La Belgique de Rubik
Attention: le sujet du jour est quelque peu abscons. À preuve, cette observation qu'un éditorialiste belge a formulée pour résumer le contexte politique particulier qui prévaut dans les environs de Bruxelles: «La situation actuelle est complexe.» Un autre estime que l'accord de gouvernement annoncé hier au petit matin relève «d'un scénario complexe». Bon, après six mois de négociations laborieuses, émaillées parfois de commentaires cocasses, parfois par l'expression de sentiments racistes, les Belges ont un gouvernement intérimaire.
Sachant ce pays être le creuset du surréalisme, on ne sera pas étonné d'apprendre que la coalition créée pour administrer les affaires au cours des trois prochains mois est qualifiée d'«asymétrique», soit un ensemble hétéroclite où les contradictions propres à tel camp font bon ménage avec les dénégations assumées sans vergogne par tel autre clan.
Toujours est-il que les repères politiques conventionnels ou classiques ont volé en éclats. Tentons d'y voir clair. En Wallonie et en Flandre, il y a des partis de droite et des formations de gauche. Et alors? Au cours des trois prochains mois, on va assister à des alliances, ponctuelles il est vrai, entre familles aux partis pris idéologiques normalement opposés.
Ainsi, un groupe social-démocrate flamand pourrait fort bien s'entendre avec des démocrates-chrétiens wallons — et non avec les sociaux-démocrates wallons — sur tel dossier mais refuser de se lier sur tel autre. Bien. Il faut souligner que les disparités économiques existantes entre les diverses régions sont telles qu'elles favorisent, si on a bien compris, le mariage de la carpe et du lapin, le tout ayant évidemment mariné dans la Blanche de Bruges.
Les acteurs de la scène? Il y a tout d'abord le libéral flamand et premier ministre sortant Guy Verhofstadt, chargé par sa majesté le roi de la formation d'un cabinet intérimaire. Jusqu'à la fin de mars, il aura pour vice-premier ministre celui qui a causé sa défaite lors des élections de juin dernier, soit le nationaliste flamand Yves Leterme, que des Belges ont surnommé «Monsieur Mille Gaffes».
Appelé à devenir premier ministre au terme du mandat de Ver-hofstadt, Leterme aime bien éperonner régulièrement la fibre antifrancophone, pour rester poli, de ses concitoyens flamands désireux de bouter dehors tout ce qui est wallon. Il y a peu, il a relayé l'idée, au demeurant nauséabonde, que la radiotélévision publique était comparable à Radio Mille-Collines, qui avait incité avec hargne au génocide au Rwanda.
Pendant que Verhofstadt va voir aux affaires courantes (budget, retraites et autres), Leterme va se pencher avec d'autres sur la réforme des institutions. Selon les initiés au mystère belge, il est fort probable qu'ils vont emprunter le chemin de la confédération pour abolir le régime fédéral implanté en 1993. Comme quoi, pour reprendre une image chère aux experts en géopolitique, ce pays est le millefeuille de l'Europe.
Sachant ce pays être le creuset du surréalisme, on ne sera pas étonné d'apprendre que la coalition créée pour administrer les affaires au cours des trois prochains mois est qualifiée d'«asymétrique», soit un ensemble hétéroclite où les contradictions propres à tel camp font bon ménage avec les dénégations assumées sans vergogne par tel autre clan.
Toujours est-il que les repères politiques conventionnels ou classiques ont volé en éclats. Tentons d'y voir clair. En Wallonie et en Flandre, il y a des partis de droite et des formations de gauche. Et alors? Au cours des trois prochains mois, on va assister à des alliances, ponctuelles il est vrai, entre familles aux partis pris idéologiques normalement opposés.
Ainsi, un groupe social-démocrate flamand pourrait fort bien s'entendre avec des démocrates-chrétiens wallons — et non avec les sociaux-démocrates wallons — sur tel dossier mais refuser de se lier sur tel autre. Bien. Il faut souligner que les disparités économiques existantes entre les diverses régions sont telles qu'elles favorisent, si on a bien compris, le mariage de la carpe et du lapin, le tout ayant évidemment mariné dans la Blanche de Bruges.
Les acteurs de la scène? Il y a tout d'abord le libéral flamand et premier ministre sortant Guy Verhofstadt, chargé par sa majesté le roi de la formation d'un cabinet intérimaire. Jusqu'à la fin de mars, il aura pour vice-premier ministre celui qui a causé sa défaite lors des élections de juin dernier, soit le nationaliste flamand Yves Leterme, que des Belges ont surnommé «Monsieur Mille Gaffes».
Appelé à devenir premier ministre au terme du mandat de Ver-hofstadt, Leterme aime bien éperonner régulièrement la fibre antifrancophone, pour rester poli, de ses concitoyens flamands désireux de bouter dehors tout ce qui est wallon. Il y a peu, il a relayé l'idée, au demeurant nauséabonde, que la radiotélévision publique était comparable à Radio Mille-Collines, qui avait incité avec hargne au génocide au Rwanda.
Pendant que Verhofstadt va voir aux affaires courantes (budget, retraites et autres), Leterme va se pencher avec d'autres sur la réforme des institutions. Selon les initiés au mystère belge, il est fort probable qu'ils vont emprunter le chemin de la confédération pour abolir le régime fédéral implanté en 1993. Comme quoi, pour reprendre une image chère aux experts en géopolitique, ce pays est le millefeuille de l'Europe.
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