. Mais Cohn-Bendit n'en démord pas. «Avant tout, il faut d'abord donner le goût d'apprendre. Cessons de tout reprocher à Mai 68. Il faut arrêter ces jugements définitifs.»

Un soixante-huitard contrarié

À propos de jugements définitifs: en avril 2007, alors qu'il était en pleine campagne électorale, Nicolas Sarkozy avait accusé Mai 68 d'être responsable non seulement de la faillite de l'école mais aussi du dénigrement de l'identité, du communautarisme, du cynisme capitaliste et même des parachutes dorés des grands présidents d'entreprises. Ironiquement, souligne Cohn-Bendit, Sarkozy est le plus soixante-huitard de tous les présidents.

«Sarkozy est un soixante-huitard contrarié. Il veut "jouir sans entraves" et nous impose ses jouissances quotidiennes. Pensez-y, un président divorcé qui divorce une seconde fois à peine élu président, ça n'aurait jamais été possible du temps de tante Yvonne [l'épouse du général de Gaulle]. [...] Et ce slogan de campagne, "tout devient possible", c'était finalement assez bizarre et assez soixante-huitard. Sauf que tout n'est pas possible et qu'on s'en aperçoit assez vite. Alors, que Sarkozy nous foute la paix avec Mai 68!»

Correspondant du Devoir à Paris
 
 
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  • Dominic Pageau
    Abonné
    samedi 15 mars 2008 00h50
    C'est vrai qu'une partie de l'héritage de mai 68 est négative
    C'est là que l'idée du nivellement par le bas s'est popularisée, c'est aussi là que l'idée que l'homme et la femme sont identiques biologiquement à quelques variantes près à pris de l'ampleur, c'est aussi là que le mouvement anti-famille dit mononucléaire appelé bourgeoise s'est répandu comme une trainée de poudre.

    On est pas encore débarrasé de ces idées incohérentes.

  • léon CHARLES
    Inscrit
    samedi 15 mars 2008 06h02
    Une observation
    Je remarque une chose lorsque vous écrivez (exemple) un article sur "Sogalène Royale" vous dîtes "MADAME" Sogalène Royale .Quand vous citez le Président de la République Française c'est " Nicolas Sarkozy " je pense que par respect pour le rang qu'il occupe de mettre devant son nom " MONSIEUR " ou " le Président " serait plus courtois.Journalistes et chroniqueurs peuvent'il tout se permettre ?

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 15 mars 2008 09h33
    SARKO EST NÉ EN 1955!
    Il avait 13 ans en 1968! Et il ne devait vraiment pas être grand!!!

  • François Dorion
    Abonné
    samedi 15 mars 2008 10h08
    Le sens de mai 68
    Daniel risque de manquer le sens de Mai 68 s'il ne lit pas "Pacem in Terris"

  • François Dorion
    Abonné
    samedi 15 mars 2008 10h23
    La France profonde en Mai 68
    Il faut aussi lire "Hôtes de passsage" de Malraux pour comprendre ce qui agitait la France en 68

  • Eric Shannon
    Inscrit
    samedi 15 mars 2008 12h37
    Le résultat
    Outre les propos hétéronormatifs habituels de M. Pageau, il est vrai que Mai 68 et les autres mouvements contestataires ont créés une sorte de totalitarisme qui parfois dénaturalise l'essence même de la contestation. En France, où je vis et fréquente un milieu dit libertaire, on sent un manque de souffle et de compréhension face au passé revendicateur. Soit on ne le comprend pas parce que trop jeune on ne l'a pas vécu, soit on ne voit plus vraiment d'issu et on reproduit les mêmes méthodes pour contester: la grève qui paralyse et qui réagit afin de garder des acquis insoutenable pour l'état et la société. De l'autre côté, on est enfermé dans une société encore sexiste et raciste. Alors que dans les années 1970-80 il était compréhensible que le mouvement féministe montre la capacité des femmes à s'organiser de manière autonome et sans les hommes, cette méthode perd aujourd'hui son sens en Amérique. Le contexte actuel veut plutôt un nouvel apprentissage de l'autre afin de vivre ensemble. Or en France, nous sommes loin, très loin, de cette étape. Il y a encore des écarts énormes entre les sexes dans un pays ou il est indispensable pour les femmes de préciser si on doit les appeller Madame ou Mademoiselle.

    L'héritage de Mai 68, en France, a fait place a un cynisme destructeur où le piétinement l'emporte sur le changement. On veut changer et on ne veut pas à la fois.

