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Après six mois de crise - Un gouvernement belge... pour trois mois

20 décembre 2007  Europe
Le premier ministre Guy Verhofstadt
Photo : Agence Reuters
Le premier ministre Guy Verhofstadt
Bruxelles — La formation d'un gouvernement intérimaire en Belgique après six mois d'impasse politique permettra d'éviter la paralysie, mais les divergences restent entières entre francophones et Flamands, mettant toujours en cause à terme l'unité du pays.

Après l'accord conclu dans la nuit de mardi à mercredi, ce gouvernement transitoire de 14 membres — issus de trois partis francophones (libéraux, socialistes et centristes) et deux flamands (libéraux et chrétiens-démocrates) et emmené par le premier ministre sortant Guy Verhofstadt — devrait entrer en fonction d'ici la fin de la semaine.

À l'issue de quelque 200 jours d'affrontement faisant craindre pour la survie de la Belgique, cela laissera au moins les Belges souffler un peu pendant les fêtes de fin d'année.

Dans ce gouvernement intérimaire, l'un des deux vice-premiers ministres, Yves Leterme, leader des chrétiens-démocrates flamands sorti vainqueur des législatives du 10 juin, s'occupera du volet clé des réformes institutionnelles qui a provoqué le blocage avec les francophones. Plus riche et plus peuplée, la Flandre souhaite une autonomie accrue, alors que les francophones de Bruxelles et de la Wallonie, craignant pour l'unité nationale, renâclent devant une telle perspective.

Si ce processus débouchait finalement sur un accord entre Flamands et francophones, M. Leterme deviendrait premier ministre le 23 mars, échéance prévue du gouvernement intérimaire. Conscient toutefois des difficultés qui l'attendent, M. Leterme, qui a déjà échoué deux fois ces derniers mois à former un gouvernement à cause de cette question, a reconnu hier qu'il ne fallait pas aller «trop vite en besogne».

Les positions en présence n'ont en effet pas bougé d'un iota et la trêve des confiseurs sur les réformes institutionnelles pourrait être de courte durée.

Le débat préparatoire, selon l'autre vice-premier ministre, le chef des libéraux francophones du MR (Mouvement réformateur), Didier Reynders, réunira tous les partis, sauf l'extrême droite nationaliste flamande du Vlaams Belang, autour de la table dès début janvier. Y compris les verts des deux communautés (Ecolo, Groen) et les socialistes flamands du SPA, qui ne siégeront pas au gouvernement intérimaire.

Le porte-parole d'un parti francophone à qui on demandait pourquoi un accord sur la réforme de l'État serait plus facile aujourd'hui qu'hier a répondu: «Ce qui forcera les leaders politiques à s'entendre, c'est que la population belge a montré qu'elle en avait ras le bol de ne pas avoir de gouvernement, ras le bol des différends communautaires.»

Les chefs des principaux partis se sont d'ailleurs dits mercredi disposés à partir d'un nouveau pied. «Il y a eu une campagne électorale assez rude, il y a eu le travail de formation, mais surtout tournons la page, faisons un effort collectif de travail d'équipe», a déclaré M. Leterme.

Également consensuel, le chef du PS francophone, Elio Di Rupo, a estimé qu'«il fallait tourner la page et cesser les petites phrases assassines. Nos concitoyens ont besoin de nous».

En attendant la formule magique pour réformer l'État belge, le gouvernement intérimaire doit en effet répondre aux problèmes «urgents» auxquels est confronté le pays, comme la baisse du pouvoir d'achat à propos de laquelle quelque 20 000 personnes ont réclamé des mesures lors d'une manifestation demain.
 
 
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