Bling bling à l'Élysée
Rarement dans l'histoire de la Ve République, soit depuis 1958, a-t-on observé un tel écart entre la popularité du président et celle du chef du gouvernement, pourtant condamné à être le paravent du premier. Aussi abrupt que soudain, ce détachement de l'électorat français s'explique par le vacarme dont Sarkozy est le producteur quand il n'en est pas le sujet.
Commençons avec la cacophonie municipale dont Sarkozy est à la fois le compositeur et le chef d'orchestre. Il était une fois un porte-parole de l'Élysée portant beau et chic candidat à la mairie de Neuilly avec l'adoubement de Sarkozy, David Martinon. Ses premiers pas dans l'arène chérie des riches de la vieille France s'étant révélés hésitants, donc propices au chaos, le président a dépêché fiston Jean pour l'épauler. La mayonnaise n'ayant pas pris, Martinon a été proprement viré. Le personnage, c'est à retenir, avait été traité «d'imbécile» par maître Sarko devant les caméras de CBS. Aujourd'hui, il mange son fromage.
Une fois le beau renvoyé (on vous prévient, c'est dur à suivre), le patron de l'UMP, la formation politique du président, est venu au centre de Neuilly pour présenter le candidat choisi. Aussitôt, un énorme brouhaha s'est fait entendre. Car, en agissant de la sorte, l'UMP montrait sa préférence pour un candidat destiné à affronter un autre candidat UMP installé, lui, dans les parages dorés de Neuilly. Ce dernier ayant traduit sa contrariété en maintenant son nom dans la course, le patron de l'UMP, encore lui, a tordu le cou à sa propre logique. Il a martelé que l'UMP était au fond favorable au dernier. Ce faisant, il a contrarié (bis) celui qu'elle avait porté sur les fonts baptismaux de la belle, donc très convoitée, Neuilly. Qu'a décidé celui-ci? De présenter sa liste UMP contre l'autre liste UMP.
Pour faire court, vraiment court, il en va à Neuilly comme il en va à Metz, Colmar, Aix-en-Provence, Cherbourg et dans bien d'autres municipalités de France: les candidats UMP affrontent leurs frères de la liste divers droite. Bref, c'est UMP contre UMP. Avec ceci de très singulier: la majorité des combattants UMP, y compris les maires sortants, ne veulent surtout pas que Sarko soit à leurs côtés durant la campagne électorale. À moins qu'il n'accepte de faire de la figuration, mais bon... Certains, d'après ce que rapportent les gazettes, sont allés jusqu'à gommer toute référence à l'UMP, y compris sur les affiches. C'est le cas, par exemple, d'Alain Juppé à Bordeaux.
Des ors de Neuilly passons aux ors des cathédrales. L'actuel président d'une république qui a sacralisé, à juste titre, la séparation de l'église et de l'État effectue des gestes qui contrastent énormément, pour ne pas dire outrageusement, avec la retenue observée en la matière par ses prédécesseurs. Autant ces derniers se contentaient de faire le service minimum en la matière, autant Sarkozy se pose en apologiste des religions. Les monothéistes, il va sans dire, et non les polythéistes qui, elles, avaient eu l'élégance d'accorder à la déesse Pandora une place prépondérante. Passons.
Dernier épisode en date de cette fièvre? Sa suggestion que des élèves de dix ans adoptent des enfants de leur âge victimes de la Shoah. Susceptible de provoquer et de nourrir un sentiment de culpabilité, cette proposition a été vertement critiquée par Simone Veil, ex-déportée, ainsi que par Georges Bensoussan, historien réputé de la Shoah. Venue de nulle part, cette idée fait suite à des propos que l'on qualifiera d'étranges pour rester poli. Ainsi, à Riyad, capitale de l'Arabie saoudite, il a salué «la modération» de l'islam wahhabite alors que la version wahhabite de l'islam a fait plus d'une fois la démonstration de son obscurantisme, de son fanatisme mortifère.
Auparavant, à Rome, Sarkozy est allé jusqu'à déclarer que, «dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé et le pasteur». Bonté divine! Nier aussi brutalement le travail colossal que Jules Ferry et surtout Georges Clemenceau ont accompli pour que la jeunesse soit éduquée par des instituteurs imperméables aux fictions religieuses, c'est sidérant!
