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Malgré son mariage...

Huit mois après son élection, la popularité de Sarkozy est en chute libre

Christian Rioux   8 février 2008  Europe
Seulement quatre Français sur dix ont au-jourd’hui une opinion favorable de leur président.
Photo : Agence France-Presse
Seulement quatre Français sur dix ont au-jourd’hui une opinion favorable de leur président.
Paris — Un mariage discret avec l'ex-mannequin Carla Bruni dans l'intimité du palais de l'Élysée. Quelques rares photos d'une promenade dans un parc. Que s'est-il passé pour que le président français fasse soudain preuve d'une telle discrétion sur sa vie privée? Celui qui avait mis en scène sa réconciliation avec Cécilia Sarkozy et qui a posé devant les pyramides avec sa nouvelle flamme serait-il tout à coup atteint d'un accès de modestie?

C'est ce qu'on pourrait croire si on ne savait pas qu'entre les pyramides et son mariage, samedi dernier, Nicolas Sarkozy a connu une chute abrupte dans les sondages. Réalisé avant et après l'annonce du mariage présidentiel, le dernier sondage LH2-Libération vient en effet de confirmer une baisse de 13 points. Seulement quatre Français sur dix ont aujourd'hui une opinion favorable du chef de l'État. Il s'agit d'un effondrement d'une «rare ampleur», disent les sondeurs, comme seul Jacques Chirac en avait connu un, en février 1996. Élu pour combler la «fracture sociale», le président Chirac avait alors annoncé une politique de rigueur qui avait suscité un sentiment de trahison chez les Français.

La faute à la pipolisation

Que s'est-il passé pour que la popularité exceptionnelle des six premiers mois de la présidence de Nicolas Sarkozy subisse le même sort? La plupart des analystes incriminent justement la surexploitation de la vie privée du président, ce qu'en France on nomme la «pipolisation». C'est ce que disent 31% des Français qui estiment que le mariage de Nicolas Sarkozy avec la chanteuse Carla Bruni a terni son image. «La France aime bien Johnny [Hallyday], mais elle n'a pas élu un rocker à la tête de l'État», résume l'éditorialiste Jacques Julliard dans la dernière édition du Nouvel Observateur.

Depuis décembre, toute l'actualité française a été littéralement phagocytée par la vie amoureuse du président, savamment mise en scène par les conseillers en communication de l'Élysée. Deux mois à peine après le feuilleton de son divorce, la population avait été conviée à découvrir sa nouvelle flamme lors d'une sortie à Disneyland. Elle a ensuite été invitée à se passionner pour le voyage du couple en Égypte. Le président a lui-même attisé les conjectures en annonçant en conférence de presse que Carla et lui, «c'est du sérieux».

Malheureusement, notent les observateurs, cette mise en scène de l'idylle d'un président en Ray Ban et d'une vedette du showbiz à la réputation sulfureuse survenait au début d'une période d'incertitude économique. Pendant que, partout dans le monde, les chefs d'État et de gouvernement s'affairaient à rassurer leur population et à prendre des mesures de soutien de l'économie, les Français voyaient leur président sur les écrans en train de filer le parfait amour avec sa dulcinée dans des hôtels somptueux.

Et l'économie?

Mais il ne s'agit probablement pas que d'une question d'image. De l'avis de la presse française, la première conférence de presse du président, début janvier, a été un échec. Ceux qui attendaient un plan économique précis afin de limiter les conséquences d'un ralentissement économique n'ont eu droit qu'à une vague «politique de civilisation» dont personne n'a encore vraiment saisi le contenu. La seule allusion à l'économie a été cette déclaration dans laquelle le président constatait que «les caisses sont vides».

Pendant que le président américain annonçait des mesures de plusieurs milliards de dollars pour éviter une récession, l'annonce la plus discutée de Nicolas Sarkozy depuis un mois a été celle de l'élimination de la publicité à la télévision publique. Cette mesure est probablement louable, mais les observateurs se demandent toujours à quel ordre de priorités elle peut bien correspondre en ces temps d'incertitude économique.

La mise en scène de sa vie privée avait pourtant toujours bien servi l'ancien ministre de l'Intérieur et le candidat à la présidence. Huit mois seulement après son élection, elle semble pourtant s'être retournée contre lui. 76 % des Français disent ne pas avoir apprécié la surexposition de la vie privée de leur président. Ils sont presque aussi nombreux (75 %) à exprimer un sentiment de défiance à son endroit en ce qui concerne «la situation économique» en général. Lorsqu'il est question du pouvoir d'achat, l'insatisfaction grimpe à 84 %.