  • Marie Lauzier
    Inscrite
    samedi 15 mars 2008 16h37
    Vive les slogans de mai 68 !
    Quelques slogans soixante-huitards (prix su Wiki) qui me font encore vibrer:

    .Il est interdit d'interdire.

    .L'imagination prend le pouvoir !

    .À bas la société spectaculaire marchande.

    .Je prends mes désirs pour des réalités car je crois en la réalité de mes désirs.

    .L'ennui est contre-révolutionnaire.

    .Pas de replâtrage, la structure est pourrie.

    .On ne revendiquera rien, on ne demandera rien. On prendra, on occupera.

    .Depuis 1936, j'ai lutté pour les augmentations de salaire. Mon père avant moi a lutté pour les augmentations de salaire. Maintenant j'ai une télé, un frigo, un VW. Et cependant, j'ai vécu toujours la vie d'un con. Ne négociez pas avec les patrons. Abolissez-les.

    .Le patron a besoin de toi, tu n'as pas besoin de lui.

    .Soyez réalistes, demandez l'impossible.

    .On achète ton bonheur. Vole-le.

    .La barricade ferme la rue mais ouvre la voie.

    .Imagine : c'est la guerre et personne n'y va !

    .Cours camarade, le vieux monde est derrière toi.

    .Les murs ont la parole.

    .ORTF : La police vous parle tous les soirs à 20 heures.

    .Prenez vos désirs pour la réalité.

    .Nous sommes tous des Juifs allemands.

  • Yvon Montoya
    Abonné
    samedi 15 mars 2008 16h48
    Mai 68. Un vent de liberté dont on veut se protéger encore aujourd'hui..
    Mai 1968, l'amour tous les jours avec sourire et fleurs et les ouvriers dans les rues face aux CRS. Ce n'était pas la Commune de 1871 mais presque. Cette époque ou le père inavoué de Louis Aragon fit fusiller les insurgés français, les communards. Une riche tradition anarchiste et révolutionnaire s'exprimait pour la dernière fois. C'était presque l'acte surréaliste par exemple dans les rues mais sans le revolver. Juste l'illusion d'un monde sans hypocrisie, sans mensonge. Cette tradition qui nous offrit nos libertés d'aujourd'hui. Des Rimbaud, en style gavroche, couraient dans les rues, cocktail Molotov à la main. La liberté a un prix. "J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie », c'est ce que nous disions après Paul Nizan si on n'avait pas le courage de fuir le conformisme et le confort et l'ennui de la société français d'alors.
    Mais 68, ce n'était pas « tranquille » du tout. On suivait dans le journal Le Monde les mouvements estudiantins et les compagnies de CRS sur des cartes et on regardait les De Gaulle et les Pompidou apeurés et bavant d'incompréhension. J'ai couru dans les rues avec les ouvriers dont mon père faisait partie. On parlait littérature et philosophie avec nos profs. On s'embrassait enfin librement sans avoir peur de rien. Nous étions pour une dernière fois ensemble, ouvriers, bourgeois, pauvres et la jeunesse qui s'éveillait. La France entière déjeunait sur les pavés et sur l'herbe ensemble. 23 ans après l'horrible époque de Vichy fasciste de Pétain/Laval, 6 ans après l'affreuse guerre d'Algérie d'où je venais. Daniel Cohn-Bendit qui avait joué enfant sur les genoux d'Hannah Arendt tirait la langue au pouvoir coincé et triste de la bourgeoisie française. On s'ennuyait en France avant Mai 1968.
    Allons-nous maintenant insulter une fête que l'humanité toute entière à fêter ensemble? Car ne l'oublions pas, la guerre froide ne nous a pas interdit de communier avec le Printemps de Prague et tout le reste de la planète en passant par la Chine, Le Viet-Nam, la Californie, l'Amérique Latine. Comme un bouquet de fleurs, Mai68 nous a permis de casser les frontières des vieux pour les ouvrir au mouvement de la jeunesse. Rome ou Berlin ou Amsterdam, nous étions tous dans le même fil de l'histoire. Nous partagions tous tout pour la dernière fois. Quel bonheur d'aimer enfin sans que cela soit une affaire de famille. Maintenant, nous sommes dan nos boites, isolés, craintifs, plein de principes éclairés et intelligents. De la mesquinerie en veux-tu en voilà. Maintenant, nous sommes intelligents et lucides et le monde ne changera plus. Il restera médiocre et nous n'aurons plus jamais d'Antoine Doinel ni de Pierrot le Fou. On ne sera pus jamais à but de souffle pour vivre et aimer comme en Mai 68. D'ailleurs Godard avait déjà fait son testament de l'époque dans son Masculin féminin: "faire rendre gorge à la réalité." C'était ça Mai68. Vous, vous préférez le Coca Cola. Mais nous, moi, dans ce temps-la, nous aimions au sortir de la salle de cinéma nous répéter inlassablement ce que nous avion senti et entendu au cours de ce film; « "La sagesse, ça serait si on pouvait vraiment voir la vie, vraiment voir. Ca serait ça la sagesse." Mai 68, c'était bien la dernière fois.

