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Course à l'innovation - Un grand rendez-vous prévu en octobre prochain

Montréal veut devenir un lieu incontournable sur la scène internationale

Martine Letarte   22 décembre 2007  Europe
Modeleur 3D travaillant sur un projet de la société Ubisoft, à Montréal. Ubisoft fait partie de ces entreprises de haute technologie qui innovent constamment.
Photo : Pascal Ratthé
Modeleur 3D travaillant sur un projet de la société Ubisoft, à Montréal. Ubisoft fait partie de ces entreprises de haute technologie qui innovent constamment.
Avec l'ouverture des marchés et la pression de plus en plus grande des pays émergents, la concurrence est féroce comme jamais. Pour tous, la course à l'innovation est devenue inévitable. Différents intervenants québécois et français se sont rencontrés au début décembre à Lyon pour discuter stratégies et partenariats, mais aussi pour préparer le grand rendez-vous de l'innovation qui se tiendra à Montréal l'automne prochain. Lancé dans le cadre de la tenue des Entretiens du Centre Jacques Cartier au Québec, cet événement se tiendra par la suite chaque année.

Ayant comme nouvelle responsabilité de stimuler l'innovation, Montréal International a eu l'idée d'une vaste rencontre internationale et en coordonne l'organisation. «En mettant sur pied ce grand rendez-vous qui se tiendra à Montréal chaque année, nous voulons devenir un incontournable sur la scène internationale dans le domaine de l'innovation. Nous allons commencer modestement, mais nous avons tout de même l'intention d'être un élément très important des Entretiens du Centre Jacques Cartier l'an prochain», indique d'emblée André Gamache, président-directeur général par intérim de Montréal International.

Pour ce qui est du contenu du rendez-vous, les membres du comité organisateur ont déjà ciblé plusieurs besoins. «C'est certain que les entreprises veulent savoir où en est l'innovation en Europe, aux États-Unis, en Asie et au Canada pour savoir si elles sont dans la course. Nous commencerons donc la rencontre en regardant les grandes tendances dans le monde», poursuit-il.

Ensuite, en fonction de leurs champs d'intérêt et secteurs d'activité, les participants auront à choisir des ateliers portant sur différents thèmes, comme le capital humain, la commercialisation, les grappes technologiques, etc. «Nous favorisons cette approche pour permettre à des gens qui ont de véritables affinités de se retrouver ensemble pour créer des liens d'affaires concrets», explique M. Gamache.

D'ailleurs, même si le rendez-vous, qui n'a pas encore de nom officiel, se tiendra pour la première fois dans le cadre des Entretiens du Centre Jacques Cartier, Montréal International travaille d'arrache-pied avec ses différentes équipes pour attirer des participants d'un peu partout dans le monde. «On ne se met pas de limites! En plus de l'Europe, on ira chercher des gens aux États-Unis et en Asie», ajoute-t-il.

Rejoindre les entreprises traditionnelles

Grâce à la rencontre du début du mois, un bon partenariat s'est installé entre Montréal et Lyon, où plusieurs initiatives ont été mises sur pied récemment pour favoriser l'innovation. La Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Lyon, qui fait d'ailleurs partie du comité organisateur du rendez-vous de Montréal 2008, a décidé de donner un bon coup de main aux entreprises.

«Sur notre territoire, environ 23 000 entreprises traditionnelles n'innovent pratiquement pas. Nous avons aussi environ 5000 entreprises qui innovent un peu et qui ont exporté au moins une fois. Finalement, nous avons la pointe de la pyramide, soit environ 500 entreprises, qui sont strictement dans le domaine de l'innovation technologique», affirme Gilles Gaquère, responsable du département Innovation et développement, Direction des services aux entreprises, à la CCI.

À Lyon, encore récemment, tous les efforts de sensibilisation et le financement à l'innovation s'adressaient à ces 500 entreprises. «Mais nous avions tort de faire ça! En fait, les entreprises d'innovation technologique représentent seulement 3 % du PIB environ. Nous avions donc intérêt à réorienter notre aide pour que le bas de la pyramide, qui regroupe la plupart des entreprises du territoire, puisse en bénéficier», indique M. Gaquère.

La CCI s'est creusé la tête afin de trouver une stratégie efficace pour y arriver. «Finalement, nous avons opté pour des petits ateliers axés sur la créativité pour permettre à des gens de différents milieux de discuter ensemble, de sortir différentes idées», poursuit-il.

Petites actions, grands résultats

La CCI veut ainsi montrer aux entreprises qu'elles peuvent changer seulement un petit quelque chose dans leurs activités pour innover efficacement sans dépenser une fortune. «Par exemple, nous avons vu qu'une entreprise de nettoyage de cheminées a acheté des combinaisons de travail toutes blanches et contrairement à ce que l'on voit habituellement, les employés les gardent blanches en effectuant leur travail! Ce n'est pas grand-chose, mais ça surprend et ça attire l'attention», affirme M. Gaquère.

La ville de Lyon rejoint tout à fait le Québec avec cette stratégie qui pousse les entreprises traditionnelles à innover. «Les entreprises de chez nous doivent faire la même chose et ça presse!», s'exclame M. Gamache.

«L'industrie forestière en est un bon exemple, poursuit-il. Avec la force du dollar canadien, les entreprises doivent trouver des stratégies pour continuer à vendre leur bois aux États-Unis. Actuellement, toute entreprise qui n'innove pas est presque condamnée à mourir.»

Transfert de technologies

Avec son nouveau mandat de stimuler l'innovation, Montréal International a également comme priorité de favoriser le transfert de technologies entre les universités et les entreprises. «Plusieurs découvertes peuvent être dirigées vers des entreprises pour la commercialisation. Dans certains domaines, comme la pharmaceutique et l'aérospatiale, les entreprises vont directement voir les universités pour établir des partenariats, mais dans d'autres secteurs, c'est moins évident», remarque M. Gamache.

Pour valoriser la recherche et l'amener sur le marché, Montréal International souhaite s'inspirer de ce qui se fait en Europe et aux États-Unis. «Dernièrement, j'étais à San Diego en Californie et on m'a conseillé de ne pas pousser les chercheurs à essayer de commercialiser des technologies, affirme M. Gamache. Un chercheur est très fort dans un domaine, il doit y rester. La commercialisation est une spécialisation en soi. Nous avons vraiment un manque à combler à ce niveau-là au Québec et pour y arriver, nous devons nous tourner vers de vrais spécialistes de la commercialisation.»

Montréal International travaille sur cette idée de grand rendez-vous annuel de l'innovation depuis environ un an. La première rencontre se tiendra donc les 6 et 7 octobre prochains, dans le cadre des 21es Entretiens du Centre Jacques Cartier.

***

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