Une analyse fine des sondages montre que la chute touche particulièrement les électeurs de gauche qui s'étaient ralliés à Nicolas Sarkozy. Mais elle est aussi très prononcée chez les personnes âgées et les retraités. Cette dernière clientèle conservatrice est probablement celle qui a le moins apprécié la désinvolture d'un président qui se remarie deux mois seulement après son divorce et qui consulte ses textos pendant une audience avec le pape. C'est aussi celle qui souffre le plus du retour de l'inflation compte tenu de ses maigres pensions, que le premier ministre François Fillon vient tout à coup de hausser de 25 %.

En pratique, le seul discours économique un tant soit peu cohérent entendu depuis des semaines a été celui de Jacques Attali. L'ancien conseiller de François Mitterrand a présenté au président une liste de 300 réformes économiques à réaliser afin de «libérer» la croissance, dit-il. Sauf que les propositions de cet intellectuel échevelé, qui suggère notamment d'ouvrir les frontières à l'immigration, ont eu le don d'irriter la droite plus que la gauche. Les maires UMP, qui voient venir les élections municipales avec inquiétude, ont eu vite fait de se dissocier du rapport. Les propositions de Jacques Attali s'attaquent en particulier aux chasses gardées de nombreux métiers et professions protégés comme les notaires et les coiffeurs. Les chauffeurs de taxi, eux aussi visés par le rapport, n'ont eu qu'à bloquer la capitale à deux reprises pour obtenir la mise au rancart des propositions.

Remiser ses Ray Ban

Depuis peu, le président a donc remisé ses Ray Ban pour tenter de reconquérir le terrain perdu. Il y a deux semaines, il a promis aux pêcheurs de «sortir» de la politique des quotas de pêche, une déclaration qui a beaucoup embarrassé Bruxelles puisque personne en Europe n'envisage la fin des quotas qui permettent de protéger les espèces. Le ministre français de l'Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier, a dû expliquer qu'il s'agissait en fait de réorganiser les quotas pour qu'ils tiennent mieux compte de la réalité des pêcheurs.

Lundi, le président a enfilé la tenue du syndicaliste et affirmé devant les ouvriers de l'aciérie d'Arcelor Mittal, en Moselle, que l'État allait «investir» pour moderniser leur usine afin d'éviter sa fermeture. Les experts évaluent à 30 millions d'euros (45 millions de dollars) la somme nécessaire pour sauver 600 emplois. Personne ne sait d'où l'État sortira ces fonds alors que le premier ministre François Fillon affirme que la France est «en faillite».

L'élection d'une candidate socialiste lundi dernier lors d'une élection partielle à Chartres a confirmé la volonté de l'électorat de sanctionner le président pour ses frasques autant que pour son absence de politique économique. En mars, lors des élections municipales, le nouveau président pourrait essuyer des pertes encore plus substantielles.

Pour la première fois avec 57 % (+ 5 %) d'opinions positives, la popularité du premier ministre François Fillon devance celle du président de la République. Et pourtant, on ne sait à peu près rien de la vie privée du premier ministre, qui est la discrétion même sur ces questions.

Un texto

Ceux qui croient cependant que le feuilleton du couple présidentiel est terminé risquent d'être déçus. Le Nouvel Observateur annonçait cette semaine que, huit jours avant son mariage, Nicolas Sarkozy aurait envoyé à son ex-épouse Cécilia un texto disant: «Si tu reviens, j'annule tout.» Hier, le président a décidé de poursuivre le magazine devant les tribunaux. Il semble que ce soit la première fois qu'un président en exercice dépose une plainte contre un organe de presse. Quelques jours plus tôt, Nicolas Sarkozy avait fait condamner la compagnie Ryanair pour avoir utilisé une photo du couple présidentiel dans sa publicité.

On a encore appris que la nouvelle dame de France n'entendait pas mettre fin à sa carrière de chanteuse populaire. Elle doit bientôt enregistrer un disque qui sortira à l'automne. Son producteur n'a d'ailleurs pas caché son embarras en se demandant publiquement comment il allait organiser la promotion du premier disque jamais enregistré par l'épouse d'un président.

Correspondant du Devoir à Paris
 
 
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  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    vendredi 8 février 2008 06h33
    Commercialisation
    Tout ce que raconte Christian Rioux au sujet du président de la République française n'a aucune importance ni aucun intérêt. C'est un exemple de plus de l'image que façonnent les médias au sujet d'une personé placée dans une position éminente.
    Les instituts de sondage font leurs choux gras d'une telle situation et vendent leurs données aux médias qui en font de gros titres pour attirer le chaland et en retirer quelques profits. Certains magazines se spécialisent dans ce genre.
    Mais ce qui compte, c'est l'action à long terme. Nicolas Sarkozy n'est qu'au début de son mandat. Qu'en sera-t-il à la fin, que restera-t-il de son passage à la tète de l'État français, c'est ce qui compte et comptera.
    On rencontre des problèmes identiques dans d'autres pays, c'est le lot des personnes intéressantes haut placées. Toutes ne sont pas aussi prestigieuses que le président français ou d'autres cachent leur jeu, comme le prédécesseur présidentiel François Mitterrand, qui avait maîtresse et fille illégitime. Alors, il faut relativiser les choses et la presse devrait modérer ses ardeurs plutôt que de vouloir titrer des articles qui se veulent sensationnels. Et les histoires trempées dans cette encre n'ont guère d'intérêt pour nous, au Canada. Un article de trop.