  • Jean-Yves Poutiers
    Inscrit
    dimanche 16 mars 2008 05h31
    atteinte à la démocratie
    je m'appelle Jean-Yves POUTIERS, j'ai 58 ans et j'habite au 39 rue des Noues à VERT LE GRAND ( 91810 )

    Je suis réalisateur de cinéma, mais devenu sourd à 100 % depuis mars 2006, je suis actuellement en arrêt-maladie.

    A ce titre j'ai reçu en décembre dernier ma carte d'invalidité.

    J'ai eu la chance le 9 mars 2007 d'être greffé d'un implant cochléaire ( oreille électronique dans le crâne ) et depuis avril 2007 je suis en rééducation, car miracle, j'entends à nouveau. Les sons sont différents ... mais j'arrive à nouveau à entendre et à retrouver ma place dans la société.

    Je viens notamment de participer à une table-ronde dans le cadre de la semaine nationale du son au Palais de la découverte à Paris le 16 février dernier.

    Pour m'occuper et faire une rééducation active je réalise toutes sortes de films familiaux et associatifs .

    C'est ainsi que dans mon village de Vert-le-Grand, dans l'Essonne, j'ai réalisé plusieurs films documentaires.

    Parallèlement, constatant que la démocratie est bafouée depuis des années dans ce même village, j'ai accepté d'être candidat aux élections municipales le 9 mars 2008.

    Après une campagne honteuse de la part du Maire sortant, de ses colistiers et soutiens nourrie de calomnies, de diffamations, d'injures, de délations, d'arrachage d'affiches sur les panneaux officiels, qui a vu quand même la victoire de sa liste au 1er tour avec 19 élus sur 19, 21électeurs grandvertois viennent de déposer plainte auprès du tribunal pour faire annuler les élections.

    Notre village est devenu une municipalité " bananière "( depuis plusieurs années )

    Un scandale vient d'éclater vendredi 14 mars à 18 h 15 !

    J'ai voulu aller filmer la première réunion du nouveau Conseil municipal se tenant à la Mairie.

    J'avais déjà filmé deux réunions de conseils, ces trois dernières années. Pour être certain que j'avais le droit j'avais interrogé l'Union des Maires de l'Essonne et le Conseiller juridique m'avait répondu qu'aucun texte de loi ne l'empêchait. Il m'a précisé, dès lors que quelque chose n'est pas interdit ... c'est autorisé et personne ne peut me l'empêcher.

    Cela m'a été confirmé par l' AMF, l'association des Maires de France à Paris, le même jour. Le conseiller juridique de l'AMF m'a précisé que 2 Maires en France qui avaient pris un arrêté municipal pour empêcher, l'un, un conseiller, l'autre un citoyen, d'enregister sur magnétophone les débats du conseil municipal, avaient vu casser ces mêmes arrêtés par le Conseil d'etat.

    J'ai immédiatement pris contact avec le Conseil d'état qui m'a envoyé les textes des arrêtés. C'est ce qui m'a permis de filmer deux conseils municipaux.

    A la suite de cela, le Maire a invoqué le droit à l'image et la secrétaire de Mairie, une employée municipale et le directeur des services techniques m'ont écrit pour que je ne puissse utiliser ces images ou les flouter.

    Le Maire m'écrit régulièrement pour me réclamer les enregistrements, mentant dans chacune de ses lettres en disant que je m'y étais engagé, ce qui est complètement faux, car il ne peut produire aucun document où je me serais engagé à le faire ou aucun témoin qui aurait assisté à une telle promesse oralement !

    Il m'avait menacé plusieurs fois de m'interdire l'accès de la salle du conseil, oralement et par écrit. J'avais peur de lui et de certaines personnes proches de lui, donc j'avais arrêté.

