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Belgique - Un premier pas vers la sortie de crise

Flamands et Wallons se mettent d'accord sur une mini-réforme

26 février 2008  Europe
Bruxelles — Les principaux partis belges se sont entendus hier sur une amorce de réforme de l'État qui reporte toutefois à plus tard les gros sujets de contentieux, ce qui a immédiatement provoqué des tensions dans le camp flamand où les plus durs ont jugé le compromis insuffisant.

Un «groupe des sages» représentant les principales formations est parvenu, dans la nuit de dimanche à hier, à ce premier compromis institutionnel entre Flamands et francophones depuis les élections législatives de juin 2007 et la longue crise gouvernementale qui s'en est suivie.

Près de neuf mois après ce scrutin qui avait creusé un large fossé entre des Flamands (60 % des 10 millions de Belges), demandeurs d'une très large autonomie, et des francophones (40 %) attachés à un État central fort, «il y a enfin un accord pour notre pays», s'est réjoui le président des socialistes francophones Elio Di Rupo.

Les sages ont décidé le transfert vers les régions (Flandre, Wallonie et Bruxelles) de compétences relativement mineures, relevant actuellement de l'État central, telles que les législations sur les loyers, les implantations commerciales, des aspects de la sécurité routière ou l'accueil de l'enfance.

En contrepartie, les francophones ont obtenu un peu plus d'argent pour la région bruxelloise, où ils sont largement majoritaires.

Ce premier paquet est loin de régler les problèmes de fond entre Flamands et francophones. Poussés par la Flandre, le groupe des sages a en effet également décidé de lancer dans les semaines à venir la négociation d'une réforme autrement plus significative des institutions du royaume, avec l'objectif de parvenir à un résultat mi-juillet.

Ces discussions porteront sur le transfert vers les régions de pans entiers de la politique de l'emploi, de la santé ou de la famille, où les partis francophones promettent de rester très vigilants par crainte de voir l'État belge détricoté par les Flamands. En outre, il s'agira d'aborder la question de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde, symbole de la difficile cohabitation entre francophones et néerlandophones dans la périphérie de Bruxelles.

Le vice-premier ministre et futur chef du gouvernement désigné, Yves Leterme, a salué un premier résultat en attendant les négociations à venir. L'accord obtenu «répond clairement au but» d'avoir en Belgique un «nouvel équilibre institutionnel», a dit le chef de file des chrétiens-démocrates (CDV).

Toutefois, un petit parti indépendantiste auquel le CDV est allié, la NVA, a refusé d'entériner un compromis ne donnant à ses yeux pas assez de garanties sur une réforme de fond. Il a annoncé son refus de participer au futur gouvernement belge, dont Yves Leterme doit prendre la direction le 22 mars.

La participation des indépendantistes n'est pas indispensable à la constitution prévue du gouvernement définitif, mais son rejet hier augure de négociations difficiles entre les deux communautés.

Les francophones ne se font pas d'illusion non plus sur les défis futurs. «Il ne faut pas être naïf, le grand bras de fer est encore à venir», a ajouté Mme Milquet, députée fédérale francophone surnommée l'an dernier «Madame Non» en Flandre en raison de son intransigeance.
 
 
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