  • Jules Guitard
    Abonné
    vendredi 8 février 2008 08h09
    Un raison de plus pour appuyer la mission canadienne à Kandahar
    Les tractations de M. Harper auprès de M. Sarkosy n'en porteront sans doute que meilleurs fruits une fois que la France nous fournira les 1 000 combattant(e)s et la douzaine d'hélicoptères dont nous avons besoin afin de pouvoir achever le travail.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    vendredi 8 février 2008 08h22
    Tous des jaloux !
    Il est écrit plus haut : «31% des Français estiment que le mariage de Nicolas Sarkozy avec la chanteuse Carla Bruni a terni son image.»

    Si j'étais Français de France, je serais jaloux de M. Sarkosy...aussi. Wow Carla Bruni !

  • Yvon Montoya
    Abonné
    vendredi 8 février 2008 08h44
    Gossipilami...
    Le journalisme devenu commérage. Le journalisme devenu du gossipilamisme (vous savez ce charmant animal le marsupilami, la création d'André Franquin). Aujourd'hui, c'est la honte. C'est vraiment du n'importe quoi et on se demande pourquoi on lit Le Devoir plutôt que le journal de Montréal? Merci tout de même pour l,article et les autres qui trainent car cela donnera des arguments pour expliquer pourquoi la France n'a pas l'énergie à s'occuper d'une Porvince se nourrissant de tels articles. Il est vrai qu'il n'y a pas un petit Regis Debray qui traîne dans les parages.

  • Mario Tremblay
    Abonné
    vendredi 8 février 2008 09h14
    À MM Racle et Bousquet
    Il ne s'agit pas d'un article de trop, il s'agit d'un menteur qui se révèle quinze jours après les élections. Vous semblez oublier qu'il a fait campagne sur les valeurs familiales. D'ailleurs, les 2 candidats avaient le même discours et les 2 ont divorcé le lendemain des élections. C'est encore trop frais dans la mémoire des électeurs.
    Et s'il fallait enlever tous les articles de trop, vous n'accepteriez pas de payer ce qui resterait de votre journal.
    Pour M Bousquet, si ça ne vous dérange pas d'être le 6e ou 7e. Et de savoir que le prochain pourrait être votre fils!

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    vendredi 8 février 2008 17h04
    @ Mario Tremblay
    Mais non M. Tremblay, je crois que M. Sarko est en faveur des valeurs familiales mais, maintenant que ses petits sont bien élevés, il peut se faire plaisir ailleurs vu que sa Cécilia avait déjà "un peu" sauté la clôture sur son côté, selon les revues françaises indiscètes.

    S'il n'était que le 7 ième, il serait bien content mais, il se console en pensant qu'il va avoir moins de travail d'initiation à effectuer, juste le plaisir de l'amour, toujours l'amour, ce qui est ful-français.

  • Béatrice Richard
    Abonnée
    vendredi 8 février 2008 17h23
    Le roi est nu
    Qu'ajouter de plus?

  • DUMAS RENE
    Inscrit
    vendredi 8 février 2008 17h35
    Au niveau du Caniveau !
    Confirmé par son Ex épouse CECILIA, son mari n'a aucune des
    qualités nécessaires à la Fonction ! C'est confirmé !
    Comme un gagnant du LOTO, c'est l'explosion de SARKO.....
    Augmentation salaire 157 % et les Francais 1,10 %
    Augmentation Fonds Secrets de l'Elysée 65 Million Euros
    Avec une Dépense Journalière trois fois supérieure à ses
    revenus Mensuels, on sait d'ou cela vient ! du Tiroir Caisse!
    Pour ces Motifs, il ne porte pas Plainte, mais ses Dépenses
    personnelles étant 5 Fois supérieures à celles de Chirac et
    autres Mitterand etc c'est les Contribuables qui vont le
    traduire en Justice !
    Comme CECILIA l'a affirmé, il a bien un trouble du Comportement car il ne sait plus distinguer la Normalité et
    l'Anormalité, plus encore, en est il capable ! A ce jour il
    ne l'a pas démontré .
    Nous sommes tombés dans le Délire et avec tous ses proches
    le niveau de l'irresponsabilité est tel que les Francais n'
    auront que le Mur des Lamentations pour espérer à nouveau !!
    Il vient en quelques Mois de démontrer que la Démocratie à
    des limites !

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