    Mais, vendredi dernier, à 16 h, je suis allé à Bondoufle, à 3km de Vert le Grand , pour prévenir les Gendarmes que j'allais filmer la 1ère séance du nouveau Conseil municipal de Vert le Grand .

    Avant d'entrer dans la gendarmerie, j'ai croisé notre Maire, Jean-Claude QUINTARD, sur le seuil de la porte. Il sortait de la gendarmerie. Je l'ai informé que je me préparais à filmer la 1ère réunion du nouveau conseil municipal, et que suite à ses menaces, je venais en informer la gendarmerie, car il n'a pas le droit de me l'interdire ! Il m'a donc répondu que je pourrais filmer en m'installant au fond de la salle.

    Le Gendarme Penalver m'a ensuite reçu à l'accueil, et m'a conseillé d'aller filmer, muni des arrêtés du Conseil d'Etat, et dit de le prévenir si le Maire m'interdisait.

    Je me suis donc rendu à 18 h 15 en Mairie, en compagnie d'un voisin et ami, Président de l'association "Agir ensemble pour Vert le Grand"qui venait de présenter une liste de 19 candidats à la campagne électorale, dont je faisais partie.

    Sur le pas de la porte, en haut des escaliers, le Maire m'attendait et m'a signifié immédiatement qu'il m'interdisait l'accès de la salle avec la caméra. Je pouvais entrer mais sans elle, et il m'a précisé qu'il avait donné l'ordre à la police municipale de m'interdire l'accès avec ma caméra. L'échange a été très bref. Il a refusé de lire les arretés du Conseil d'état et est parti dans la salle du Conseil toute proche.

    Monsieur Alain COMBETTE, Directeur des Services techniques s'est alors interposé sur le seuil de la porte d'entrée de la Mairie pour m'empêcher de rentrer, me précisant qu'il était policier municipal, alors que c'est faux. Je tiens à préciser que cet homme est en liberté conditionnelle. Il est en attente de jugement.

    J'ai filmé toute cette scène où ce Mr Combette m'empêche de rentrer avec l'échange de nos propos.

    J'ai immédiatement cherché à alerter la gendarmerie. Le Maire m'a empêché de téléphoner depuis la Mairie, me disant qu'il y avait une cabine sur la place. Comme je n'avais ni carte ni espèces j'ai cherché à téléphoner depuis le bar restaurant sur la place, et enfin l'épicier m'a permi de téléphoner.

    Je suis tombé sur une interlocutrice de la gendarmerie qui m'a passé un gendarme. Je l'ai prévenu que j'avais rencontré 2 h plus tôt son collègue. Comme il hésitait à se déplacer, je lui ai dit que je porterais plainte contre eux auprès du Procureur de la Répunlique s'ils ne venaient pas me prêter assistance pour faire respecter mes droits de filmer.

    10 minutes plus tard, 4 gendarmes arrivaient.

    Ils m'ont écouté et sont rentrés dans la Mairie, je suppose pour parlementer avec le Maire, car je suis resté dehors en commentant en direct devant la caméra la situation.

    Quand ils sonr ressortis ils m'ont redemandé pourquoi je filmais, et pour quelle utilisation. Jel eur ai répondu que c'était pour moi dans un premier temps, et que plus tard je donnerais le reportage aux archives communales, quand le Maire ne serait plus Maire.

    Ils m'ont alors dit alors : " Monsieur vous pouvez rentrer en Mairie avec votre caméra pour filmer "

    J'ai donc installé la caméra le plus haut possible sur son pied, dans le hall, pour essayer de filmer. Le Directeur des services techniques faisait un barrage de son corps pour m'empêcher de passer avec les amis du Maire. Je suis donc resté dans le hall et ai essayé de filmer.

    Le Directeur des services techniques, pendant les prises de vues, n'arrêtait pas de bouger avec sa main devant l'objectif pour m'empêcher de tourner. J'ai alors brandi la caméra très haut hors d'atteinte de ce Monsieur qui ne pouvait plus interposer sa main. Cela a duré quelques minutes, car le Conseil municipal se terminait.

    De nombreuses personnes du village étaient présentes et pourront témoigner de cette scène.

    Je dispose d'un reportage de tout ceci jusqu'à mon entrée dans la Mairie. Ensuite, dans l'affollement de la situation, j'ai dû faire une mauvaise manipulation qui a effacé toutes les scènes prises en Mairie dans le hall, vue la pression qu'on exercait sur moi.

