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L'ovni financier

Serge Truffaut   10 mars 2008  Europe
Tout a commencé par une épingle enfoncée dans la bulle immobilière l'été dernier. Après huit mois et des milliards de dollars partis en fumée, sans oublier des faillites personnelles dont le nombre dépasse largement le million, les acteurs de la scène économique peinent à cacher leur angoisse. Retour sur un ovni financier baptisé subprime.

La semaine dernière, la saison des assemblées annuelles des cinq grandes banques canadiennes s'est terminée sur une note plus qu'amère: à la suite des mises en échec rencontrées sur la patinoire des hypothèques exotiques, leur capitalisation boursière a perdu... 74 milliards! Simultanément, une note rédigée par les analystes de Merrill Lynch estimait que la première banque américaine, Citigroup, serait dans l'obligation d'annoncer prochainement une radiation s'élevant à 18 milliards. Et ce, après avoir rayé 12 milliards dans ses livres l'automne dernier. Ce n'est pas tout.

Juste auparavant, un écho d'origine allemande déprimait les places boursières. Plus de la moitié des banques publiques, des banques propriétés des Länder, auraient sombré ces derniers mois n'eussent été les injections de fonds à répétition effectuées par la banque centrale allemande. La cause de cette débâcle? Les irresponsables, pour rester poli, qui dirigent ces établissements se sont exposés aux risques de la finance à gogo que symbolise le subprime davantage que leurs homologues... américains!

Antérieurement, on se souviendra qu'au berceau du libéralisme économique, il s'agit évidemment du Royaume-Uni, le cabinet du premier ministre Gordon Brown bouclait en quatrième vitesse un texte de loi stipulant que la Northern Bank, qui elle aussi s'était livrée aux délices des subprimes sans en mesurer les effets naturellement vénéneux, serait nationalisée.

Restons au Royaume-Uni tout en y greffant l'Espagne et l'Irlande. Ces trois pays ont ceci en commun qu'ils ont décidé il y a plusieurs années de faire la place belle à l'activité immobilière et au secteur financier. Et ce, aux dépens d'autres industries. Toujours est-il qu'au cours des six dernières années l'essentiel de la croissance économique de ces États était attribuable à la combinaison immobilier et finance. À la suite de la déconfiture du château de cartes construit en partie sur la boue des subprimes, on s'attend à ce que l'inventaire des faillites personnelles atteigne un sommet historique au cours des prochains mois dans ces pays.

Ce n'est pas que l'on veuille compliquer un sujet déjà complexe en soi, mais nous voici dans l'obligation de souligner, de mettre en lumière une pièce très importante du dossier. Il s'agit des «rehausseurs de crédit», soit ces établissements qui assurent et garantissent les prêts des emprunteurs. Actuellement, il y en a pour 2400 milliards d'obligations. Il faut bien comprendre que l'actif premier de ces rehausseurs de crédit se nomme crédibilité. En un mot, ils sont dans l'obligation constante d'obtenir la meilleure note des maisons d'évaluation, les Moody's, Standard and Poor's et autres. Et alors? Le chef de file du secteur Ambac vient d'être dévalué.

Bien. La table financière ayant été mise, passons maintenant à l'aspect le plus déprimant du dossier: le pire est devant nous. Selon une analyse de Nouriel Roubini, économiste à l'Université de New York, publiée au Canada anglais et reprise aussi loin qu'au Royaume-Uni, le monde est exposé à «une pandémie financière imminente». Son constat, c'est à retenir, est partagé par nombre de ses collègues et même par des figures de proue des affaires. On pense à Warren Buffett pour qui il ne fait aucun doute que les États-Unis sont d'ores et déjà plongés dans une récession.

En résumé, le propos de Roubini est le suivant: l'éclatement de la bulle immobilière a plombé davantage des ménages américains déjà surendettés. Ne pouvant plus user de leur maison comme un guichet automatique, ils vont réduire leur consommation au minimum. Première victime? La Chine, mais aussi un certain nombre de pays de l'Asie du Sud-Est où elle sous-traite la fabrication de composantes de biens qu'elle assemble. S'ensuivra également une baisse du prix de certaines matières premières. S'ensuivra aussi... Pour faire court, le monde ne pourra pas éviter l'effet systémique découlant de la débandade des subprimes et de la mondialisation des marchés.

Et tout ça, parce que les autorités prétendument concernées par le bien commun, le bien de tous, le bien public, ont permis que des gamins jonglent avec des fictions mathématiques et réduisent la gestion du risque à des confettis. Il serait grandement temps que la notion de responsabilité soit libérée du carcan de l'abstraction dans lequel on l'a emprisonnée.






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  • Gilles Coutu
    Abonné
    lundi 10 mars 2008 02h15
    Avidité !
    « J'aime le ton et le style ! Les images sont frappantes et des plus appropriées.Quelle honte devant tant de laxisme!
    Le carcan de l'abstraction, on ne pouvait dire mieux.
    Il y a plus. L'avidité insatiable de tous ceux qui participent à ces "magouilles".Comment venir à bout d'un tel manque? Merci pour vos articles. »

  • Sylvain Racine
    Abonné
    lundi 10 mars 2008 07h50
    Carlyle group: la famille Bin Laden hante les USA
    « Among its far-flung business interests, the well-heeled Saudi Arabian clan - which says it is estranged from Osama - is an investor in a fund established by Carlyle Group, a well-connected Washington merchant bank specializing in buyouts of defense and aerospace companies.