Les municipales et la religion combinées au cirque médiatique font qu'aujourd'hui le président est Gros-Jean comme devant. Ce premier ministre qu'il a tout fait pour maintenir dans l'ombre le dépasse largement au championnat de la popularité. Comme quoi, Sarkozy a peut-être mis la politique K.O. La sienne évidemment.
Commençons avec la cacophonie municipale dont Sarkozy est à la fois le compositeur et le chef d'orchestre. Il était une fois un porte-parole de l'Élysée portant beau et chic candidat à la mairie de Neuilly avec l'adoubement de Sarkozy, David Martinon. Ses premiers pas dans l'arène chérie des riches de la vieille France s'étant révélés hésitants, donc propices au chaos, le président a dépêché fiston Jean pour l'épauler. La mayonnaise n'ayant pas pris, Martinon a été proprement viré. Le personnage, c'est à retenir, avait été traité «d'imbécile» par maître Sarko devant les caméras de CBS. Aujourd'hui, il mange son fromage.
Une fois le beau renvoyé (on vous prévient, c'est dur à suivre), le patron de l'UMP, la formation politique du président, est venu au centre de Neuilly pour présenter le candidat choisi. Aussitôt, un énorme brouhaha s'est fait entendre. Car, en agissant de la sorte, l'UMP montrait sa préférence pour un candidat destiné à affronter un autre candidat UMP installé, lui, dans les parages dorés de Neuilly. Ce dernier ayant traduit sa contrariété en maintenant son nom dans la course, le patron de l'UMP, encore lui, a tordu le cou à sa propre logique. Il a martelé que l'UMP était au fond favorable au dernier. Ce faisant, il a contrarié (bis) celui qu'elle avait porté sur les fonts baptismaux de la belle, donc très convoitée, Neuilly. Qu'a décidé celui-ci? De présenter sa liste UMP contre l'autre liste UMP.
Pour faire court, vraiment court, il en va à Neuilly comme il en va à Metz, Colmar, Aix-en-Provence, Cherbourg et dans bien d'autres municipalités de France: les candidats UMP affrontent leurs frères de la liste divers droite. Bref, c'est UMP contre UMP. Avec ceci de très singulier: la majorité des combattants UMP, y compris les maires sortants, ne veulent surtout pas que Sarko soit à leurs côtés durant la campagne électorale. À moins qu'il n'accepte de faire de la figuration, mais bon... Certains, d'après ce que rapportent les gazettes, sont allés jusqu'à gommer toute référence à l'UMP, y compris sur les affiches. C'est le cas, par exemple, d'Alain Juppé à Bordeaux.
Des ors de Neuilly passons aux ors des cathédrales. L'actuel président d'une république qui a sacralisé, à juste titre, la séparation de l'église et de l'État effectue des gestes qui contrastent énormément, pour ne pas dire outrageusement, avec la retenue observée en la matière par ses prédécesseurs. Autant ces derniers se contentaient de faire le service minimum en la matière, autant Sarkozy se pose en apologiste des religions. Les monothéistes, il va sans dire, et non les polythéistes qui, elles, avaient eu l'élégance d'accorder à la déesse Pandora une place prépondérante. Passons.
Dernier épisode en date de cette fièvre? Sa suggestion que des élèves de dix ans adoptent des enfants de leur âge victimes de la Shoah. Susceptible de provoquer et de nourrir un sentiment de culpabilité, cette proposition a été vertement critiquée par Simone Veil, ex-déportée, ainsi que par Georges Bensoussan, historien réputé de la Shoah. Venue de nulle part, cette idée fait suite à des propos que l'on qualifiera d'étranges pour rester poli. Ainsi, à Riyad, capitale de l'Arabie saoudite, il a salué «la modération» de l'islam wahhabite alors que la version wahhabite de l'islam a fait plus d'une fois la démonstration de son obscurantisme, de son fanatisme mortifère.
Auparavant, à Rome, Sarkozy est allé jusqu'à déclarer que, «dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé et le pasteur». Bonté divine! Nier aussi brutalement le travail colossal que Jules Ferry et surtout Georges Clemenceau ont accompli pour que la jeunesse soit éduquée par des instituteurs imperméables aux fictions religieuses, c'est sidérant!
Les municipales et la religion combinées au cirque médiatique font qu'aujourd'hui le président est Gros-Jean comme devant. Ce premier ministre qu'il a tout fait pour maintenir dans l'ombre le dépasse largement au championnat de la popularité. Comme quoi, Sarkozy a peut-être mis la politique K.O. La sienne évidemment.
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