    Vous comprendrez aisément que cette situation a provoqué un scandale dans la Mairie etq ue beaucoup de grandvertois présents, opposés au Maire m'ont apporté leur soutien, les autres se contentant de sourire, satisfaits du bon tour qu'on m'avait joué.

    Ce fait est récent puisque c'était avant hier, réel, et beaucoup de témoins peuvent en attester come le reportage vidéo réalisé car j'ai laissé tourner la caméra et un grandvertois l'a même tenue pour filmer pour me relayer ... Une copie du reportage est en possession d'une chaîne de télévision.

    Cet événement est extrêmement grave car :

    C'est une atteinte à la démocratie :

    1 - C'est une atteinte à la devise de notre République :

    - au premier élément de la devise de notre République : la liberté ... liberté de filmer pour tout citoyen dans une mairie ... une séance publique d'un conseil municipal.
    - au second élément de la devise de notre République : ... l'égalité . A la fin du conseil j'ai vu une personne qui filmait les élus avec un petit camescope.
    - au troisième élément de notre République : la fraternité .... qui a été bafouée par l'agressivité du Directeur des services techniques de la Mairie qui faisait tout pour m'empêcher de filmer.

    2 - C'est une atteinte à la déclaration aux droits de l'homme et du citoyen.

    3 - C'est une atteinte à la Constitution de la France.

    4 - C'est une atteinte aux lois de la République Française.

    5 - C'est la première fois en France qu'une telle situation se produit

    Je vous demande donc de m'aider en mettant tous les moyens dont vous disposez pour le faire savoir auprès des médias, auprès des responsables de l'état, auprès des élus de la Nation, auprès des citoyens de notre Pays, auprès des associations qui ont pour mission de défendre et promouvoir la démocratie.

    Je n'en resterai pas là, les bras croisés. Je me battrai jusqu'au jour ou justice me sera rendue et où tous les citoyens de notre pays disposeront d'une loi votée par le parlement qui précise qu'il est autorisé pour tout citoyen de filmer les réunions de conseils municipaux des 36.000 communes de France .

    Je n'en suis qu'au début, mais sachez que je suis persuadé que j'atteindrai ce but que je me suis fixé, pour faire respecter la démocratie dans notre Pays.

    Je fais partie d'une famille de Résistants qui se sont battus il y a plus de 60 ans pour rétablir la démocratie dans notre beau Pays.
    Mon père est vice-Président de l'amicale CND-Castille du Réseau de résistance du Colonel REMY, et comme lui, en son temps, ... j'entre en résistance ... contre le Maire de ma commune, pour faire respecter les lois de notre République.

    Je vous remercie de prendre contact avec moi, d'urgence ...

    Jean-Yves POUTIERS
    39 rue des Noues
    91810 VERT LE GRAND
    01 64 56 05 81

    jy.poutiers@free.fr

  • Eric Shannon
    Inscrit
    dimanche 16 mars 2008 07h54
    Slogan
    Vous avez oublié le plus célèbre, signé Duras:

    Sous les pavés la plage !

  • Paul Verreault
    Inscrit
    dimanche 16 mars 2008 08h25
    Réalisations
    Les "soixante-huitards" ont aussi réalisé l'éducation et les soins médicaux accessibles pour eux et pour tout le monde. Les jeunes de 20,40 ans de 2008 en ont bien profité. Qu'il y ait des problèmes dans ces domaines c'est normal. Il faut que ces jeunes permettent à leurs enfants de jouir des mêmes privilèges. Ce ne sont pas les co. d'assurance qui le leur permettront.

  • Fabienne Desbiens
    Abonnée
    dimanche 16 mars 2008 09h50
    Yesterday...
    ...est une chanson de Paul McCartney.

  • Dominic Pageau
    Abonné
    dimanche 16 mars 2008 12h01
    On voit bien que la folie des années 68 hante encore certains esprits.
    C'est étrange mais ceux qui revendiquaient dans les années 68 sont maintenant pour la plupart de gros consommateurs capitalistes. Il ne reste que le mauvais de 68, comme le refus total de l'autorité, ce gout total de la liberté, même si ça va à l'encontre des besoins du corps, une destruction de la famille dites bourgeoise qui a amené son lot de problèmes et le mouvement égoiste qu'est le mouvement du développement personnel.

