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Drôle d'idée

Serge Truffaut   18 janvier 2008  Europe
Tony Blair président du futur Conseil européen, il fallait y penser. C'est en tout cas le souhait de Nicolas Sarkozy qui, en tant que président de l'Union européenne pour les six derniers mois de l'année en cours, aura le pouvoir de parachuter Blair, s'il en a toujours l'intention, à la tête du Conseil. Sans se perdre dans les dédales bruxellois, mentionnons que le traité de Lisbonne prévoit les nominations, d'ici janvier 2009, d'un président du Conseil, d'un président de la Commission et d'un haut représentant aux Affaires étrangères.

Cela étant rappelé, Sarkozy s'est attelé à faire campagne pour le Britannique en l'invitant, par exemple, à faire un discours devant les élus de l'UMP. Le tout s'est accompagné d'un texte signé par l'ex-premier ministre Jean-Pierre Raffarin, publié dans le journal Le Monde, dans lequel celui-ci se fait l'avocat du désir exprimé, à voix basse il est vrai, par le président des coups d'éclat.

Il n'en fallait pas plus pour que l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing ainsi que l'ancien premier ministre Édouard Balladur montent sur les barricades pour exprimer aussi clairement que fermement leur opposition au sacre de Blair. Celui-ci, c'est à noter, disposera d'une palette de pouvoirs qui réduira les chefs d'État actuels au rôle de quasi-figurants dans bien des dossiers.

Le propos de Giscard d'Estaing est limpide. D'après lui, «le futur président doit être en phase avec la majorité de son propre pays et appartenir à un pays qui respecte toutes les règles européennes». En ce qui a trait au sentiment des Britanniques vis-à-vis de l'UE, c'est un secret de Polichinelle que la majorité d'entre eux cultivent le scepticisme de longue date. Si le traité de Lisbonne devait être ratifié par référendum, ce que veulent plus de 50 % des Britanniques, il serait certainement rejeté.

Maintenant, pour ce qui est du respect des règles européennes auxquelles Giscard fait allusion, on se souviendra que le Royaume-Uni s'est avéré le champion des refus sur des sujets majeurs. Et ce, même s'il s'était engagé à observer les dispositions contenues dans le traité de Maastricht.

Pour résumer, précisons que Londres a remis aux calendes grecques l'adoption de l'euro, pour le plus grand plaisir de la City; que Londres n'a pas voulu adhérer à la convention de Schengen qui facilite entre autres la mobilité des Européens; que Londres a demandé d'être dispensée du respect de la Charte européenne des droits de la personne lors des négociations consacrées justement au traité de Lisbonne. À ces faits, ajoutons que Londres s'est avérée la championne des droits de retrait.

Quant à Balladur, son opposition est plus frontale, plus directe. En deux mots, il se demande comment on peut souhaiter la nomination d'un homme qui a adhéré aveuglement à l'aventure guerrière de Bush en Irak alors que bien des pays européens la combattaient. Nommer Blair, c'est ouvrir la barrière du poulailler au renard.
 
 
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  • Georges Paquet - Abonné
    18 janvier 2008 03 h 22
    Peut-être aussi...
    Nommer M.Blair c'est peut-être aussi augmenter les chances que les parlementaires britanniques acceptent de ratifier le traité "simplifié" de Lisbonne et qu'ils ne se lancent pas dans l'aventure d'un referendum à haut risque qui, si le non l'emportait, paralyserait l'Union européenne pour encore plusieurs années. La stratégie de M.Sarkosy me semble être de faire adopter par tous ce nouveau traité qui ressemble effectivement à une courte-pointe étourdissante de règles et de mesures qui s'appuient les unes sur les autres, mais qui aussi, souvent se contredisent. Ensuite, se dit-il, on remettra de l'ordre et de la logique dans tout celà, petit à petit. On ne peut pas comprendre autrement que ce traité ne reconnaisse plus les symboles de l'Union européenne comme le drapeau et l'hymne nationale, et qu'en même temps, les Chefs d'État, dont M. Sarkosy lui-même, se montrent fièrement et immenquablement accompagnés de leur drapeau national et du drapeau de l'Union européenne. Donc, pour les leaders européens qui ont signé ce traité, il faut maintenant le ratifier afin que l'Union européenne ne recule pas. Après, on verra à ce que toutes les pièce du "case-tête" forment un tableau le plus logique possible.
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    18 janvier 2008 09 h 10
    L'Angleterre, séparatiste européen !
    Si conprend bien, ce sont les Anglais qui sont les champions séparatistes de l'Europe. Les Québécois n'ont donc pas la monopole de la séparation constitutionnelle, ça doit nous venir des Anglais.

    Est-ce que Tony Blair, à l'instat de certains de nos politiciens, va maintenant adorer ce qu'il rejetait si le travail lui plait incluant l'Euro ?
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  • Gilles Théberge - Abonné
    18 janvier 2008 09 h 19
    Quelle drôle d'idée en effet
    Ce n'est pas d'hier que l'Angleterre mène ses propres affaires en se foutant du reste du monde.

    Saladin dans sa tombe se ronge encore les os de ses doigts, pour avoir voulu mener sa guerre défensive, en croyant que son vis-à-vis le Roi Richard respecterait les règles établies.

    Pourquoi ce pays accepterait-il de changer alors que cela ne fait que lui rapporter de gros dividendes. et le pouvoir en plus, sur le reste du monde...

    Mais quand le renard est déguisé en poule, tout peut arriver.
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