Les leaders européens signent un nouveau traité sur les institutions
14 décembre 2007
Europe
Photo : Agence Reuters
Gordon Brown a signé le texte lors d’un déjeuner en privé avec les autres dirigeants.
Lisbonne — Deux ans après le non des Français et des Néerlandais au projet de Constitution européenne, les 27 pays de l'UE ont signé hier à Lisbonne le nouveau traité européen réformant le fonctionnement de l'Union, qui doit entrer en vigueur en 2009 après ratification par l'ensemble des pays.
Pour les représentants de l'UE, le texte doit permettre à l'Europe de réagir plus rapidement aux grands défis actuels, notamment en matière de défense et de sécurité énergétique.
Le «traité de Lisbonne» avait été approuvé par les Vingt-Sept lors d'un sommet informel les 18 et 19 octobre dans la capitale portugaise. Il doit être ratifié d'ici juin 2009, avant la tenue des prochaines élections européennes.
Hier, la signature s'est déroulée lors d'une cérémonie au majestueux monastère des Hiéronymites, construit il y a 500 ans, sur fond de critiques du mode de ratification choisi par la majorité des pays membres de l'UE.
À l'exception de l'Irlande — tenue d'organiser un référendum —, tous les États membres de l'Union prévoient de ratifier le texte par voie parlementaire.
Le traité réformateur devrait faciliter la prise de décision, avec l'extension du vote à la majorité qualifiée — l'unanimité restant toutefois la règle pour certains domaines comme la politique étrangère et la défense, la sécurité sociale et la fiscalité — ainsi que l'instauration à terme d'un nouveau système de vote à double majorité (55 % des États membres et 65 % de la population).
Il renforce en outre les prérogatives du haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune, poste actuellement occupé par l'Espagnol Javier Solana, qui deviendra vice-président de la Commission européenne à partir du 1er janvier 2009.
Un président sera également désigné par les chefs d'État et de gouvernement pour un maximum de cinq ans afin de présider les conseils européens, «faciliter la cohésion et le consensus» et représenter l'UE à l'étranger. Ainsi prendra fin le système de présidence tournante tous les six mois. Enfin, le nombre de commissaires sera réduit de 27 à 17.
«En réglant ses questions institutionnelles, l'Europe se prépare à aborder les problèmes mondiaux», a estimé à Lisbonne le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. «Maintenant, il est temps d'aller de l'avant. L'Europe doit s'attaquer à de nombreux défis» et «nos citoyens veulent des résultats. La mondialisation est le dénominateur commun de tous ces défis».
Les dirigeants européens — dont le Français Nicolas Sarkozy — et leurs ministres des Affaires étrangères ont signé le traité dans les 23 langues officielles du bloc européen, à l'aide de stylos à encre fournis par le Portugal. Un choeur a interprété l'Hymne à la joie de Beethoven, l'hymne européen, tandis que les participants apposaient leur nom sur de lourds volumes à reliure de cuir dans le monastère du XVIe siècle.
Eurosceptique
«L'Europe était bloquée, ne savait pas comment avancer, et nous avons trouvé la solution avec ce traité», a pour sa part déclaré le premier ministre portugais Jose Socrates.
Son homologue britannique Gordon Brown, vivement critiqué au Royaume-Uni pour son refus de soumettre le traité à une consultation populaire, n'a pas participé à la cérémonie télévisée. Il a signé le texte lors d'un déjeuner en privé avec les autres dirigeants.
Downing Street avait invoqué l'obligation pour M. Brown, vu comme plus eurosceptique que son prédécesseur Tony Blair et qui avait mis son veto à l'adoption de l'euro par la Grande-Bretagne, de répondre aux questions d'une commission parlementaire qui l'interroge tous les six mois.
Mais cette incompatibilité dans l'emploi du temps, qui ne convainc personne, illustre surtout pour les observateurs la faible priorité qu'accorde M. Brown aux affaires européennes.
Pour les représentants de l'UE, le texte doit permettre à l'Europe de réagir plus rapidement aux grands défis actuels, notamment en matière de défense et de sécurité énergétique.
Le «traité de Lisbonne» avait été approuvé par les Vingt-Sept lors d'un sommet informel les 18 et 19 octobre dans la capitale portugaise. Il doit être ratifié d'ici juin 2009, avant la tenue des prochaines élections européennes.
Hier, la signature s'est déroulée lors d'une cérémonie au majestueux monastère des Hiéronymites, construit il y a 500 ans, sur fond de critiques du mode de ratification choisi par la majorité des pays membres de l'UE.
À l'exception de l'Irlande — tenue d'organiser un référendum —, tous les États membres de l'Union prévoient de ratifier le texte par voie parlementaire.
Le traité réformateur devrait faciliter la prise de décision, avec l'extension du vote à la majorité qualifiée — l'unanimité restant toutefois la règle pour certains domaines comme la politique étrangère et la défense, la sécurité sociale et la fiscalité — ainsi que l'instauration à terme d'un nouveau système de vote à double majorité (55 % des États membres et 65 % de la population).
Il renforce en outre les prérogatives du haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune, poste actuellement occupé par l'Espagnol Javier Solana, qui deviendra vice-président de la Commission européenne à partir du 1er janvier 2009.
Un président sera également désigné par les chefs d'État et de gouvernement pour un maximum de cinq ans afin de présider les conseils européens, «faciliter la cohésion et le consensus» et représenter l'UE à l'étranger. Ainsi prendra fin le système de présidence tournante tous les six mois. Enfin, le nombre de commissaires sera réduit de 27 à 17.
«En réglant ses questions institutionnelles, l'Europe se prépare à aborder les problèmes mondiaux», a estimé à Lisbonne le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. «Maintenant, il est temps d'aller de l'avant. L'Europe doit s'attaquer à de nombreux défis» et «nos citoyens veulent des résultats. La mondialisation est le dénominateur commun de tous ces défis».
Les dirigeants européens — dont le Français Nicolas Sarkozy — et leurs ministres des Affaires étrangères ont signé le traité dans les 23 langues officielles du bloc européen, à l'aide de stylos à encre fournis par le Portugal. Un choeur a interprété l'Hymne à la joie de Beethoven, l'hymne européen, tandis que les participants apposaient leur nom sur de lourds volumes à reliure de cuir dans le monastère du XVIe siècle.
Eurosceptique
«L'Europe était bloquée, ne savait pas comment avancer, et nous avons trouvé la solution avec ce traité», a pour sa part déclaré le premier ministre portugais Jose Socrates.
Son homologue britannique Gordon Brown, vivement critiqué au Royaume-Uni pour son refus de soumettre le traité à une consultation populaire, n'a pas participé à la cérémonie télévisée. Il a signé le texte lors d'un déjeuner en privé avec les autres dirigeants.
Downing Street avait invoqué l'obligation pour M. Brown, vu comme plus eurosceptique que son prédécesseur Tony Blair et qui avait mis son veto à l'adoption de l'euro par la Grande-Bretagne, de répondre aux questions d'une commission parlementaire qui l'interroge tous les six mois.
Mais cette incompatibilité dans l'emploi du temps, qui ne convainc personne, illustre surtout pour les observateurs la faible priorité qu'accorde M. Brown aux affaires européennes.
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