    Carlyle Group's mortgage-bond fund said creditors may liquidate as much as $16 billion of securities unless the two sides reach agreement on debt repayments.
    http://www.uni-muenster.de/PeaCon/global-texte/g-notes/BinLaden-Carlyle.htm


    The fund has asked lenders to refrain from further sales after they liquidated collateral securing $5 billion of debt, Carlyle Capital Corp.



    http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=newsarchive&sid=aF11bvqlPIIs »

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 10 mars 2008 07h53
    et que dire du scandale de la Caisse de dépot?
    « En 2007, Henri-Paul Rousseau a perdu 1,900,000,000$ de notre bas de laine dans l'aventure du papier commercial. C'est deux Stades olympiques, huit Gaspésia, 25,333 enveloppes de Schreiber ou 380,000 toilettes-silencieuses passés presqu'inaperçus! Pire, on a eu droit à un indécent pétage de broue: "la Caisse est parmi les meilleures au Canada"! Ayoye.

    En commission parlementaire l'automne dernier, Rousseau avait pourtant soutenu que la Caisse ne perdrait que 500 millions à un milliard dans le papier commercial ce qui était déjà un méga-scandale! Est-ce qu'il doit démissionner pour avoir menti aux députés? Bill Clinton a failli perdre la présidence pour bien moins que ça.

    On se souvient du "scandale" du siège social et des dépenses somptueuses de la Caisse à l'étranger de la dernière administration. Qu'a fait Rousseau cette année? Il a flambé 330 millions pour administrer la Caisse, une augmentation 17,4% en une seule année!

    Ces 330 millions (pour 155,4 milliards d'actifs) représente 21,7 cents par 100$ sous gestion. L'an passé on administrait 143,5 milliards au coût de 281 millions. Le communiqué de la Caisse soutient que c'était 21,6 cents. Faux, c'était 19,6 cents. Les frais de gestion ont donc augmenté de 10,7% par dollar administré en une seule année.

    Les frais de traitement des employés sont passés de 116 à 140 millions! Une augmentation de 20,7% en une seule année! Pas à dire c'est le gros party à la Caisse, dans l'indifférence médiatique.

    http://www.lacaisse.com/fr/nouvelles-medias/
    Documents/communique_2100208.pdf

    http://www.lacaisse.com/fr/nouvelles-medias/
    Documents/Etats-financiers-cumules-2007-fr.pdf


    On nous raconte qu'il faut penser mondial et surtout ne pas trop intervenir sur le petit marché québécois, peu rentable. Rendement, rendement, rendement; que dale l'économie locale. Or la Caisse s'est planté dans ses investissements étrangers et pas à peu près! Alors que le marché canadien rapportait 12,6% (pas de données sur le marché québécois), on perdait 5,1% sur les marchés étrangers et 13,3% sur le marché américain. La catastrophe quoi, à des années-lumière du "rendement, rendement, rendement"!

    On ne cesse d'augmenter les cotisations parce qu'on a peur que la Caisse se vide. Or on apprend que les rentrées des cotisations ont augmenté de 4 milliards l'an passé par rapport aux sorties! Quatre milliards de taxes cachées! Quatre milliards de trop par rapport aux besoins réels. C'est quatre CHUM, six autoroutes des Bleuets qu'on nous impose de payer cash, drette là, sans aucune raison logique!

    Si on fermait la Caisse, si on distribuait les 155 milliards au million de Québécois de 65 ans et plus, c'est un chèque de -tenez-vs bien- 155,000$ que on pourrait faire à chaque "vieux"!!! Autre possibilité: on distribue 30,000$ à chaque retraité et on paie toute la dette de 125 milliards du Québec ce qui nous permettrait de réduire les taxes et impots de 8 milliards d'un seul coup.

    A quand un débat sur la Caisse?




    PS:
    Est-ce que Claude Garcia, président du comité de vérification de la Caisse, est le même Claude Garcia qui avait insulté la moitié des Québécois au référendum de 1995, en disant que les séparatistes allaient en manger une maudite? »

  • jean claude pomerleau
    Inscrit
    lundi 10 mars 2008 07h59
    L'OVNI a été identifier depuyis 2 ans déjà.
    « Un Observatoire d'anticipation économique européen a depuis 2 ans prévue exactement le déroulement de la crise qui se développe actuellement et qui mènera (Plein impacte é l'automne 2008): (http://www.europe2020.org/spip.php?rubrique8&lang=en). Lire le Bulletin 21 et 22. J'ai aussi envoyer un texte au Le Devoir pour attirer l'attention sur cet observatoire (Diner sur le Titanic)qui Na pas été publié (trop alarmiste sans doute):http://www.vigile.net/Diner-sur-le-Titanic

    jcpomerleau »

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