  • LeRévoltéTranquille
    Abonné
    dimanche 16 mars 2008 12h34
    @ Citoyen Montoya, si loin et pourtant si proche
    Cher Citoyen Montoya, je vous remercie infiniment de partager avec nous et de nous relater en tant que témoin de première main le genre de printemps que j'aimerais vivre une fois dans ma vie, ici au Québec.

    À mon âge, moi qui n'ai que frôlé la période de la Révolution Tranquille, elle-même qualifiée a postériori par nos intellectuels historiens ayant constaté les bienfaits (ou les dégâts) idéologiques, c'est donc la seule mesure bien imparfaite à laquelle je puisse comparer ce Printemps de la libération des consciences (de certains, en tout cas).

    Au Québec on a les Révolutions qu'on peut, dans la mesure où nos maigres moyens historiques et intellectuels nous le permettent, et elles prennent un temps fou à se réaliser.

    Je suis de l'école où l'on disait (encore en 1979, première année de CÉGEP pour moi):

    Méfiez-vous de tout un chacun qui a plus de trente ans (je paraphrase, mon souvenir livresque de Mai '68 étant très embrûmé);

    et l'histoire et l'adage se sont avérés, et comment donc !, car le conformisme d'aujourd'hui est mesuré à l'aune de la réussite darwinienne de la survie à la violence économique expérimentée dans le bocal des requins turbo-capitalistes, de leurs chevaux-vapeurs délirants, de leurs monster homes aux proportions homériques, de leurs assiettées de mangeurs de steaks de boeuf Angus ça d'épais, de leurs barils de pétrole gaspillés dans les sables bitumineux pour en produire un seul, de leur contrôle économique grandissant sur les denrées nécessaires à l'épanouissement de la Vie sur Terre, de leurs guerres justes pour garder pauvres les pauvres et pour diminuer la classe moyenne à une peau de chagrin.

    Et dois-je vous dire que je préfère de loin la compagnie de gens qui ont la mi-cinquantaine à la mi-soixantaine, des gens d'une rare qualité culturelle car ils ont contribué à changer les choses dans les années soixante et soixante-dix, car tout le monde ne sait pas encore que le temps s'est irrémédiablement pétrifié sociologiquement depuis le 21 mai 1980 dans le confort et l'indifférence, au Québec du moins.

    À l'usure, ma bientôt longue expérience me mène à vous dévoiler on crédo néo-soixante-huitard (oui, ça se peut, je me réclame de cet héritage, bein que vous puissiez en douter à me lire parfois) qui est maintenant (depuis une vigtaine d'années):

    Méfiez-vous de tout quidam qui porte une cravate, peu importe l'âge.

    Et ce d'autant plus si ce quidam porte un tailleur, car dans son cas la cravate se porte dans la tête...

  • Yvon Montoya
    Abonné
    dimanche 16 mars 2008 14h47
    @ François Caron et à d'autres.

  • Luce Breuil
    Inscrite
    jeudi 20 mars 2008 11h09
    Slogans de Mai 68 et d'aujourd'hui
    Peu importe que le slogan "sous les pavés, la plage" ne soit pas de Marguerite Duras, mais certainement de beaucoup de gens restés anonymes.
    Ce qui est important, ce sont les slogans qui peuvent servir aujourd'hui ou demain à accompagner une action si possible révolutionnaire vers plus de justice et de liberté.

    En France, ces jours-ci paraît un petit livre original : "Slogans pour les prochaines révolutions" de Denis Langlois. L'auteur a imaginé et écrit plusieurs centaines de slogans dans l'esprit de mai 68. J'ai lu et relu le livre. C'est amusant, varié, et surtout ça donne ou redonne le moral.
    Je vais vous en livrer quelques échantillons en choisissant ceux qui en France commencent à faire l'objet d'une polémique : les slogans érotiques.

    La révolution fait bander mieux que le Viagra.

    Faites l'amour, pas les allées du supermarché !

    Que les désirs de vos corps rejoignent les désirs du corps social !

    Investissons les zones révolutionnaires, mais n'oublions pas les zones érogènes.

    Embrassez la révolution à pleine bouche de canon.

    Ne te contente pas de coucher la révolution sur le papier, couche avec elle.

    Après 68, comptez 69 et recommencez !

    Si certaines expressions sont difficilement compréhensibles en québécois, joignez l'utile à l'agréable en vous les faisant expliquer par un gentil Français ou une gentille Française.

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